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Sociales

 Artisanat féminin et commerce équitable en Afrique
 Réunion Régionale Africaine
 Le Forum Social Africain
Artisanat féminin et commerce équitable en Afrique 


Le SAFEM lance le débat

Un colloque intitulé « Artisanat féminin et commerce équitable en Afrique » se tenait lundi, au Palais des Congrès de Niamey, la capitale du Niger, dans le cadre du Salon international de l’artisanat pour la femme (SAFEM). Une cinquantaine de professionnels de l’artisanat et d’experts internationaux de l’économie sociale y ont participé. Ils ont dégagé des solutions pouvant permettre au commerce équitable de devenir, en dépit des nombreux obstacles, une réelle opportunité d’enrichissement pour l’Afrique et ses artisans.

Comment le commerce équitable peut-il aider les artisanes africaines à mieux écouler leur production sur les marchés nationaux et internationaux ?
Que faire pour qu’elles répondent aux principes exigeants de ce commerce ?
Le commerce équitable peut-il les sortir de la pauvreté dans laquelle la plupart d’entre elles se trouvent ? Telles étaient les principales questions posées au cours du colloque organisé lundi, au Palais des congrès de Niamey, en présence d’une cinquantaine de professionnels africains et occidentaux de l’artisanat et de l’économie sociale. Des questions qui concernent aussi bien les artisans que les artisanes, mais qui, dans le cadre du SAFEM, un salon consacré aux femmes, ont été posées au féminin. Un choix d’autant plus pertinent que, de l’avis des nombreux experts présents, la majorité des artisans du continent sont des femmes. Au Niger, par exemple, l’artisanat, qui occupe plus de 700 000 personnes, représente 23% du PIB [1], et la proportion de femmes y travaillant est estimée à 52%. Des femmes qui sont propriétaires de 68% des quelque 360 000 micro et petites entreprises recensées dans le secteur qui, selon Sani Fatouma Morou, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat du Niger, recèle un considérable potentiel de croissance et de créativité.


Bien qu’il n’y ait pas de définition communément admise du commerce équitable (le concept est né dans les pays du nord dans les années 1970), les intervenants du colloque en ont précisé les grands principes. « Le commerce équitable est un commerce social qui vise à établir un rapport d’échange satisfaisant pour tous et qui a pour principe d’aider des coopératives de producteurs », a expliqué le Dr. Chérif Chako, économiste et président du Réseau nigérien pour la promotion de l’économie sociale solidaire (RENIPESS). Il vise à « assurer une juste rémunération du travail », a-t-il ajouté, précisant qu’il ne fallait pas cantonner le concept aux seuls échanges Nord-Sud : « Le commerce équitable est aussi appelé "commerce compassionnel". Mais il ne se fait pas seulement dans le sens Sud-Nord. On doit aussi avoir du commerce équitable Sud-Sud, inter et intra classes sociales, villes-campagnes... »


Des freins nombreux


Ce commerce, qui entend déterminer les prix des produits par les coûts économiques, mais en prenant aussi en compte les coûts de production humains, sociaux et environnementaux, pourrait bénéficier plus largement aux artisans africains. Cependant, un certain nombre d’obstacles menacent la réalisation de cet objectif. Le premier d’entre eux est le manque d’organisation des artisanes. « Les femmes sont toujours dans des groupements et des coopératives, mais avec quelle rigueur sont-elles représentées ? », s’interroge Aichatou Kané, la coordinatrice du SAFEM. « Elles sont justes inscrites sur le papier, mais en réalité chacune agit pour son compte », estime-t-elle. Un problème d’organisation auquel s’ajoute, selon Brahim Ould Ndah, directeur de l’artisanat de Mauritanie, « des problèmes de solidarité et de confiance entre artisans. Par exemple, sur les foires, ils ne veulent pas confier leurs produits à des tiers. Et quand il y a une grosse commande, le producteur sollicité ne s’arrange pas avec d’autres artisans pour l’honorer ». A ces obstacles s’ajoute celui de la formation. Les tenants du commerce équitable imposent des normes, tant au niveau de la qualité que des délais, que les artisanes ont du mal à tenir et quelquefois même à comprendre. « Elles ne sont pas capables de déterminer leurs coûts de revient, le prix de leurs produits, explique Mme Kané. Les femmes ne prennent pas en compte le temps passé à l’ouvrage. Le travail manuel n’est pas valorisé par le consommateur ni par l’artisan lui-même. Ce qu’il cherche, c’est ce qu’il va avoir à manger ce jour-là. »


