 |
| |

|
Léopold Sedar Senghor

|
 |

 |
 |
Pour l'Afrique, c'est une voix, la voix d'un humaniste ...
jeudi 20 décembre 2001, 22h55
Poète de la "négritude", Léopold Sédar Senghor a été l'un des plus ardents défenseurs de la langue française et l'ambassadeur universel de la culture de l'Afrique noire dans le monde.
Léopold Sédar Senghor en costume d'académicien en 1994 - par Philippe Bouchon.
Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal (Sénégal), décédé le 20 décembre 2001, était un homme d'État sénégalais, poète, essayiste, homme politique et académicien français.
Il fit ses études au lycée Louis-le-Grand (Paris), dans les années 30. Alors qu'il était étudiant, il créa en compagnie du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon Gontran Damas la revue L'Etudiant noir en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé « Négrerie ».
Alors représentant du Sénégal à l'Assemblée nationale française, en compagnie de Lamine Guèye (aussi socialiste mais votant contre la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger qui paralysait la colonie), il la soutint et en retira une grande popularité. Fort de son succès, il quitte l'année suivante la section africaine de la SFIO française qui avait supporté financièrement en grande partie le mouvement social, à laquelle il appartenait et fonde le Bloc démocratique sénégalais, qui remporta les élections de 1951.
Artisan de la Fédération du Mali avec Modibo Keïta, il assure la présidence de l'assemblée fédérale. Après l'éclatement de la Fédération du Mali et l'indépendance du Sénégal en août 1960, il devient le premier président de la République du Sénégal, élu le 5 septembre 1960.
Il soutint la création de la Francophonie. Il fut le vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie.
Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par delà leurs différences. Senghor a estimé que le langage symbolique de la poésie pouvait constituer les bases de ce projet.
Il a été élu à l'Académie française le 2 juin 1983, au 16e fauteuil, où il a succédé au duc de Lévis-Mirepoix.
Il a passé les dernières années de son existence auprès de son épouse, à Verson, en Normandie.
Membres de l'Académie françaiseChronologie des académiciens par fauteuil
Prédécesseur Fauteuil 16 Successeur
Antoine de Lévis-Mirepoix
(1953-1981) Léopold Sédar Senghor
(1983-2001) Valéry Giscard d'Estaing
(2003)
Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001)
Élu en 1983 au fauteuil 16
Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l'ordre du Lion du Sénégal
Grand-croix de l'ordre national du Mérite
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur des Arts et des Lettres
Médaille de la Reconnaissance franco-alliée 1939-1945
Croix de combattant 1939-1945
Titulaire de nombreuses décorations étrangères
Prédécesseur : Antoine de LÉVIS MIREPOIX
Successeur : Valéry GISCARD d'ESTAING
Chef d'État, homme politique, poète, essayiste
Biographie
Né à Joal, au Sénégal, le 9 octobre 1906, Léopold Sédar Senghor fait ses études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar, puis, à Paris, au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935.
Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l'Institut d'ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu'à l'indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l'École nationale de la France d'outre-mer.
L'année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. Secrétaire d'État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Ses activités culturelles sont constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il se démet de ses fonctions le 31 décembre 1980.
Léopold Sédar Senghor est médaille d'or de la langue française ; grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965) ; grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; prix Guillaume Apollinaire (1974) ; prince en poésie 1977, décerné par l'association littéraire française L'Amitié par le livre ; prix Cino del Duca (1978) ; prix international du livre, attribué par le Comité international du livre (Communauté mondiale du livre, UNESCO, 1979) ; Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate (1980) ; médaille d'or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) ; premier prix mondial Aasan ; prix Alfred de Vigny (1981) ; prix Athénaï, à Athènes (1985) ; prix international du Lion d'or, à Venise (1986) ; prix Louise Michel, à Paris (1986) ; prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne (1986) ; prix Intercultura, à Rome (1987).
Il est docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.
Il est membre correspondant de l'Académie bavaroise (1961) ; membre associé (étranger) de l'Académie des sciences morales et politiques (1969) ; membre (étranger) de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux ; membre (étranger) de l'Académie des sciences d'outre-mer (1971) ; membre (étranger) de The Black Academy of Arts and Letters (1973) ; membre (étranger) de l'Académie Mallarmé (1976) ; membre (étranger) de l'Académie du royaume du Maroc (1980).
Il est élu à l'Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil).
Mort le 20 décembre 2001.
Discours et travaux académiques
de Léopold Sédar SENGHOR
• Discours de réception à l’Académie des sciences morales et politiques, et réponse de M. Edmond Giscard d’Estaing, 16 décembre 1969.
• L’Eurafrique et la Politique de l’échange, communication à l’Académie des sciences morales et politiques, 30 octobre 1973.
• La Culture africaine, communication à l’Académie des sciences morales et politiques, 26 septembre 1983.
• Discours de réception et réponse de M. Edgar Faure, 29 mars 1984.
• Discours prononcé pour la réception de l’Académie du Royaume du Maroc, 11 juin 1987.
• Discours prononcé pour le cinquantième anniversaire de la Faculté des lettres de l’Université Laval, à Québec, 5 septembre 1987.
• L’enseignement du français. Discours prononcé à la séance publique annuelle des Cinq Académies, 25 octobre 1988.
• Discours prononcé lors de la séance solennelle d’ouverture de la session de l’Académie du Royaume du Maroc, à l’UNESCO, à Paris, 5 juin 1989.
• La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Académie du Royaume du Maroc, Madrid, 11 décembre 1989.
• Forum culturel afro-arabe d’Asilah, sur l’œuvre politique et culturelle de Léopold Sédar Senghor, 13 août 1990.
• L’Égypte-Mère, discours prononcé lors de la séance solennelle d’ouverture de l’inauguration de l’Université internationale de Langue française au service du développement africain, à Alexandrie d’Égypte, 4 novembre 1990.
