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DICTIONNAIRE

A 

Aja Le aja (prononcez adja) est une langue parlée par environ 400 000 locuteurs dans les provinces Atlantique et Mono.
Cette langue appartient à la famille linguistique nigéro-congolaise, groupe des langues kwa comme l'ayizogbe, le basa, le cigbe, le cokosi, l'ede cabé, l'ede ica, l'ede idaca, l'ede ife, l'ede ije, l'ede nago, l'ede yoruba, le fongbe, le foodo, le gengbe, le gungbe, le kogbe, le maxigbe, le makalé, le saxwegbe, le setogbe, le tofingbe, le toligbe, le ouatchigbe, le wemegbe, le xwedagbe et le xwlagbe.

Achaba (de l'arabe, cf. ochb “ herbe ”) n. f. Disp. Pâturage, terre réservée au pâturage. Achaba de 2 propriétés [...] La vente aura lieu le lundi 21.11.83 à 11h du matin, à henchir El Briwig. (La Presse, 20/11/83). L'Agro-combinat se propose de mettre en vente aux enchères publiques : [...] 4) Achaba de 45 hectares. (La Presse, 1/2/84). Ils ont maintenu des systèmes de production très extensifs avec une grande partie des terres laissées en jachère et louées en achaba une partie de l'année. (Gana, 1986, 98).
B 

Bushmen Les peuples connus sous les noms de Bushmen (Bochimans, en français), San, Basarwa, sont les premiers habitants de l’Afrique australe qu’ils occupent depuis plus de 20 000 ans. Le terme ‘Bushman’ (‘Bushmen’ au pluriel) qui dérive de la forme anglaise du mot hollandais/afrikaans ‘Bosjemans’ ou ‘Bossiesmans’ signifiant ‘bandit’ ou ‘hors-la-loi’ est toutefois le plus largement reconnu et accepté par eux-mêmes. Ils sont divisés en plusieurs groupes qui parlent des langues différentes.

Comment vivent-ils ? Les Bushmen sont des chasseurs-cueilleurs qui, pendant des milliers d'années, ont trouvé leur subsistance dans le vaste désert du Kalahari. Ils chassent - notamment l’antilope - mais leur nourriture quotidienne est principalement constituée de fruits, baies et racines du désert. Ils construisent des abris de bois temporaires. Beaucoup d'entre eux ont été forcés de quitter leur territoire et de vivre dans des villages ou des camps situés dans des zones impropres à la chasse et à la cueillette.

A quels problèmes sont-ils confrontés ? Durant les trois derniers siècles, ils ont été décimés par les Bantous, agriculteurs sédentaires en provenance d’Afrique de l’Est, et plus tardivement par les colons blancs (fermiers hollandais – Boers – et huguenots puis britanniques). Confrontés aux meurtres, à l’oppression, à la discrimination, à l’esclavage, à l’expulsion de leurs terres ancestrales, les Bushmen, dont la population a été réduite de plusieurs millions à environ 100 000, affrontent des problèmes différents selon les pays où ils sont établis. Aujourd’hui, si l'asservissement a disparu, ils continuent d’être marginalisés, considérés comme des ‘primitifs vivant à l’âge de pierre’ et sont victimes de racisme, de violence et de discriminations. Ils sont sous-représentés dans les organes politiques nationaux et locaux et sont exclus des processus de décision qui les concernent. Environ 50 000 Bushmen vivent au Botswana, 32 000 en Namibie, 4 350 en Afrique du Sud (dont 4000 immigrés de Namibie et d'Angola), 2 500 au Zimbabwe, 1 200 en Angola, et 300 en Zambie.

Les expulsions Au Botswana, les Gana et les Gwi de la réserve naturelle du Kalahari central sont parmi les plus persécutés - ils n'ont aucun droit sur leur terre. En 1986, le gouvernement botswanais décida officiellement d'une politique de déplacement des Bushmen dans des camps de ‘relocalisation' situés hors de la réserve, les principaux étant New Xade et Kaudwane. La chasse sans permis devint illégale, les Bushmen devant obtenir une autorisation à l'instar des tour-opérators qui organisaient des safaris pour le tourisme de luxe. Les persécutions se muliplièrent, les familles étant constamment harcelées par les autorités pour rejoindre les camps de relocalisation. En 1997, plus de mille Bushmen furent déportés dans les camps. En 2002, de nouvelles expulsions eurent lieu, pratiquement tous les Bushmen furent alors chassés de la Réserve du Kalahari. En septembre 2005, l’accès de la Réserve fut totalement condamné et en juin 2006, seuls une trentaine de Bushmen y survivaient encore.

Le procès En 2002, les Bushmen qui venaient d’être expulsés, intentèrent un procès au gouvernement pour pouvoir retourner vivre dans la réserve et y pratiquer librement la chasse et la cueillette. L'affaire ayant été rejetée sur un détail, ils firent appel et obtinrent que leur cas soit entendu en 2004 par la Haute Cour de Lobaste (ville située au sud de Gaborone) qui rendit son verdict le 13 décembre 2006. Contre toute attente, les juges statuèrent que l’éviction des Bushmen était illégale et anticonstitutionnelle et qu’ils avaient de ce fait le droit de retourner librement dans la Réserve. Cliquez ici pour en savoir plus.

Malgré cette victoire juridique, le gouvernement s’efforce de rendre ce retour impossible, notamment en leur interdisant d’utiliser les sources d’eau situées dans la réserve ou en refusant de leur délivrer des permis de chasse. Cette politique vise à intimider les Bushmen afin qu’ils ne quittent pas les camps de relocalisation et à persécuter ceux qui ont choisi de retourner sur leur territoire ancestral.

Les Diamants La présence de gisements de diamants dans la Réserve est la raison la plus probable de l’expulsion des Bushmen. Leur territoire ancestral se trouve au cœur de la zone diamantifère la plus riche au monde. La compagnie Kalahari Diamonds, qui explore actuellement la Réserve du Kalahari, a déclaré que « l’éventualité d’une découverte diamantifère majeure [était] hautement probable ». Le Botswana est le plus gros producteur de diamants au monde, en terme de qualité. 35% de son PIB provient de l’exploitation diamantifère. Les mines de diamants du Botswana sont contrôlées par la compagnie Debswana détenue à parts égales par le gouvernement et le groupe De Beers.

Baassiste (de l’arabe baas, mouvement politique né en Irak et en Syrie, + suffixe –iste) adj., n. Disp. Relatif à une doctrine politique qui essaie de concilier le panarabisme avec une forme de socialisme arabo-musulman. Mais l’ambassade voyait d’un mauvais oeil ce blanc-bec de race tunisienne, de citoyenneté italienne, de nationalité juive, un peu communiste, peut-être baassiste ou nassérien, beaucoup bourguibiste et quelque part sioniste et sartrien, patauger dans tous les marigots à cent dinars le mois. (La Presse, 27/3/96). […] des syndicalistes, des féministes, des communistes, des islamistes, des baassistes, des écrivains [...] (Ben Brik, 2000, 117).

Baba (de l'arabe, littéralt : “ papa, père ”) n. m. Disp. Terme utilisé pour exprimer l’affection et le respect envers une personne d’un certain âge. “ Baba Khemaïs ” était notre voisin, m'a-t-il expliqué dans son langage posé où chaque mot a sa valeur. […]. Les élèves posaient des questions, se faisaient répéter une phrase ou expliquer une application de rythme. Baba Khemaïs était d'une patience inépuisable. (Faïza, 50, 1965). Mon père tolérait cependant Bichik le fantaisiste et l’inoffensif et formidable Baba Fredj. (Memmi, 1972, 30). Baba Ammar était décédé depuis deux jours déjà ; on l'avait inhumé la veille ; je ne le reverrai pas. (Bécheur, 1989, 86).

Babouche (du persan) n. f. Fréq. Chaussure en cuir traditionnelle, plate et légère, à bout pointu, sans quartier ni talon. Derrière ces voiles blancs ou noirs on ne distingue que leurs yeux souvent cernés de kohol et leurs chaussures, simples babouches ou bien mules brodées. (Baccouche, 1961, 47). On peut par exemple citer l'exemple de la Société Es-Saïda qui réunira tous les fabricants de chéchias et de babouches. (Dialogue, 31/5/76). Elle avait défait une tresse de ses cheveux, […], chaussé une seule babouche. (Pluriel, 11/88). Leurs pieds ourlés de henné étaient glissés dans des babouches plates et peinturlurées. (Behi, 1993, 47). Et c'est si élégant de voir un jeune porter une "jebba" avec des babouches assorties […]. (Tunis Hebdo, 13/9/93). Le muezzin de la principale mosquée de la ville venait de poser sa babouche sur la dernière marche du minaret. (Saïd, 1994, 91). Les pieds s'enfonçaient, à chaque pas, avec les babouches et les anneaux dans le sable. (Abassi, 1996, 52). Com. Attesté par le Petit Robert. V. balgha.
C 

Cachta, kachta, cach'ta (de l’arabe) n. f. Disp. Turban que les hommes enroulent autour de la tête. Tout ce qu'il portait était blanc : la kachta, la jebba, les babouches. (Guellouz, 1982, 89). Je garde, jusqu'à présent, en souvenir de lui, sa belle jebba marron à rayures mates et brillantes, ainsi que sa chéchia et sa cachta, turban en soie brodée, venue de La Mecque. (Bournaz, 1993, 23). Il portait le costume arabe avec la cach'ta blanche sur la tête, comme les Ulamas de la grande mosquée. (Bournaz, 1993, 101). Cependant, les uns et les autres se coiffaient de la kachta. (La Presse, 7/8/95).

Cadhi, cadi, qadhi, qadi, kadhi (de l'arabe) n. m. Fréq. Magistrat musulman qui remplit des fonctions civiles, judiciaires et religieuses. On pourrait créer un livre général des habous dans lequel les cadis devraient obligatoirement faire inscrire les actes qu’ils auraient à dresser. (Le Phare de Tunis, 6/3/53). Je te livrerais au cadi qui te condamnerait à mort par lapi-dation. (Baccouche, 1961, 125). Elle est allée chez le Cadhi [Juge] en compagnie de cet homme et devant deux témoins a signé le contrat qui la liera à jamais à cet homme infernal. (Faïza, 41, 1964). Mounir fait plus que son devoir à l'égard de l'enfant et de sa mère, sans intervention du cadhi, lui imposant une pension quelconque. (Laroui, 1978, 168). Le cadhi des lieux lui donne à choisir entre le divorce et la prison. (La Presse, 24/7/85). Lorsqu'un de ces guetteurs avait pu apercevoir la naissance du croissant tout neuf, il se hâtait d'aller en aviser le cadhi du lieu ; ce magistrat charaïque le soumettait alors à diverses questions. Le témoignage était alors transmis par le cadhi au Mèjless [...] qui se réunissait chaque nuit du doute au Diwan de Tunis, siège du tribunal charaïque. (La Presse, 30/1/95). Le musée occupe l’ancienne zaouia de sidi Zitouni, cadi malékite. (La Presse Week-end, 16/7/95). Il faut que je l'emmène à Sour, se dit-il, là, le cadhi Omar nous aidera à embarquer pour Alexandrie. (Darragi, 2000, 14). Com. A la différence du français de référence qui privilégie la forme cadi, les graphies les plus fréquemment rencontrées sont cadhi ou qadhi, plus conformes à la prononciation.
D 

Dabgha, debgha (de l’arabe) n. f. Assez Fréq. Teinture noire utilisée par les femmes pour le maquillage et la parure du corps. Elle alla au hammam ; s'épila ; se mit du harqous, de la dabgha [Décoction noire à base de chaux, de romarin, d'oxyde de fer et sert à teindre les sourcils et aussi les prolonger, en rectifier ou en accentuer les formes] et de khol, mâcha du swak, revêtit son costume de mariage et s'assit sur un fauteuil à attendre son mari. (Bouhdiba, 1968, 94). Toujours bien soignée, le harcous et la debgha sur le visage, la henna aux mains et aux pieds, l'enveloppent d'un parfum captivant et souligne sa beauté. (Bournaz, 1993, 91). Ayant admiré ses doigts joliment décorés d'un harqous [Dabgha, harqous : teintures noires que les femmes utilisent pour se maquiller ou orner leurs pieds et leurs mains de dessins punctiformes] du plus beau noir, elle unit ses sourcils et les prolongea avec de la dabgha plus sombre encore [...] (Saïd, 1994, 107). Elles faisaient sécher des ingrédients nécessaires à la préparation de la “ merdouma ” du “ harkous ”, de la “ dabgha ”, du “ hénné ”,
E 

Ecole coranique n. f. Fréq. École traditionnelle musulmane. Norbert et Gaétano aidés d'autres jeunes gens font glisser le corps dans le tombeau pendant que des élèves de l'école coranique du village voisin chantent. (Baccouche, 1961, 234). Il fréquenta d'abord l'école coranique où il apprit à lire et à écrire le texte du Lion Vénéré, puis entra à l'école primaire et se distingua bientôt parmi ses petits camarades par son habileté à jouer du “ fhal ” [petite flûte rudi-mentaire] pendant les récréations. (Faïza, 50, 1965). Pourtant dans la capitale et ses environs, il y a bien dans les cent onze écoles coraniques, sans compter les enseignements à domicile. (Chebbi, 1985, 64). Si Boubaker représentait le type parfait de “ l'indigène émancipé ” : colonisé de la deuxième génération, produit composite de l'école coranique et de l'instruction publique et obligatoire de monsieur Jules Ferry. (Bécheur, 1993, 137). À la mort de son père, un simple maçon, Faouzi n'était qu'un petit garçon qui fréquentait encore l'école coranique. (Saïd, 1994, 21). L'association des anciens élèves de l'école coranique “ La Trikya ” de Sousse invite tous les anciens de l'école à une réception [...]. (Tunis Hebdo, 22/9/97). Après l’école coranique, à onze ans, il fut envoyé à Tunis, à l’école française. (Ben Brik, 2000, 69). V. kouttab.
edh-dhohr V. adhohr

Efendi, effendi (du grec afentis “ maître ”, passé au turc puis à l'arabe) n. m. Disp. Anc. Titre de dignitaires civils ou religieux. Le mouchoir, bey efendi, le mouchoir crie Véliko-kékhaïa. Mais le bey ne semble pas l’entendre et répète : “ Quel gars magnifique ! ”. (Faïza, 36, 06/1963). Elle est donc venue, efendi, et Dieu sait ce qu’elle a pu lui raconter. (Faïza, 36, 06/1963). Cet effendi [titre honorifique turc] qui marchait à pas comptés comme s'il passait en revue un régiment de janissaires ? Oui, c'était bien de lui qu'il s'agissait. (Bécheur, 1993, 32). Le maître de céans — un effendi, sans doute — avait agrandi sa résidence selon son bon plaisir. (Bécheur, 1993, 193). Com. Attesté par le Petit Robert. V. bey.
F 

Fadhila, fathila (maillot -) n. m. Disp. Maillot fabriqué par la marque de ce nom. Par ext. tout maillot féminin. Alors, que l'on porte un jeans ou un “ séroual bel lya ”, un “ marioul ” (maillot) fathila, fort beau du reste, une chemise sur la peau ou une jebba, un burnous ou un imper, c'est kif-kif. (La Presse Week-End, 24/3/91). A l'aise aussi bien dans sa “ fouta ” et “ blousa ” ou “ maillot fadhila ” que dans son chic tailleur classique. (La Presse, 20/8/93).

