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Jacques Augarde

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Jacques Augarde
 Le Ministre Jacques Augarde, Fondateur du Clan-R
 Historique du Clan
 Ancien sénateur de Constantine
 Décés du Président Augarde
 Lettre de Nicolas Sarkozy à Denis Fadda
 Hommage à Jacques Augarde !

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Jacques Augarde

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Né le 13 avril 1908 à Agen (Lot-et-Garonne)
Décédé le 19 juillet 2006 à Paris
Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Maroc)
Député de Constantine de 1946 à 1951
Sénateur de Constantine de 1951 à 1958
Sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil chargé des affaires musulmanes du 26 novembre 1947 au 26 juillet 1948
Après avoir obtenu le diplôme de l'Ecole libre des hautes études sociales, Jacques Augarde exerce, avant guerre, la profession de journaliste, et effectue, à ce titre, des enquêtes en Europe Centrale, notamment dans les Balkans. Officier de réserve, il réussit, en 1943, à quitter la France puis, après avoir été interné à Lerida et à Barcelone, il gagne l'Afrique du Nord où il s'engage dans le corps des Tabors marocains qui participe brillamment aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. Il obtient, à ce titre, la croix de guerre, la croix de la Légion d'honneur, la médaille des évadés, ainsi que diverses décorations étrangères.
Elu représentant du Maroc, à la seconde Assemblée nationale constituante sur la liste du MRP, il devient député de Constantine (1er Collège), le 10 novembre 1946, sur la liste de l'Union républicaine. Du 27 novembre 1947 au 26 juillet 1948, il est sous-secrétaire d'Etat, chargé des Affaires musulmanes à la présidence du conseil dans le ministère Schuman. Non réélu aux élections législatives du 17 juin 1951, Jacques Augarde se présente avec succès dans le département de Constantine à l'élection partielle sénatoriale du 30 septembre 1951, qui suit la démission de Jules Valle, élu député. II est réélu au Conseil de la République, le 18 mai 1952, sous la même étiquette que lors de l'élection précédente, celle de l'Entente Républicaine ; il y siège comme membre du Groupe du centre républicain apparenté au MRP. Membre, à l'Assemblée nationale comme au Conseil de la République, de la Commission des affaires étrangères et de la Commission de la défense, Jacques Augarde consacre l'essentiel de ses interventions parlementaires à la défense des intérêts des anciens combattants, notamment d'Afrique du Nord, et de ceux des populations algériennes.
Parallèlement à ses fonctions parlementaires, Jacques Augarde exerce des mandats locaux. Il est maire de Bougie, de 1947 à 1958, et conseiller général de la 29ème circonscription, de 1949 à 1958. Jacques Augarde a également écrit plusieurs ouvrages dont un recueil de Poésies Milliaires couronné par l'Académie française, et un récit de son expérience de la guerre : La Longue Route des Tabors. |
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Le Ministre Jacques Augarde, Fondateur du Clan-R

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Le Ministre Jacques AUGARDE Fondateur du Clan-R
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Né à Agen, en 1908, Jacques AUGARDE appartient à une famille liée à l’Afrique du Nord et particulièrement à l’Algérie depuis trois générations. Patriote au plus haut point, il s’évade dans des conditions héroïques lorsque la France est occupée, pour gagner l’Afrique du Nord où il n’arrivera qu’après avoir passé de très longs mois dans les prisons espagnoles.
Au Maroc, il s’engage dans les Goums puis dans les Tabors. Avec les Tabors, il fera comme officier, la campagne d’Italie, débarquera en Provence pour ensuite faire les campagnes de France et d’Allemagne dans des conditions exemplaires qui lui vaudront la croix de guerre avec palme.
Il sera Membre de l’Assemblée constituante, Député, Sénateur, Conseiller général, Ministre, plus tard Membre du Conseil économique et social mais le mandat qui pour lui comptera le plus sera celui de Maire de Bougie, ville qu’il aimait profondément et à laquelle il a beaucoup donné.