Œuvres de Léopold Sédar SENGHOR
1945 Chants d’ombre, poèmes (Le Seuil)
1947 Les plus beaux écrits de l’Union française (en collaboration) (La Colombe)
1948 Hosties noires, poèmes (Le Seuil)
1948 Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, précédée de Orphée noir par Jean-Paul Sartre (PUF)
1949 Chants pour Naëtt (Le Seuil)
1953 La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre (en collaboration) (Hachette)
1956 Ethiopiques (Le Seuil)
1961 Nocturnes, poèmes (Le Seuil)
1962 Pierre Teilhard de Chardin et la Politique africaine (Le Seuil)
1964 Liberté 1 : Négritude et Humanisme, discours, conférences (Le Seuil)
1971 Liberté 2 : Nation et Voie africaine du Socialisme, discours, conférences (Le Seuil)
1973 Lettres d’hivernage, poèmes (Le Seuil)
1977 Liberté 3 : Négritude et Civilisation de l’Universel, discours, conférences (Le Seuil)
1979 Élégies majeures, poèmes (Le Seuil)
1980 La Poésie de l’action, dialogue (Stock)
1983 Liberté 4 : Socialisme et Planification, discours, conférences (Le Seuil)
1986 Black Ladies, photos Ommer Uwe (Jaguar)
1988 Ce que je crois : Négritude, francité, et civilisation de l’universel (Grasset)
1990 Œuvre poétique (Le Seuil)
1992 Liberté 5 : Le dialogue des cultures (Le Seuil)
Discours et travaux académiques
de Léopold Sédar SENGHOR
• Discours de réception à l’Académie des sciences morales et politiques, et réponse de M. Edmond Giscard d’Estaing, 16 décembre 1969.
• L’Eurafrique et la Politique de l’échange, communication à l’Académie des sciences morales et politiques, 30 octobre 1973.
• La Culture africaine, communication à l’Académie des sciences morales et politiques, 26 septembre 1983.
• Discours de réception et réponse de M. Edgar Faure, 29 mars 1984.
• Discours prononcé pour la réception de l’Académie du Royaume du Maroc, 11 juin 1987.
• Discours prononcé pour le cinquantième anniversaire de la Faculté des lettres de l’Université Laval, à Québec, 5 septembre 1987.
• L’enseignement du français. Discours prononcé à la séance publique annuelle des Cinq Académies, 25 octobre 1988.
• Discours prononcé lors de la séance solennelle d’ouverture de la session de l’Académie du Royaume du Maroc, à l’UNESCO, à Paris, 5 juin 1989.
• La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Académie du Royaume du Maroc, Madrid, 11 décembre 1989.
• Forum culturel afro-arabe d’Asilah, sur l’œuvre politique et culturelle de Léopold Sédar Senghor, 13 août 1990.
• L’Égypte-Mère, discours prononcé lors de la séance solennelle d’ouverture de l’inauguration de l’Université internationale de Langue française au service du développement africain, à Alexandrie d’Égypte, 4 novembre 1990.
________________________________________
Léopold Sédar Senghor vécut de 1906 à 2001 (95 ans)
Naissance : 1906 à Joal au Sénégal
Décès : 2001 (jeudi 20 décembre) à son domicile de Verson en Normandie en France : (jeudi 20 décembre) à son domicile de Verson en Normandie en France
Un deuil national de 15 jours. Le président sénégalais Abdoulaye Wade décrète jeudi soir un deuil national de quinze jours, après la mort de l'ancien président Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi en France - "En rapport avec la famille" de M. Senghor et l'ambassade du Sénégal à Paris, "nous allons organiser des obsèques nationales", a déclaré à la presse le chef de l'Etat. Dès aujourd'hui, a-t-il ajouté, "je décrète que le deuil national durera quinze jours".. Le président sénégalais Abdoulaye Wade décrète jeudi soir un deuil national de quinze jours, après la mort de l'ancien président Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi en France - "En rapport avec la famille" de M. Senghor et l'ambassade du Sénégal à Paris, "nous allons organiser des obsèques nationales", a déclaré à la presse le chef de l'Etat. Dès aujourd'hui, a-t-il ajouté, "je décrète que le deuil national durera quinze jours".
Obsèques nationales : samedi 29 décembre 2001 au Sénégal. (Inhumations à Dakar comme il l'avait souhaité). : au Sénégal. (Inhumations à Dakar comme il l'avait souhaité).
Autres repères : Homme de lettres (enseignant, agrégé de grammaire, poète, écrivain), Homme politique (fondateur de la République et président du Sénégal, un des pionnier de l'OUA), Homme de culture (chantre de la Négritude et de l'Africanité, défenseur de la francophonie, immortel de l'Académie française). : Homme de lettres (enseignant, agrégé de grammaire, poète, écrivain), Homme politique (fondateur de la République et président du Sénégal, un des pionnier de l'OUA), Homme de culture (chantre de la Négritude et de l'Africanité, défenseur de la francophonie, immortel de l'Académie française).
: à Joal au Sénégal : (jeudi 20 décembre) à son domicile de Verson en Normandie en France. Le président sénégalais Abdoulaye Wade décrète jeudi soir un deuil national de quinze jours, après la mort de l'ancien président Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi en France - "En rapport avec la famille" de M. Senghor et l'ambassade du Sénégal à Paris, "nous allons organiser des obsèques nationales", a déclaré à la presse le chef de l'Etat. Dès aujourd'hui, a-t-il ajouté, "je décrète que le deuil national durera quinze jours". : au Sénégal. (Inhumations à Dakar comme il l'avait souhaité). : Homme de lettres (enseignant, agrégé de grammaire, poète, écrivain), Homme politique (fondateur de la République et président du Sénégal, un des pionnier de l'OUA), Homme de culture (chantre de la Négritude et de l'Africanité, défenseur de la francophonie, immortel de l'Académie française).
________________________________________
Mort Senghor: Annan rend hommage à un "champion de la dignité africaine"
AFP, New York (Nations Unies), 21 déc. 2001 - 18h15 - Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a rendu hommage vendredi au premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor qu'il a qualifié de "champion de la dignité africaine et du dialogue entre civilisations".