Fait (au -) n. m. Disp. En fait. Toi et moi on est deux, deux mais au fait on n'est qu'un […]. (Tunis Hebdo, 11/10/93). C'était un grand défi de voir comment on peut traduire un tel texte qui, au fait, est travaillé à chaque ligne par l'imaginaire, par les métaphores, par les syntaxes du substrat arabo-islamique. (Le Temps, 19/1/94). C'est un bon récepteur très sensible au rire, mais il ramène tout à sa personnalité. Au fait, il n'est pas doté de compétences sociales lui permettant de dépasser le niveau primaire. (La Presse Week-End, 9/7/96). Je disais tout cela sim-plement pour montrer à quel point peu de fierté est chez des jeunes qui ne savent pas, et qui ne veulent pas savoir au fait, la richesse de leur patrimoine. (Tunis Hebdo, 21/10/96).

Fajr, fejr, al fajr, el fejr (de l’arabe) n. m. Fréq. Première prière musulmane qui a lieu au lever du jour. Je consultai les étoiles et compris à leur éclat particulier que l'appel du muezzin pour la première du fejr n'allait pas tarder à déchirer l'étoffe de silence qui enveloppait encore la ville assoupie. (Djedidi, 1990, 162). — Viens au hammam Ennakhil, à la prière du fejr. (Djedidi, 1990, 187). Prières Al Fajr : 5.26 (Le Temps, 15/11/93). La presse avec les horaires du "Fajr" et du "Ghouroub". (Le Temps, 9/2/94). Une journée, une belle journée s'annonçait en harmonie avec cette prière du fajr. (El Goulli, 1993, 19). Prières/ El Fejr....03.45/ Echchou-rouq....05.26 […] (Le Renouveau, 2/8/96). À l'aube, lorsque les habitants de Mérida se rendirent à la Mosquée pour la prière du “ Fajr ” [Aube] ils constatèrent, à leur grande surprise, que l'homme, tout de blanc vêtu, qui officiait du haut du minbar, n'était pas leur imam habituel, mais l'émir de Cordoue, en personne. (Darragi, 2000, 208).
G 

GAB (sigle) n. m. Assez fréq. Guichet automatique de banque. STB Bank / Lance le premier Guichet Automatique de Banque (GAB) connecté directement au réseau visa international (Femme, 12/93) Un autre GAB sera mis, très prochainement, à votre service à l'aéroport international de Tunis-Carthage. (Femme, 12/93). Ah ! Un GAB. Il y en a à l'Avenue Habib Bourguiba. (Conversation, 12/07/96).

Gachar (probablement de l'arabe kachara “ gratter ”, “ éplucher ”) n. m. (pluriel gacharas) Disp. Petit commerçant, personne qui fait du profit par de petits moyens. Par ext., trafiquant. Le gachar revêt pour l'occasion une vieille cachabia de paysan et jure ses grands dieux que ses bestiaux viennent directement d'un bled perdu où ils broutaient du thym et du romarin de la forêt. (Tunis Hebdo, 3/5/93). Et ces cochons là-bas, tu vois ces mecs que tu prendrais avec des pincettes, l’un est, l’autre ferrailleur, l’autre “ gachar ” de voitures d’occasion. (Tunis Hebdo, 14/8/95).
Gacharas pluriel de gachar. Nous avons parlé la semaine dernière des gacharas de voitures d'occasion et nous parlerons, cette semaine et à l'approche de l'Aïd El Kebir, des gacharas de moutons, qui sont en train d'aiguiser leurs couteaux pour nous égorger. (Tunis Hebdo, 3/5/93). Si Tahar a montré, lors de ses chroniques sur les “ gacharas ” de voitures, qu'il est doté d'une perspicacité qui lui a permis de mieux divulguer les tromperies de ce réseau. (Tunis Hebdo, 22/11/93).
H 

Habba (de l’arabe dialectal) n.m. (pluriel habbatas) Disp. Inter-médiaire opérant sur le marché de gros. Depuis quelque temps, au marché de gros de Bir El Kassâa, existe pour l’agriculteur la possibilité de vendre sa marchandise sans passer par l’intermédiaire, par le “ habba ”. (La Presse, 17/7/96).

Habbatas pluriel de habba. Mais on peut espérer qu’à terme la corporation des “ habbatas ” prenne à coeur d’introduire plus d’équité dans sa relation avec les agriculteurs. (La Presse, 17/7/96).

Habous (de l'arabe) 1. n. m. Assez fréq. Fondation religieuse musulmane. Les habous, mieux administrés, et donc plus riches qu’à Tunis, les subventionnent largement. (Le Phare de Tunis, 26/9/52). Par rien, je veux dire un retour à la société tribale et aux grabuges de l'époque des “ zaouia ”, des Habous et de Sidi El Kadhi, Sidi El Mufti et de “ Sïdna ” ! (Dialogue, 2/2/76). Il allait à Sousse aussi, où son grand-père avait tant d'amis à l'Administration des Habous et dans l'enseignement zitounien. (Hafsia, 1983, 62). Assurément alors la multitude des descendants soupirera-t-elle d'aise dans les intérêts de la famille mieux sauvegardés qu'ils ne le furent par le habous privé ou surtout par la pratique unique de la loi salique et des droits d'aînesse. (El Abassy, 1986, 53). Elle figure, paraît-t-il, sur un acte notarié des archives des Habous. (La Presse, 11/4/91). À la suite de l'Indépendance et après la dissolution des Habous, en 1956, j'étais muté au service agricole. (La Gazette du Sud, 9/97). Ils contrôlent l' “ Habous ” [fondation de charité] et pourtant ils détestent tout le monde. (Darragi, 2000, 133). Com. Les habous sont nés au départ de la volonté de certains Musulmans de faire, en geste de piété, le don d'un bien à un service religieux ou une oeuvre humanitaire.
2. n. m. Fréq. Bien de mainmorte, bien légué et placé hors commerce par un donateur qui en conserve la propriété mais en attribue l’usufruit à une fondation pieuse (mosquée, zaouïa, etc.). Je […] constituerai Habous pour cette Zaouia le jardin que je possède à tel endroit. (Laroui, 1978, 216). […] la spoliation du domaine privé de l'Etat, des habous publics, ou du domaine forestier. (Béji, 1982, 37). En dépit des textes juridiques mettant fin aux habous dans le pays, certains habous et wafks demeurent sans solution dans le gouvernorat. (La Presse, 26/10/84). Ce Habous est géré par plusieurs mandataires dont les procurations étaient présentées avec les documents relatifs au Habous enregistré à la Conservation foncière. (Tunis Hebdo, 28/8/95). En ma qualité de mandataire des dévolutaires de feue X, habous privé, réquisition d'immatriculation 21 770
et 21 614, titre foncier 180 455 et 180 458, plus connu sous le nom de habous el kirzia... Ce habous est géré par plusieurs mandataires dont les procurations étaient présentées avec les documents relatifs au habous enregistré à la conservation foncière où nous nous sommes vus déposséder illégalement de nos biens avec l'utilisation de faux documents. (Tunis Hebdo, 28/8/95). Syn. wakf.
3. adj. Fréq. Relatif à ces biens. À l’origine, c’était le premier venu sur le terrain (généralement habous) qui se l’appropriait, plus ou moins clandestinement. (Faïza, 59, 8/1967). Elles comprennent trois types de structures : les terres habous […], les lotissements ruraux, les terres melk. (Séminaire Jebel Oust de céréaliculture, 1986, 45). Les autorités tunisiennes, conscientes de la gravité du problème, se sont attaquées à ce problème des terres collectives et des terres habous. (Dialogue, 3/5/76). La situation foncière des terres “ habous ” doit trouver une solution radicale. (Le Renouveau, 13/12/90). Cette réforme se proposait […] pratique d’exclusion des femmes de l’héritage par l’usage habous. (Chater, 1992, 24). Ces derniers allaient chercher l’eau à la fontaine publique ou au sbil, citernes communes léguées par les biens habous. (La Presse Week-end, 20/8/95). A la séance du 20 Avril 1891, les membres tunisiens se font l’écho des protestations du gérant des biens habous (waqf) publics de la localité et des contribuables tunisiens en général. (Ibla, 1996, 282). Com. Le verbe habouser. “ rendre habous, léguer un bien à une fondation en le rendant invendable et impossible à hypothéquer ” est attesté.
I 

Ifriqiyen,enne, ifriqyien,enne (de l’arabe + suff. –ien) 1. n. Disp. Habitant de l'Ifriqiya. À quelle époque, les Ifriqiyens ont-ils adopté les techniques en vogue en Orient ? (La Presse, 12/7/95). Les Ifriqiyens contribuèrent efficacement à son enrichissement ? (Réalités, 10/11/95). Nous sommes bien dans le pays de Suhnun Ibn Said ! Chaque ifriqiyen est foncièrement malikite. (Labidi Ben Yahia, 1996, 50). Jamais de mémoire d'Ifriqyien, on n'avait vu un fléau de cette ampleur ; les habitants comprirent qu'ils étaient au bord de la catastrophe. (Labidi Ben Yahia, 1996, 108).
2. adj. Disp. Relatif à l'Ifriqiya. Traitant de la céramique ifri-qiyenne aux VIIIe, IXe et Xe siècles, M. A. Daoulatli pose la problématique du VIIIe siècle.
(La Presse, 12/7/95). La skifa est un superbe fleuron de l'architecture militaire ifriquienne et elle est due au fondateur de la dynastie des Fatimides. (La Presse Week-End, 29/10/95). Le verre Ifriquyen se développa du IXe siècle, pour connaître ensuite un déclin quidurera jusqu’au XXe siècle. (Le Temps, 28/12/95). Com. Le terme ifriquia qui a remplacé le mot Africa depuis la conquête musulmane au VIe siècle, désignait la partie orientale de l’Afrique du Nord (Tunisie et hautes plaines constantinoises). Le Sahel et la basse steppe constituaient le coeur de l'Ifriqiya.

Ifrit(de l’arabe) n. m. Disp. Génie malfaisant dans la mythologie musulmane. […]. mais, plus que tout me fascinaient les ifrits, ces êtres pétris d'imaginaire, qui défiaient le cours de la destinée et les échéances de la mort. (Bécheur, 1989, 90). El Jellez, le plus grand cimetière de Tunis, a toujours suscité les fantasmes des vivants, avec cette ogresse (fantôme) ou avec un dragon (Ifrit) récemment. (La Presse Week-End, 9/7/96). V. djinn.

Iftar (de l'arabe, cf. fatara “ déjeuner ”) 1. n. m. Fréq. Moment de la rupture du jeûne, à la tombée de la nuit. Par ext., repas qui rompt le jeûne. Et du matin jusqu'à “ l'Iftar ” on débourse. (Le Renouveau, 23/3/91). Il est insoutenable pour des musulmans animés par de tels sentiments d’aborder “ l’iftar ” dans l’inégalité. (Tunis Hebdo, 27/2/95). [...] a déclaré le président Al Assad dans un discours prononcé lors d’un iftar offert à des oulémas. (La Presse Week-end, 18/2/96). Les
visites présidentielles dans les régions de la Tunisie rurale, celles des Ouled Boughanem, Essijoumi, ou plus près de nous Béjaoua, ces iftars fortuits et non programmés […] sont les symboles d’une nouvelle époque. (La Presse, 30/4/96). Ouverture à l'heure de l'Iftar/Service à la carte à partir de 20h00. (La Presse, 31/12/98).
2. repas d’iftar, table d’iftar, dîner d’iftar, restaurant d’iftar loc nom. Disp. Repas distribué aux nécessiteux pendant la période du ramadan. À l'instar de l'année dernière, les tables “ d'iftar ” con-naissent en ce début du mois de Ramadan une grande affluence de la part du public. (Tunis hebdo, 1/3/93). L’organisation de dîners d’Iftar et l’aide apportée aux handicapés et nécessiteux. (Le Renouveau, 19/2/95). La sollicitude portée aux citoyens économi-quement faibles et l'organisation de repas d'Iftar sont de nature à consacrer la cohésion de la société. (La Presse, 21/1/96). Le Président Zine El Abidine Ben Ali a recommandé […] d'axer l'intérêt sur les personnes âgées qui sont dans l'incapacité de se rendre aux lieux où sont servis les repas d'iftar. (Le Renouveau, 26/1/96). Fidèles à la tradition ancrée par le Président Zine El Abidine Ben Ali, les restaurants du coeur ouvrent leurs portes, à l'occasion du mois de Ramadan, comme chaque année depuis plus de quatre ans, à l'heure de la rupture du jeûne pour servir des repas d'Iftar aux personnes démunies dans une atmosphère quasi familiale. (Le Renouveau, 3/2/96). Cet élan de générosité est renforcé par les 110 tables d'iftar que les structures de RCD organisent à travers tout le pays au profit de 10 000 bénéficiaires. (La Presse, 4/1/98). À la une ce matin, la visite du Chef de l’État à un restaurant d’iftar. (Radio RTCT, 14/12/01).
3. n.m. Disp. Période de l’année où les Musulmans ne pratiquent pas le jeûne par opposition à la période du ramadan où ils sont tenus de jeûner. Si les pains standards (ceux de l'Iftar) gardent leurs bons vieux prix, les variétés ramadanesques ne se soucient guère de leur coût. (Tunis Hebdo, 8/4/91).
J 

Jahiliyya, jahilia, jahaliya (de l’arabe) n.f. Assez fréq. Période antéislamique. Les pierres somp-tueuses provenant des ruines de la “ jahilia ” — le temps de l'igno-rance, c'est ainsi que les musulmans désignent la période antéislamique — fournissent à quelques riches seigneurs de Tunis de quoi construire de belles demeures. (Baccouche, 1961, 15). On veut revenir à l'enterrer vive (“ El Maououda ”) c'est-à-dire à la jahiliyya version fin de siècle. (Femme, 6/90). Mais la dégé-nérescence politique et idéologique du califat a commencé à cristalliser progressivement un retour en arrière — aux moeurs et aux pratiques pré-islamiques (jahiliyya) — en tout ce qui a trait à la femme. (Femme, 6/90). Aux temps de la jahaliya et même durant la vie du Prophète, les femmes avaient une si grande autodétermination qu’elles pouvaient choisir leurs maris et même les répudier. (Daoud, 1993, 15). Elle est connue pour ses poètes de la Jahiliyya [Période anté-isla-mique], Al Muhalhal et Amr Ibn Khalthum ! (Labidi Ben Yahia, 1996, 26).

Janissaire (du turc “ nouvelle troupe ”) n. m. Disp. À l’époque ottomane, soldat d'élite appartenant à la garde du bey. Le Janissaire était en vérité un officier de la milice turque du Bey. (La Presse, 11/04/91). Tes janissaires, tes mamlouks, tes chambellans font bonne garde. Dieu me pardonne, mais Allah, au sommet de la septième sphère céleste, est plus accessible que ton
trône. (Bécheur, 1991, 22). Com. Attesté dans le Petit Robert.