Rentré en France après l’exode, il se dévouera avec une abnégation rare à la cause des Rapatriés tant à la tête de l’Association de coopération et de liaison France-Afrique - dont il fut le fondateur, dès 1962 - qu’à la tête du Comité de liaison des associations nationales de Rapatriés dont il fut aussi le fondateur.
On peut dire qu’ il n’ y a pas une mesure adoptée en faveur des Rapatriés qui n’ait porté sa marque.
Il s’est consacré totalement aux Rapatriés et pourtant ses charges et responsabilités étaient grandes, car de toutes parts on faisait appel à lui. Les anciens sénateurs, comme les anciens députés et l’Association européenne des anciens parlementaires, entre autres, lui demandèrent de les présider.
Ecrivain et poète de grand talent, il était aussi Membre de l’Académie des Sciences d’Oute-Mer, Membre de l’Académie de Languedoc, Président honoraire de l’Association des écrivains de langue française.
Denis Fadda |
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Historique du Clan

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www.clan-r.org/portail/
Depuis l’abandon des territoires placés sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France, des associations nationales de Français rapatriés se sont constituées avec pour objectif de défendre au mieux les intérêts de leurs mandants et de faire rétablir ceux-ci dans leurs droits.
L’arrêté du 19 avril 1971, paru au Journal officiel du 24 avril 1971, a établi une liste d’associations nationales représentatives, reconnues par l’Etat :
FNR,
FRANCE-AFRIQUE,
GNPI,
MAFA,
RANFRAN,
UCDAR,
ANFANOMA,
Union des Français de l’Etranger (UFE).
Si l’U.F.E. s’est rapidement retirée de ce groupe, les sept autres associations, réunies autour du Ministre Jacques Augarde, ancien Maire de Bougie, Président de France-Afrique, ont, dès cette époque, entretenu entre elles des rapports de collaboration.
Par la suite, ce groupe informel s’est étoffé ; sont venues le rejoindre l’ Algérienne (aujourd’hui CAPFA), l’AFNART, l’ARMR, l’USDIFRA et VERITAS.
En vue d’atteindre une plus grande efficacité, le 28 janvier 2000, ces associations se sont dotées d’une structure juridique formelle en constituant une fédération, le Comité de Liaison des Associations Nationales de Rapatriés, le CLAN-R (Décret 20/22, publié au Journal officiel du 26 février 2000, p.1045) qui devait, évidemment, porter à sa présidence le Ministre Augarde.
D’autres associations se sont alors jointes à elles : ADIMAD SUD, AFV 26 mars 1962, CNRA, MAN, SFDA.
Depuis que ses statuts ont été amendés, au cours de l’Assemblée générale extraordinaire tenue le 18 octobre 2002, le CLAN-R est une fédération qui a vocation à rassembler non seulement les associations nationales mais, bien au-delà, l’ensemble des associations de Rapatriés, et donc aussi les associations régionales et locales, qu’elles soient revendicatives ou non.
A l’action que la fédération mène sont associées non seulement les associations qui ont rejoint sa structure ou sont sur le point de le faire, mais aussi un très grand nombre d’autres associations qui, bien que se situant en-dehors du CLAN, ont souhaité établir, avec le Comité de liaison une coopération renouvelée et plus étroite.
Un comité de coordination, qui rassemble associations membres du CLAN et associations non membres, a d’ailleurs été constitué en mars 2007 et fonctionne de façon très satisfaisante ; il a élaboré la Charte nationale des Rapatriés.
L’action menée par les associations regroupées dans le CLAN a abouti, au fil des années, à la mise en place de diverses structures nationales, à la promulgation de différents textes législatifs et à la publication de très nombreux textes relevant du domaine réglementaire.
Depuis le 9 novembre 2006, suite au décès du Ministre Augarde survenu le 19 juillet, le CLAN est présidé par M.Denis Fadda. |
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Ancien sénateur de Constantine

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Etat-Civil Né le 13 avril 1908
Décédé le 19 juillet 2006
Appartenance politique Groupe du Mouvement Républicain Populaire
Election Elu le 30 septembre 1951
Réélu le 18 mai 1952
Fin de mandat le 31 mai 1959 ( Non réélu(e) )
Profession Journaliste
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Décés du Président Augarde

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www.nice.algerianiste.free.fr
Notre Président nous a quittés hier matin vers 9 heures en ayant pris le soin de se raser et de s'habiller, afin de ne déranger personne comme à son habitude.