Kofi Annan déclare dans un communiqué avoir appris "avec une grande tristesse" la disparition du "père de la démocratie sénégalaise".
Léopold Sédar Senghor est décédé jeudi à son domicile de Verson, en Normandie (nord-ouest de la France), à l'âge de 95 ans.
Poète et homme d'Etat, premier président du Sénégal indépendant qu'il a dirigé pendant vingt ans de 1960 à 1980, M. Senghor "s'est distingué par son engagement en faveur de la paix, de la justice, du développement et de l'éducation", dit M. Annan.
Il ajoute qu'il "a posé les bases de ce qui devait devenir au Sénégal une tradition politique fondée sur le transfert démocratique et pacifique du pouvoir".
Kofi Annan salue aussi en Léopold Sédar Senghor, co-fondateur de l'Organisation de l'Unité africaine, "un pionnier infatiguable de la coopération africaine".
5 - Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a rendu hommage vendredi au premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor qu'il a qualifié de "champion de la dignité africaine et du dialogue entre civilisations".
5 - Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a rendu hommage vendredi au premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor qu'il a qualifié de "champion de la dignité africaine et du dialogue entre civilisations".
________________________________________
Joal, ville natale de Léopold Sédar Senghor, pleure le président-poète
AFP, JOAL (Sénégal), 21 déc. 2001 - 17h19 - "Dieu a fait ce qu'il a voulu, n'est-ce pas ?", crie Louise Senghor, 80 ans, la dernière soeur encore en vie de Léopold Sédar Senghor, rencontrée chez elle vendredi à Joal, ville natale du président-poète.
Ses mots se perdent dans des pleurs qu'elle n'arrive plus à contenir. "Mon Dieu, c'est dur", ajoute-t-elle, tremblant de tout son corps, avant que ses neveux présents à ses côtés ne la réconfortent par des mots et des petites tapes sur les épaules et dans le dos.
Dans les rues de Joal, petite ville qui s'étire en bordure d'océan, à une centaine de km au sud de Dakar, la nouvelle du décès de l'ancien président ne crée pas partout le même émoi.
"Les jeunes générations ne connaissent Senghor qu'à travers ses oeuvres", explique Paul Ndiaye, natif de Joal et animateur au Centre de lecture et d'animation culturelle (CLAC) Léopold Sédar Senghor depuis cinq ans.
Maurice Niang, 13 ans, élève de CM2, déclame, sourire aux lèvres: "Je connais Léopold Sédar Senghor, il est le premier président de la république du Sénégal".
D'autres jeunes, assis autour des tables de la salle de lecture et entourés de "3.875 livres tous genres confondus", semblent plus intéressés par les romans à l'eau de rose ou les bandes dessinées que par les oeuvres de Senghor.
- "Dieu a fait ce qu'il a voulu, n'est-ce pas ?", crie Louise Senghor, 80 ans, la dernière soeur encore en vie de Léopold Sédar Senghor, rencontrée chez elle vendredi à Joal, ville natale du président-poète.
- "Dieu a fait ce qu'il a voulu, n'est-ce pas ?", crie Louise Senghor, 80 ans, la dernière soeur encore en vie de Léopold Sédar Senghor, rencontrée chez elle vendredi à Joal, ville natale du président-poète.
________________________________________
Décès de Léopold Sédar Senghor: le président-poète dans l'éternité
Publié dans l'édition du Vendredi 21 Décembre 2001 (http://www.lesoleil.sn)
L'ancien président de la République, Léopold Sédar Senghor, est mort hier (jeudi 20 décembre 2001) chez lui à Verson où il s'était retiré avec sa femme après avoir quitté le pouvoir à 74 ans, à la fin de l'année 1980. Le président avait fêté ses 95 ans en octobre dernier. On le savait malade depuis quelques années - il vivait avec un simulateur cardiaque pour soutenir son vieux cœur fatigué -, mais les Sénégalais et tous ses amis redoutaient la disparition de cet homme exceptionnel et multidimentionnel, qui a façonné, avec d'autres compagnons de lutte comme Lamine Guèye, Mamadou Dia et tant d'autres, qui ne sont plus de ce monde, une bonne part de l'histoire de notre pays depuis 1945 jusqu'à l'indépendance, avant de diriger le Sénégal pendant vingt ans.
Hospitalisé il y a quelques jours à Caen, il était retourné chez lui à Verson, pour y mourir, sans doute. Vendredi dernier, alors qu'on le disait gravement malade, sa famille avait démenti la nouvelle de son état désespéré, en soulignant qu'il était certes fatigué, mais qu'il se portait mieux. Hélas, la nouvelle est tombée hier, inattendue, prenant presque le peuple sénégalais entier de court. Depuis l'annonce de sa disparition, par le président Wade, en plein sommet de la CEDEAO, les témoignages affluent du monde entier, pour partager la douleur du peuple sénégalais.
Du président Jacques Chirac au roi Mohamed VI, en passant par Lionel Jospin, les réactions de solidarité envers le Sénégal continuent d'affluer vers notre pays devenu réellement orphelin avec la disparition de Léopold Sédar Senghor, que les poètes, artistes et musiciens ont chanté et qu'ils continueront longtemps de célébrer.
Aujourd'hui, Senghor, immortel, pour avoir été le premier noir reçu sous la coupole de l'Académie française, est entré définitivement dans l'éternité.
________________________________________
Senghor, un homme de vision, de sagesse, d'équilibre, selon Abdou Diouf
AFP, Dakar, 21 déc. 2001 - 10h06 - Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi, était un homme de vision, d'action, d'équilibre et de sagesse", a déclaré Abdou Diouf, son ancien Premier ministre et successeur à la tête de l'Etat sénégalais.
Interrogé par le quotidien Le Soleil, M. Diouf, installé en France et qui n'est pas revenu au Sénégal depuis sa défaite à la présidentielle de mars 2000 face à Abdoulaye Wade, a annoncé qu'il serait présent aux obsèques du président Senghor. Elles auront probablement lieu dans son pays natal.