Jaoui jawi (de l'arabe lubân djâwi “ encens de Java ”) n. m. Disp. Benjoin, résine aromatique tirée du tronc du styrax. Elle sortit par deux fois, tout affairée, acheter aux souks sa part d’encens : un peu d’ouchak et de jaoui, quelques bâtonnets de ned. (Memmi, 1972, 173). Celui-ci est sombre, fuligineux, parcouru de ces mêmes senteurs brûlées que suscitait ma mère jetant dans le kanoun [Brasero en terre cuite] une poignée de jaoui [Racine odoriférante]. (Bécheur, 1991, 98). L’odeur du jawi embaume l’atmosphère et provoque en nous des sensations intimes et particulières. (La Presse, 23/11/94). Courir les souks pour y faire emplette de fanfreluches et autres babioles pour tous les jours : souak, jawy, loubèn. (La Presse, 28/11/94). Elle plongeait la
maison dans l’ombre, allumait un brasero de jaoui et d’ambre et la parfumait. (Ben Brik, 2000, 90).
K 

Kaâk, kack, kâak (de l'arabe égyptien) n. m. Fréq. Petit gâteau sec de forme circulaire. Les Pâtisseries Tunisiennes […] Dattes à la pâte d'amande. Baklawa. Macaron. Kaâk. Loukoum. (Dialogue, 3/5/76). Elle leur prépare une grande quantité de kaâks et pour chacune une outre de bsissa. (Laroui, 1978, 25). Enfin des pinces en cuivre ou en argent à bordure large dentelée appelées munqàs servent à décorer la surface des kack de l’aïd el-Kébir. (C.A.T.P, 1980, 52). Elle faisait aussi des kaâks et des makroudh avec des dattes, le tout en grande quantité pour nous, la famille de Beni Khiar, pour les amis et aussi pour les pauvres qui ne pouvaient se les offrir. (Bournaz, 1993, 55). [...] pensez plutôt à un grain d’anis dans le kaâk - il ne fait qu’en valoriser la saveur - ou à une goutte d’eau de fleur d’oranger dans le café turc. (La Presse, 17/7/95). Concernant les gâteaux tunisiens généralement secs comme la baqlawa, le kâak, ils sont moins sensibles à la contamination par les germes que les crèmes par exemple.
(La Presse, 26/2/95). En effet, la Tunisie a souvent été occupée par des peuples étrangers qui l'ont marquée jusque dans sa façon de cuisiner. [...]— égyptienne : tels que les kaâks au sucre [...]. (Tunis Hebdo, 29/1/96).

Kabbous, kabous (de l’arabe) n. m. Disp. Bonnet. Chaque chawachi fait coudre sa marque sur les kabous qui lui reviennent et qui partent subir l’opération du foulage à El Batan. (Le Temps, 4 septembre 1995). Aziza entourée de ses enfants est à l’ouvrage confectionnant un kabous (“embryon” de la chéchia) en maniant habilement cinq aiguilles à la fois. (Le Renouveau, 17/3/96). Mais personne ne le crut à cause de son costume de turc qui était aussi à un moment donné, le nôtre : jebba, pantalon bouffant, chéchia majidi ou kabbous stambouli (d'Istanbul), comme on dit. (La Presse, 16 mars 1997). Com. Désigne souvent la chéchia avant qu’elle soit foulée, cardée et teintée.

Kachabia, kechebia, cachabia, gachabia, quachabia (de l'arabe) n.f. Fréq. Ample manteau fermé, à manche, possédant une capuche. Elle est traditionnellement en laine mais actuellement on peut également la trouver dans d'autres matières. Elle porte des vêtements d'homme : une grosse cachabia de laine qu'elle a pris soin de serrer à la taille. (Baccouche, 1961, 294). Pour empêcher les artisans de tisser des burnous et des kechebias [Manteau traditionnel] il faudrait évidemment les empêcher de s’approvisionner en matière première. (Faïza, 57, 5/1967). - Et où caches-tu ton argent ? - Dans ma kachabia. (Laroui, 1978, 101). Des amis y ont rencontré Saddam Hussein vêtu non pas de son treillis militaire, mais d'une rugueuse kachabia bien de chez nous. (La
Presse Week-End, 24/2/91). L’abandon de l’habit traditionnel, les changements de mode vestimentaires et de mentalité qui ont associé le petit objet du passé aux grands-pères, aux vieux messieurs en “ fariola ” et en “ kachabia ”. (Le Temps, 4/9/95). Qui ne connaît pas la kachabia, cet habit authentique des régions du Nord-Ouest que l'on porte toujours lors des rudes mois de l'hiver ? (La Presse, 16/3/97). Emmitouflés dans leurs amples kachabia en laine de mouton noir, on dirait des grosses bêtes hirsutes accrochées au flanc des montagnes. (Ben Brik, 2000, 91).
L 

Lablabi, lab-là-bi (de l’arabe) n. m. Fréq. Potage de pois chiches au cumin et à la sauce harissa. Un autre taxi les conduisit devant une petite boutique où des gens en habit de soirée, hommes et femmes, savouraient un bol de “ lablabi ” fumant, piquant à souhait, délicieux. (Chaïbi, 1975, 181). [...] tout en cirant les lignes jaunes des chaussures de ses clients et en sirotant jurisprudemment un chaud lablabi fumant d'audace. (Garmadi, 1986, 88). Une rue où éclate la vie, où fusent les cris, où se mélangent les musiques des cassettes en cacophonie, où l'air fleure bon l'odeur du lablabi ou du merguez méchoui. (Tunis Hebdo, 22/10/90). […] et il te fout des garages à droite et à gauche qu'il loue à des marchands de lablabi, de beignets ou de merguez. (Tunis Hebdo, 17/6/91). Heureusement, que les protéines végétales disponibles dans les pois chiches, ingrédient nécessaire à un plat de “ lablabi ”, compensent ce manque. (La Presse Week-End, 16/7/91). Sous ses yeux le trottoir filait ponctué d'échoppes d'où s'échappaient des chuintements de beignets frits dans l'huile bouillante, des senteurs piquantes de lablabi [soupe de pois chiches, très épicée]. (Bécheur, 1996, 14). Je suis un habitué des ruelles de Bab El Bnet et de ses gargotes où l’on sert du lablabi, des kaftaji, des hargma, des okod de chez Ould Hanifa. (Ben Brik, 2000, 23).

Lac collinaire loc. nom. m. Disp. Petit lac artificiel, retenue d’eau obtenue grâce à un barrage fait de terre et de rochers. La création d'une dizaine de lacs collinaires est également programmée pour l'année prochaine. (La Presse, 19/10/94). 150 habitants seront, pour la première fois, irrigués par l'eau des lacs collinaires. (La Presse, 3/11/95). Par ailleurs, 300 sondages profonds, 300 lacs collinaires, 1500 digues ont été réalisés. (Le Renouveau, 7/11/95). [...] ce gouvernorat prévoit la plantation de 31 mille hectares, l’entretien de dix mille hectares, la réalisation de 80 lacs collinaires et de cent unités pour l’alimentation des nappes de surface. (Le Temps, 28/12/95). Dans le cas des études des lacs collinaires, la recon-naissance de terrain concerne le site de l'ouvrage et ses environs, essentiellement la retenue. (Guide de conservation des eaux et du sol, 1995, 18). Sur les 50 lacs collinaires programmés dans la région de Sousse, 23 ont déjà été créés et les travaux de réalisation du 24ème viennent de commencer. (Le Temps, 16/5/98).
M 

MungikisKenya : information sur la secte Mungiki, notamment sur ses chefs, ses membres, ses méthodes de recrutement, sa structure organisationnelle et ses activités; protection offerte par l'État aux victimes de la secte (2006-octobre 2007)

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

Contexte
Les Mungikis forment une secte politico-religieuse au Kenya (Africa Research Bulletin 1er-31 janv. 2006, 16507; Revolutionary and Dissident Movements of the World 2004, 268-269). Mise sur pied à la fin des années 1980 (NPR 17 juill. 2007; VOA 29 mai 2007), cette secte est surtout constituée de Kikouyous, le groupe ethnique le plus nombreux du Kenya (ibid.; Reuters 5 juin 2007; Africa Research Bulletin 1er-31 mai 2007, 17088). En langue kikouyoue, le mot mungiki signifie [traduction] « multitude » (VOA 29 mai 2007; NPR 17 juill. 2007; Safer Access juill. 2007) ou [traduction] « peuple uni » (ibid.; The First Post 9 juill. 2007; Revolutionary and Dissident Movements 2004, 268). La rébellion des Mau-Mau en 1950 contre l'administration coloniale britannique aurait inspiré les fondateurs du groupe (ibid.; VOA 29 mai 2007; Safer Access juill. 2007); cependant, les survivants de la lutte pour l'indépendance n'appuient pas cette association (ibid.).

Les Mungikis rejetteraient les valeurs [traduction] « occidentales » et revendiqueraient le retour des coutumes et des croyances traditionnelles de leur tribu (Reuters 5 juin 2007; Revolutionary and Dissident Movements 2004, 268; Africa Research Bulletin 1er-31 mai 2007, 17088). La secte préconise notamment la mutilation génitale féminine (ibid., 17087; The First Post 9 juill. 2007; Reuters 5 juin 2007). Des adeptes de la secte auraient également attaqué des femmes parce qu'elles portaient un pantalon ou une minijupe (Nations Unies oct. 2007; Safer Access juillet 2007).

Les Mungikis ont la réputation d'agir avec une violence [traduction] « extrême » et constituent l'une des organisations criminelles les plus craintes au Kenya (Nations Unies oct. 2007; voir aussi NPR 17 juill. 2007; VOA 29 mai 2007). En 2002, la secte, impliquée dans une série de meurtres dans la capitale, Nairobi, a été déclarée illégale le gouvernement kényan (Safer Access juill. 2007; VOA 29 mai 2007).

Dirigeants

Cité dans un article publié le 2 juillet 2007 dans le Washington Post, le coordonnateur du réseau des droits de la personne du Kenya (Kenya Human Rights Network), organisation-cadre constituée de plus de 50 organisations non gouvernementales (ONG) (KNCHR 10 juill. 2007), a signalé que peu des dirigeants des Mungikis sont connus. Plusieurs sources consultées par la Direction des recherches nomment John Kamunya [ou Maina Njenga (BBC 21 juin 2007; Safer Access juillet 2007)] comme l'un des chefs de la secte (ibid.; Revolutionary and Dissident Movements 2004, 269). Cependant, la British Broadcasting Corporation (BBC) affirme qu'il est l'un des anciens chefs du groupe (BBC 21 juin 2007; ibid. 22 juin 2007; ibid. 24 mai 2007b). En juin 2007, John Kamunya a été arrêté et condamné à cinq ans d'emprisonnement pour possession de stupéfiants et d'armes à feu (ibid. 22 juin 2007; ibid. 21 juin 2007; Safer Access juill. 2007).

Njoroge Kamunya, autre dirigeant présumé des Mungikis et frère de John Kamunya, a été arrêté en août 2007 (BBC 23 août 2007; AFP 24 août 2007) pour infractions en matière de drogues (ibid.; Birmingham Post 25 août 2007), mais a également été interrogé par la police au sujet de plusieurs meurtres (AFP 24 août 2007). Aucune information indiquant s'il a été condamné à une peine d'emprisonnement n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Certaines sources consultées affirment qu'un des dirigeants fondateurs des Mungikis était Ndure Waruinge (Revolutionary and Dissident Movements 2004, 268; NPR 17 juill. 2007); cependant, il ne ferait plus partie de ce groupe (ibid.; Washington Post 2 juill. 2007).

Selon un article du Washington Post, ce serait Robertson Buili (alias Joe ou Ndegwa) le chef du groupe (ibid.). Aucune autre information sur Robertson Buili n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cité dans un reportage diffusé le 17 juillet 2007 à la radio publique nationale des États-Unis (National Public Radio - NPR), dont le siège est à Washington, le doyen de l'institut kényan des droits de la personne (Kenya Human Rights Institute - KHRI), [traduction] « groupe de spécialistes ouvrant à la production et à la diffusion de recherches de qualité supérieure dans le domaine des droits de la personne » (CROP 11 avr. 2007), a déclaré que les Mungikis ont moins de dix dirigeants (NPR 17 juill. 2007). Cependant, une autre source consultée par la Direction des recherches signale qu'en 2000, la secte avait au moins treize dirigeants (Revolutionary and Dissident Movements 2004, 269).

En plus d'avoir plusieurs dirigeants, les Mungikis recevraient des directives qui viendraient [traduction] « de loin », soit de certains députés du gouvernement kényan et d'autres gens politiques kényans qui appuient la secte (Safer Access juill. 2007; Africa Research Bulletin 1er-30 juin 2007, 17125; voir aussi The First Post 9 juill. 2007; AI 11 juin 2007).

Adhésion et recrutement

Le nombre exact de Mungikis au Kenya est inconnu (Washington Post 2 juill. 2007; Reuters 5 juin 2007). Cependant, le groupe affirme compter deux millions de membres (Safer Access juill. 2007; BBC 24 mai 2007a; Revolutionary and Dissident Movements 2004, 268). Les membres seraient majoritairement de jeunes chômeurs appartenant à l'ethnie kikouyoue (ibid.; Reuters 5 juin 2007), mais il y aurait également des membres non kikouyous dans le groupe (Revolutionary and Dissident Movements 2004, 268). Parmi les membres des Mungikis, 80 p. 100 seraient des hommes (ibid.). Bon nombre d'entre eux porteraient des tresses rastas (Safer Access juill. 2007; Washington Post 2 juill. 2007).

Dans le cadre de leur initiation, les Mungikis doivent prêter le serment du secret (Africa Research Bulletin 1er-31 mai 2007, 17088; BBC 9 oct. 2007; Reuters 5 juin 2007). Les membres qui désertent les Mungikis ou qui révèlent les secrets du groupe risqueraient de se faire tuer par ce dernier (ibid.; The First Post 9 juill. 2007). Les rites d'initiation comporteraient également un bain dans une concoction de sang de chèvre, d'urine et de tripes (Safer Access juill. 2007; voir aussi The First Post 9 juill. 2007; Nations Unies 7 juin 2007).

Bien que l'adhésion aux Mungikis soit en général volontaire, on trouve parfois des cas de recrutement forcé (Nations Unies 7 juin 2007). Par ailleurs, la pauvreté et le chômage au Kenya rendraient les jeunes vulnérables aux pressions exercées par le groupe (ibid.; NPR 17 juill. 2007).

Structure organisationnelle

Les Mungikis fonctionnent dans le secret (NPR 17 juill. 2007; BBC 24 mai 2007a). La secte [traduction] « ne comporterait pas de structures clairement définies » (Washington Post 2 juill. 2007), et ses membres ne sont généralement pas reconnaissables pour les non-initiés (ibid.; NPR 17 juill. 2007). Le groupe aurait un réseau d'informateurs (Nations Unies 7 juin 2007). De plus, les membres changent souvent d'apparence afin d'éviter de se faire repérer par la police (ibid.).