Quelques solutions sont avancées par les experts et les professionnels présents au colloque. « Le commerce équitable est une chance pour l’Afrique, mais à certaines conditions, estime Christine Damiguet, conseillère technique, en France, à la Délégation interministérielle à l’innovation, à l’expérimentation sociale et à l’économie sociale. La prise en main par l’Afrique de cette question est une nécessité (…). Il faudrait qu’il y ait une concertation régulière entre acteurs pour une mise en place de référentiels africains. » Une analyse à laquelle souscrit Moctar Diakhaté, directeur de l’artisanat du Sénégal et président du CODEPA (Comité de Coordination pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain), selon lequel « il y a nécessité, pour le CODEPA, d’harmoniser » les normes de production à l’échelle du continent. Des évolutions qui ne peuvent se faire sans une meilleure structuration au niveau national des artisans africains, le développement de réseaux continentaux, ni une amélioration de la formation, y compris dans les langues locales. La coordinatrice du SAFEM a souligné l’effort réalisé, dans ce sens, par son organisation, de même que Yahousa Ibrahim, représentant du CECI (Centre d’étude et de coopération régionale) au Niger – une ONG canadienne qui, depuis 2006 a formé une soixantaine d’artisans joailliers et maroquiniers au Canada et sur place. Des formations que les artisanes souhaiteraient plus nombreuses et accompagnées d’un suivi régulier.


« Il faut viser l’excellence »


Les participants au colloque ont estimé qu’il fallait mieux sensibiliser les consommateurs des pays du nord à la production artisanale africaine, laquelle devait être mieux protégée de la contrefaçon. Ils ont néanmoins souligné l’importance de la qualité, du respect des délais et de l’innovation dans le travail des artisans. Ainsi, Sylvie Ferré, directrice de pôle à la Foire de Paris, a affirmé que, sur son événement, les visiteurs sont « prêts à payer cher ; leur panier d’achat est de 500 € par personne », mais que « le consommateur attend de découvrir des traditions, de l’authenticité, et des innovations. Il ne faut pas venir avec des produits bruts mais transformés, prêts à l’emploi. » Christine Damiguet a estimé, pour sa part, qu’il faut que les artisans africains « évitent de se cantonner dans une niche exotique destinée à un public militant, il faut viser l’excellence. »


Pour les professionnels de l’artisanat et experts de l’économie sociale présents au Palais des Congrès de Niamey, le commerce équitable, même s’il n’est pas « la panacée », peut devenir une source de richesse non négligeable pour les artisanes africaines. Encore faut-il qu’elles y soient sensibilisées et qu’elles aient les moyens d’y participer.

Par Frank Salin, mardi 3 novembre 2009
Source : Afrik.com
Réunion Régionale Africaine 

