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Littéraires

 Les cygnes d'encre
 Palimpseste d'une saison avortée
 Que peut l’homme contre la volonté absolue de Dieu
 Preuve par Non
 Timimoun – Abderrahmane Zakad
 Depuis toujours
 L'éditeur Robert Laffont est mort
 Fragment de nuit
 Un jour une nuit…
 La danse du métro
  Avance dans la nuit
 Le brame
 Liberté : un conte surréaliste
 So Sorry
 Planete
 Nicolas Wharf est Suisse
 Biographie de Michel Kalife
 Article de Antoine Hubert Louis
 L’INCONNU, Les mystères de l’Afrique dévoilés
 Le chemin le plus court de soi à soi est l’Autre
Les cygnes d'encre 


Les cygnes d'encre
Mahlya de Saint-Ange


Éditeur France Europe éd.
ISBN
EAN 9782913197671
Dewey 849.43
Date de parution 14 mai 2002
Nombre de pages 266

Prix éditeur 17.07 €

Présentation de l'éditeur
Un auteur courageux qui vous livre une bonne partie de sa propre vie tumultueuse, tout en vous faisant croire que ses chemins ne sont que romanesques.

Ses nouvelles dans leur intense évocation d'écriture savent conserver une part de mystère, d'originalité certaine. On s'accroche fermement à la puissance des mots où éclatent des images inattendues ou incongrues ou des faits témoignages.

Quête de changement et d'absolu d'une femme un peu ange-démone mais qui, malgré son enfance dorée et très bourgeoise, refuse la caricature et s'avoue mille fois, à travers ses personnages aux prénoms énigmatiques et tortueux.

Les récits nous enracinent dans l'étonnement, le rire, ou l'émoi. Combien d'entre vous pourront s'y refléter, sans enluminures, enfin... Bien des personnages avancent dans ces nouvelles, sans échos de substitution, on y croise l'impulsion, le fruit d'une confidence personnelle avec la main donnée, offerte, en avant. L'auteur qui a une formation de gestalt sait regarder et s'auto-analyser sans superficialité. La narration ménage des surprises, nous engouffre dans un non-dit ou un trop-dit qui pèse et interroge sur la relation auteur-lecteur.

L'épiderme est subtil, l'érotisme évoqué avec une sorte de volupté étrange mais, sous cette apparence, germe la densité et le dard du regard franc, net précis comme une lame de rasoir. Des récits qui vont loin dans l'exploration des réactions humaines. Cascade d'épisodes ahurissants et tout à fait improbables et pourtant... Spontanéité latine où toute cicatrice rêve d'humour ou d'amour et y parvient. Suspense qui nous conduit remarquablement dans une dimension durable de culture et d'esprit.

Mémoire intarissable pétrie de voyages, réels ou mentaux, complexité intéressante, stylée, poétique dont chaque relecture permet de trouver de nouveaux sentiments ou des jeux de mots que l'on n'avait pas toujours perçus au départ.

Les Cygnes d'Encre sont mille aventures riches et fortes.
Palimpseste d'une saison avortée 

Le visage renversé je cherche la face des hommes
dans ce printemps coagulé de sang
Palimpseste d'une saison avortée
dans le banquet des ombres
J'ai le cœur qui saigne dans ma paume
et le soleil est un vertige au flanc des femmes

De ce séisme à ma nécropole
j'ai la tête qui tourne
comme une toupie folle
L'Anse des vagues
et l'étreinte des bras me livrent
comme un aveugle à l'abandon
des gestes futiles souillant
le vent et le pollen des chrysanthèmes

Saurais-je un jour dans mes errements
de poète pactisant avec la lumière
Le nombre des cœurs oubliés
sous les décombres
J'ai tes mains et ton odeur comme repère
car depuis ta blessure sur ma peau
je suis redevenu homme
parmi les vivants et les morts!

Pierre Moïse CELESTIN
Port-au-Prince
"MOISE" ,
Que peut l’homme contre la volonté absolue de Dieu  


Par Antoine Hubert LOUIS

Revenons donc à notre question :« Que peut l’homme contre la volonté absolue de Dieu » ? Et, bien tout ! À un moment de la durée, tout homme peut s’arracher à son/ses Dieux ! Un homme peut librement choisir de ne plus en être un en se suicidant. Dieu ne peut aucunement choisir de ne plus être lui-même ! Pourquoi les suppôts de Dieu n’accusent jamais les « fous fous » de commettre des péchés ? J’aimerais tellement savoir où, au terme du jugement dernier, Dieu enverra les « fous fous » ! Imaginons le scénario selon lequel un « fou fou » viole une fille et la met enceinte, dans quel sens faudrait-il trancher s’il s’agit de tenir compte de la Parole de Dieu ?

Les Dieux se sont toujours révélés aux hommes, tout comme les hommes se sont toujours rapprochés des Dieux dans la confrontation et l’affrontement. L’Iliade, l’Odyssée, Les Tragiques grecs, La Bible – depuis le péché du jardin d’Eden jusqu’à l’Apocalypse en passant par La Croix – l’attestent noir sur blanc. L’équipe combat de Jacob d’avec l’Ange (ce qui lui a valu le nom d’Israël), y compris l’épopée de Paul (ci-devant Saul) sur la route de Damas, sont également là pour me confirmer. J’emmerde les Dieux qui exigent que, en plus d’être toujours à genoux, l’homme se sente éternellement coupable du déroulement et dénouement d’un scénario dont il n’est ni le scripteur, ni le metteur en scène, encore moins le réalisateur. Moi, « j’ai grandement besoin de me mesurer à plus immense que moi-même, non plus de m’humilier» en présence d’aucun Indépassable envahissant (dont le temps).