"La question ne se pose même pas. Je serai toujours à côté de lui", a-t-il affirmé, rappelant que le président Senghor était pour lui "un père, aussi bien au plan politique que spirituel". "Il m'avait adopté, formé, confié des responsabilités et aidé à le remplacer à tête de l'Etat".
Abdou Diouf a enfin déclaré qu'il retenait de Senghor "l'humilité, la foi en Dieu et en l'homme, le culte du travail et du travail bien fait, l'organisation et la méthode".
6 - Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi, était un homme de vision, d'action, d'équilibre et de sagesse", a déclaré Abdou Diouf, son ancien Premier ministre et successeur à la tête de l'Etat sénégalais.
6 - Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi, était un homme de vision, d'action, d'équilibre et de sagesse", a déclaré Abdou Diouf, son ancien Premier ministre et successeur à la tête de l'Etat sénégalais.
________________________________________
Le président Omar Bongo : continent africain "orphelin" après la mort de Senghor
AFP, Libreville, 21 déc. 2001 - 10h03 - Le président gabonais Omar Bongo a estimé vendredi que le continent africain se retrouvait "orphelin" après la mort jeudi en France de Léopold Sédar Senghor.
"Comment ne pourrais-je pas laisser libre cours à l'émotion qui m'étreint à cet instant et ne point rendre hommage à cette grande figure dont est aujourd'hui orphelin le continent africain", a déclaré M. Bongo dans un message de condoléances adressé au président sénégalais Abdoulaye Wade.
"Pour l'Afrique, c'est une voix, la voix d'un homme d'Etat, la voix d'un poète, la voix d'un humaniste qui vient de s'éteindre", a ajouté le président Bongo, rappelant "l'avoir connu dans cette triple dimension".
M. Bongo, "profondément consterné", a souligné "l'émoi" que la mort du poète et ancien président du Sénégal avait suscité au sein de la nation gabonaise.
- Le président gabonais Omar Bongo a estimé vendredi que le continent africain se retrouvait "orphelin" après la mort jeudi en France de Léopold Sédar Senghor.
- Le président gabonais Omar Bongo a estimé vendredi que le continent africain se retrouvait "orphelin" après la mort jeudi en France de Léopold Sédar Senghor.
________________________________________
Les réactions
AFP, Paris - jeudi 20 décembre 2001, 22h54 - Le président Jacques Chirac a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, en s'inclinant devant la mémoire de celui qui fut "l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme", "l'un des acteurs majeurs de l'Histoire de l'Afrique".
"La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami", a déclaré Jacques Chirac.
Lionel Jospin a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".
a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".
a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".
Dans un message adressé au président sénégalais Abdoulaye Wade, le Premier ministre dit avoir appris "avec une réelle émotion" la mort du "père de la nation sénégalaise".
L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a rendu hommage jeudi à "l'homme d'Etat exceptionnel" en même temps qu'à "l'homme simple, sensible et généreux".
"Ce grand poète était un homme d'Etat exceptionnel qui a su favoriser et respecter l'évolution démocratique de son pays, d'abord vers l'indépendance, ensuite vers l'exercice de sa pleine souveraineté d'Etat influent en Afrique", écrit M. Giscard d'Estaing.
Le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Boutros Boutros-Ghali, a salué le "poète de la négritude, l'homme d'Etat d'indépendance, le philosophe de l'universel" qui restera le "guide spirituel" de la francophonie.
Le président malien Alpha Oumar Konaré, parlant au nom des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) réunis à Dakar, a déclaré, visiblement ému, que "Léopold Sédar Senghor est certes du Sénégal, mais il est de l'Afrique et il est un citoyen du monde".
"Son exemple nourrira notre action", a poursuivi le chef d'Etat malien, qui s'est dit attristé par la perte d'un "grand combattant de l'Afrique et de la liberté".
L'Académie française, par la voix de son secrétaire perpétuel, Mme Hélène Carrère d'Encausse, a rendu hommage à l'ancien président sénégalais qui fut en 1984 le premier écrivain noir reçu à l'Académie.
"Il nous apportait son admirable connaissance de la langue française, il était le symbole de tout ce qui nous unissait à l'Afrique", a-t-elle dit. "C'était un de nos confrères extrêmement vénérés dont, malheureusement, l'absence ces dernières années, en raison de sa santé, nous avait déjà attristés. Il était jusque-là très assidu aux séances du dictionnaire", a-t-elle ajouté.
"J'étais très impressionnée par son immense culture, son sens de la langue. C'était un agrégé de grammaire qui disait d'une façon poétique des choses très précises. Quand il parlait, on sentait toujours le poète derrière" les mots.
- Le président a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, en s'inclinant devant la mémoire de celui qui fut "l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme", "l'un des acteurs majeurs de l'Histoire de l'Afrique". a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".
- Le président a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, en s'inclinant devant la mémoire de celui qui fut "l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme", "l'un des acteurs majeurs de l'Histoire de l'Afrique". a salué une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la "pensée et de la littérature française".
jeudi 20 décembre 2001, 22h54
"J'étais très impressionnée par son immense culture, son sens de la langue. Quand il parlait, on sentait toujours le poète derrière" les mots, a déclaré Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie Française.
Senghor en 1985 par Frank Perry.
________________________________________
La mort de Senghor, chantre de la négritude et de la culture française
AFP, Dakar - jeudi 20 décembre 2001, 22h55 - Ancien président de la République du Sénégal, poète de la "négritude", Léopold Sédar Senghor, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, était un des plus ardents défenseurs de la langue française et l'ambassadeur universel de la culture de l'Afrique noire.
A la tête du Sénégal jusqu'au 31 décembre 1980, il a fait de son pays une des premières démocraties d'Afrique, en y autorisant le multipartisme et en cédant la place à son Premier ministre de l'époque, Abdou Diouf.
Lassés par 40 ans de pouvoir socialiste, les Sénégalais ont élu en mars 2000 le libéral Abdoulaye Wade et, encore une fois, se sont imposés comme un "exemple pour l'Afrique", capables d'alternance politique dans le calme et la démocratie.
