 |
| |

|
Aimé Césaire

|

 |
 |
Nègre je suis, nègre je resterai
 Nicolas Wharf est Suisse.

|
 |
Nègre je suis, nègre je resterai

 |
 |
Il a plongé ses combats littéraires et politiques aux sources de la culture antillaise et africaine en donnant à la négritude ses titres de noblesse. En avril dernier, Aimé Césaire a tiré sa révérence sans jamais déposer les armes.
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».
Nègre, révolté et universel sont les mots qui définissent peut-être le mieux Aimé Césaire. Il a fait de la négritude l’étendard de l’identité noire et de sa culture.
Il a universalisé sa révolte contre le racisme et le colonialisme français en refusant d’évincer les intellectuels blancs du combat identitaire des Noirs. Le poète Césaire est né en 1913 à Fort-de-France, dans une famille modeste de sept enfants. Brillant élève, il obtient en 1931 une bourse pour poursuivre ses études au lycée Louis-le-Grand à Paris. C’est là, qu’il rencontre son grand ami Léopold Sédar Senghor, avec lequel il fonde, en 1934, la revue « L’Eudiant noir » dans laquelle il emploie, pour la première fois, le mot de tous ses combats littéraires et politiques : « la négritude ».
Si la Seconde Guerre Mondiale forge ses idéaux politiques, la Libération lui permet de les mettre en pratique. En 1945, il devient Maire de Fort-de-France et Député de la Martinique. Cinq ans plus tard, il publie son discours sur le colonialisme dans lequel il met en exergue l’étroite parenté qui existe, selon lui, entre nazisme et colonialisme.
Son engagement politique. La politique d’Aimé Césaire en Martinique s’est incarnée dans sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes antillais. Il imagine le premier Festival de Fort-de-France en 1972, puis met en place la structure culturelle du Parc floral. C’est en 1976, que le poète maire crée officiellement le Service municipal d’action culturelle (Sermac) dirigé par son fils, Jean-Paul Césaire. Grâce aux ateliers d’arts populaires, de danse, d’artisanat ou de musique et au Festival de Fort-de-France, le Sermac met en valeur des pans jusqu’alors méprisés de la culture martiniquaise. Ces réalisations lui permettent de se battre à la fois pour la reconnaissance de la richesse du créole, langue de ses ancêtres, et l’indépendance des colonies françaises. Pendant plus de soixante ans, Aimé Césaire a mené son combat politique et littéraire : faire prendre conscience au peuple noir de la richesse de ses propres racines. En 1993, il met un terme à une longue carrière parlementaire et, aux élections municipales de 2001, il passe le flambeau à Serge Letchimy, après plus de cinquante ans à la tête de Fort-de-France. Le chantre de la négritude meurt le 17 avril 2008 en laissant une œuvre marquante qui prouve que le rêve peut être le moteur de la réalité.
Parcours politique.
Maire de Fort-de-France de 1945 à 2001
Député de la Martinique de 1945 à 1993
Conseiller Général de Fort-de-France de 1945 à 1949 et de 1955 à 1970
Président du Conseil Régional de la Martinique de 1983 à 1986.
A découvrir ou à relire.
Poésie :
Cahier d’un retour au pays natal (1939)
Les armes miraculeuses (1946) (Gallimard, Paris, 1970)
Essai :
Discours sur le colonialisme (1950)
Théâtre :
La Tragédie du Roi Christophe (1963)
Entretien :
Nègre je suis, nègre je resterai (entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, Paris, 2005)
Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais |
 |
Nicolas Wharf est Suisse.

 |
 |
Nous publions, pour la première fois un poème de cet homme qui, inlassablement, parcourt tous les pays d’Afrique afin de soulager les misères.
Nicolas est un homme généreux, anonyme, qui a compris la nécessité de l’action sur le verbe.
Pourtant, lorsque la journée est terminée et que la savane s’endort, il prend son stylo et écrit à ceux qu’il aime fraternellement et qu’il respecte.
Si les poètes rejoignent notre association, le combat est pratiquement gagné.
Nous pensons, en effet, que la plume est une arme plus efficace que le sabre, que nous refuserons toujours d’employer.
Hommage à Aimé Césaire
La terre pleure.
Et de petits ruisseaux et de rivière en mer
Elle exprime un chagrin, une douleur amère,
D’avoir perdu trop tôt un ami du bonheur.
La terre pleure.
Et du plus grand poète au plus obscur auteur
Elle dit chaque jour le deuil et le malheur
De l’absence en son sein de si bons défenseurs.
Alors vous comprendrez le nombre de jours gris,
La raison des rosées et du brouillard blafard
Des pluies, des moussons et de tant d’intempéries.
Alors vous comprendrez qu’à chaque giboulée
C’est elle qui gémit et qui pleure sans fard
La perte d’un ami, la perte d’un aîné.
Nicolas Wharf |
 |
|
|
 |
|