Il nous laisse une peine infinie doublée d'un immense respect, ayant réussi sa mort comme il a réussi sa vie.
C'était un grand homme. Nous devions déjeuner ensemble aujourd'hui à midi et je suis sûr que, de là où il est, il doit s'inquiéter de savoir si j'ai pensé à annuler la réservation du restaurant.
Une messe sera dite à l'église Ste Geneviève des Grandes Carrières, 174 rue Championnet, Paris 18ème, métro Guy Moquet. Vendredi 21 juillet à 15 heures.
Les obsèques auront lieu lundi 24 juillet à 11 heures au cimetière municipal d'Agen, où se situe le caveau familial de la famille AUGARDE. J'aimerais que toute la communauté rapatriée puisse se joindre à nous dans cette épreuve et qu'elle exprime son soutien à Madame AUGARDE, admirable de courage et de dignité dans cette douloureuse épreuve.
Jean Félix VALLAT
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IN MEMORIAM
En observant la foule d'amis qui nous entoure, l'émotion des visages bouleversés, j'ai l'impression que le silence devrait peut être l'emporter sur les paroles.
Pourtant et sans rompre le recueillement qui nous relie intensément à M. Jacques AUGARDE, je voudrais parler de lui, de sa marque et de sa trace qui pour moi s'expriment dans deux termes : fidélité et tolérance.
Fidélité à la France, à sa langue et à sa culture qu'il défendait en tous lieux : dans les réunions des écrivains francophones sur les 5 continents et à l'Académie des Sciences Morales et Politiques.
Fidélité à la France en danger, en s'évadant des geôles espagnoles puis en participant à la longue route des Tabors et au débarquement de l'armée d'Afrique en Provence en août 1944. Il reçut pour ses actes de bravoure la médaille des évadés, la croix de la valeur militaire pour avoir sauvé la vie d'un officier blessé en allant le récupérer sous la mitraille et la croix de guerre 39/45.
Fidélité à la France qui se reconstruisait puisqu'il façonna ses nouvelles institutions dans l'Assemblée Constituante de 1946 avant d'y participer immédiatement comme député puis ministre des affaires algériennes du gouvernement de Robert Schumann dont il devint l'ami.
Fidélité enfin au peuple français d'Algérie qu'il accompagna avec tant de courage et de discernement dans ses douleurs, son exode, sa quête encore inassouvie de reconnaissance, la recherche toujours en cours de solutions aux difficultés économiques et sociales de certains de ses membres.
Fidélité et aussi tolérance, la tolérance qui n'est pas une vertu tiède.
Pour Jacques AUGARDE le rejet de l'autre, la crispation sur des thèses en refusant par principe celles de ses interlocuteurs ou contradicteurs constituaient une hérésie. Son imprégnation chrétienne était pour beaucoup dans cette propension à la pédagogie et au dialogue. Oui, et quelques fois on le lui reprocha, c'était un homme du juste milieu. Il était au milieu de nous dans l'épreuve comme dans la fête, dans les âpres discussions avec les pouvoirs publics comme au salon des artistes rapatriés d'Antibes ou nos réunions publiques. Il était juste en reconnaissant toujours à ceux dont il pouvait être éloigné leurs qualités et leurs attraits.
Jacques AUGARDE est parti le 19 juillet tel qu'en lui-même, avec simplicité et discrétion, l'éternité ne le changera pas. Je me dois de me comporter avec cette même discrétion en lui disant par le cœur : au revoir mon cher ministre, mon maître à penser, mon ami.