Officiellement né le 9 octobre 1906 à Joal (sud de Dakar), Léopold Sédar Senghor, membre de l'Académie française depuis 1984, s'était fait l'apôtre de "la civilisation de l'universel".
Jusqu'à l'âge de 7 ans, il ne parle que le sérère, avant d'apprendre le français à la mission catholique de son village natal.
Catholique, il veut devenir prêtre et fréquente le collège-séminaire de Dakar. Mais le sacerdoce n'est pas sa vocation. Après son baccalauréat de philosophie, il entre au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se lie d'amitié avec le futur président Georges Pompidou et l'Antillais Aimé Césaire, avec lequel il invente la théorie de la "négritude".
Il devient ensuite le premier agrégé africain (en grammaire) de l'Université de Paris en 1935, puis professeur de français-latin-grec au lycée Descartes de Tours.
Mobilisé en 1939, Senghor est fait prisonnier par les Allemands en juin 1940. Réformé en 1942 pour raison de santé, il reprend ses activités de professeur et participe à la résistance contre le nazisme.
En 1945, il publie son premier recueil de poésies, "Chants d'Ombre", tout en entamant une carrière politique française. Député du Sénégal, inscrit au groupe socialiste, il fonde en 1948 le Bloc démocratique sénégalais.
Réélu député en 1951, secrétaire d'Etat dans le cabinet d'Edgar Faure en 1955, puis président de l'assemblée de la fédération du Mali (groupant le Sénégal et l'actuel Mali) en 1959, il devient le premier président de la République du Sénégal à l'indépendance, en 1960.
Senghor, francophile avoué, a rejeté ce qu'il considérait comme une mainmise de l'Union soviétique et de Cuba sur certains pays d'Afrique. Il s'est aussi fait le défenseur farouche des populations noires d'Afrique de l'Ouest face aux appétits de certains voisins arabes, anciens esclavagistes.
Ecrivain, Léopold Sédar Senghor anime en 1956 le premier congrès international des écrivains et artistes noirs. Devenu chef d'Etat, il continue son oeuvre poétique. A "Hosties noires" (1948) et "Ethiopiques" (1956) viennent s'ajouter les recueils de "Nocturnes" (1961), "Lettres d'Hivernage" (1973) et les "Elégies majeures" (1978). Il signe aussi plusieurs essais (Liberté, I à V) développant sa pensée politique. Plusieurs fois, son nom a été cité pour le prix Nobel de littérature.
Président d'honneur du Haut conseil de la francophonie depuis 1991, il a aussi été honoré par de nombreuses universités françaises et étrangères. Il était Grand Croix de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.
Marié une première fois en 1946 et divorcé neuf ans plus tard, il avait ensuite épousé Colette Hubert, une Française originaire de Normandie, région où il a passé les dernières années de sa vie.
________________________________________
Boutros Boutros-Ghali rend hommage à Senghor
AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 22h12 - Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général des Nations unies et actuel secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, a rendu hommage jeudi à Léopold Sendar Senghor, pour avoir offert ''une vision du dialogue des cultures et des religions''.
''L'Afrique et la francophonie sont aujourd'hui en deuil'', a déclaré Boutros Boutros-Ghali sur Europe-1. ''La francophonie veut rendre hommage à Léopold Senghor et à ce qu'elle lui doit: c'est un grand homme qui a inspiré, créé, contribué à l'épanouissement de la francophonie''.
M. Boutros-Ghali s'est rappelé que ''lorsqu'il était un jeune universitaire les poèmes de Léopold Senghor consacrés à la négritude (l'avaient) toujours inspiré''.
''Léopold nous a offert une vision du dialogue des cultures, des religions qui devrait donner naissance à cette réconciliation générale qui devrait permettre l'épanouissement du culture de la paix'', a souhaité Boutros Boutros-Ghali.
________________________________________
Mort de Léopold Sédar Senghor, figure historique de l'Afrique
Reuters, Paris - jeudi 20 décembre 2001, 20h41 - L'ancien président et poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père de la "négritude", est mort à l'âge de 95 ans dans le Calvados.
Figure historique de l'Afrique post-coloniale, celui qui fut le premier président du Sénégal indépendant de 1960 à 1980 s'est éteint vers 16h30 à son domicile de Verson, près de Caen, dans le Calvados, où il s'était retiré depuis plusieurs années, a-t-on appris auprès de la légion de gendarmerie de Basse-Normandie.
Universitaire, membre de l'Académie française, il était également un poète de renom international, inventeur de la "négritude".
Les hommages unanimes ont accompagné l'annonce de son décès.
L'actuel chef de l'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, qui a appris la mort de Senghor lors d'un sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, à Dakar, a annoncé que le Sénégal organiserait des obsèques nationales pour son illustre prédécesseur.
Léopold Sédar Senghor, a-t-il dit, "exprimait ce qu'un nègre pouvait ressentir à l'époque lorsqu'il vivait en tant qu'intellectuel dans un milieu occidental".
"Je pense que son message est allé très loin puisque les combattants angolais à l'époque chantaient encore des poèmes de Senghor, de sorte qu'il a représenté la culture noire avec Césaire et leurs amis, comme Jean-Paul Sartre et tant d'autres", a-t-il ajouté sur France Inter.
Pour le président malien Alpha Oumar Konaré, "le président Senghor était un grand homme politique et un grand Africain". "Senghor est plus que jamais présent avec nous", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, Laurent Gbagbo, le président ivoirien, a souligné "le bel exemple pour plusieurs générations d'Africains" que le premier président sénégalais incarnait. "C'était un ardent défenseur du dialogue des cultures et du métissage", poursuit-il.
---
"Un magnifique passeur de cultures"
Même tonalité dans l'hommage rendu, en France, par Jacques Chirac pour qui l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme" et un "magnifique passeur de cultures" se sont éteints avec Léopold Sédar Senghor.
"La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami", écrit le président français dans un communiqué.
