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Doudou N'diaye Rose

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Biographie
 L'hommage à Doudou Ndiaye Rose

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Biographie

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Doudou N'diaye Rose[1] est un musicien percussionniste sénégalais.
Il consacre sa vie au tambour.
C'est l'un des musiciens africains les plus célèbres du XXe siècle, « le mathématicien des rythmes, le grand maître des tambours, capable de diriger cent batteurs sur plusieurs rythmes en même temps »[2].
Son instrument de prédilection est le sabar traditionnel, ainsi que ses nombreuses variantes (saourouba, assicot, bougarabou, meung meung, lamb, n'der, gorom babass et khine).
Sommaire
* 1 Biographie
* 2 Discographie
* 3 Notes
* 4 Voir aussi
o 4.1 Articles connexes
o 4.2 Filmographie
o 4.3 Bibliographie
o 4.4 Liens externes
Biographie
D'origine wolof, né en 1928[3] à Dakar, plus exactement dans un ancien quartier appelé Kaye Findive (l'actuelle Médina), il est issu d'une famille de griots. Son père qui est comptable ne l'encourage pas particulièrement dans cette voie. Cependant il manifeste son intérêt pour le tam-tam et les percussions traditionnelles africaines dès l'âge de 7 ans et a la chance de rencontrer El hadj Mada Seck, le meilleur tambour-major du pays, qui sera son maître pendant plusieurs années. Néanmoins il fréquente l'école française et travaille d'abord comme soudeur.
Passionné de cinéma, il va aussi voir, dans les années 1950, tous les films de Tino Rossi. L'orchestre symphonique, les cinquante violons et violoncelles qui accompagnent le chanteur l'impressionnent et il rêve d'en faire autant, à sa manière, dans son pays.
En 1959 il est remarqué par Josephine Baker venue à Dakar, qui aurait confirmé sa vocation en lui disant : « Tu seras un grand batteur ».
L'occasion de se distinguer lui est donnée le 4 avril 1960 – jour de l'indépendance du Sénégal – lorsqu'il joue devant le président Senghor, dans le grand stade de Dakar, accompagné de 110 tambourinaires. Il entreprend alors un périple à travers le pays afin de consulter les anciens et bénéficier de leur connaissance des rythmes traditionnels.
Il exerce plus tard comme pédagogue de rythmique à l'Institut National des Arts de Dakar et sera chef-tambour des Ballets nationaux, au point d'être remarqué par le chorégraphe Maurice Béjart.
On le découvre en France en 1986 lorsque Doudou N'diaye Rose se produit lors du festival Nancy Jazz Pulsations, avec sa troupe composée d'une cinquantaine de batteurs. Il conquiert alors une notoriété au niveau international. En 1988 il collabore comme percussionniste à la bande-son de La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese. L'année suivante il participe à Paris aux manifestations du Bicentenaire de la Révolution française, puis monte sur la scène du Zénith avec France Gall, Sénégalaise de cœur.
En 1993 il enregistre un disque avec Alan Stivell et d'autres artistes. Il s'est également produit avec Dizzy Gillespie, Miles Davis, les Rolling Stones, Peter Gabriel et Kodo, un groupe de percussions japonais.
Il revient au cinéma en 2000 et compose la musique du film Karmen Geï du cinéaste sénégalais Joseph Gaï Ramaka, un long métrage inspiré de la nouvelle de Prosper Mérimée, dans lequel il joue aussi son propre rôle.
En 2005 la carrière de ce griot talentueux qui a créé des centaines de rythmes et inventé de nouveaux instruments de percussion est couronnée dans son pays avec éclat lors du deuxième Gala de Reconnaissance.
Compositeur et chercheur, il a inventé sans cesse de nouveaux rythmes dont celui de l'hymne national !
Il a créé la première école de percussion à Dakar où il enseigne les rythmes et forme pour la première fois un orchestre de femmes qui « battent tambour ».
Discographie
Son album le plus connu est probablement Djabote (Real World CDRW43), qui comprend 12 titres enregistrés sur l'île de Gorée en mars 1991. L'enregistrement a été réalisé en une semaine avec son groupe de cinquante tambours et la chorale de Julien Jouga, un chœur réunissant quatre-vingts interprètes, exclusivement des femmes.
Notes
1. ↑ Rose et le prénom de sa mère. Il dirige aussi les Rosettes, un groupe de tambours-femmes, entièrement composé de ses propres filles ou femmes de sa famille.
2. ↑ Le Monde, 28 avril 1991
3. ↑ Plusieurs sources indiquent 1930
Filmographie
* (fr) Béatrice Soulé et Éric Millot, Djabote. Doudou N'diaye Rose, 1991, 40'
Bibliographie
* (en) M. E. Sunkett, « Djabote: Senegalese Drumming and Song from Master Drummer Doudou N'Diaye Rose by Beatrice Soule, Eric Millot », Ethnomusicology, vol. 41, n° 1, p. 180-182 (critique du film)
* (en) Patricia Tang, Masters of the Sabar: Wolof Griot Percussionists of Senegal, Temple University Press, 2007, 224 p. (ISBN 1592134203)
* (en) Frank Tenaille, Music is the Weapon of the Future: Fifty Years of African Popular Music, Lawrence Hill Books, 2002, 304 p. (ISBN 1556524501)
* (fr) Véronique Mortaigne, « Cent tambours, vingt Rosettes. Doudou N'diaye Rose au Théâtre de la Ville », Le Monde, 20 décembre 1992
Liens externes
* (de)(en)(fr) Site officiel de Doudou N'Diaye Rose
* (fr) Doudou N'Diaye Rose sur kassoumay.com
* (en) « Doudou N'Diaye Rose: The Griot, the Drum Master » (site The Oral Tradition)
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L'hommage à Doudou Ndiaye Rose