JF VALLAT
Jacques AUGARDE était Commandeur de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite,
Grand Officier du Ouissam alaouite et du Nichan-Iftikhar,
Officier de l'Ordre de la République tunisienne et de la Couronne de Yougoslavie,
Commandeur de l'Ordre de Francesco de Miranda et de l'Ordre du Trésor sacré (Japon) |
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Lettre de Nicolas Sarkozy à Denis Fadda

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Paris, le 16 avril 2007
Monsieur le Président,
Ce fut un plaisir de vous recevoir, et même une grande fierté. J’ai apprécié la franchise et la dignité de vos propos. Notre échange a interrogé l’identité même de la France. Il restera un moment fort de cette campagne et plus encore dans ma mémoire.
Avant toute chose, je souhaiterais revenir sur deux précisions que vous avez souhaité évoquer. Vous m’avez demandé de me prononcer sur les réparations dues aux victimes. Je vous confirme qu’outre la mémoire due aux « disparus », je souhaite que les victimes françaises innocentes de cette guerre, jusqu’à l’indépendance, et je pense tout particulièrement aux victimes du 26 mars, se voient reconnaitre la qualité de « morts pour la France » et que leurs noms figurent sur une stèle officielle afin que personne n’oublie ces épisodes douloureux.
Je vous confirme également que la CNAIR, suspendra à ma demande durant la campagne présidentielle l’examen des dossiers, à l’exception de ceux qui appellent une décision positive et qui seront ainsi plus rapidement réglés. Les dossiers qui ont été rejetés lors de la dernière commission seront réexaminés.
Enfin, il n’est pas question que le 19 mars soit une date officielle de commémoration. Il est arrogant de condamner et de mépriser la douleur qui fut la vôtre et celle de vos familles lorsque vous fûtes chassés de vos terres, de vos maisons, et séparés de vos amis. Vous avez tout perdu. Vous avez été victimes d’une histoire et encore victimes d’un mépris.
Pour autant, votre combat ne peut se résumer à une série de mesures techniques.
Votre passé, votre relation avec la France furent douloureux. Je sais avec quelle force vous les avez assumés. Vos vies ont été écorchées. Votre mémoire a été incomprise et parfois souillée par des idéologies plus que par des réalités. Vous avez conservé la dignité et la confiance dans la France. Nous devons aujourd’hui construire ensemble l’avenir, sans repentance, sans réécrire notre histoire avec l’Algérie.
Mon premier engagement est de ne jamais sombrer dans la démagogie de la « repentance ». Vos ancêtres ont traversé la Méditerranée pour servir la France et pour bâtir un monde nouveau. Chacun peut porter sur leur oeuvre le jugement qu’il souhaite. Mais la France doit leur en être et vous en être à jamais reconnaissante. Je le dis clairement ici. Je l’ai dit de la même manière en Algérie. Je le répète, c’est par respect pour vous que je n’accepterai pas que la date officielle de la commémoration des morts de la guerre d’Algérie soit celle d’un cessez-le-feu, qui de surcroît n’a pas été respecté.
C’est pour cela que je tiens tant aux mesures de mémoire évoquées dans ma précédente lettre et sur lesquelles je ne reviens pas. Personne n’a le droit de vous juger et de vous demander de vous repentir de fautes que vos pères n’ont pas commises. Si la France a une dette morale, c’est d’abord envers vous.
Albert Camus écrivait : « j’ai aimé avec passion cette terre où je suis né, j’y ai puisé tout ce que je suis et je n’ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent, de quelque race qu’ils soient. Bien que j’aie connu et partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi la terre du bonheur, de l’énergie et de la création. » Ensemble, restons fidèles à ce message.
Mon deuxième engagement est de construire l’amitié avec l’Algérie, pas de négocier des concessions ou renoncements autour d’un traité d’amitié.
La relation qui unit la France et le Maghreb est unique dans le monde. Je sais l’amour que vous portez à cette terre et ses habitants. Vous n’avez pas oublié ses couleurs, ses parfums, sa gaieté. L’Algérie et la France ont deux destins liés.