Je crois avant tout dans la volonté de l’homme, pas en celles des Dieux. Il y a trois facteurs primordiaux qui font que les Dieux abondent. Citons d’abord la peur de la mort. La mort est une absurdité pour l’entendement. Pour ne pas sombrer dans la folie en guise de refus de la mort, l’humanité s’invente des religions et un au-delà qui circonscrivent la mort comme étant un simple phénomène ou rite de passage. Ensuite, il importe de parler du partage non équitable du sensible. Ce partage, comme la mort, exige qu’il soit circonscrit, expliqué et ramené aux niveaux des phénomènes normaux.

Pour les plus intelligents c’est-à-dire les plus coquins, il s’agit de l’invention du droit et de la loi. Pour eux, les Dieux sont bons ou mauvais selon qu’ils justifient l’accaparement du monde et confirment le droit de s’approprier les ressources. L’un des aboutissements les plus logiques et directs de ce partage métaphysique du sensible demeure la misère. Tels ou tels Dieux reflètent le niveau de connaissances ainsi que la misère de leurs adeptes et, du coup, la contestation de cette misère-là par ces mêmes adeptes. Enfin, en amont comme en aval des deux premiers vient l’ignorance ou l’incapacité de penser le monde en se fondant sur des arguments logiques.

Il fut une fois où des ethnies se mettaient à genoux face contre le sol quand il y avait du tonnerre. Pour elles, c’était un/des Dieux qui se manifestait parce qu’en colère. De nos jours, tout le monde sait ce c’est qu’un tonnerre. Jacques Stephen Alexis l’avait dit et ce, bien longtemps avant moi. Et c’est fort dommage que des croyants de notre siècle continuent encore à associer la colère d’un Dieu quelconque aux tremblements de terre. Si les Dieux sortent de ma terre c’est parce qu’elle est misérable, analphabète et illettrée. Un jour, les machines agricoles, l’électricité, les usines, les écoles et des campus universitaires de niveau standard, mis au service conjugué du développement de la science et de la recherche scientifique, les réduiront tous au silence. N’oubliez pas que je suis sorti de la tête d’un communiste et que j’ai longtemps vécu à Cuba. Je pense encore à Janil Lapôtre.

Janil est mort de deux balles, l’une dans le ventre et l’autre dans la tête. Moi Lecubain, j’ai reçu deux coups de poignard. Tombé en coma, j’ai malheureusement été enterré pour mort. À mon époque, la médecine ne disposait pas de technologies lui permettant de distinguer la mort cérébrale de la mort clinique. D’ailleurs, n’étaient-ce pas les fins connaisseurs des vertus curatives des plantes, écorces et racines, la médecine n’existerait même pas dans ma communauté natale. Je me suis sorti de mon trou après environ une bonne demi-heure de travail et de piochage et ce, grâce à une machette (Koulin) que l’on avait déposée dans mon suaire. Cette machette était le seul outil pratique dont je me suis, quand il fallait battre la rosée du matin, servi dans le cadre de ma quête acharnée de l’eau.

La toute première fois que j’avais eu à parler des « fous fous » était lors d’une séance de cours avec Janil Lapôtre. Il essayait de définir ce qu’est c’est qu’un homme selon le paradigme marxiste. Pour Lapôtre, « être» c’est pouvoir résoudre, de manière efficiente et efficace, les problèmes auxquels on est confronté. Tout le cours s’était déroulé en créole. Pour le taquiner, je lui demandais si, tenant compte de sa définition, un «fou fou » reste encore une personne humaine à part entière. Il fallait éviter de dire « moun fou » puisque le dire ainsi fausserait toute la suite. Or, tout seul, le mot «fou» ne veut absolument rien dire en créole. Ce mot peut bien renvoyer aux « fours » des boulangeries entendu que et l’orthographe et la prononciation des deux mots sont pareilles en créole.

Je dis tout ce qui précède parce que j’ai grand peine à me souvenir de la suite de mon rêve concernant les « fous fous » que j’ai liquidés à l’entrée principale du Palais national. Là où ma mémoire onirique me fait défaut, j’y suppléerai par la force expressive de l’imagination. Et je crois que c’est exactement ce que je vais faire.
Preuve par Non 


Non-conçu… non-né
Non-advenu… non-vécu
Non-vu… non-su

Non-dit… non-éclairci
Non-rappelé… non-évoqué
Non-pensé… non-écrit

Non-projeté… non-accompli
Non-inventé… non-réalisé
Non-exploré… non-découvert

Non-jaugé… non-jugé
Non-choisi… non-résolu
Non-observé… non-prouvé

Non-semé… non-moissonné
Non-planté… non-récolté
Non-fabriqué… non-recyclé

Non-accueilli… non-connu
Non-embrassé… non-retenu
Non-aimé… non-compris


© Luce Péclard
28.5.09
Timimoun – Abderrahmane Zakad  

Quand les vaches pondront des œufs

et que les poissons auront des pattes

on ira dans l’oasis nous deux

je t’aimerai fort et on s’éclate

Quand il neigera à Timimoun

je chanterai sous ton balcon

je te rejoindrai sous la doudoune

Et te ramènerai des flocons

Je t’emmènerai en voyage de noces

plus au sud chez les caravaniers

sur le sable nous ferons un gosse

dans l’oasis sous un palmier.