Addis Abeba
Note d’information
Séance parallèle IV : Gouvernance et Dialogue Social
Jeudi 26 avril 14h00 – 16h00
Renforcer la puissance – l’expression – l’organisation – le potentiel du
tripartisme pour indiquer la voie en Afrique.
Si le monde est attaché à l’appartenance à la nation des stratégies de réduction de la pauvreté,
alors nous devons être sérieux quant au renforcement du bras social et économique des
gouvernements et à l’aide à apporter aux partenaires sociaux africains dans l’organisation et
l’expression de leur voix en tant que acteurs réels de l’économie. Ceci fait partie de la bonne
gouvernance et contribue à faire du travail décent une réalité nationale.
Onzième Réunion Régionale Africaine – Addis Abeba, avril 2007 – Rapport du Directeur
Général
Introduction
A mesure que des pays africains de plus en plus nombreux tiennent des élections libres et
justes, des efforts sont faits dans de nombreux pays de cette région en vue de revitaliser
ou de créer des institutions efficaces de dialogue social visant à faciliter la participation
des partenaires tripartites dans le processus de prise de décision et d’instaurer des
mécanismes efficaces de prévention et de résolution des conflits, cependant, beaucoup
reste à faire. L’adoption de ces mesures pourrait constituer une base importante pour
l’amélioration de la gouvernance.
Le dialogue social et la gouvernance ont aussi un rôle important à jouer aux niveaux sous
régional et continental. Le défi pour les composantes tripartites africaines est de pouvoir
explorer dans sa totalité la possibilité de travailler avec les Communautés économiques
régionales (CER) et les groupes tels l’Organisation pour l’Harmonisation du droit des
affaires en Afrique (OHADA) dans la perspective de la promotion du dialoggue social et
du renforcement des dimensions sociales de l’engagement de l’Afrique dans l’économie
globale. Les efforts dans ce sens ont déjà été faits dans la Communauté sud africaine de
Développement (CSAD), la Communauté économique des Pays des grands Lacs
(CEPGL), la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC)
l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et la Communauté de
l’Afrique de l’Est (CAE).
Objectifs
Cette session devra discuter en termes concrets des progrès aussi bien que des problèmes
non encore résolus pour voir comment entreprendre la promotion des institutions
tripartites renforcées et un dialogue social plus efficace aux niveaux national et régional
qui puisse garantir que l’Agenda du Travail décent pour le Développement de l’Afrique
est entièrement articulé et intégré dans les stratégies nationales de développement pour la
réalisation des ODM. Cette session devra également identifier un nombre limité de
priorités /indicateurs pouvant servir à mesurer le progrès au cours de la prochaine réunion
régionale ; elle devra en outre définir la contribution de l’OIT dans ce domaine.
Questions et défis majeurs
Plusieurs problèmes de gouvernance et de dialogue social se posent en ce qui concerne la
promotion de l’agenda du travail décent en Afrique.
Primo, un aspect important mais souvent négligé concerne le rôle des politiques et
institutions publiques dans la promotion du travail décent. L’ancienne distinction entre
les secteurs public et privé ou entre « les marchés » et « l’Etat » s’est avérée une fausse
dichotomie. Les pays qui enregistrent le plus de succès sont ceux où les secteurs public et
privé ont mis en commun leurs forces pour maintenir une demande effective, pour
stimuler l’investissement, améliorer la productivité et distribuer largement les bénéfices.
Les politiques publiques sont également nécessaires dans la création d’un environnement
favorable au secteur privé et la stimulation une croissance pro pauvres. Ce qu’il faut, ce
n’est pas moins de gouvernement, mais un meilleur gouvernement. Malheureusement,
l’important rôle de l’administration du travail, des tribunaux du travail, du dialogue social
et des organes de résolution des conflits est souvent négligé tout comme le rôle des lois
internationales et nationales régissant le travail. Le dialogue social constructif est basé sur
le respect des principes démocratiques, des droits des travailleurs, l’indépendance des
employeurs et les organisations des travailleurs. Le cadre juridique est ainsi fondé sur les
principes de la liberté d’association et le droit à la négociation collective ; il est renforcé
par la ratification et par l’application effective de la Convention sur l’Administration du
travail, 1978 (N° 150), La Convention sur les Relations (Service public) de Travail, 1978
(N° 151), la Convention sur les Représentants des Travailleurs, 1971 (N°135), la
Convention sur la Consultation tripartite (Normes internationales du Travail), 1976
(N°144) et la Convention sur la Négociation collective,1981 (N°154). En outre, bien que
presque tous les pays en Afrique aient ratifié les conventions fondamentales – la
Convention sur le Travail forcé, 1930 (N°29), la Convention sur l’abolition du Travail
forcé, 1957(N°105), la Convention sur la Liberté d’Association et la Protection du Droit
de manifester, 1948 (N°87), la Convention sur le Droit de manifester et la Négociation
collective,1949 (N°98), la Convention sur l’égalité de salaire, 1951 (N°100), la
Convention sur la Discrimination (Emploi et Occupation) 1958 (N°111), la Convention
sur l’Âge minimum, 1973 (N°138), la Convention sur les pires Formes de Travail de
l’Enfant, 1999 (N°182) – leur totale mise en application n’est pas encore concrétisée.
Dans certains pays, il est refusé (par la loi, dans de nombreux cas) à d’importants groupes
de travailleurs, en particulier, les employés et ouvriers agricoles du secteur public, le droit
de se rassembler et de manifester. Cette exclusion d’un nombre si grand de travailleurs a
contribué à rétrécir la couverture du dialogue social.
Secundo, malgré un progrès encourageant, la faiblesse de la capacité des ressources
humaines et institutionnelle des partenaires sociaux constitue un obstacle important à leur
engagement effectif dans les négociations collectives, la prévention et la résolution des
disputes industrielles et le dialogue social sur des questions de politique plus vastes. Il est
d’importance capitale de concentrer l’attention sur l’amélioration de la capacité des
syndicats à négocier collectivement les accords, à analyser l’information sur le marché du
travail, à mieux comprendre les normes internationales du travail et la législation
nationale du travail, à appliquer les procédures de prévention et de résolution des disputes
et à utiliser les données socio-économiques pour renforcer les aptitudes à la négociation
collective. Concomitamment, il est également important de porter l’attention sur le
renforcement des capacités des organisations patronales indépendantes pour leur
permettre d’exprimer les intérêts légitimes des grandes et des petites entreprises.
Tertio, le défi en ce qui concerne le renforcement de la gouvernance démocratique est
d’impliquer toutes les parties prenantes dans les procédures nationales de prise de
décision et dans la gestion de la politique du travail. Les consultations tripartites
devraient être élargies pour éventuellement couvrir toutes les politiques du travail, de
l’emploi et les politiques macro économiques. A ce jour, le dialogue social dans la
plupart des pays africains s’est surtout concentré sur les préoccupations relatives au lieu
de travail plutôt que d’essayer d’influencer l’économie nationale et les politiques de
développement. En conséquence, dans la plupart des pays, les membres de l’OIT n’ont eu
qu’un rôle limité dans l’élaboration et la formulation des politiques et stratégies
nationales. La plupart des décisions cruciales qui pourraient contribuer à une plus grande
cohérence des politiques et à la réalisation du travail décent sont prises par des
institutions extérieures à la sphère du travail, telles les ministères des finances, des
affaires économiques, du plan et du commerce, et par les banques centrales. Tous ces
acteurs doivent être sensibilisés sur les priorités des Programmes nationaux en faveur du
Travail décent (PNTD) et sur la manière dont leur réalisation peut contribuer à la
réalisation d’objectifs nationaux de développement plus étendus et à la croissance
économique.
Questions pour susciter le débat
· Voies et moyens concrets de soutenir les mesures positives que les pays africains
doivent prendre en vue de promouvoir trois domaines étroitement liés de politique
publique (participation effective à travers le dialogue social, un cadre juridique de
mesures équitables et une administration du travail plus forte) indispensables pour
la promotion du dialogue social et la bonne gouvernance sociale et économique en
Afrique;
· Voies et moyens concrets de promouvoir le tripartisme et le dialogue social dans
le contexte traditionnel de l’OIT relatif aux relations industrielles. Les partenaires
sociaux devraient aussi discuter de la création des conseils socio-économiques ou
de mécanismes similaires qui peuvent débattre et donner des conseils sur les
questions sociales élargies et promouvoir la coopération inter ministérielle sur les
questions qui dépassent la compétence des ministères du travail;
· Voies et moyens concrets de soutenir les mesures positives que les organisations
des employeurs et des travailleurs ont prises en vue d’adopter des méthodes
stratégiques de planification qui leur permettent de rendre leurs activités plus
cohérentes et leurs contributions à la formulation des politiques nationales plus
consistantes;
· Voies et moyens concrets d’encourager le dialogue social au sein des
Communautés économiques régionales.
Le Forum Social Africain 