Il nous faut donc favoriser le développement économique des pays d’Afrique du Nord, tout en défendant nos propres intérêts. Je ne suis pas favorable à un traité d’amitié avec l’Algérie. Mais je tiens à l’amitié franco-algérienne. Les actes comptent plus que les mots. L’Algérie a d’immenses ressources énergétiques. La France maîtrise les technologies de l’électricité nucléaire. Nous devons trouver là les bases d’une coopération équitable. Il s’agit d’aller avec nos partenaires européens vers une véritable Union méditerranéenne où seront progressivement traitées non seulement les questions économiques et commerciales, mais aussi la circulation de personnes, la lutte contre le terrorisme, la protection des libertés, l’entretien des cimetières… Il est évident que ceux qui connaissent l’Algérie pour y avoir vécu et pour lui rester fidèles ont un rôle éminent à jouer dans cette oeuvre immense.
Mon troisième engagement est de régler définitivement la question des réparations. Le dossier de l’indemnisation n’est pas clos. Entre l’ANIFOM qui estime que l’indemnisation couvre 58 % de la valeur des patrimoines et certaines de vos associations qui démontrent que ce n’est que 20 %, il y a un écart qui interdit aujourd’hui toute proposition sérieuse. Je souhaite que nous parvenions à clore votre dossier dans la dignité et le respect. La France a eu raison juridiquement, elle avait tort moralement. Trop de rancoeurs se sont accumulées. Je veux qu’une commission indépendante établisse précisément un état des lieux sur l’ensemble des dossiers qui concernent les rapatriés, notamment sur les taux d’indemnisation, le désendettement, les retraites et toutes les situations spécifiques qui n’ont pas été réglées. J’attends qu’elle nous présente des propositions et un calendrier pour régler ce dossier avant la fin de l’année 2007. Et nous prendrons les mesures dans le cadre du budget pour l’année 2008.
Vous l’avez compris, je veux sortir de la situation où nous sommes depuis trop longtemps, dans laquelle l’État promet constamment de faire un peu plus sans jamais faire tout-à-fait ce qu’il faut, et les rapatriés espèrent à chaque élection ce qui n’arrive jamais ou qui arrive si tard que déceptions et rancoeurs s’en trouvent aiguisées. Je connais votre force de caractère. Vous connaissez la mienne. Ensemble, nous ferons bouger les choses. Je m’y engage. Merci de votre franchise et de votre confiance.
Telle est ma politique pour vous, pour votre dignité et celle de vos familles que vous défendez à juste titre. Ce sera plus qu’un engagement, ce sera un honneur de défendre votre cause.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Le CLAN a été fondé par Jacques Augarde. Jacques Augarde (1908 - 2006) a été député MRP de Constantine, sous-secrétaire d’État chargé des affaires musulmanes en 1947-1948, puis sénateur de 1951 à 1959 ; il a été maire de Bougie de 1947 à 1962. Il a fondé et présidé le CLAN jusqu’à son décès.
La lettre est adressée à Monsieur Denis FADDA, Président de France-Afrique ACLFA [ACLFA : Association de Coopération et de Liaison France-Afrique] .
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Hommage à Jacques Augarde !

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Rendre hommage à Jacques Augarde, c'est en premier lieu saluer l'intellectuel, qui fut tout d'abord journaliste, faisant preuve dès son plus jeune âge, d'une curiosité et d'une attention à l'autre qui ne se démentiront jamais tout au long de sa vie remarquable.
Auteur de nombreux ouvrages, son premier livre, consacré à son compatriote, le poète agenais
Jasmin, fut remarqué en 1932 par l'Académie française.
Ses grandes connaissances et la qualité de ses interventions étaient unanimement appréciées au sein de diverses académies dont il était un membre assidu, telles l'Académie des Sciences d'Outre-Mer ou encore la société de géographie humaine de Paris, qu'il a présidée.
Intellectuel, Jacques Augarde le fut, tout en ayant cette qualité rare d'être également un homme d'action, engagé au service de la patrie et au service de ses concitoyens.
Après un long internement en Espagne, il sera officier dans les Goums puis dans les Tabors marocains, où il participera, à sa demande, au sein de l'Armée aux campagnes d'Italie, de
France, et d'Allemagne.
De cette période datait son attachement indéfectible et passionnel à l'Armée d'Afrique et à tous ses combattants.