Nous irons loin vers l’aventure

en laissant sur le sable nos traces

l’amour les rimes et les murmures

et nos pleures aux larmes lasses

Je t’expliquerai les mirages

l’esprit et la langue des yeux

la rosée les mots en feuillage

le litham et l’infini des cieux

Quand les vacances sont terminées

on remerciera les touaregs

ils nous garderont le bébé

il grandira chez eux dans l’erg

Et le temps passe et l’âge avance

on frôle les souvenirs du passé

on se remémore nos vacances

dans l’oasis sous les palmiers

On a vieilli dans nos pensées

A Timimoun on retournera

Revoir la neige et nos baisers

et notre fils qui nous dira :

« Je suis content vous êtes venus

je suis le chef de la tribu

merci papa merci maman

de m’avoir fait sous un palmier

c’est maintenant votre maison

l’oasis l’erg les caravaniers »

A Timimoun on sera que nous deux

à rêver en dégustant des dattes

quand les vaches pondront des œufs

et que les poissons auront des pattes


Abderrahmane Zakad


Extrait du recueil "OASIS" en cours d'édition.

ZAKAD Abderrahmane
Depuis toujours 


Depuis toujours, tu m’attendais.
Moi, poussière d’univers,
J’ai toujours su que tu m’appelais.
Mais c’était encore le temps des plaies.

Quatre décennies durant,
Je te désirais,
C’était comme un torrent ;
Des bouts du monde, je t’aimais.

Tu me tendais tes bras.
Et, parfois, tu m’invitais,
Le temps d’un rêve,
D’une courte balade.

Dans ton sein
L’histoire s’est déroulée,
Petite ou grande,
Sombres ou beaux desseins,
Partout, tu en portes
Encore les traces.
Mon portrait par Pierre Durieux

Enfin est venu le temps
Où tu me happes,
Tu m’engloutis
De plaisirs,
De désirs,
De folies.

Plus de barrières
Pour me fondre en toi,
Pour devenir toi,
Pour que mon âme
S’unisse à la tienne
Dans le festin des artistes
Que tu nourris en toi.

Un peintre m’a croqué
Là-bas sur la Place du Tertre.
Tu signes, là,
Le sens de ton accueil
Paris aux parfums d’éternité !

© Jean Dornac
Paris, le 8 novembre 2009
L'éditeur Robert Laffont est mort 


LEMONDE.FR | 19.05.10 | 21h25

L'éditeur Robert Laffont est mort mercredi 19 mai à Paris à l'âge de 93 ans, a annoncé sa belle-fille, la journaliste Alix Girod de l'Ain. Robert Laffont était le dernier grand éditeur à avoir fondé sa maison avant la fin de la seconde guerre mondiale, en 1941.

Considéré comme le "grand-père de l'édition française", il avait édité plus de dix mille titres, dont de très nombreux best-sellers (Exodus, Paris brûle-t-il?), et créé des collections prestigieuses comme "Pavillons" et "Bouquins", avec son complice Guy Schoeller. Mais il a aussi publié deux livres essentiels de la littérature de l'après-guerre: L'Attrape-Cœur, de J.D. Salinger et Le Désert des Tartares, de Dino Buzzati.

Un de ses plus grand succès reste Papillon, d'Henri Charrière, les Mémoires d'un bagnard vendus à plus d'un million d'exemplaires en 1969. Fils d'officier de marine, Robert Laffont, né le 30 novembre 1916 à Marseille (Bouches-du-Rhône), licencié en droit et diplômé de l'Ecole des hautes études commerciales (HEC), commence sans conviction une carrière d'avocat avant de se lancer dans l'édition à 25 ans.

Il fonde sa maison dans sa ville natale, alors en zone libre, et publie Œdipe roi, de Sophocle, son premier titre. Puis son catalogue s'étoffe rapidement avec Gilbert Cesbron, Graham Greene, Henry James, John Le Carré, John Steinbeck, puis Bernard Clavel, Claude Michelet, et les russes Mikhail Boulgakov, et Alexandre Soljenitsyne. Il introduit en France des méthodes inspirées des Etats-Unis, aujourd'hui largement répandues, telles que études de marché, à valoir, lancement de best-sellers.

LONGTEMPS MÉPRISÉ PAR LES INTELLECTUELS

A l'occasion de la publication de ses Mémoires, Une si longue quête, en 2005, il avait reçu "Le Monde des livres". Il défendait alors fermement son choix de publier des livres à grand succès. "Quand j'ai commencé à publier, le mot "best-seller" n'existait pas en France. J'allais souvent à New York. J'en suis revenu avec une collection de best-sellers, justement", expliquait-il alors. "Je crois que j'ai dépoussiéré l'édition parce que j'ai ouvert des voies", affirmait-il en vantant son choix de publier de la littérature populaire à un moment où le monde de l'édition l'ignorait.

Longtemps méprisé par les intellectuels, il dénonça publiquement "la cuisine" des prix littéraires. En 1977, il achète le Quid . En 1986, l'éditeur abandonne la présidence de sa maison, gardant la haute main sur l'éditiorial, puis ne dirigeant plus que sa collection, "Aider la vie". Les éditions Robert Laffont sont absorbées, en 1999, par les Presses de la Cité. En 2004, Robert Laffont prend sa retraite définitive, demeurant néanmoins président d'honneur de sa maison.