Selon un rapport publié en juillet 2007 par l'organisation britannique Safer Access, un [traduction] « réseau » de spécialistes dans le domaine de la sécurité des prestataires d'aide humanitaire (Safer Access s.d.), la structure organisationnelle des Mungikis est peu centralisée (ibid. juill. 2007). Le rapport signale que le groupe comporterait des sous-organisations qui se font concurrence (ibid.). Une autre source consultée par la Direction des recherches affirme également que les Mungikis seraient divisés en sous-organisations ou [traduction] « cellules », chacune composée de 50 membres, et sous-divisée en cinq pelotons (The First Post 9 juill. 2007). L'organisation comporterait [traduction] « des dizaines de milliers » de soldats (ibid.).

Le conseil de défense des Mungikis (Mungiki Defence Council - MDC) est une faction armée de la secte qui aurait participé à des exécutions [traduction] « punitives » de gens qui avaient quitté le groupe (Safer Access juill. 2007). Le groupe serait [traduction] « fortement armé » et porterait toutes sortes d'armes : épées, machettes, couteaux, AK-47 et d'autres types d'armes à feu (ibid.).

L'alliance nationale des jeunes du Kenya (Kenya National Youth Alliance -KNYA) serait une organisation de façade des Mungikis (ibid.). Aucune information additionnelle sur les organisations de façade des Mungikis n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Activités

Bien que la secte ait été interdite par le gouvernement kényan en 2002, les Mungikis sont demeurés actifs dans le pays (Revolutionary and Dissident Movements 2004, 269; Africa Research Bulletin 1er-31 mai 2007, 17088; Safer Access juill. 2007). Le groupe sévit principalement dans la province centrale du Kenya, la vallée du Rift et à Nairobi (NPR 17 juill. 2007; Africa Research Bulletin 1er -31 janv. 2007, 16507; BBC 24 mai 2007a).

Les Mungikis sont impliqués dans bon nombre d'activités criminelles violentes, y compris l'extorsion et les exécutions (The First Post 9 juill. 2007; Safer Access juill. 2007). En particulier, des membres de la secte extorquent de l'argent aux conducteurs de matatu (minibus) (ibid.; BBC 9 oct. 2007; NPR 17 juill. 2007; Nations Unies oct. 2007; Africa Research Bulletin 1er-31 janv. 2006, 16507). Les Mungikis réclament aussi des [traduction] « frais de protection » aux résidents des bidonvilles et de l'argent pour des services de base comme l'eau, l'électricité (Reuters 5 juin 2007; Safer Access juill. 2007; BBC 24 mai 2007a; Nations Unies 7 juin 2007) et l'accès aux toilettes publiques (ibid.; Safer Access juill. 2007). La secte extorque également de l'argent à des entreprises (BBC 22 juin 2007; NPR 17 juill. 2007; Africa Research Bulletin 1er-30 juin 2007, 17125). Ceux qui refusent de payer risquent la mort (ibid.; BBC 9 oct. 2007; ibid. 17 sept. 2007). Les Mungikis ont l'habitude de décapiter et de démembrer leurs victimes (ibid. 22 mai 2007; Africa Research Bulletin 1er-30 juin 2007, 17125; ibid. 1er-31 mai 2007, 17087).

Selon Amnesty International (AI), entre avril 2007 et la mi-juin 2007, les Mungikis ont tué [traduction] « des dizaines de personnes », y compris des agents de police, à Nairobi et dans le centre du Kenya (11 juin 2007). Certaines victimes ont été décapitées (ibid.). Ces actes de violence auraient été déclenchées par le refus de conducteurs de matatu de payer les frais exigés par les Mungikis (BBC 9 oct. 2007; ibid. 22 mai 2007; NPR 17 juill. 2007).

Les Mungikis se livreraient également à la fraude, au vol qualifié (BBC 24 mai 2007a) et aux enlèvements (ibid.; Africa Research Bulletin 1er-31 mai 2007, 17088; Reuters 5 juin 2007). Par ailleurs, certains politiciens, pour intimider leurs détracteurs et les électeurs (VOA 29 mai 2007), auraient engagé des Mungikis comme [traduction] « hommes de main » (Reuters 5 juin 2007; BBC 9 oct. 2007; Safer Access juill. 2007; VOA 29 mai 2007).

Protection offerte par l'État

Des sources de 2006 et de 2007 affirment que la police kényane sévit contre les Mungikis (Africa Research Bulletin 1er-31 janv. 2006, 16507; ibid. 1er-31 mai 2007, 17087; BBC 8 juin 2007a; ibid. 17 sept. 2007). Une unité spéciale de police, autorisée à [traduction] « tirer pour tuer », aurait été établie afin de lutter contre l'organisation interdite (Safer Access juill. 2007). En juin 2007, à la suite de la décapitation de six présumés [traduction] « renégats » mungikis, la police a arrêté plus de 2 400 personnes soupçonnées d'être membres de la secte (ibid.; voir aussi BBC 22 mai 2007). Au cours du même mois, la police aurait tué, en une semaine, plus de 30 personnes soupçonnées d'appartenir à la secte (BBC 8 juin 2007b).

En dépit des mesures sévères prises par la police à l'endroit des Mungikis, ces derniers commettent toujours des meurtres (Reuters 5 juin 2007; BBC 22 juin 2007; Africa Research Bulletin 1er-30 juin 2007, 17125). Cité dans un article paru le 2 juillet 2007 dans le Washington Post, le coordonnateur du réseau des droits de la personne du Kenya (Kenya Human Rights Network) a déclaré que [traduction] « le gouvernement ne sait absolument pas comment freiner les activités des [Mungikis] parce qu'il fait affaire à un groupe qui ne comporte pas de structures clairement définies et dont la plupart des dirigeants sont inconnus ».

Un porte-parole de la police kényane, cité dans un article publié en juin 2007 par la British Broadcasting Corporation (BBC), a déclaré que les résidents d'un bidonville de Nairobi quittaient leur maison par crainte que la police ne puisse les protéger des Mungikis (8 juin 2007b). La BBC signale également que certains habitants des bidonvilles craignent autant la police que les Mungikis (8 juin 2007a).

La police kényane a été accusée de complicité avec les Mungikis et d'avoir permis à la secte [traduction] « d'agir impunément » (Africa Research Bulletin 1-30 juin 2007, 17125). Des sources ont laissé entendre que les mesures sévères prises récemment à l'endroit des Mungikis résulteraient dans les faits [traduction] « d'un conflit de pouvoir » entre les deux groupes (The First Post 9 juill. 2007).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

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_____. 1er-31 mai 2007. Vol. 44, n° 5. « Kenya: Gruesome Killings ».

_____. 1er-31 janvier 2006. Vol. 43, n° 1. « Kenya: Crackdown on Mungiki Sect ».

Agence France-Presse (AFP). 24 août 2007. « Suspected Head of Kenyan Killer Group Faces Drug Rap ». (Factiva)

Amnesty International (AI). 11 juin 2007. « Kenya: Police Operations against Mungiki Must Comply with Kenya's Obligations under International Human Rights Law ». (AFR 32/0018/2007) [Date de consultation : 16 oct. 2007]

Birmingham Post. 25 août 2007. « Kenya: International - Gang Leader Held ». (Factiva)

British Broadcasting Corporation (BBC). 9 octobre 2007. Gitau Warigi. « The Rise of Kenya's Vigilantes ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 17 septembre 2007. « Kenyan Sect 'Beheads' Policeman ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 23 août 2007. « Banned Kenyan Gang Leader Caught ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 22 juin 2007. « Kenya Murders after Sect Jailing ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 21 juin 2007. « Kenya Sect Leader Sent to Prison ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 8 juin 2007a. Karen Allen. « Kenyan Terror at Gang Crackdown ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

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_____. 24 mai 2007b. « Kenyan Judge Releases Sect Leader ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

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Nations Unies. Octobre 2007. ONU-Habitat. « Nairobi: Crime and the City ». Global Report on Human Settlements 2007. [Date de consultation : 16 oct. 2007]

_____. 7 juin 2007. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). « Kenya: Security Crisis in Slum as Sect and Police Clash ». [Date de consultation : 7 juin 2007]

Reuters. 5 juin 2007. « Factbox: Key Facts About Kenya's Mungiki Gang ». (Factiva)

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_____. S.d. « Contact Us ». [Date de consultation : 25 oct. 2007]

Voice of America (VOA). 29 mai 2007. Alisha Ryu. « Sect Spreads Fear in Kenya ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

The Washington Post. 2 juillet 2007. Stephanie McCrummen. « Brutal Kenyan Sect Aims to Provoke Strife ». [Date de consultation : 16 oct. 2007]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : AllAfrica, États-Unis - Department of State, European Country of Origin Information Network (ecoi.net), Freedom House, Human Rights Watch (HRW), Kenyan National Commission on Human Rights (KNCHR), Royaume-Uni - Home Office, Small Arms Survey (SAS).

Maâllem, maâlem, mâalem, maalem (de l'arabe, cf. alama “ enseigner ”) n. m. (féminin maalma) Fréq. Maître en matière artisanale ou artistique. L’ensei-gnement serait donné par de vieux maâllems (maîtres ouvriers) de Tunis et de Fès. (Le Phare de Tunis, 3/10/53). Ainsi le tout est appris sur le tas et suivant une transmission de la technique des “ maâllems ” aux apprentis. (La Presse, 20/8/85). […] un maâlem, qui est le chef d'orchestre et joue du goumbri, principal instrument de la soirée. (Tunis Hebdo, 15/8/94). Un groupe de Stambali est formé de: un maâlem, la aârifa, les skékis […] (Tunis Hebdo, 15/8/95). Bouchnaq s’était écrié “ le mâallem, c’est lui ” (La Presse, 11/2/96). Très vite, ils prirent la décision de construire leur mosquée, et sous la direction du maalem de la communauté, ils choisirent un emplacement et commencèrent à creuser les fon-dations. (La Presse, 22/7/96). À présent, je suis un Mâalem (maître), dit Lazhar. Effectivement, il n'y a qu'un Mâalem qui sait ébarder le tronc d'un palmier sans toucher la partie la plus tendre. (La Gazette du Sud, 6/98).

Maalma, maalama, maallma, moallama, mâalma, maâlma (de l’arabe) n. f. Maîtresse qui enseigne aux jeunes filles, à domicile, toutes sortes d’arts et notamment la broderie et la couture. Elle qui hier ne connaissait du monde extérieur que son école, la maison de sa moallama distante la plupart du temps de quelques dizaines de mètres de la maison paternelle, le hammam où elle se rendait tous les mois, est projetée aujourd'hui dans un monde presque ignoré. (Faïza, 39, 1964). Tout cela intrigua la maallma qui pour en avoir le coeur net questionna l'élève. (Bouhdiba, 1968, 80). Assise par terre ou sur un banc, la maalma fait ses démonstrations, dirige les débutantes, donne des conseils, sanc-tionne une faute répétée trop souvent. (C.A.T.P, 1968, 30). Il était une femme qui avait une fille nommée Graine de grenade. Cette fille allait chaque jour à la “ mâalma ” [C'est une maîtresse-brodeuse qui reçoit chez elle les élèves et leur apprend les travaux d'aiguille]. (Baklouti, 1988, 54). La maalama recevait les petites filles; sa maison leur servait de cadre, de champ d’application, de modèle. (Binous, 1992, 27). Cette spécialisation des “ maalamas ” ne semble pas avoir existé à Tunis. (Binous, 1992, 27). La “ maâlma ” apprenait aux jeunes filles à broder selon des règles très pointues et selon des modèles répétitifs. (La Presse Week-End, 15/8/93).
N 

Naânaâ, nânâ (de l'arabe) n. m. Disp. (Mentha spicata). Menthe séchée en poudre […] une cuillerée à café de naânaâ ou quelques branches de menthe fraîche. (La Presse, 9/3/91). Assaisonner de sel, de poivre noir et rouge, de tabel, de gousses d'ail pilées, d'une pincée de naânaâ. (La Presse, 29/11/91). En bas les ouvriers sirotaient du thé au “ nânâ ” en attendant les nanas. (Tunis Hebdo, 21/8/95).

Nahdha (de l'arabe) n.f. Disp. Renaissance. La Khaldounia était apparue par la suite [...] comme un institution ayant accompli un grand rôle dans la nahdha tunisienne. (La Presse, 29/11/94). Les influences conjuguées des deux grands courants : renaissance culturelle (nahdha) et réformisme religieux (salafiya). (Baccar, 1982, l2). Porté par la Nadha, la transformation des structures économiques et sociales, le mouvement des femmes, à peine émergent, a trouvé à l'Indé-pendance le renfort, le soutien et la canalisation décisive dans l'autorité du nouvel État national. (Réalités 1/2/01).

Naï, nay, nây (de l'arabe) n. m. Fréq. Flûte traditionnelle (à l'origine en roseau). Un matin de l’automne 1960, dans les premiers jours de la rentrée, l’attention des élèves de la Rachidiya fut attirée par les accents mélodieux pro-venant du “ naï ” [flûte] d’un jeune garçon qui jouait dans la salle. (Faïza, 37, 7/1963). Le nay de Mohamed Saâda y dansait. (La Presse, 28/3/91). Cette mélopée, hachée par la scansion des per-cussions, que le miaulement du naï [Flûte de roseau], l’étirant, écartèle, il sait qu’il ne l’aime pas. (Bécheur, 1991, 24). Perce nos enfers en navrant toutes nos muses, / Ton Djerid est si fier des naïs [Flûte arabe] et des cornemuses […] (Smaoui, 1993, 138). “ Donne-moi le nây et chante ”. La flûte de roseau que la chanson évoque [...]. (Belhadj Yahia, 1996, 6). Issa utilise les instruments orientaux traditionnels (bouzouk, nay, luth, tambour à archet, darbouka, bendir […]). (Tunis Hebdo, 5/2/96). La guitare et la basse sont mêlées aux violons, au oud, au qanoun et au nay. (Tunis Hebdo, 26/2/02).

Nana (de l’arabe) n. f. Disp. Appellatif respectueux pour une femme plus âgée. D'ailleurs, pré-cisa-t-elle, si Nana [s'emploie pour maîtresse de maison] ne devait pas de son côté assister à une circoncision, […] elle ne s'en serait même pas aperçue... (Bécheur, 1993, 22). Deux bagnoles 1a grande pour sidi, la petite pour nana. (Bécheur, 1995, 96). C'est ta grand-mère, Nana ! Non ! c'est plutôt moi, j'avais un an, je crois. (Behi, 1993, 11).