Sa pudeur et sa modestie cachaient l'héroïsme dont il fit preuve au combat.
Je citerai donc simplement quelques lignes du décret publié au Journal officiel de la République française le 7 juillet 1946, le nommant au grade de chevalier de la Légion d'Honneur : « Officier de réserve animé d'un ardent patriotisme, n'a cessé durant l'Occupation de travailler activement à la libération de la patrie.
Au cours des campagnes de France et d'Allemagne, a fait preuve des mêmes belles qualités militaires, accomplissant avec une volonté digne d'éloge, courage et abnégation, des missions particulièrement périlleuses, principalement […] en recherchant dans les lignes allemandes, au col de Mirandol, le corps d'un officier gravement blessé et […] au lac Blanc, en assurant personnellement le déminage d'un emplacement sous les tirs d'artillerie.»
Il était également titulaire de la médaille des évadés et de la prestigieuse Croix de Guerre 1939-1945.
Combattant, l'ancien ministre, Jacques Augarde le resta aussi, de retour à la vie civile, au service de ses concitoyens.
Élu à l'Assemblée nationale constituante dès 1946, il ne cessera d'exercer ensuite tout au long de sa prestigieuse carrière des responsabilité électives de premier plan : maire, conseiller général, sénateur de Constantine et membre du premier gouvernement de Robert Schuman.
La fonction dont il parlait avec le plus de passion fut bien sûr celle de maire de Bougie, qu'il exerça sans discontinuer de 1947 à 1962.
Il fut l'âme de la ville, dont il contribua grandement à développer la prospérité.
Cette ville, longtemps après l'indépendance de l'Algérie, se souvient encore aujourd'hui avec émotion et nostalgie de ce qu'elle doit à son ancien maire, qui aima tant l'Algérie et ses habitants.
Après la fin de la Guerre d'Algérie et le tragique exode de centaines de milliers de Français de toutes origines et de toutes confessions, Jacques n'eut de cesse de défendre inlassablement la cause des rapatriés, de tous les rapatriés.
Président d'honneur de l'association France-Afrique, il a été également le fondateur et le président du CLAN (comité de liaison des associations nationales de rapatriés).
Jusqu'à ces dernières semaines, il continuait avec son dynamisme légendaire, à participer activement aux débats du Haut Conseil des rapatriés, dont il était un membre éminent et respecté, de sillonner la capitale et la France pour animer des réunions, participer à des hommages, aider un rapatrié dans la peine ou encore défendre avec passion la richesse de la culture, de la mémoire ou de l'histoire des Français et de la France en Afrique du Nord.
Son absence dans ces instances nous manquera à tous.
Commandeur de la Légion d'Honneur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, Jacques
Augarde avait également été honoré dans plusieurs ordres nationaux étrangers.
Rendre ainsi hommage à la vie publique foisonnante d'un homme exceptionnel serait assurément vain, si l'on ne se souvenait pas avant tout des qualités humaines de monsieur Jacques Augarde.
Madame, à vous-même, à vos neveux et nièces, à tous vos proches présents autour de vous pour vous accompagner dans votre peine, je souhaite personnellement évoquer le sourire de Jacques Augarde.
Son sourire bienveillant, qui emportait les convictions ; son sourire qui savait convaincre bien plus sûrement qu'une invective ; son sourire parfois malicieux, lorsque son œil pétillait, d'homme qui connaît d'expérience les grandeurs et les faiblesses de l'être humain ; son sourire rayonnant enfin, expression d'une gentillesse, d'une foi, d'une compassion et d'un amour immenses portés à l'humanité, aux rapatriés et à sa famille.
C'est, quant à moi, l'image et le souvenir que je garderai d'un homme exceptionnel, à la mesure de son siècle, de notre ami, Monsieur le ministre Jacques Augarde
Emmanuel CHARRON
Directeur de publication
Réponses Rapatriées
Lettre de la Mission interministérielle aux rapatriés
96, avenue de Suffren - 75015 Paris
Tél. : 01 53 69 55 00
Fax : 01 53 69 55 27
www.rapatries.gouv.fr |
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