Marié quatre fois, Robert Laffont avait cinq enfants : Patrice Laffont (animateur de télévision), Anne Carrière, Isabelle Laffont et Laurent Laffont (tous éditeurs), et Olivier, mort en 1995. Officier de la Légion d'honneur, Robert Laffont avait publié souvenirs et Mémoires : Robert Laffont, éditeur (1974), Léger étonnement avant le saut (1996), Une si longue quête (2005), ainsi qu'un pamphlet, Les Nouveaux Dinosaures (2003).
Le Monde.fr, avec AFP
Fragment de nuit 


La Terre a tourné
selon le prévu

un geste
un cri
un oui
ou un non
un clic
ou un clac
un allô
bien, d'accord
et nous voici
sur mes pages fidèles
...nous en étions à Venise...
du haut de ses nuages
triste souriant
Charlot nous regarde
Mahler
une bougie
Visconti
nos yeux
Tadzio
le doute
et toi
celui qui y manquait
je veux brûler
dans le blond
de tes cheveux
j'espère mouler ma bouche
suivant la ligne
de tes lèvres
j'imagine
l'amalgame de nos corps
comme Venise
et la mer
mes mains sont là
elles t'attendent
tu les refrènes
tu les attires
tu les reprends
tu les repousses

© tikinui4
je rêve de ta chair
inconnue
du poids de ta vie
sur mon cœur éprouvé
ne plus mourir
sur la plage
voyant partir le navire
mais au contraire
avant le départ
et la peste
monter à deux sur le bateau
ou à deux rester sur le sable
du domaine du songe
peut-être
tant pis !
le jeu est fait
les jardins de Bosch
tournent là-haut
et du fond du miroir
Charlot nous regarde jouer

© Pedro Vianna
in Probabilités, VII.11-13, Fragment de nuit, Paris, 5.XI.1976.
Un jour une nuit… 


Le cri d'une âme oiseuse
Comme le soleil de minuit berce un petit matin nuageux !
Errance d'un homme perdu au fond de l'océan !
Le sourire rêveur… le silence de ton corps
Pour dessiner le rythme de la ville
Oh ! Ville vile dans la ville… Oh ! Beauté sauvage…
Mon rêve est nu
Chante l'odeur de ma terre avec tes yeux de travers
Chante la nuit de mes jours avec ton regard hagard !
Rien que toi… et toujours toi et ravive en moi le goût de la vie
Mollement balancé sur ton aile… Bougie moi et rallume mes feux éteints
Une nuit un jour
La nature se voit déshabillée par ton corps tambour battant
Comme des mots à demi morts !
Les champs… le chant…. Un jour une nuit


Texte rédigé en Juillet 2005 par :
© Vales KELA
La danse du métro 


— Pardon, pardon
— Eh ! doucement
— Soyez polis
— Je vous parle poliment
— Oui, c’est ça
— Qu’est-ce qu’il fout ce métro ?
— Quelle heure est-il ?
— 9 h 02 et 52 secondes, 53, 54, 55, 56,... 9 h 04 ?
— Bon sens !
— Excusez-moi...
— ... vous pourriez laisser descendre
— Vous pouvez vous...
— ...poussez-vous vers le fond !
— Aaaaïe !
— Vous pourriez faire attention !
— Quelle idée de rester dans le passage, aussi !
— Non !
— On ne monte plus !
— Vous pourriez me laisser passer, j’ai un train...
— Dans un ¼ d’heure, 13 minutes, 12, 11...
— Non !
— Nom d’une pipe !
— Je vais être en retard !
— Si, celle-là, elle ne remue pas plus vite ses fesses...
— Vous permettez, oui !
— Oui, eh bien, moi aussi !
— Je peux ?
— Non mais ! ça va pas, là, non ! mais...
mais non... mais non vraiment...

— Non vraiment, c’est pas possible !
— Vous êtes vraiment pas sympas.
— Si j’ai envie ! ok ?
— Touche-moi encore et on va voir !
— Non mais ! attends
— Elle est pas bien celle-là !
— Elle prend ses désirs pour des réalités
— Eh ! tu as vu, elle est bien mouillée celle-là !
— Pardon ? Pardon ! Pardon...
— Pardon... s’il vous plaît, pour la musique
— Pfff ! Encore un précaire ; c’est le troisième de la matinée
— Ah ! le métro
— Y en a de plus en plus !
— Il m’empêche de penser
— Moi, je trouve que ça met de l’ambiance
— Merde ! mon porte-feuille
— Ha ! ha ! ha !

Eric Meyleuc
juillet 2001
Avance dans la nuit 


Avance dans la nuit
Qui décline ses contrastes
Et traduis les cris étouffés
Des enfants de personne

Prends le temps à bras-le-corps
Avant que la dernière coulée de feu
Entraînée par le vent
N’embrase la végétation de nos rêves

Maggy De Coster
Le brame 


Il est fatigué le vieux cerf.
Le brame est terminé et la harde
S'est refermée sur la biche convoitée.
Son long voyage des forêts d'occident
Lui a fait enterrer sa dernière ramure
En forêt mandchoue au-delà des bouleaux sibériens.
Il a refait sa robe, cicatrisé la plaie
De la profonde blessure de sa vie antérieure.
Lors jaillit devant lui, la plus belle du troupeau
Sculpturale, sur le long horizon d'aurore boréale,
Elle l'a de suite ébloui, dévoilé sa douceur.
Elle n'est pas insensible au charme de sa danse nuptiale
Mais veille le troupeau qui lui a retirée.
Alors le vieux cerf a humé l'air vibrant et froid
Il a senti le feu du chasseur yankee à l'affût,
Confortable dans son isba de Tao Shan, et
Lentement, fièrement, il s'est mis à sa vue, pour
Mourir d'un coup d'une balle dans la nuque, à la chinoise