http://www.africansocialforum.org/francais/forum.htm


Le premier Forum Social Mondial qui a eu lieu à Porto Alegre (Brésil) du 25 au 30 janvier 2001 a marqué un tournant décisif tant dans l’évolution des rapports entre gouvernants et gouvernés que dans celle des rapports Nord-Sud.

La société civile mondiale qui s’est manifestée avec force à Seattle et dans tous les évènements internationaux qui ont suivi, a montré, dans la capitale du Rio Grande do Sul, qu’elle constitue une force sociale et politique majeure, vigilante, capable de s’organiser et de parler d’une seule et même voix, en dépit de sa diversité.

« Un autre monde est possible » dit cette voix qui, véritable clameur, s’est élevée vers le ciel. Ce fut pour le bonheur des damnés de la terre dont nous sommes, nous Africains. Surexploités, sur endettés et marginalisés, nos voix également sont étouffées, notre douleur banalisée, nos luttes entravées. Mais sur les quelques quatorze mille participants au Forum Social Mondial, l’Afrique, bien que heurtée de plein fouet par les réformes néo-libérales, n’était représentée que par une cinquantaine de personnes.

Le mouvement social mondial imprime une nouvelle dynamique à la construction de la société civile africaine qui, à son tour, l’enrichit et le renforce de son vécu, de ses espérances et de sa vision. Sous le mot d’ordre «Une Autre Afrique est Possible », plusieurs éditions du Forum Social Africain ont eu lieu afin d’enrichir et de renforcer le mouvement social africain, de préparer la participation au Forum Social Mondial et ainsi de consolider le mouvement social mondial. Plusieurs milliers d’organisations africaines ont pu prendre part à la dynamique et cela à travers plus d’une vingtaine de Forums nationaux, sous régionaux et thématiques.

Les objectifs spécifiques du Forum ont été les suivants :

*

Consolider les capacités d’analyse, de proposition et de mobilisation des organisations du mouvement social africain afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle en Afrique et au sein du mouvement social mondial,

*

Construire un espace africain d’élaboration concertée d’alternatives à la mondialisation néo-libérale, à partir d’un diagnostic de ses effets sociaux, économiques et politiques,

*

Définir des stratégies de reconstruction sociale, économique et politique, incluant une redéfinition du rôle de l’État, du marché et des organisations citoyennes,

*

Définir les modalités du contrôle citoyen afin que l’alternance politique favorise l’expression et la mise en œuvre de réponses alternatives, crédibles et viables.

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