Narguilé, narghilé, narguileh (du persan) n. m. Fréq. Pipe munie d'un flacon et d'un tuyau par où passe la fumée. Un narguileh, un tarbouche, de l'arack, des rires qui fusent... Les yeux fixés sur la porte, j'attendais l'apparition d'Abou Redouane. (Faïza, 43, 1964). Sidi Tarik me tendit le narguilé. […] Je pris le bec et en tirai une longue bouffée, faisant chanter longuement l'eau dans la bouteille de verre. (Djedidi, 1990, 183). Les ban-lieusards (ou certains d'entre eux) prennent le chemin de la capitale pour se réunir dans un café avec les amis et fumer un narguilé. (La Presse, 24/3/91). Ce jour-là, les tuyaux des narguilés étaient suspendus à l'extérieur d'une des boutiques tout près de la porte d'entrée, le long du mur blanc, recourbés des deux côtés du crochet métallique comme de longs pénis éreintés. (Belhadj Yahia, 1996, 162). À la table voisine un homme alluma un narguilé à une braise, les joues creusées, il tirait sur le bouquin de corne, expirait deux panaches de fumée par les narines, l'eau gargouillait dans le vase de verre, une odeur composite de fumée et de miel se répandit dans l'air, Chérif ne savait plus quoi dire. (Bécheur, 1996, 117). Ne gâchez pas ce magnifique site qui permet à toute une population avide de musique douce et nostalgique de siroter un bon café turc accompagné de l'éternel narguilé et de rêver [...]. (La Presse, 23/9/97). Il paraît que les gabelous d’Oïta ont été intrigués par le narguilé qu’il trimbalait. (Réalités, 5/6/02). Com. Attesté par le Petit Robert. Syn. chicha.


Neffa, naffa (de l'arabe) n. f. Fréq. Tabac à priser. Un parfum bizarre se dégage de cette pièce : ça sent la “ neffa ” notamment. (La Presse, 12/1/84). Avec une partie de la monnaie qui te reste, achète-moi un sachet de neffa [tabac à priser] de Chez Ibrahim le Puant. (Gasmi, 1986, 109). Elle s'agita, tira sa boîte de neffa et aspira une bonne pincée de la poudre ambrée “ qui ouvre l'esprit ”. (El Abassy, 1987, 137). Elle avait également un autre défaut, le tabac à priser. Elle introduisait une pincée de neffa dans la bouche, au dessus des molaires, et suçait cette poudre toute la journée, ce qui lui donnait une mauvaise haleine assortie de dents noirâtres. (Bournaz, 1993, 64) Un peu de ta naffa et je ressusciterais. (Chamman, 1993, 86). Mais qui était ce prisonnier ? demanda soudain l'Ombre en prisant un peu de neffa dans la tabatière que lui tendait le conservateur du lieu. (Djedidi, 1990, 130). À la veille de la cérémonie d'adieu, nos collègues “ encore jeunes ” n'auront pas de mal à choisir nos cadeaux dans la panoplie de foulards, châles, pan-toufles, cannes, paquets de “ neffa ” […]. (Tunis Hebdo, 5/2/96).
O 

Oasien,enne adj. Disp. Qui concerne les oasis. Les villes oasiennes de Gafsa, Tozeur, Nefta, Gabès tirent leur ressources de l'agriculture irriguée et du com-merce caravanier. (La Gazelle, 4/2000).
obbitha, ôbbitha (de l’arabe) n. f. Disp. Démon féminin pouvant prendre n’importe quelle apparence (Je suis venu à bout d'une obbitha [démon de nature féminine pouvant prendre n'importe quelle apparence pour se jouer des hommes, ou même les tuer] ! Je l'ai entendue, elle était dans la jarre ! (Saïd, 1994, 57). Aujourd'hui, il n'y a plus (...) de Ghoula, plus de ôbbitha, plus d'Ommok tanggou, plus de simplicité, plus de naïveté, plus d'originalité, plus d'âme. (Tunis Hebdo, 15/4/96). Com. sous son apparence féminine elle peut être trahie par les sabots d'âne qu'elle possède à la place des pieds.

Ogre (calque de l'arabe) n. m. Assez fréq. Fig. Etre doté de capacités considérables, pourvu d’une si grande puissance qu’il en est effrayant. Autrement, nos “ ché-tifs ” partis d'opposition auraient […] acquis une vigueur et une endurance leur permettant de se mesurer un tant soit peu actuellement à l'ogre R.D.C. (Tunis Hebdo, 21/03/94). - Ziad, tu es un ogre. / - Eh Ziad, c'est toi le plus costaud, y a pas à dire. / - Tu es notre champion, tu battrais même Joe Louis. (Bécheur, 1996, 116). On fait du bac un monstre inaccessible, un ogre horrible et atroce et le seul mot du bac suffit à nous faire trembler, à nous faire peur et à nous faire perdre notre sang froid, enfin notre raison. (Tunis Hebdo, 1/5/95). Il ne faut pas s'étonner du jeu auquel nous a habitués l'ONU qui est bien plus qu'un “ machin ”, un jouet entre les mains du nouvel “ ogre ” mondial. (Tunis Hebdo, 14/8/95). Mais j'ai vraiment fini par savoir/ Que je brûlais tout mon territoire/ Aujourd’hui, tu n'es qu'un sale ogre. (Tunis Hebdo, 1/1/96). V. ghoul.

Ojja, ôjja, odja, aijja, ijja (de l’arabe) n. f. Fréq. Plat d'oeufs brouillés dans une sauce harissa. Il peut être agrémenté de dés de pomme de terre ou de petits pois et de viande, de volaille ou de poisson. Odja au Hareng fumé : Hareng fumé 100 grs. - oeufs 200 grs. - huile d’olive 90 grs. - piments frais 250 grs. - tomates fraîches 500 grs. - harissa 50 grs. (...) (Faïza, 62, 12/1967). C'était en vérité une gargotte à étages, où l'on servait à tire-larigot ragoût, tête d'agneau rôtie, ojja aux merguez, kamounia et couscous au poulet.
(Dialogue, 12/1/71). Je vais te faire des oeufs. Comment les veux-tu ? A la coque, en omelette, brouillés, en ôjja ? (Memmi, 1988, 29). En hiver, arrivait le piment rouge sec, auquel on ajoutait diverses épices et aromates pour préparer la âjja, […]. (Bournaz, 1993, 32). Exemple une “ ojja ” aux fruits de mer était richement garnie avec chevrettes, crevettes, poulpes et des fois même du calamar. (Le Temps, 13/7/95). [...] le poulet aux hormones il s’en fout, ce qu’il veut, c’est une ojja au merguez et une bouteille […]. (Tunis Hebdo, 31/7/95). J’étais bourré et j’avais sur l’estomac une ojja de merguez grasse, piquante et puante. (Ben Brik, 2000, 45).

Omda (de l'arabe) n. m. Fréq. Responsable d’une circonscription en zone rurale, maire d'un village. A notre étonnement, le délégué répond d'un sourire : “ Ah oui, il s'agit de caravanes assez spéciales. Je me rends en compagnie du Omda et des responsables destouriens chaque semaine dans une Imada afin de connaître les problèmes des citoyens. ” (Dia-logue, 15/3/76). Cette mince liasse de documents représentait un bon mois de démarches, de délais, d'atermoiements ; d'interminables antichambres chez le omda, à la municipalité, au poste de police de mon quartier, dans divers ministères. (Bécheur, 1989, 157). - 1er au 15 janvier : révision des listes électorales par les soins du président de la municipalité pour les communes et par l'omda pour les zones rurales. (La Presse, 6/1/91). Il n'a rien trouvé de mieux que d'aller soulager le “ omda ” du quartier de la table et des quelques chaises qui garnissaient son bureau. “ Biens publics, biens du peuple ”, pensait-il certainement. (Tunis hebdo, 11/1/93). Les omdas ont aussi un rôle important à jouer, étant les plus proches des citoyens dans le rif plus particulièrement. (La Presse, 19/10/94). Administration. Ses- sion de formation (Titre) Le ministre de l'Intérieur a appelé les délégués à assurer le suivi de l'action des omdas, à les encadrer de manière continue et à les exhorter à accomplir leur mission de la meilleure manière qui soit. (La Presse, 28/9/97). Le Ministre de l’Intérieur a également affirmé la disponibilité du ministère à oeuvrer à promouvoir la qualification des omdas par le biais de l’orga-nisation de cycles de formation et de recyclages régionaux. (La Presse, 16/12/99). Com. Autrefois, cette fonction était assurée par les cheikhs. V. imada.
P 

Past-président, e n. Disp. Ancien(ne) président(e). C'est en se classant premier que Ridha Ferchiou, ancien directeur de l'IHEC et past-président de Kiwanis-Tunis, vient de décrocher son agrégation à l'Université de Tunis en cette fin d'été 93. (La Presse, 2/9/93). Il faut croire que la présidente de ce club féminin, Najwa Kriaâ, et ses gracieuses et dynamiques collègues, telles la past-présidente Samia Bouzouita […] ont bien fait les choses. (Tunis Hebdo, 21/2/94).
petit aïd n. m. Disp. Fête célébrant la fin du jeûne du mois de Ramadan. […] préparés en l'honneur de Aïd El Fitr qu'on appelle le petit Aïd ! (La Presse, 22/5/95). V. aïd el fitr, aïd el seghir.
petit pèlerinage n. m. Disp. Pèlerinage à La Mecque effectué en dehors de la période consacrée du hadj. Il est allé au petit pèlerinage (omra) pour une semaine. (Tunis Hebdo, 14/3/94). [...] les milliers de fidèles, qui effectuent le déplacement à La Mecque pour les rites du petit pèlerinage. (Le Temps, 24/12/95).

Poulailler n. m. Disp. Boutique où l'on achète des poules que le commerçant peut égorger et plumer si on le désire. Grouper les boucheries, les poissonneries, les poulaillers dans un bâtiment additif, et recaser par la même occasion les retardataires... de l'ancien souk... (Tunis Hebdo, 27/5/91). — C'est Amti qui a déplumé le coq ? — Non, c'est au poulailler. (Conversation, 12/7/96).
poule arabe, poulet arabe n. Disp. Poule, poulet fermier, poule ou poulet local élevé en plein air. À côté d'elle, un homme assis lui aussi les jambes en tailleur, devant lui une caisse en bois dans laquelle caquettent quelques poules dites arabes. (Belhadj Yahia, 1996, 43). Il n'y a plus de poulets arabes. (Tunis Hebdo, 18/09/95).

Poupée n. f. Assez fréq. Bébé, très jeune enfant de sexe féminin. Le jeune garçon est resté ce jour-là seul en compagnie de sa soeur, une poupée de six ans. (La Presse, 12/4/93). Une jolie poupée prénommée Khansa vient egayer le foyer de ses parents M. et Mme Mohamed Salah Lakhmi. (Le Temps, 14/11/93). Son papa Lotfi et sa maman Amel souhaite un heureux anniversaire à leur mignonne poupée Katr Ennada Ben Naceur. (Réalités, 18/11/93). […] depuis que son frère, notre ami Youssef, a vu son foyer égayé par l'arrivée de la poupée Sahara. (Tunis Hebdo, 22/3/93). Avec nos félicitations et nos voeux de bonne santé pour la maman et la poupée. (Tunis Hebdo, 7/2/94). Zahwa, la poupée des Arafat, a enfin daigné montrer son mignon petit minois aux médias. (Tunis Hebdo, 18/9/95). Le foyer de M. Hamadi Maghraoui et de Mme Nessima vient d'être égayé par la naissance d'une jolie poupée prénommée Khouloud. (La Presse, 17/3/96). [...] un jeune couple qui venait d’avoir son premier bébé, un petit ange du sexe dit faible [...] La mère eut beau jurer que son poupon ou plutôt sa poupée était de sexe faible et donc “ in-circoncisable ” [...]. (Tunis Hebdo, 25/9/00).

Premier ministère n.m. Disp. Services du premier ministre. Le premier ministère annonce dans un communiqué qu’à l’occasion de l’Aïd El Idha, les agents de l’État [...] bénéficient de deux jours de congé. (La Presse, 27/2/01).

Président n. m. Assez fréq. Responsable administratif et politique d'une ville, d'une délégation (ou district), ou d'un gouvernorat (ou région). Je n'écrirai pas de poésie et j'irai rendre visite à mon vieil ami, le président de la municipalité. (Chebbi, 1985, 63). Le Président de la commune de Kasserine se propose de lancer un appel d'offres […]. (La Presse, 22/2/91). Le président de la commune de Chebikha, gouvernorat de Kai-rouan, se propose de lancer un appel d'offres pour les travaux d'aménagement des voiries de la commune de Chebikha. (Réalités, 31/12/93). […] idem pour le clou, Aïchou Mokhtar El Fékih, et pour le président de la région, Habib Chaâbouni, quant au président de zone, Ali Bénouda, il se dit sfaxien de coeur. (Tunis Hebdo, 21/2/94). Ces remerciements s'adressent particulièrement à m. m. : / Le Gouverneur de Sfax / Le Secrétaire Général du Comité de Coordination du RCD de Sfax / Le Président de la municipalité de Sfax. (La Gazette du Sud, 7/99).

Prieur, prieuse n. Assez fréq. Personne qui prie. Sabots de prieurs à raisonner au fond du coeur, incessant va-et-vient entre la salle de prière et les latrines auprès desquelles coule filet mince la fontaine des ablutions. (Meddeb, 1979, 38). Nous devions le réussir avant l'arrivée du muezzin et des premiers prieurs. (Djedidi, 1990, 145). J'étais à l'étroit dans une cachette de fortune que je m'étais trouvée derrière la palissade qui isolait le coin réservé aux prieuses dans l'arrière-fond de la salle de prière. (Djedidi, 1990, 146). Je vais te confier des choses que seul Dieu connaît et que je ne révélerai sans doute à personne d'autre, pas même aux amis du cercle de prieurs, parce qu'ils condamneraient mes hésitations et mes peurs. (Abassi, 1996, 97).

Primus n. m. Assez fréq. Réchaud à pétrole. Oui, 2 kanouns et 1 primus (Faïza, 59, 8/1967). Elle avait mis un seau plein d'eau sur un primus qui marchait à fond. (Attia, 1988, 152). Du plafond en forme de voûte pendait, suspendu à un fil de fer, un primus qui éclairait cette grande salle d'une lumière jaunâtre, laissant mal distinguer les détails. (Djedidi, 1990, 189).

Produits rouges n. m. pl. Assez fréq. Briques et hourdis. Elle fabriquera 150.000 tonnes de produits rouges en 1975 (soit une production moyenne de 500 tonnes par jour). (Dialogue, 13/10/74). Ils consistaient essentiellement en une initiation aux procédés modernes du travail du bois, des produits rouges et surtout de la teinture et du tissage. (Dialogue, 10/11/74). Le marché des "produits rouges" demeure tendu, la production demeure stationnaire en attendant l'entrée en production des nouvelles unités. (Dialogue, 31/5/76). Ils disent que les briqueteries doivent chauffer au gaz, ils disent que c'est moins polluant, mais il ne faut pas oublier que c'est beaucoup plus cher et que ça va se répercuter sur le prix des produits rouges. (Tunis Hebdo, 8/11/93). […] augmentation des prix des produits rouges (briques et hourdis). (Tunis Hebdo, 15/11/93).

Palimpseste,(du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») :est un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Cette méthode fut utilisée au Moyen Âge surtout entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce.

À cause de cette méthode, plusieurs écrits ont été momentanément ou irrémédiablement perdus : textes juridiques tombés en désuétude, mais aussi textes de penseurs grecs pré-chrétiens, ou textes d'écriture gothique.