© Eric Sauvat
Jiamusi, le 27 février 90
Liberté : un conte surréaliste 

Innombrables étaient les châteaux du tyran. Là où le soleil se couche, il disposait d’une somptueuse résidence tapie entre l’or des marées et les caprices du vent. Là où le soleil se lève, il contrôlait un gigantesque bâtiment, où mille soldats de plomb montaient une garde immobile de vingt-quatre heures. L’univers entier appartenait au tyran. Vers le sud, il déployait les caravanes multicolores d’un commerce à son seul profit. Vers le nord, il faisait grincer les machines et gronder les usines à son seul bénéfice. Partout épiaient les yeux du tyran. Dans la sève de chaque fleur coulait sa bile. Dans l’ombre de chaque arbre s’exhalait la puanteur de son haleine. Sous la mousse germait l’acidité de ses doigts crochus. La neige des pôles elle-même n’échappait pas à son emprise et se teintait souvent du voile noir de la suie. Mieux que cela : le tyran savait se multiplier. Dans chaque interstice de la matière, dans chaque fissure de la vie, il rôdait, sombre et maléfique. Grâce à ses sbires, grâce à ses clones, mini-tyrans ou tyrans en herbe, partout épiaient les yeux du tyran. Entre le sud et le nord, entre le ponant et le levant, le tyran aimait voyager : ce fut sa perte.

Il aimait goûter la douceur des oasis qui défient le désert. Il aimait boire le lait des gazelles. Il aimait skier sur les pentes de l’Everest. Il aimait flâner dans les rues de Parme. Il aimait humer l’odeur suave des érables quand, à l’automne, ils brunissent, sur les contreforts des montagnes canadiennes. Il aimait savourer la moiteur des crépuscules au bord du fleuve Congo. Il aimait aussi écouter les mélopées que chantent, dans l’ombre, les bananiers et les palétuviers, lorsque le rêve vous emporte dans l’orient extrême. Il aimait par dessus-tout entendre le bruit des vagues, quand elles viennent se casser sur les récifs des atolls coralliens. Comme tous les hommes, ses frères, comme toutes les femmes, ses sœurs, le tyran avait conservé la capacité à vibrer aux images étincelantes de notre belle planète.

Le tyran aimait voyager. Ce fut sa perte.
-- Pourquoi, lui demandèrent les oasis, pollues-tu l’eau de nos puits ?
-- Pourquoi, lui demandèrent les gazelles, envoies-tu des chasseurs pour nous abattre ?
-- Pourquoi, lui demandèrent les montagnes, veux-tu être plus haut que tous tes semblables ?
-- Comment, interrogèrent les rues de Parme, peux-tu négliger les leçons de l’histoire ?
-- Comment, interrogèrent les érables du Canada, en rougissant plus que d’habitude, peux-tu priver les êtres humains de nos splendeurs ?
-- Comment, interrogèrent les flots du Congo, peux -tu laisser tant d’hommes vivre dans la misère ?
-- Tes frères humains n’ont-ils pas tous droits au rêve ?, chantèrent, furieux, les bananiers et les palétuviers.
-- Honte à toi, qui a transformé toute la terre en camp de travail !, gronda le bruit sourd et grave des vagues du Pacifique.

Le tyran aimait voyager. Ce fut sa perte. Un jour qu’il cheminait, entouré de ses cent gardes du corps, pour admirer la grande muraille de Chine, ou les temples du Yucatan, ou les terrasses de Balbek, je ne sais plus très bien, une foule immense s’assembla et l’obligea à rester sur place. Le tyran ne s’en inquiéta pas outre mesure : ce n’était pas la première fois que la foule s’opposait à lui. Mais, pensait-il, la foule était faible, la foule allait se lasser, Mais cette fois, la foule ne se lassa pas. Elle gonfla d’heure en heure. Il vint des Indiens et des Esquimaux. Il vint des Abyssins et des Mongols. Il vint des Russes et des Levantins. Il vint des Andins et des Chinois. Chaque heure, chaque minute, prévenus par la rumeur et par les clics des ordinateurs, il en arrivait de nouveaux. Tous s’assemblaient autour du tyran et de ses sbires en un cercle concentrique silencieux, qui prit les dimensions d’un continent. Et le tyran dut céder. Il dut abandonner, au peuple spolié, le pouvoir qu’il lui avait si longtemps confisqué.

Depuis ce jour, on raconte que le monde a changé. On raconte que l’eau la plus pure coule dans les oasis. On raconte que les gazelles errent librement parmi les herbes des savanes. On raconte que tous les hommes naissent libres et égaux en droits. On dit que tous tiennent compte des leçons de l’histoire pour ne plus déclencher les guerres ou les oppressions. On dit que tous ont suffisamment de temps de loisir pour admirer les merveilles du monde. On dit que la maladie et la misère ont déserté les sociétés humaines. On affirme que notre planète est devenue une planète de rêve. On affirme même que chaque homme dispose de sa vie, de son travail et de ses œuvres au sein d’une civilisation mondiale multiple, paisible et harmonieuse…

C’était donc la fin de tous les tyrans, qu’ils fussent écologiques, sanitaires, colonialistes, totalitaires, idéologiques, ou même simplement domestiques et quotidiens, ceux qui sont tapis au creux de nous tous, comme des monstres endormis, ces tyrans intimes, enfouis en vous et en moi, cachés dans les circonvolutions de nos cerveaux, tissés au sein même de notre chair. Ceux qui, en nous, prolongent et multiplient le tyran, ses sbires, ses clones, mini-tyrans ou tyrans en herbe. Pour tous, pour le tyran, pour toutes ses formes ou toutes ses facettes, c’était l’abdication finale. C’était, nous dit le conte, la fin de tous les tyrans… Hélas ! Hélas ! C’était un conte surréaliste ; je vous en avais prévenu, mes frères et mes sœurs humains.

Mais il ne tient qu’à nous tous que le conte devienne enfin réalité.