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Le maître de la percussion sénégalaise
Dakar
Petit, sec, nerveux, à 75 ans, Doudou Ndiaye Rose est le maître incontesté du sabar, le tam-tam en wolof, et un véritable poète des sons. Chef d’un grand orchestre à géométrie variable – de 20, 50 ou 100 percussionnistes –, un gala de reconnaissance lui est consacré cette fin de semaine à Dakar, auquel participent les plus grands artistes du pays. Portrait d’un papy fort sympathique.
Chef tambour-major de Dakar, Doudou Ndiaye Rose est l’auteur de l’hymne national du Sénégal et le père d’une lignée de quarante-deux enfants, tous percussionnistes, qui sont, avec ses gendres et ses belles-filles, le vivier de son orchestre. Car, fait rarissime en Afrique, malgré l’interdiction ancestrale de la pratique tambourinaire, une vingtaine de femmes frappent le tambour sous sa direction.
Au Sénégal, il est devenu une institution. Et dans ce monde qu’il parcourt depuis quarante ans, Doudou Ndiaye Rose représente la tradition des percussions sénégalaises associée aux nombreux artistes qu’il côtoie. Que ce soit pour son travail dans le rock (avec les Rolling Stones, Peter Gabriel), le jazz (Miles Davis, Dizzy Gillespie), la chanson française (Higelin, Lavilliers, Jonasz), la musique bretonne (bagad Men HaTa) ou symphonique comme récemment avec l’orchestre de Basse-Normandie, Doudou aime frotter ses tambours à toutes les cultures.
Issu d’une famille de griots, et né avec le "gewol", cette prédisposition naturelle aux rythmes, le parcours musical de Doudou Ndiaye Rose a commencé il y a bien longtemps. En 1939, à l’âge de 9 ans, il est émerveillé par le son des sabars qu’il entend dans les cours de la Médina de Dakar. Il se rend alors à toutes les fêtes pour voir et entendre les musiciens frapper le tambour. Pour éviter de contrarier son père qui ne voit pas cette passion d’un bon oeil, il part s’installer chez ses grands-parents. Puis il rencontre le plus grand batteur du pays, El Hadj Mademba Seck, qui l’initie son art des années durant. Parallèlement, il étudie la plomberie, un métier qu’il exercera plus de quarante ans.
C’est grâce à Joséphine Baker que sa carrière va véritablement démarrer en 1959. De passage à Dakar, la diva invite le percussionniste dans son spectacle et glisse à l’oreille du directeur de la troupe : "Prenez soin de ce jeune homme, ce sera un futur grand". Après l’indépendance du pays, il devient chef batteur et régisseur du ballet sénégalais et parcourt l’Europe durant les années 60. Remarqué par Maurice Béjart, il participe à son ballet Mudra Afrique.
Une des grandes fiertés de Doudou Ndiaye Rose est d’avoir créé, à la demande du président Senghor, les premières majorettes sénégalaises qui défilent chaque année lors de la fête de l’Indépendance. Avec leurs pagnes courts et leurs foulards sur la tête, elles exécutent des pas de danse compliqués au son des rythmes et des percussions de Doudou et de ses "Rosettes".
Un spectacle étonnant qui avait interpellé le grand public lors de la retransmission télévisée du Bicentenaire de la Révolution française où l’ensemble avait participé au fameux défilé La Marseillaise, mis en scène par Jean-Paul Goude sur les Champs-Élysées. Lui, l’auteur de l’hymne sénégalais, interpréta alors au sabar, La Marseillaise chantée Jessie Norman.
Honoré à l’occasion de ce Gala de la reconnaissance, Doudou Ndiaye Rose est certainement l’artiste africain qui a su le mieux préserver et diffuser les rythmes ancestraux de son pays en les rapprochant des musiques modernes.
Trois questions à Doudou Ndiaye Rose :
Que représente pour vous le fait d’être honoré par ce Gala de la reconnaissance ?
Avoir été choisi parmi dix millions d’habitants me fait énormément plaisir. Car cette distinction peut être remise à tout Sénégalais méritant pour l’ensemble de son oeuvre. L’an passé, lors de la première édition, c’était le conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, Joseph Ndiaye, qui avait été distingué. Cela prouve que mon pays suit ce que je fais à l’étranger. Cela m’a vraiment réconforté. On a l’habitude de dire que "Nul n’est prophète en son pays". Cette reconnaissance prouve que le peuple pense à moi. Et le chef de l’Etat, lorsqu’il m’a reçu la semaine passée, m’a dit : "On aurait dû le faire depuis longtemps".
Le fait que les plus grands artistes sénégalais soient présents à cet hommage est important pour vous ?
Bien entendu. Tous les artistes locaux seront là : Youssou Ndour, Thione Seck, Baba Maal, Ismael Lô, Omar Pène, Alioune Mbaye Der. Ils seront tous présents ainsi que les musiciens traditionnels venus de toutes les régions que j’ai invités.
Dakar est en train de préparer la troisième édition du festival mondial des Arts nègres qui se tiendra l’an prochain à Dakar. Vous avez déjà prévu quelque chose ?
Madame la ministre de la Culture m’a reçu il y a quelques jours pour me demander de collaborer avec son homologue brésilien, Gilberto Gil, ainsi qu’avec Manu Dibango pour composer l’hymne du festival. Nous nous sommes rencontrés hier pour mettre cette collaboration en place. J’ai d’ors et déjà prévu de venir lors de l’inauguration avec cinq cents batteurs.
Gala de la reconnaissance à Doudou Ndiaye le 16 à la caserne Samba Dery Diallo de Dakar.
Pierre René-Worms |
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