On arrive toutefois à retrouver l'ancien texte dans certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents (chimie, imagerie aux rayons ultraviolets, rayonnement synchrotron).
Exemple de palimpseste architectural à Toronto (Ontario, Canada)

Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. Par exemple Olivier Mongin parle de la « ville palimpseste »[1] Le terme est également utilisé en architecture, ou encore dans l'analyse paysagère. En art, on parle aussi de "biopalimpseste" pour une oeuvre d'art issue du bio-art qui met en jeu les questions relatives à la réécriture du vivant.
Palimpsestes célèbres [modifier]

* Le Palimpseste d'Archimède : Une copie de l'ouvrage d'Archimède La Méthode datant du IXe siècle (De la sphère et du cylindre ; De la mesure du cercle ; La quadrature de la parabole ; des corps flottants ; etc.), fut transformé en livre de prières au XIIIe siècle, à Constantinople[2]. Le palimpseste fut découvert en 1906 par Johan Heiberg qui en fit une copie, permettant à la communauté scientifique de découvrir un texte inédit d'Archimède. Le palimpseste fut de nouveau perdu ou volé, puis retrouvé en 1996. Dans ce texte, Archimède donne une méthode mécanique par pesée, lui permettant de comparer les volumes de la sphère, du cône et du cylindre, ces trois volumes étant découpés en tranches infiniment fines.

* Le Codex Ephraemi Rescriptus, contenant des parties de l'Ancien et du Nouveau Testament en grec, datant du Ve siècle, est recouvert par les travaux d'Ephraem le Syrien, datant du XIIe siècle (Bibliothèque Nationale de Paris).

* Le Codex Nitriensis, un volume contenant des travaux de Sévère d'Antioche, au début du IXe siècle, est écrit sur un palimpseste du VIe siècle qui contenait des manuscrits de l'Iliade, de l'Évangile selon Luc, et des Eléments d'Euclide (British Museum).

* Un double palimpseste, dans lequel un texte du IXe ou Xe siècle, de St Jean Chrysostome, en Syriaque, couvre un traité de grammaire latine du VIe siècle, qui à son tour recouvrait les annales latines de l'historien Granius Licinianus, du Ve siècle (British Museum).

* Un hyper-palimpseste, le Codex de Novgorod, dans lequel des centaines de textes ont laissé leurs traces sur le dos en bois d'une tablette de cire.

* Un texte de Cicéron, De republica, du IVe siècle, recouvert par des Psaumes de Saint Augustin, du VIIe siècle (Bibliothèque du Vatican). La découverte de ce texte de Cicéron a été faite par le cardinal Mai, au début du XIXe siècle.
Q 

Qaçid, qacîd, qassid, kassid, kaside (de l’arabe) n. m. Fréq. Poème lyrique d'un seul tenant bâti sur le même mètre et la même rime. Il est mis en chanson dans les chansons populaires. Il est […] l'un des rares qui improvise le “ qacîd ” (poésie à la musique improvisée et non rythmée) dans le style tunisien. (Faïza, 47, 1965). À vous écouter nous ressentons pour une des rares fois, la “ fusion ”, l'harmonie sans grincements de deux genres musicaux et poétiques (folklore et kassids), que d'aucuns ont cru pouvoir et devoir opposer. (Dialogue, 10/5/76). Noubli Fadel fait généralement de la musique arabe, lyrique (qassid). (Tunis Hebdo, 22/11/93). Et un journaliste de toute la jeune télévision tunisienne, il chante un qaçid à l’ancienne : “ Ya Zahratan ”. (La Presse Week-end, 11/12/94). Mais il y a tout le malouf et les qaçids qu’il a composés et il y a au moins une centaine de titres enregistrés chez Baïdaphone et chez d’autres éditeurs. (La Presse Week-end, 11/12/94). Les modèles musicaux dominants étaient le tawchih, le qassid et le dawr égyptiens. (La Presse, 14/4/95). Les nûba entières, plus les chgol (morceaux indépendants), plus les foundou (oeuvres de tradition anonyme), plus les meilleurs qassid [...]. (La Presse, 11/2/96). Ce festival est consacré à la chanson et au qassid, c'est un choix et il faut le respecter. (La Presse Week-End, 21/4/96). Pourquoi donc s'entête-t-on à mélanger les "kasides" avec les textes légers censés souffler la joie de vivre par les mélodies traditionnelles à notre pays ? (Réalités, 15/3/01). Syn. qaçida.

Qacida, qaçîda, qassida, kassida (de l'arabe) n. f. Fréq. Poème lyrique d'un seul tenant bâti sur le même mètre et la même rime. Il est mis en chanson dans les chansons populaires. Il s'en tint à la structure classique de la “ qacida ” […]. (Garmadi &. Baccar, 1981, 18). Te souviens-tu qu'alors tu m'avais dit : “ C'est un peu Echachabi, ça” et m'avais récité une qasida de lui. (Attia, 1988, 160). Voilà pourquoi, tous les soirs, à l’heure où la nuit vogue au milieu de sa croisière circulaire, je médite quelque kassida [Poème lyrique]. (Bécheur, 1991, 56). […] alors qu’on peut classer tout le reste de son oeuvre dans le genre de la musique savante : “ Dawr ”, “ Mouachah ”,“ Qassida” , chansons. (La Presse Week-end, 11/12/95). Syn. qaçid.
R 

Rabab, rebab, rebeb, r'bab (de l'arabe). n. m. Fréq. Violon à deux cordes. Le luth et le rebeb joueront des airs célèbres, nous goûterons, loin des passants, le temps qui fuit […]. (Faïza, 40, 1964). Les musiciens, rebab, utar et nay, s’évertuent à creuser les mélodies en sa faveur. (Meddeb, 1979, 90). Sursautez, O Muses de l'Olympe à Baalbec, / Vos lyres ont tout à envier à ses rebecs [Instrument médiéval à 3 cordes et archets, proche du “ rabab ” arabe qui est, lui, un violon à 2 cordes] […]. (Smaoui, 1993, 136). Dans un second temps, des séances d’étude des instruments traditionnels, tel le “ oud arbi ”, ou tunisien, de R’bab et des percussions suivront. (Le Temps, 26/1/95). Je m’attardais devant le “ ghannèye ”, sorte de troubadour qui chantait accompagné d’un “ Rabab ” une chanson dédiée à un grand syndicaliste. (Tunis Hebdo, 1/4/96). Cet apport s'est exercé dans plusieurs domaines, en particulier dans celui de l'exploitation organo-logique d'instruments d'origine arabe en Occident (luth, cithare, rabab...). (Le Renouveau, 2/8/96). En effet, le trio rabab, bendir (ou darbouka) et orgno ont joué dans le dépouillement qui approche le zéhir. (La Presse, 31/12/98). Com. Attesté par le Petit Robert, sous la forme rebab, le rabab différe du rebec médiéval qui est un instrument à trois cordes.

Rabi el aoul, rabih el aoul, rabii el aouel (de l’arabe) n. m. Disp. Troisième mois du calendrier de l'hégire. Un communiqué publié aujourd’hui par le Mufti de la République indique que le 1er jour du mois de Rabih El Aoul 1417 de l’Hégire correspond au mercredi 17 juillet 1996. (Radio R.T.C.I, Enis, 16/7/96). La célébration de la fête du Mouled coïncidera donc ainsi avec le dimanche 12 de Rabih El Aoul, autrement dit le 28 juillet 1996. (Radio R.T.C.I, Enis, 16/7/96). C’est aussi un jour de fête, la fête du Mouled, 12 rabih el aoul 1417 de l’Hégire. (Radio R.T.C.I, Enis, 28/7/96). La Presse de Tunisie/ Vendredi 2 août 1996 - 17 rabii el aouel 1417 (La Presse, 2/8/96). Syn. rabi premier.
rabi premier (composé de l’arabe rabi + du français premier) n. m. Disp. Troisième mois du calendrier de l'hégire. Le roi Abdul Aziz est décédé le 2 Rabi 1er de l'an 1373 de l'Hégire, correspondant au 9 Novembre 1953. (Tunis Hebdo, 22/9/97). Syn. rabi el aoul.
S 

Sabgha, sêb-ga (de l’arabe) n.f. Disp. Coloration noire obtenue à base de plantes (que l’on cuit à l’huile) et de divers ingrédients (notamment des clous de girofle). Elles s’installaient alors au domicile de la future mariée pendant toute la semaine précédant du mariage, s’occupant exclusivement de la jeune mariée [...] depuis l’application de la sêb-ga et de la mêr’douma et de leur rinçage au bain maure jusqu’à l’ultime jel’woua. (La Presse, 24/7/95). Il met en scène pour nous mille et un moments intimistes de la vie d’une femme : le hammam, la hannana, la sabgha. (La Presse, 18/2//96).

Sadaka, sadaqa, sdiqa (de l'arabe) n. f. Disp. Don, aumône. Les dons d'organes à partir d'un corps vivant ou décédé ont été considérée comme une bonne action (hassana) et même comme une aumône (sadaka). (Tunis Hebdo, 27/2/94). Mais une mode populaire […] qui y voit la forme moderne, équitable, transparente et opérationnelle de la sdiqa (ou sadaqa) prônée par la religion musulmane. (La Presse, 21/5/94).

Sadria, sedria, cédria (de l'arabe, cf. sdar “ poitrine, torse ”) n. f. Assez fréq. Gilet, et spécialt. vêtement masculin court, fermés qui se porte sous la jebba. La djebba, la sedria et la bedaïa : on n’en fait pas à l’étranger. (Faïza, 57, 5/67). J’ai été accueilli par un chaouch en grand uniforme, saroual bleu, cédria brodée bien ajustée, gilet ouvert à riche passementerie […]. (Memmi, 198, 113). La kessoua comprenait les trois pièces du haut portées sous la Jebba, à savoir le trio “ Farmla-Sadria et Badia ”, que l'artisan coupait puis passementait. (Le Renouveau, 26/3/91).

Safar, sfar (de l'arabe) n. f. Disp. Deuxième mois du calendrier de l'hégire. Le dimanche 3 sfar 1277- 19 août 1860, le Katib susnommé a lu, sur ordre du Monarque, une déclaration - devant les membres du Majliss Charaïque et du Conseil Municipal de la capitale - relative à la composition des institutions issues du Pacte Fondamental. (Dia-logue, 3/11/74). La ville tomba à la dix-septième lune de Safar de l'année 636, soit le 29 septembre 1238, et l'étendard du roi d'Aragon flotta sur l'Alcazar. (Labidi Ben Yahia, 1996, 68).
T 

Tabal, tabel, tabbel (du persan) n. m. Fréq. Joueur de tabla. Dès les derniers accents psalmodiés de la prière, le “ tabal ” tape sur son tambour. (Baccouche, 1961, 46). Muni d’une caisse en ferraille attachée avec une ficelle, je faisais moi seul le “ tabel ” parmi les gosses du quartier. (Faïza, 37, 7/63). La mariée est uniquement accompagnée par les femmes et les enfants qui précèdent le tabbal et le zakkar. (Najjar, 1990, 57). On voit surgir parmi les musiciens un tabbel et un zakkar en costume traditionnel tunisien ! (La Presse, 15/8/93). Il y avait aussi les tabbel et zakkar. Matin et soir ils parcouraient rues et ruelles et à l’affût de l’une des maisons ouvertes pour la joie. (La Presse Week-end, 10/7/94). C'est la noce avec jehfa, tabbal et zakkar. (La Presse, 7/4/95). Aujourd’hui, il n’y a plus de tziganes, plus de nomades, plus de crieur public, plus de Boussaâdia, plus de kouttebs, plus de fêtes foraines, plus de tabbel, plus de zakkar, (Tunis Hebdo, 15/4/96).

Tabal, tabla, tabel, tabbal, tabbel, tbal, tobbol (du hindi passé au persan tabir) n. m. Fréq. Instrument à percussion, tambour. Un bal aux rythmes du tabal et de la zoukra, une danse du ventre teintée de twist et de surf où tous se lancèrent avec frénésie. (Faïza, 40, 1964). Une belle fantasia et une danse de cheval au son du “ tabbal ”. (La Presse, 15/7/84). Après la longue nuit de veille, les coups du tabel et le son aigu de la zokra, les mariés […]. (Pluriel, 11/88). - Le tobol ne m'appartiendra pas. - Demain, tu pourras te mesurer au Cheikh. (Ben Jemaa, 1990, 12). Il ne peut jouer du tbal pour calmer l'oued en crue et lui redonner le rythme de sa durée sereine. (La Presse, 17/10/93). [...] ce genre d’attente portée par un public qui dans le cas de la soirée d’ouverture du F. I de Carthage n’a pas hésité à en réclamer en prétextant du moindre son de tabla ou de bendir. (La Presse, 14/7/95). Ma mère y conviait des chanteurs et des poètes traditionnels, accompagnés de tabal et de guesba, tambours et flûtes ensorcelés qui gémissaient [...]. (Ben Brik, 2000, 70). Com. attesté dans le Petit Robert.

Tabel, tabil (de l'arabe) n. m. Disp. Coriandre, épice très utilisée dans l'assaisonnement. Assaisonner la viande hachée de sel, de poivre noir et de tabel. (La Presse, 10/2/91). Découper la viande en morceaux réguliers, l'assaisonner de tabil, de sel et de poivre et la laisser de côté. (Kouki, 1993, 133). On assaisonne de sel et de poivre, de tabel, d'huile et de citron. (Conversation, Radio R.T.C.I., 8/4/01).
U 

Ulémas, oulamas, ulamas, oulémas (de l'arabe) n. m. pl. (singulier alem) Fréq. Lettrés, docteurs en loi islamique. “ Même pas lui ”, assurait Zoubeir, rejeton asthmatique d'une vieille famille d'ulémas. (Bécheur, 1989, 28). Les ulémas et l'ensemble des Musulmans considèrent à l'una-nimité que la fin de la crise doit commencer par la suppression de ses origines, à savoir l'occupation du Koweït par le régime irakien. (Le Renouveau, 23/9/90). Cette règle fut suivie en convoquant des conseils extraordinaires composés d'ulémas, de ministres et de hauts dignitaires de la nation ainsi que d'hommes instruits de tout rang. (La Presse, 15/1/91). De vieux ulémas vous diront que les peuples du désert émettent une onde magnétique, perceptible à leur seule gent. (Bécheur, 1991, 40). Les cadis, les ulémas et tous les sujets / Doivent empêcher ton feu de se propager. (Smaoui, 1993, 128). Les oulamas et les Foukahas avaient à maintes reprises manifesté leur réprobation quant à la sainteté de Lalla Manoubia et surtout de Sidi Ben Arous. (Tunis Hebdo, 15/8/94). Originaire d'Al-Qayrawan, vivant dans une maison avoisinant la célèbre mosquée d'Okba, il avait fréquenté assidûment les ulémas [Savants] de la capitale du premier Etat musulman de l'Ifriqyia. (Darragi, 2000, 58). Com. Attesté par le Petit Robert. Le pluriel est d’un emploi plus fréquent que le singulier.