"Magicien des mots, Léopold Sédar Senghor incarnait les beautés de l'âme africaine. Par son goût éminent du dialogue et sa soif de l'autre, il fut un magnifique passeur de cultures entre les civilisations", poursuit-il.
"En ces instants de recueillement, la France n'oublie pas qu'il fut aussi l'un des siens, ministre de la République et académicien, parmi les plus éminents."
Lionel Jospin a salué lui une "figure majeure de l'Afrique indépendante" et de la littérature française.
"Le président Senghor a été de toutes les luttes pacifiques pour l'émancipation et la dignité du continent africain", écrit le Premier ministre. "Il a été un modèle de sagesse dans la gestion de son pays. Son action, j'en suis sûr, demeurera une source d'inspiration pour chacun d'entre nous."
Pour Raymond Forni, président socialiste de l'Assemblée nationale, c'est un homme qui avait "su si merveilleusement incarner à la fois cette négritude, dont il a forgé le concept, mais aussi l'unité profonde de l'homme, quelles que soient ses origines et sa couleur de peau", qui a disparu.
"Apôtre de l'indépendance et de la paix, défenseur acharné et infatigable de la dignité humaine, il s'est toujours battu pour sauvegarder et consolider l'unité africaine", dit-il.
---
Le "chantre de la négritude"
Né le 9 octobre 1906, dans l'ancien comptoir portugais de Joal, dans un Sénégal qui constituait l'un des fleurons de l'ancien empire colonial français, Léopold Sédar Senghor avait fait des études supérieures de littérature à Paris.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, il est prisonnier pendant deux ans en Allemagne.
Après son retour de captivité, il entame une carrière politique dans la France libérée: élu député du Sénégal à l'Assemblée nationale en 1945, siège qu'il conservera jusqu'en 1959, il est secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil sous Edgar Faure (1955) et ministre-conseiller du fondateur de la Ve République, le général de Gaulle (1959).
En 1960, il est député à l'Assemblée législative du Sénégal nouvellement indépendant. Il est ensuite élu président.
Son "exemplarité" a été saluée, notamment pour avoir accepté de quitter le pouvoir en 1980 après avoir instauré dans son pays un climat de tolérance unique en Afrique. Il n'hésita pas, néanmoins, à emprisonner pendant douze ans l'un de ses rivaux, Mamadou Dia.
Parallèlement à cette carrière politique, qui a fait de lui l'un des "sages" de l'Afrique, Léopold Sédar Senghor avait poursuivi une oeuvre littéraire abondante et louée pour son originalité.
Marié à une Française, l'ancien président du Sénégal vivait depuis plusieurs années à Verson, une petite commune du Calvados de 3.600 âmes, à 8 km de Caen.
La semaine dernière, on avait appris qu'il était dans un état de santé "très critique".
- L'ancien président et poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père de la "négritude", est mort à l'âge de 95 ans dans le Calvados.
- L'ancien président et poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père de la "négritude", est mort à l'âge de 95 ans dans le Calvados.
- L'ancien président et poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père de la "négritude", est mort à l'âge de 95 ans dans le Calvados.
________________________________________
Senghor, l'homme du ''métissage de mentalités'', pour Poirot-Delpech
AP, Paris, -- jeudi 20 décembre 2001, 21h33 - L'écrivain et académicien Bertrand Poirot-Delpech a salué jeudi la mémoire de Léopold Sedar Senghor, un homme au ''trajet pas si courant'' qui a réalisé ''un métissage des langues, des mentalités''.
''C'est un homme de synthèse et de conciliation à l'intérieur de lui-même'', a rappelé Bertrand Poirot-Delpech sur France Inter. ''Il était le siège de quantité de contradictions vu ses origines du Sénégal serere, culture à moitié portugaise, ce qui lui faisait double lien avec les langues romanes -le français et le portugais''.
Léopold Sedar Senghor ''se retrouve agrégé de grammaire en 1935 et en khâgne à Louis Le Grand avec Pompidou et Jacqueline de Romilly et ce trajet n'est pas si courant''.
Depuis quelques années, ''il était tout à fait retiré près de Caen dans la Normandie de son épouse: il avait dit-il troqué la négritude pour la normanditude parce qu'il ne manquait pas d'humour'', a noté Bertrand Poirot-Delpech.
''Autre signe d'humour: une femme de parlementaire lui faisait compliment de son excellent français, il avait répondu 'moi 'y en avoir aucun mérite, moi 'y en a être agrégé de l'université'... Evidemment le ridicule n'était pas de son côté!'', a conclu l'académicien.
- L'écrivain et académicien Bertrand Poirot-Delpech a salué jeudi la mémoire de Léopold Sedar Senghor, un homme au ''trajet pas si courant'' qui a réalisé ''un métissage des langues, des mentalités''.
- L'écrivain et académicien Bertrand Poirot-Delpech a salué jeudi la mémoire de Léopold Sedar Senghor, un homme au ''trajet pas si courant'' qui a réalisé ''un métissage des langues, des mentalités''.
________________________________________
Verson exprime sa tristesse après la mort de Senghor
AP, Paris, -- jeudi 20 décembre 2001, 20h28 - Les habitants de la commune de Verson (Calvados), où le premier président de la République du Sénégal Léopold Sedar Senghor s'est éteint à l'âge de 95 ans, ont rendu hommage jeudi à un ''homme discret qui symbolisait la sagesse, la culture, l'ouverture aux autres''.
''Nous souhaitons marquer notre profonde affliction pour la disparition d'un homme auquel nous resterons attachés'', salue dans un communiqué Michel Marie, maire de la cité normande dans laquelle le chantre de la négritude résidait ''depuis 1959''.
''Nous nous efforcerons de continuer à faire connaître ses écrits et ses pensées'', promet-il.
Sur Internet: http:www.ville-verson.fr
- Les habitants de la commune de Verson (Calvados), où le premier président de la République du Sénégal Léopold Sedar Senghor s'est éteint à l'âge de 95 ans, ont rendu hommage jeudi à un ''homme discret qui symbolisait la sagesse, la culture, l'ouverture aux autres''.