© Georges Friedenkraft (Extrait de Livre d'or pour la Paix, sous la direction de Gervais de Collins Noumsi Bouopda, Editions Joseph Ouaknine, France, 2008)
So Sorry 


Je pleurais les lampes éteintes
Les astres refroidis
Les sources perdues,
Les roses flétris
Dans le bleu sourd des lacs
Où s’inversent les strates
Des roches franches.
Je pleurais l’inutile rencontre
Quand mon cœur palpitait
D’un autre amour,
Et que nous n’étions
Que des cités oubliées
Tremblant dans les vents de sable.
Je pleurais nos caresses
Défiant les aubes incertaines,
Et tout ce que tu n’avais pas donné,
Qui voulait naître.

Denise Bernhardt
Extrait de « La Mangrove du Désir », édition : Le chasseur abstrait
Planete 


Le soleil sur Vénus se lève
Sur la planète un petit bruit.
Est-ce une barque qui traverse
Sans rameur un lac endormi,
Est-ce un souvenir de la terre
Venu gauchement jusqu'ici,
Une fleur tournant sur sa tige
Son visage vers la lumière
Parmi ces roseaux sans oiseaux
Piquant l'inhumaine atmosphère ?

Jules Supervielle
Nicolas Wharf est Suisse 


Nous publions, pour la première fois un poème de cet homme qui, inlassablement, parcourt tous les pays d’Afrique afin de soulager les misères.

Nicolas est un homme généreux, anonyme, qui a compris la nécessité de l’action sur le verbe.

Pourtant, lorsque la journée est terminée et que la savane s’endort, il prend son stylo et écrit à ceux qu’il aime fraternellement et qu’il respecte.

Si les poètes rejoignent notre association, le combat est pratiquement gagné.

Nous pensons, en effet, que la plume est une arme plus efficace que le sabre, que nous refuserons toujours d’employer.

Hommage à Aimé Césaire

La terre pleure.
Et de petits ruisseaux et de rivière en mer
Elle exprime un chagrin, une douleur amère,
D’avoir perdu trop tôt un ami du bonheur.

La terre pleure.
Et du plus grand poète au plus obscur auteur
Elle dit chaque jour le deuil et le malheur
De l’absence en son sein de si bons défenseurs.

Alors vous comprendrez le nombre de jours gris,
La raison des rosées et du brouillard blafard
Des pluies, des moussons et de tant d’intempéries.

Alors vous comprendrez qu’à chaque giboulée
C’est elle qui gémit et qui pleure sans fard
La perte d’un ami, la perte d’un aîné.

Nicolas Wharf
Biographie de Michel Kalife  


Un auteur togolais célèbre et engagé : Nadim Michel Kalife

Nadim Michel KALIFE, de nationalité togolaise, est né à Lomé le 20 janvier 1944.
Son arrière grand père maternel, Michel Nasr (déformé en Nassar et prononcé « naza »), était venu du Liban en 1885 pour s’établir commerçant à Keta, au Togoland allemand.
Puis, son grand père Asaad Nassar quitta Keta en 1916 pour venir s’établir définitivement à Lomé, où il fit construire la 1ère maison toute en dur, non loin de la Cathédrale.
Son oncle maternel, Philippe Nassar, fut élu député de Lomé en 1960.
Son père, Michel Salim Kalife, était consul du Liban au Togo jusqu’à son décès en 1974.
Tous ses parents et grands parents sont enterrés à Lomé.
N.M.Kalife a fait ses études secondaires au Collège Saint Joseph à Lomé, puis ses études supérieures de sciences économiques à l’Université de Paris (Panthéon).
Il enseigna l’économie politique à l’Université de Lomé de 1970 à 1984, où il fut le 1er Directeur de l’ESTEG, devenue FASEG.
Il dirigea aussi, de 1969 à 1986, deux sociétés Import-Export, Ets M.S. Kalife et S.A.S, avant de se spécialiser après 1983, dans la fabrication d’objets d’artisanat d’art en bois précieux du Togo, dont la belle finition fit la renommée internationale des « Ateliers d’Art du Petit Prince ».
Ainsi, sait-t-il allier la pratique des affaires et la théorie économique qu’il a enseignée durant 15 ans à Lomé et 3 ans à l’ESCP à Paris.
Compte tenu de sa longue expérience de vie parmi les Togolais et de son amour suprême pour son pays natal, sans jamais avoir milité dans un parti politique, il donne son point de vue d’humaniste, engagé pour le seul bien-être du peuple togolais, en toute indépendance intellectuelle et matérielle.
Dans ses ouvrages, il nous livre ses réflexions, longuement mûries, sur les origines objectives de la dégradation matérielle et sociale du bien-être du peuple togolais, qu’il a pu constater à la suite des sévères mesures d’austérité budgétaire adoptées à partir de 1983.
Il explique la genèse de cette descente aux enfers du peuple togolais, connu pour sa gentillesse et son hospitalité légendaires.
Son souci constant de voir renaître dans les cœurs des Togolais cette joie de vivre qu’ils connaissaient avant 1980, a abouti à son projet concret de rétablir cette ambiance de vie d’antan, grâce à une série de 6 mesures à court terme à mettre en œuvre dans les 2 premières années de la prochaine législature, suivies de 6 autres mesures à moyen terme qui devraient asseoir une croissance économique durable, qu’il faudra inscrire dans un plan à long terme de 20 ans pour éradiquer la pauvreté au Togo..
A cet effet, NMK propose la création d’une Caisse d’Assurance Maladie(CAM) qui puisse soulager l’ensemble des travailleurs et retraités (extensible aux artisans et paysans) contre les aléas des maladies grevant leurs revenus et écourtant leur espérance de vie.
Il expose aussi une logistique d’aide aux exportations des entreprises industrielles de transformation des matières premières locales, amenant le Togo et les PAZF à digérer la mondialisation au lieu d’en rester les victimes passives.
Il décrit en outre les mécanismes monétaires du Franc CFA, les dessous de la Dévaluation de 1994, les coûts sociaux de cette dévaluation non suivie de mesures d’accompagnement, et l’avenir du FCFA. Enfin, il expose le fléau de la corruption qui mine très gravement l’économie du Togo et des pays africains en détruisant tous les germes d’une croissance économique vertueuse qui pourrait créer des dizaines de milliers d’emplois dans beaucoup de secteurs d’activité, pour le bonheur de tous.
Cet éclairage de la pensée des lecteurs de ce livre vise spécialement à élever la conscience politique à la veille des élections législatives 2007 et pour l’avenir, de façon, à amener l’ensemble des électeurs à ne pas voter pour un candidat ethnique mais pour le programme politique que son parti s’engage à accomplir durant son mandat.
NMK soutient que le vote ethnique est l’ennemi de la démocratie, et il souhaite une réforme de l’enseignement, visant à faire connaître l’ensemble des coutumes et traditions ethniques du Togo à tous les élèves togolais, de telle sorte que leur meilleure connaissance des uns par les autres les amène à mieux s’aimer pour fonder une vraie Nation togolaise, unie dans sa diversité enrichissante pour tous ses membres.
Article de Antoine Hubert Louis 