Umma, oumma, oummah n. f. (de l'arabe oumm : "mère"). Assez fréq. Ensemble des musulmans, communauté islamique. Il ne manquera pas d'esprits chagrins pour estimer, en confrontant le titre et son auteur, que l'européanité de celui-ci, sa non-appartenance à l' “ umma ” musulmane, sa posture marxiste, sont autant de handicaps ou de préventions pour aborder ce débat avec objectivité. (Faïza, 60, 10/67). Que Dieu te protège encore lontemps Hassen Ibn Noomane, la “ Oumma ” musulmane a encore besoin de toi. (El Aroui, 1990, 140). Puisse Dieu leur accorder sa bénédiction à eux et à l'ensemble des musulmans en ce jour de fête et restaurer la sérénité et l'entente entre les pays arabes et islamiques, au service des intérêts de notre Umma et pour le renforcement de son invulnérabilité et de son prestige. (La Presse, 16/4/91). Tous deux appartenaient à cette génération pour qui le port du couvre-chef ottoman témoignait tout à la fois de la fierté de participer de la Grande Oumma [communauté des musulmans à travers le monde] des Musulmans, et de la sympathie pour le Parti des Jeunes Turcs. (Bécheur, 1993, 33). Ben Ali a adressé des télégrammes de voeux [...] et priant Dieu de faire revivre aux peuples frères et à la oummah islamique toute entière cette occasion bénie dans le bien-être, le bonheur et la prospérité. (La Presse, 30/5/95). Je ne tolèrerai pas, car je suis profondément patriote et je veux pas que l’on bafoue les intérêts de la “ oumma ”. (Tunis Hebdo, 24/7/95). Certainement, et le seul calife de l' “ umma ” arabe, c'est toi. (Darragi, 2000, 228).
V 

Variantes n. f. plur. Disp. Légumes divers (carottes, navets, branches de persil, etc.) confits. Veau aux variantes : Viande de veau : 500g ; variantes [légumes divers confits : carottes, navets, branches de persil, etc.] [...] Laver les variantes avec soin et les couper en petit dés. (Kouki, 1993, 143). Com. souvent entendu à l'oral.

Vidéo n. f. Assez fréq. Magnétoscope. Il acheta une vidéo à 650 dinars, une radio-cassette à 350 dinars et des vêtements et dépensa une partie de l'argent volé dans les restaurants et les bistrots. (Le Temps, 22/4/91). Une télé, une chaîne stéréo et une vidéo étaient bien à portée de sa main toute la journée […]. (Tunis Hebdo, 4/3/92). Il faut dire, avancent-ils, que la concurrence est vive : chaînes de télévisions, paraboles, vidéo... (La Presse, 16/10/93). Elle va également rénover cent wagons, les équiper de téléviseurs, de vidéos et même de taxiphones. (Tunis Hebdo, 15/1/96). C. Départ V. s. à manger 950 D., […], vidéo JVC 600 D. (La Presse, 17/3/96). J'échangerais bien ma voiture contre un âne, la télé, la radio et la vidéo contre quelques contes et légendes. (Tunis Hebdo, 29/4/96).

Ville arabe n. f. Assez fréq. Vieille ville qui a gardé ses caractéristiques, son architecture traditionnelle arabe, par opposition aux quartiers européanisés. La dégourbification a fait affluer dans la ville arabe un certain nombre de ceux qui campent dans la “ ceinture ”. (Faïza, 59, 8/67). Voici la ville arabe, ses maisons aux visages fermés, ses longs conduits de silence et d’ombre débouchant sur des foules compactes […]. (Memmi, 1972, 110). Parmi les souks de la ville arabe, celui des parfums l'enchanta. (Karoui, 1975, 124). Ils vous parlent du bon vieux temps, des costumes d'antan, de la ville arabe du temps du bey […]. (Tunis Hebdo, 18/9/95). C'est le plus grand et le plus beau bazar de l'ancienne ville arabe, le mieux fréquenté par les touristes et les provinciaux visitant la capitale. (Abassi, 1996, 96). Les Tunisiens ou indigènes effectuaient la plus grande partie de leurs achats aux magasins de la “ Médina ” ou “ Ville arabe ” […]. (La Gazette du Sud, 6/99). Com. Attesté par le Petit Robert. V. médina.

Ville de l'intérieur n. f. Disp. Ville de province, par opposition à la capitale. Ainsi les stocks sont épuisés en très peu de temps et servent à alimenter le marché noir qui bat son plein surtout dans les villes de l'intérieur, comme Sousse et Sfax. (Dialogue, 3/11/74). À l'occasion de la reprise des cours, la SNTRI informe ses voyageurs qu'elle organise à partir du vendredi 25 janvier 1991 des services supplémentaires sur ses différentes lignes entre Tunis et les villes de l'intérieur, à l'allée comme au retour. (La Presse, 25/1/91). Elle y fait des ravages, aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans la capitale plus qu'ailleurs, c'est-à-dire dans les villes de l'intérieur, dans les régions qu'on croit encore arriérées. (Tunis Hebdo, 28/1/91).

Ville européenne n. m. Assez fréq. Partie de la ville de construction européenne. C'est pourquoi une enquête récente de la Municipalité de Tunis a porté non seulement sur le triptyque classique (Médina, ville européenne, gourbiville) mais aussi sur une cité type : Ez-Zouhour. (Faïza, 60, 10/67). En ville européenne, certains propriétaires n’hésitent pas à augmenter les loyers de 5 D. ou 6 D. par an, profitant pour ce faire, d’un changement de locataire. (Faïza, 61, 11/67). En d'autres temps, ceux de l'occupation étrangère, d'une ségrégation raciale savament entretenue dans le peuple par la pauvreté, les superstitions et les fausses croyances, il était tout à fait logique qu'une solution de continuité régnât entre la ville arabe et la ville européenne. (El Abassy, 1986, 57). Les Tunisiens […] n'avaient pas de ce fait, un grand effet sur l'évolution de la circulation dans la ville moderne, ou “ Ville européenne ”, qu'ils fréquentaient assez rarement. (La Gazette du Sud, 6/99). Com. Attesté par le Petit Robert.

Vingt-six vingt-sixVn. m. Fréq. Fonds de solidarité auquel les contribuables peuvent verser de l'argent en don caritatif, déductible d'impôt. Avez-vous versé votre contribution au 26-26 ? Pour encourager la solidarité et éloigner la pauvreté. Les contributions sont déduites de l'assiette de l'impôt. (Le Temps, 20/11/93). Le Président Ben Ali a eu cette idée originale et si efficace qu'est la création du Fonds national de solidarité, 26-26, qui fait surtout appel au sens du civisme du Tunisien et à son élan de solidarité. (Tunis Hebdo, 11/12/95). Le programme du 26-26 est fort connu à l'extérieur et c'est l'expérience de ce fonds de solidarité qui nous a d'ailleurs amené à choisir la Tunisie comme lieu de ce séminaire. (La Presse, 31/3/96). On verse à la caisse de solidarité 26-26. (Conversation, 23/7/96). Le fonds 26-26 a fait le recensement des zones à servir, beaucoup a été fait, mais il reste beaucoup à faire avant l'an 2000, engagement pris, pour cette date, à la nation. (La Gazette du Sud, 4/98). Le Fonds de Solidarité nationale 26/26 (FSN) a été créé en 1993 pour développer les interventions dans les zones défavorisées dites “ zones d’om-bre ” afin d’assurer les conditions nécessaires de leur insertion dans le circuit du déve-loppement. (Réalités, 9/11/00).

Vizir, wazir (du persan passé au turc et à l'arabe) n. m. Assez fréq. Ministre à l'époque pré-coloniale. Après les discours des vizirs et les louanges rimées des poètes, l'acte de mariage avec la princesse Jouda fut dressé, puis on m'escorta jusqu'à l'aile du palais réservé aux femmes. (Saïd, 1994, 33). Le sultan entendit parler de lui et, par l'intermédiaire de son vieux vizir, il le demanda au palais. (Saïd, 1994, 90). Le wazir Al Fadhl me fit part du désir de son maître de concéder à quelques réfugiés andalous des lopins de terre dans la plaine qui entoure la capitale et plus loin. (Labidi Ben Yahia, 1996, 98). La lionne : “ Et toi corbeau ! Tiens, je te nomme vizir de la propagande, hypocrite et de mauvaise foi tel que je te connais, tu feras l'affaire ”. (Tunis Hebdo, 22/9/97). Elle me regarde avec ce dédain de beldiya, ces citadines de grandes familles tunisoises qui revendiquent toute une galerie d’ancêtres, hauts dignitaires des beys, ces monarques qui ont gouverné la Tunisie pendant plus de quatre siècles. Des vizirs, des médecins, des magistrats, des conseillers du prince et autres grands commis. (Ben Brik, 2000, 31).

Voiture de louage n. f. Fréq. Grand taxi collectif effectuant des liaisons inter-urbaines. En dehors du champ, une voiture de louage attendait. (Faïza, 41, 64). Il voulait avoir une autorisation pour exploiter une voiture de louage, ou pour un bar. (Dialogue, 17/5/76). [...] ce qui a provoqué un accident dont a été victime une voiture de louage. (Le Temps, 15/2/93). Mr Mondher Znaïdi a indiqué que le processus de libéralisation se poursuit au niveau des voitures de louage. (Le Renouveau, 17/12/94). Les usagers fréquents de l'autoroute Tunis-Msaken, qu'ils soient des exploitants de voiture de louage, d'autobus de transport en commun ou de simples citoyens bénéficieront de droits de péage réduits sur cette autoroute. (Le Temps, 16/7/96). Le parc des voitures de louage a connu un taux de renouvellement de 70 % depuis 1990. (La Presse, 5/5/98). Les voitures de louage et les taxis touristiques mis en circulation avant le 1er février 2000 seront exemptés et ne seront pas tenus de posséder un tachygraphe. (Tunis Hebdo, 29/1/02). Syn. louage.

Volontariat n. m. Disp. Activités organisées par l’État durant les vacances scolaires pour occuper de façon utile et agréable les enfants et les jeunes défavorisés qui n’ont pas de lieu de loisirs dans leur ville, mais également des enfants et jeunes de milieux plus favorisés, à l'échelle nationale et internationale, le principe fondateur étant le volontariat en tant que loisir. La jeunesse imbue des principes authentiquement pa-triotiques, aura ainsi participé à une magnifique action collective de volontariat […]. (La Presse, 10/11/84). Placé également sous le signe de “ loisirs et formation ”: le volontariat pour lequel 40 projets sont prévus cette année et auquel s’attellent 800 jeunes. (Le Renouveau, 26/6/91). La journaliste-reporter Mahbouba El Ghabri traitera notamment du volontariat, de la solidarité sociale, de l'attention dont jouissent les personnes du 3ème âge et de la sollicitude accordée à la famille. (La Presse Week-End, 29/10/95). Il s’agit [pour aider les zones d’ombre] d’actions à caractère social, sportif et de volontariat, qui accompagnent les programmes d’infrastructures de base. (Réalités, 9/11/00).
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WakfW, waqf (de l'arabe awakafa “ arrêter, empêcher ”) n. m. Disp. bien de mainmorte relevant des institutions religieuses, bien légué et placé hors commerce par un donateur qui en conserve la propriété mais en attribue l’usufruit à une fondation pieuse (mosquée, zaouïa, etc.). Fondation religieuse. Le wakf est privé de ressources malgré ses charges accrues du fait de la présence des réfugiés. (Le Phare de Tunis, 8/12/53). La question a été évoquée récemment au cours d'une séance de travail qui a réuni outre le gouverneur de la région, plusieurs liquidateurs des wakfs. (La Presse, 26/10/84). Une commission technique a été constituée en vue de procéder, dans une première étape à établir la liste des terres qui demeurent en état de wakfs ou de habous. (La Presse, 26/10/84). Le ministre égyptiens des waqfs a décidé de placer sous le contrôle de l'État cent mosquées de fiefs islamistes de Miniya en Haute Égypte. (Tunis Hebdo, 6/3/95). À la séance du 20 Avril, 1891, les membres tunisiens se font l’écho des protestations du gérant des biens habous (waqf) publics de la localité et des contribuables tunisiens en général. (Ibla, 1996, 282). Com. Le bien wakf ne peut être vendu ni hypothéqué. Le syn. habous est plus fréquent que wakf qui fait généralement allusion à des usages moyen-orientaux.

Wali, ouli, oulii (de l'arabe) n. m. 1. Fréq. Saint homme, protecteur d’une ville ou d’une région. Alors il passera la journée avec eux au mausolée de Sidi Nacer. - Je savais que vous reviendriez. Le saint homme l'avait annoncé, dit le cheikh en désignant la tombe du wali. (Baccouche, 1961, 264). Tout le long du chemin, je t'expliquais les étranges habitudes de larges franges de la population locale qui se réclamaient de cet “ ouli ”, ce saint. (Attia, 1988, 33). Il était une fois un menuisier, un magicien et un “ wali ” [Santon, homme saint possédant un pouvoir d'intercession] qui vivaient ensemble. (Baklouti, 1988, 44). Elle était si belle que le magicien la rendit de chair et de sang ; le wali demanda alors à Dieu de donner une âme à cette statue. (Baklouti, 1988, 44). À travers la fenêtre en ogive, dans la pénombre bleuissante, s’entr’apercevait le tombeau du ouli [saint homme, marabout] revêtu du vert catafalque d'or et d'argent brodé le verbe chantourné d'Allah. (Bécheur, 1993, 221). Un jour d'entre les jours, un saint homme, un oulii, s'était faufilé au milieu d'un troupeau. (La Presse, 14/l1/94). Aujourd'hui c'est le moussem [jour de commémoration] de Sidi-Belgacem, le wali de l'oasis. (Bécheur, 1996, 168). Syn. marabout.
2. Disp. À date ancienne, gouverneur de province dans le monde musulman. Ensuite, il reçut l'investiture publique, c'est-à-dire l'acclamation par la foule anonyme des sujets, avant de recevoir, en dernier lieu, celle des walis [Gouverneurs] des provinces et des cheikhs des tribus. (Labidi Ben
Yahia, 1996, 106). Cette porte du IXe siècle, fut détruite puis restaurée à plusieurs reprises, notamment lors de la guerre que livra le sultan hafcide “ Abd El Aziz ” contre son frère le Wali de Sfax. (La Gazette du Sud, 8/97). C'est là aussi que s'élève la haute tour de “ Ribat El Kasbak ” où était établie une garnison militaire veillant en permanence sur le palais du wali. (La Gazette du Sud, 8/97). S'il avait prêté attention à l'avertissement de Nasr Ibn Syar, son “ wali ” du khorassan, jamais il n'aurait été pris de court par ses ennemis, en particulier le rusé Abou Moslem, l'agent yéméni des Abbassides. (Darragi, 2000, 211).
3. Disp. actuellement, fonctionnaire placé à la tête d’un gouvernorat. Le découpage administratif du pays comprend vingt-trois gouvernorats et conseils régionaux (wilayat), placés sous l'autorité d'un gouverneur (wali). (Marchand, 1995, 56). Com. Ce dernier sens est attesté par le Petit Robert pour l'Algérie, mais, en Tunisie, le terme gouverneur est plus courant dans le discours francophone. Syn. gouverneur.