- Les habitants de la commune de Verson (Calvados), où le premier président de la République du Sénégal Léopold Sedar Senghor s'est éteint à l'âge de 95 ans, ont rendu hommage jeudi à un ''homme discret qui symbolisait la sagesse, la culture, l'ouverture aux autres''.
________________________________________
Senghor: la classe politique française déplore la disparition d'une ''grande voix de l'Afrique''
AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 20h17 - La classe politique française a unanimement salué jeudi la mémoire d'une ''grande voix de l'Afrique'' et d'un ''grand érudit'', après la disparition de Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, à l'âge de 95 ans.
''Apôtre de l'indépendance et de la paix, défenseur acharné et infatigable de la dignité humaine, il s'est toujours battu pour sauvegarder et consolider l'unité africaine'', a déclaré le président de l'Assemblée nationale Raymond Forni, rendant hommage à un ''grand érudit et un grand homme d'Etat''.
''Un pionnier du métissage culturel'', a salué la ministre de la Culture Catherine Tasca. ''Nous perdons le plus grand des poètes de l'Afrique et l'homme politique éminent qui sut conduire son pays vers la démocratie''. ''Il donna à son oeuvre la couleur incomparable de la négritude'', a-t-elle souligné.
L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing s'est pour sa part souvenu d'une soirée de lecture des poèmes de ce ''poète homme politique'' en présence du chef de l'Etat de l'époque Georges Pompidou. ''Il y avait ces deux anciens camarades des études littéraires, l'un le président de la République française, l'autre le président de la République du Sénégal, et sur la scène on a lu des poèmes de Senghor'', s'est-il remémoré. ''Le public était émerveillé, c'est une langue somptueuse et en même temps très moderne, très audacieuse''.
Présidente du RPR, Michèle Alliot-Marie a salué ''un visionnaire'' qui a été ''l'honneur de l'Afrique noire francophone et de l'amitié franco-sénégalaise''.
- La classe politique française a unanimement salué jeudi la mémoire d'une ''grande voix de l'Afrique'' et d'un ''grand érudit'', après la disparition de Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, à l'âge de 95 ans.
- La classe politique française a unanimement salué jeudi la mémoire d'une ''grande voix de l'Afrique'' et d'un ''grand érudit'', après la disparition de Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, à l'âge de 95 ans.
________________________________________
Senghor, ''une figure majeure de l'Afrique indépendante'' pour Lionel Jospin
AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 20h06 - Le Premier ministre Lionel Jospin a rendu hommage jeudi à l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, une ''figure majeure de l'Afrique indépendante'', dont il a appris le décès ''avec une réelle émotion''.
''Je nourrissais à son égard des sentiments de profonde estime et de sincère amitié'', souligne le chef du gouvernement dans une lettre adressée au président sénégalais Abdoulaye Wade.
Léopold Sedar Senghor, mort à 95 ans, ''a été de toutes les luttes pacifiques pour l'émancipation et la dignité du continent africain. Il a été un modèle de sagesse dans la gestion de son pays'', rappelle Lionel Jospin.
''Il était aussi, en tant que membre de l'Académie française, une figure majeure de la pensée et de la littérature française'', ajoute-t-il. AP
- Le Premier ministre Lionel Jospin a rendu hommage jeudi à l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, une ''figure majeure de l'Afrique indépendante'', dont il a appris le décès ''avec une réelle émotion''.
________________________________________
Le président ivoirien salue la mémoire de Léopold Sedar Senghor
AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 19h53 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a appris ''avec émotion et tristesse'' le décès jeudi en France de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor à l'âge de 95 ans. Pour lui, ''l'Afrique vient de perdre l'un de ses plus grands fils, dont le destin hors du commun a fortement marqué l'histoire et la littérature de notre siècle''.
Dans un communiqué, M. Gbagbo estime que ''son parcours d'homme d'Etat constitue un bel exemple pour plusieurs générations d'Africains'', avant de s'incliner devant la mémoire du ''poète au souffle généreux, qui incarnait doublement l'universalisme et l'humanisme'', ''l'ardent défenseur du dialogue des cultures et du métissage''.
''L'oeuvre du poète-président, chantre de la négritude et symbole de la francophonie, restera à jamais éternelle'', conclut M. Gbagbo. AP
- Le président ivoirien Laurent Gbagbo a appris ''avec émotion et tristesse'' le décès jeudi en France de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor à l'âge de 95 ans. Pour lui, ''l'Afrique vient de perdre l'un de ses plus grands fils, dont le destin hors du commun a fortement marqué l'histoire et la littérature de notre siècle''.
- Le président ivoirien Laurent Gbagbo a appris ''avec émotion et tristesse'' le décès jeudi en France de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor à l'âge de 95 ans. Pour lui, ''l'Afrique vient de perdre l'un de ses plus grands fils, dont le destin hors du commun a fortement marqué l'histoire et la littérature de notre siècle''.
________________________________________
Le président Wade salue ''la bataille de la négritude'' menée par Léopold Sedar Senghor
AP, Paris -- jeudi 20 décembre 2001, 19h49 - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a rendu hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor, disparu ce jeudi à l'âge de 95 ans, un homme qui a mené ''la bataille de la négritude''.
M. Senghor et l'écrivain Aimé Césaire ''ont mené la bataille de ce qu'on appelait la négritude à l'époque qui avait sa signification parce que c'était la revendication de quelques Africains qui vivaient dans le milieu européen de l'époque, dans le milieu français et qui sentaient une certaine forme de racisme'', a expliqué M. Wade sur France Inter depuis le Sénégal. ''Il exprimait ce qu'un nègre pouvait ressentir à l'époque lorsqu'il vivait en tant qu'intellectuel dans un milieu occidental''.
M. Wade a souligné que cette bataille, M. Senghor ''l'a menée pour revendiquer l'authenticité de la négritude avec ses moyens de poète et d'écrivain''. ''Je pense que son message est allé très loin, les combattants angolais à l'époque chantaient encore les poèmes de Senghor alors que nous étions déjà indépendants''.