Au cours de l’année 2009, une grande averse de distinctions diverses et de prix d’envergure a arrosé la culture haïtienne en général, l’artisanat et la littérature en particulier. Plus d’une dizaine d’intellectuels et artistes haïtiens (et/ou d’origine haïtienne) sont recensés. La littérature, à elle seule, réunit plus de quinze titres alors que d’autres écrivains haïtiens sont encore en lice pour recevoir d’autres prix et distinctions. En guise de bilan, Le Matin propose un survol des événements.
Un nombre étonnant de prix et de distinctions ont honoré la culture haïtienne au cours de cette année. En effet, plus de quinze prix et distinctions ont été collectés par environ une douzaine d’écrivains, d’artisans, artistes et cinéastes haïtiens. Par conséquent, il s’avère difficile de faire un papier-bilan recensant tous les prix et distinctions ayant honoré la culture haïtienne en général, la littérature et l’artisanat en particulier, au cours de l’année 2009. Cela va de soi, entendu que la presse locale parle à juste titre de grande moisson pour la culture haïtienne au cours de l’année 2009, notamment la littérature.
À la lumière de ce qui précède, cette tâche (faire un papier-bilan) se révèle d’autant plus ardue. Pour y parvenir, trois angles d’approche et/ou de traitement se profilent : «Faut-il procéder par ordre d’importance des prix et distinctions répertoriés au cours de cette année ? Sinon, s’agit-il d’y aller à reculons, pour ainsi dire par ordre chronologique ou, enfin, importe-t-il de s’y prendre en jetant, pêle-mêle, les prix et distinctions sur le papier ? Seule la troisième approche nous semble immédiatement exploitable et ce, pour plusieurs raisons pratiques.