Premier président du Sénégal indépendant de 1960 à 1980, Léopold Sedar Senghor ''a représenté la culture noire avec Césaire et leurs amis comme Jean-Paul Sartre et tant d'autres'', a conclu Abdoulaye Wade.
- Le président sénégalais Abdoulaye Wade a rendu hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor, disparu ce jeudi à l'âge de 95 ans, un homme qui a mené ''la bataille de la négritude''.
- Le président sénégalais Abdoulaye Wade a rendu hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor, disparu ce jeudi à l'âge de 95 ans, un homme qui a mené ''la bataille de la négritude''.
________________________________________
Décès de Léopold Sedar Senghor: Hervé Bourges salue un ''Africain exemplaire''
AP, Paris, jeudi 20 décembre 2001, 19h14 - L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor, dont le décès à l'âge de 95 ans a été annoncé jeudi, était un ''Africain exemplaire'', qui ''restera dans l'histoire du monde, de l'Afrique et de la France'', a estimé jeudi Hervé Bourges.
''Depuis près d'un demi-siècle, il n'est pas possible d'accompagner l'histoire de l'Afrique sans croiser Léopold Sedar Senghor, le sage, le poète, le poète, le penseur'', a souligné sur Europe-1 l'ancien président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Pour Hervé Bourges, militant anticolonialiste de longue date, conseiller en 1962 du président algérien Ahmed Ben Bella et de plusieurs ministres algériens de 1962 à 1967, Léopold Sedar Senghor était ''celui qui associait la mesure dans l'action, la liberté dans l'expression, la fermeté dans l'engagement avec la volonté patiente de faire exister l'Afrique et ses peuples dans notre temps''.
L'ancien chef d'Etat, rappelle Hervé Bourges, ''a su au terme de son dernier mandat présidentiel se retirer et laisser la place au cours d'une élection démocratique à son successeur Abdou Diouf''.
M. Bourges a évoqué l'amour de Léopold Sedar Senghor, membre de l'Académie française, pour la langue de Molière. ''Il a fait sienne notre langue et lui a donné son universalité'', a-t-il dit.
Le premier président du Sénégal, de l'indépendance en 1960 jusqu'en 1980, s'est éteint à l'âge de 95 ans à son domicile français de Verson dans le Calvados, a annoncé jeudi à Dakar le porte-parole de la présidence sénégalaise Cherif Seye.
- L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor, dont le décès à l'âge de 95 ans a été annoncé jeudi, était un ''Africain exemplaire'', qui ''restera dans l'histoire du monde, de l'Afrique et de la France'', a estimé jeudi Hervé Bourges.
- L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor, dont le décès à l'âge de 95 ans a été annoncé jeudi, était un ''Africain exemplaire'', qui ''restera dans l'histoire du monde, de l'Afrique et de la France'', a estimé jeudi Hervé Bourges.
________________________________________
Jacques Chirac rend hommage à la mémoire de Léopold Sedar Senghor
AP, Paris, jeudi 20 décembre 2001, 18h13 - Le président français Jacques Chirac s'est incliné jeudi devant la mémoire de l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, qualifié de ''l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme'' et ''l'un des acteurs majeurs de l'histoire de l'Afrique''. M. Senghor s'est éteint ce jeudi à l'âge de 95 ans à son domicile de Verson (Calvados).
''La poésie vient de perdre un maître, le Sénégal un homme d'Etat, l'Afrique un visionnaire et la France un ami'', a écrit le président dans un communiqué. ''Magicien des mots'', M. Senghor ''incarnait les beautés de l'âme africaine. Par son goût éminent du dialogue et sa soif de l'autre, il fut un magnifique passeur de cultures entre les civilisations. En ces instants de recueillement, la France n'oublie pas qu'il fut aussi l'un des siens, ministre de la République et académicien, parmi les plus éminents''. AP
- Le président français Jacques Chirac s'est incliné jeudi devant la mémoire de l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, qualifié de ''l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme'' et ''l'un des acteurs majeurs de l'histoire de l'Afrique''. M. Senghor s'est éteint ce jeudi à l'âge de 95 ans à son domicile de Verson (Calvados).
- Le président français Jacques Chirac s'est incliné jeudi devant la mémoire de l'ancien président sénégalais Léopold Sedar Senghor, qualifié de ''l'une des plus grandes figures contemporaines de l'humanisme'' et ''l'un des acteurs majeurs de l'histoire de l'Afrique''. M. Senghor s'est éteint ce jeudi à l'âge de 95 ans à son domicile de Verson (Calvados).
________________________________________
L'ancien chef d'Etat sénégalais Léopold Sedar Senghor est mort
AP, Dakar, jeudi 20 décembre 2001, 18h12 - Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, s'est éteint à l'âge de 95 ans, à son domicile français de Verson dans le Calvados, a annoncé jeudi un porte-parole de la présidence sénégalaise.
Le porte-parole de la présidence, Cherif Seye, n'a pas précisé la cause de sa mort, mais Léopold Sedar Senghor avait souffert dans le passé de problèmes cardiaques.
La semaine dernière, il avait été hospitalisé pendant quatre jours au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen où son état avait été qualifié vendredi de ''très critique''. L'ancien président avait finalement quitté l'hôpital vendredi pour rentrer chez lui à Verson.
Né le 9 octobre 1906 à Joal (130km à l'est de Dakar), Léopold Sédar Senghor avait été le premier président du Sénégal, de l'indépendance en 1960 à 1980. Il avait volontairement quitté le pouvoir le 31 décembre 1980 en faveur de son Premier ministre d'alors, Abdou Diouf. Poète, chantre de ''la négritude'', il était membre de l'Académie française depuis 1983. L'ancien chef d'Etat vivait depuis plusieurs années en Normandie.
- Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, s'est éteint à l'âge de 95 ans, à son domicile français de Verson dans |
 |
|
|
 |
|