Sur la trace des prix et distinctions

En plus d’être écrivain et traducteur, Guy Régis Junior est également vidéaste, metteur en scène-fondateur, animateur et pédagogue de l’ex-compagnie Nous Théâtre. La plupart de ses textes (plus de douze) sont mis en lecture, montés, dans des théâtres, à l’université. En ce qui concerne des mises en scène réalisées dans les rues, sur les places publiques ainsi que dans les cimetières et tout autre lieu d’affluence, la série « Service Violence Série » en témoigne. Soit en juin 2009, le prix Etc-Caraïbe/Beaumarchais du meilleur texte francophone lui avait été attribué pour son texte «Le père » (théâtre).
D’un autre côté, écrivain haïtien d’expressions française et haïtienne – pour ainsi dire créole – vivant en France, Louis Philippe Dalembert, avait obtenu la prestigieuse bourse « Artists in Berlin Programme » dans le courant du mois d’octobre dernier. Cette bourse, décernée par le « German Academic Exchange Service », avait été attribuée par un jury composé d’auteurs, d’universitaires et d’artistes. Elle récompense le travail d’un écrivain, d’un cinéaste ou d’un compositeur. Dalembert est invité à séjourner en Allemagne pour un an à partir de 2010.
Côté cinéma, le professeur à l’université et réalisateur Arnold Antonin du Centre Pétion Bolivar avait décroché le Prix Paul Robeson 2009 de la section « Compétition long métrage de la diaspora africaine » lors du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ayant eu lieu au Fespaco. Arnold Antonin avait présenté son documentaire « Jacques Roumain : la Passion d’un Pays ». Quant à l’artisanat – le fer découpé notamment – et la peinture, le boss-métal Eddy Jean Rémy et le peintre Dominique Domerçant ont été primés et distingués lors de la 6e édition des Jeux de la Francophonie tenue au pays des cèdres, au Liban.
Revenons donc à la littérature. L’énième Haïtien à avoir été distingué au cours de cette année est l’écrivain, acteur et journaliste Frantz Dominique Batraville. Établie en tandem en France et en Espagne, l’Association internationale « La Porte des poètes » avait octroyé à Batraville – catégorie Langue française – le prix de la 13e édition du Concours international de la poésie. Batraville était en lice avec 283 participants venus de 34 pays. C’était dans le courant du mois de novembre.
Un diplôme « Accessit » avait donc été décerné au poète haïtien par ladite association. Dans la foulée, au cours du mois de novembre, Lyonel Trouillot, pour son dernier roman « Yanvalou pour Charlie », avait reçu le Prix de la Fondation-Wepler 2009. D’un montant de 10 000 Euros, ce prix révère une particularité. Il est décerné par des lecteurs.
Les femmes ne sont pas en reste. Citons donc les noms de la professeure Yanick Lahens, d’Emmelie Prophète et d’Edwige Danticat. À elle seule, la première auteure a raflé trois prix dont le 15e Prix du livre de RFO 2009 grâce à son roman « La couleur de l’aube » (éditions Sabine Wespieser, 2009). Emmelie Prophète, ancienne journaliste à Radio Haïti-inter et actuelle directrice administrative de la Direction nationale du livre (DNL), avait été honorée par l’obtention du Prix Adelf 2009 de l’Association des écrivains de langue française.
Le prestigieux « Prix des génies» de la Fondation américaine John D. and Catherine T. MacArthur est attribué à Edwige Danticat. À raison de cent mille dollars américains par an, le prix des génies s’étend sur cinq années. Récompensant l’œuvre soit d’un chercheur, soit d’un littérateur (ou de tout autre créateur), ce prix tient lieu d’une bourse accordée à auteur et/ou créateur en vue de permettre que le lauréat puisse se consacrer à son travail uniquement, pendant cinq années consécutives.
Enfin, le couronnement de cette foisonnante série demeure l’octroi du Prix Médicis 2009 au roman « L’énigme du retour » de Dany Laferrière, écrivain québécois d’origine haïtienne. En partenariat avec l’ambassade de France, le réseau des Alliances françaises et l’Institut français d’Haïti, le ministère de la Culture et de la Communication en avait fait un événement d’envergure itinérante. Rien que pour l’année 2009, Dany Laferrière a obtenu quatre prix.
Soit dit en passant. La plupart – pour ne dire tous – les auteurs haïtiens (et/ou d’origine haïtienne) primés jusqu’ici sont publiés par des éditeurs étrangers. Par ailleurs, n’étant pas à leur première publication, ils sont exempts d’escroqueries et d’arnaques. En revanche, d’autres (jeunes) auteurs sont exposés. Conséquemment, en quête d’éditeurs, des « Plumes émergentes et/ou Souffles nouveaux » se font escroquer par des éditeurs étrangers. Suivez notre regard en guise d’exemple.
Une anthologie de plus de 600 pages réunissant trois générations et plus de 44 écrivains, artistes et peintres haïtiens avait été publiée par un éditeur français dans le courant de l’année 2009. Ce gros document se vend à plus de 35 euros l’exemplaire quand bien même nombre d’auteurs y ayant participé n’en savent toujours rien. Dans la perspective de l’année 2010 et aux noms de tous les jeunes écrivains haïtiens : « éditeurs haïtiens, à vos marques ! »

Par Antoine-Hubert Louis
mercredi 30 décembre 2009
L’INCONNU, Les mystères de l’Afrique dévoilés 

L’INCONNU, LE MAGAZINE BILINGUE DANS LES KIOSQUES Les mystères de l’Afrique dévoilés

« L’Inconnu », le magazine bilingue, édité par Espace Média Communication International SARL (EMCI SARL ), est dans les kiosques. Ce trimestriel international s’intéresse aux mystères de la vie et du monde. Il dévoile les arcanes de la spiritualité et parle des héros de notre temps, du temps passé et des acteurs émérite de l’Histoire.

Dans le premier numéro, le magazine aborde, dans une interview, les « facettes attrayantes et les dimensions spirituelles du cardinal Théodore Adrien Sarr, chef de l’église catholique Sénégalaise ».

Mohamed Yunus, inventeur du micro-crédit, apôtre de la lutte contre la pauvreté et Prix Nobel de la Paix est également présenté dans ce numéro. De même qu’ Ousmane Dan Fodio, l’empereur Peul aux pieds nus dont les ancêtres venaient de Diama-al-Waly Guédé, au Fouta-Toro sénégalais.

Le phénomène de la réincarnation et les modalités du Karma, sont aussi évoqués dans ce magazine.

Il donne aussi un aperçu sur la franc-maçonnerie, ainsi que les influences de l’Egypte pharaonique noire sur les religions révélées. Ce journal publie, enfin, des extraits du livre à paraître du maître spirituel sénégalais Souleymane Sarr. Un ouvrage de 700 pages intitulé « la lumière sur la spiritualité », et édité par Dâra Rabbal-‘Âlamin.

« L’inconnu » contient d’autres rubriques consacrées à l’environnement, la santé, l’éducation, aux jeunes, aux enfants et aux phénomènes de société. « Il a pour but, entre autres : de faire face à bon nombre de défis auxquels nous sommes confrontés au jour le jour et de nous concentrer sur leurs solutions pratiques : des solutions qui tiennent à l’équilibre et au mieux-être en général, pour nous - même, pour nos communautés, pour notre voisinage et pour la nature », affirment les responsables du journal.

L’inconnu « s’attache à fournir un cadre propre à encourager les lecteurs dans leur quête personnelle de toutes les facettes de notre vie ». Elles « vont des soins de santé et de l’art, à l’éducation et à la religion, des préoccupations de subsistance locale à celles relatives à l’environnement global, de la philosophie et de l’intellect, à l’étude et à la mise en œuvre des idéaux spirituels »

La plupart des religions, ainsi que les milieux politiques sont représentés par les contributeurs auprès du personnel international de l’Inconnu. Le regard qu’ils projettent sur n’importe quel sujet va du très conservateur au très libéral.
Le chemin le plus court de soi à soi est l’Autre 



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