Wallah (de l’arabe) interj. Disp. Formule qui prend Dieu à témoin pour attester la vérité d’un propos.“ Ne vous en allez pas, j’arrive, Wallah, j’arrive tout de suite. ” (Tunis Hebdo, 18/9/00).

Wilaya, willaya (de l'arabe) n. f. (pluriel wilayat, willayas) Disp. Unité administrative territoriale correspondant à une région. […] l'une des sociétés nationales algé-riennes chargées de la com-mercialisation du ciment dans les wilayas frontalières algériennes. (La Presse, 1/1/91). […] une délégation du gouvernorat du Kef dans la wilaya de Souk Ahras. (La Presse, 5/3/91). Ont également assisté à cette cérémonie du côté tunisien […] nombre de gouverneurs des Willayas frontalières. (Le Temps, 9/2/94). Dans la même “ wilaya ” dimanche, les forces de l’ordre ont abattu neuf terroristes, au lieu dit Dar El Oued. (Le Temps, 12/7/95). Com. Lexie attesté par le Petit Robert pour l'Algérie. En Tunisie, le synonyme gouvernorat est plus courant dans le discours francophone mais willaya est disponible en ce sens.

Wilayat pluriel de wilaya. Le découpage administratif du pays comprend vingt-trois gouvernorats et conseils régionaux (wilayat), placés sous l'autorité d'un gouverneur
X 

X est généralement utilisé pour désigner une inconnue ou une variable, et par extension une abscisse. Il vient du persan, via l'arabe chay et via l'espagnol xay (x se prononce [∫] en espagnol) qui signifient la « chose ». chay est introduit dans l'algèbre du savant perse Al-Khawarizmi. Cette habitude conduit à une confusion assez fréquente entre une fonction, par exemple la fonction sin, et sin(x), qui représente la valeur prise par la fonction en x. On considère généralement que c'est cette fonction de notation d'inconnue qui a conduit à l'utilisation du "X" pour noter l'inconnu en général (par exemple les naissances sous X). Cependant, d'autres lettres sont utilisées pour désigner des variables, et x peut être utilisé pour désigner un élément déterminé, ou une fonction dépendant de variables.
Y 

Ya (de l’arabe) interj. Fréq. Hé, ohé, appellatif utilisé pour s’adresser aux personnes. Ya Salah amène la 404 ! Le client veut garder la tradition. (Dialogue, 15/3/76). L'arbitre du match Brahim B. avait raison, compte tenu de la nouvelle réglementation. Bravo ya Brahim ! (Tunis Hebdo, 7/12/92). Ya Cheikh, je suis devenu Hilalien et mon maillot en témoigne. (Tunis Hebdo, 11/1/93). Mabrouk ya Derbal (Titre). M. Mohamed Derbal, président de la CRA de la ligue de Tunis-Cap-Bon, s'est dernièrement envolé pour les lieux saints où il effectuera une omra. (Tunis Hebdo, 22/3/93). Bonne continuation ya Wassim. (Le Renouveau, 3/7/96). “ Bourguiba ya meskine, tu es mort sans palais en Argentine ” (Ben Brik, 2000, 138). “ Ya ” chère, repose en paix et que tous ceux qui t’ont connue aient une pensée pour toi en ce jour et récitent la Fatiha à ta mémoire. (La Presse, 28/2/01).

Ya latif, ya ltif (de l’arabe “ Dieu de miséricorde ”) interj. Disp. Interjection prenant à témoin Dieu et exprimant divers sentiments (angoisse, regret, stupéfaction, etc.) Le pincement au coeur devint douloureux, Leila murmure : “ ya Latif ! Mon Dieu préservez-moi ! que la sorcellerie ne réussisse pas ! qu'une pierre étouffe Satan ”. (Baccouche, 1961, 100). Ya ltif, on ne pourra voir la suite d’Antonella ! (La Presse week-end, 20/8/95).

Youyou, you-you (onomatopée imitant le cri) n. m. Fréq. Cri strident poussé par les femmes et traduisant des sentiments d’allégresse. Dès qu'elles franchissent le seuil, Leila et Meriem sont accueillis par des youyous stridents que poussent à plein gosier les cousines de Déda. (Baccouche, 1961, 112). Des you-you fusent. Dans leur coin, à gauche, les deux commères de service commencent à commenter... (Dialogue, 21/6/76). On rit et l'on se congratule puis l'on repart en fanfare accompagné des youyous des dames d'en face. (La Presse, 19/2/91). Ils furent accueillis par les you-you des femmes et les cris de joie des enfants. (Tunis Hebdo, 28/8/95). [...] des chansons patriotiques et des airs agréables dont les rythmes se mêlaient aux you-you des femmes. (La Presse, 29/12/95). Je veux que tu vives et meures en homme. Si tu me reviens vivant, je pousserai des youyous, si tu ne reviens pas, je pousserai des youyous. (Ben Brik, 2000, 100). Fortunée ne put contenir sa joie et poussa des you-you, si bien que ses voisines vinrent aux nouvelles. (Tunis Hebdo, 18/9/00). Ils ne vont pas se mettre à faire des baklawas et à faire des youyous, alors que
leur mère est morte. (Conversation, 2/6/02). Com. Attesté par le Petit Robert 1996. Contrairement à d’autres pays (Algérie p. ex.), les youyous ne peuvent exprimer en Tunisie le désespoir ou la colère. Dér. youyouter.

Youyouter (de youyou + suff. -er) v. Disp. Pousser des youyous. Après la toilette, les femmes me reprirent en main et, youyoutant, chantant, elles m’habillèrent chacune d’une pièce, ce qui devait leur porter chance. (Memmi, 1972, 84).

Yoyo, yo-yo n. m. Disp. Beignet au sirop en forme d'anneau. -J'ai des ftaïrs, des yoyos, des fricassés, des makrouds. (Laroui, 1978, 183). […] madame Nedjar insistait tant et si bien que j'acceptais une friandise : un yoyo nappé de miel ou un macaron à la pâte d'amande. (Bécheur, 1989, 51). Ils m'ont offert du café turc avec des yo-yos. [gâteau de farine en forme d'anneau]. (Bécheur, 1993, 90). La friture est au principe du beignet : bambalonis, yoyos et autres beignets très andalous. (Réalités, 15/3/0).
Z 

Zaïm (de l'arabe “ vaillant, courageux ”) n. m. Disp. Chef charismatique, leader politique. […] le Zaïm, le combattant suprême (c’est sous ce nom qu’il entrera dans l’Histoire). (Memmi, 1988, 313). Il ne fallait pas que le Zaïm trouvât une ville transformée en dépotoir. (Memmi, 1988, 314).

Zakat, zakât, zaket (de l'arabe) n. f. Fréq. Aumône versée en particulier à l'occasion d'une fête religieuse. Mais cette interdiction est formulée surtout pour inciter le croyant à donner, sous forme de “ zakât ”, son surplus aux nécessiteux, au lieu de le prêter à intérêt. (Faïza, 60, 10/1967). Lorsque Zeïneb était enfant, on lui a inculqué de la Zakat, le troisième pilier de la religion, une version simple et efficace : tu dois payer un tribut aux pauvres et aux malheureux, si tu veux protéger ton bien et ton bonheur. (Belhadj Yahia, 1991, 20). [...] la zakat fixée à 0,620 dinar par personne. (Le Renouveau, 23/2/95). [...] même s'il s'agit d'une zaket particulière, à la fonction bien définie. (La Presse Week-end, 26/2/95). Ramadan condense à lui seul les quatre piliers de l'Islam : la chahada, la prière, le jeûne et la zakât... (La Presse, 23/12/98). Avec quoi payes-tu ta “ zakat ” sinon avec ces pièces de monnaie ? (Darragi, 2000, 170). La zakat par internet, c'est ce qui est devenu possible à Dubaï. Une association caritative vient en effet de se doter d'un site internet par lequel on pourra s'acquitter de la Zakat. (Réalités, 7/12/00).

Zakkar, zakâr, zaccar (de l'arabe) n. m. Fréq. Joueur de zokra. Le “ zaccar ” souffle dans sa flûte de bois au bout évasé et aux notes aiguës […]. (Baccouche, 1961, 46). Les paysans chez nous, raconte-t-il, organisent pendant leur cérémonie de mariage des fêtes animées par le duo traditionnel : le “ tabal ” ou batteur de tambour, et le “ zakâr ” qui joue de la “ zokra ” ou cornemuse tunisienne. (Faïza, 37, 7/1963). La mariée est uniquement accompagnée par les femmes et les enfants qui précèdent le tabbal et le zakkar. (Najjar, 1990, 57). On voit surgir parmi les musiciens un tabbel et un zakkar en costume traditionnel tunisien ! (La Presse, 15/8/93). Il y avait aussi les tabbel et zakkar. Matin et soir ils parcouraient rues et ruelles et à l’affût de l’une des maisons ouvertes pour la joie. (La Presse Week-end, 10/7/94). C'est la noce avec jehfa, tabbal et zakkar. (La Presse, 7/4/95). V. zokra.

Zaouia, zawiah, zawiya, zahouia, zawyia n. m. (du grec passé à l'arabe) Fréq. Établissement religieux musulman qui est un lieu à la fois de prière, d'enseignement, de soin et d'hébergement. Dès 1908, à 14 ans, il participait aux offices qui ont lieu dans les “ zawiah ” [Lieu consacré à un saint] des confréries religieuses de sa ville natale […]. (Faïza, 50, 1965). Le troisième jour, il atteignit Téboursouk et trouva asile dans une zaouia. (Dialogue, 12/4/76). Les jeunes pensionnaires de la zaouia, venes de partout en Tunisie et même d'ailleurs, inscrivent en lettres arrondies et élégantes […]. (Le Renouveau, 13/3/91). Rappelez-vous les exemples de ces malades qui vivaient dans les “ zaouia ”. (Tunis Hebdo, 3/5/93). Il suggère de récupérer tout cela en faisant en sorte que la zaouia, dans un rôle renouvelé, devienne un pôle clinique, artistique et hôtellerie au niveau des régions. (Tunis Hebdo, 15/8/94). Mausolées-sanctuaires, les zaouia se comptent par centaines en Tunisie. De fait, les zaouia servaient de lieux d'études où de doctes maîtres (les moueddeb), enseignaient le Coran et les principes de la foi islamique. (La Presse, 20/3/95). N'eût été la Rachidia, le malouf qui se faisait aux “ zaouia ” aurait disparu depuis longtemps de notre patrimoine musical. (Tunis Hebdo, 22/9/97). Com. Attesté par le Petit Robert sous la forme zaouïa.

Zarda, zerda (de l'arabe, littéralt “ festin ”) n. f. Disp. Fête célébrée en l'honneur du saint protecteur et au cours de laquelle est organisé un grand festin. El Haj Salah avait été si heureux de cette précocité qu'il donna une zerda en son honneur et offrit une vache au meddeb. (Guellouz, 1982, 32). On peut recréer tout un douar avec les tentes, la vie de famille, un mariage, une joute poétique, des jeux, la cuisine, la zarda, etc. (La Presse, 26/2/85). […] le seul saint à qui on n'organise pas de “ zerda ” ou de “ kharja ” est le marabout Sidi Abdallah Guèche, pour la simple raison que la rue qui porte son nom est la rue la plus chaude de Tunis. (Tunis Hebdo, 12/11/90). Scènes de rites anciens et encore pratiqués, circoncisions, noces, zardas, préparation du couscous, visites au marabout [...]. (La Presse Week-end, 21/6/95). [...] de courses de chevaux dans la zerda, ces fêtes maraboutiques. (Ben Brik, 2000, 70). C'est propager une image d'opulence des Fêtes du trône (l'équivalent des zerdas) dans un Tunis qui n'existe plus. (Réalités, 8/2/01).

Zellige, zliss, jalliz (de l'arabe) n. m. Assez fréq. Petit carreau de faïence émaillée. Prisonnier d’une vastitude architecturale resplendissante, chatouillant l’oeil à coup de marbre et de zellige […]. (Meddeb, 1979, 42). [...] chaque centimétre carré a été décoré de zelliges, savant puzzle de mosaïques polychromes qui couvrent murs, piliers et bassins. (Tunis Hebdo, 5/7/95). La pureté de ses lignes, la beauté de ses marbres, zliss, boiseries et colonnes finement travaillées leur apparaissent d'un grand exotisme. (La Presse Magazine, 20/4/97). Ce dévot per-sonnage, mort en odeur de sainteté à Tunis en 1497, […] était fabricant de carreaux vernissés. Il introduisit à Tunis le jalliz à décor animé, le jalliz thématique et le jalliz à relief. (La Presse, 23/12/98). Com. Attesté par le Petit Robert sous la forme zellige. Les carreaux sont en général assemblés pour former des motifs décoratifs.

Zembritou (de l’espagnol) n. m. Disp. Cocktail composé, à quantité égale, d'alcool à brûler et de coca-cola. Tout comme les Ecossais ont inventé le whisky et les Russes la vodka, les Tunisiens ont inventé le zembritou […]. Elle se compose pour moitié de Coca-cola et pour l'autre moitié d'alcool à brûler […]. (Tunis Hebdo, 21/3/94). Pour ceux qui ne sont pas versés dans la bacchusologie, des “ zabratas ” sont les buveurs de “ zembritou ”. (Tunis Hebdo, 21/3/94). De la bière d’abord, puis du vin, puis de l’alcool à brûler mélangé à du coca qu’ils appelaient “ zembritou ”. (Tunis Hebdo, 17/4/95).

Zerbia n. f. (de l'arabe). Disp. Tapis en laine à points noués dont le modèle le plus classique et le plus célèbre est celui de Kairouan. Notre artisanat n'a pas beaucoup de choses intéressantes à offrir aux touristes, excepté la classique “ zerbia ” chère et encombrante […]. (Tunis Hebdo, 30/9/91). V. kairouan.

Zerdab, zerded (de l’arabe) n. m. Disp. Piège constitué d'un trou profond dissimulé par des branchages et rempli de braises ardentes. Il creusa devant la maison un zerdab très profond qu'il remplit de feu et recouvrit de branchages. (Bouhdiba, 1968, 68). On le prit à nouveau ; on le porta au Sultan qui ordonna de le jeter dans un Zerdab [trou profond et rempli de feu]. (Bouhdiba, 1968, 109). L'Ogre se précipita dans la maison pour se venger. Mais il tomba dans le zerdeb et mourut. (Bouhdiba, 1968, 145). Dans la mythologie de nos voisins, le Minotaure se défendit à peine face à Ariane, et chez nous, le pauvre ogre se fait piéger par Aïcha. Aïcha est “ zerdab ” [Trou profond rempli de feu et recouvert de branchages]. (Femme, 5/93). Il creusa une fosse large et profonde (zerdab), au milieu de la maison et la remplit de braises incandescentes... D'un bond l'ogre se précipita tête baissée dans la cour. Mais, ho ! il tomba en plein dans le zerdab et ses os crépitèrent dans la braise. (Le Temps, 24/4/95).

Zériba (de l’arabe) n.f. Disp. Enclos, parc à bétail délimité par des haies de branches épineuses. Mesla tentait d’oublier cette présence près de lui en prêtant attention à la cavalcade de rats dans les zéribas. (Ben Jemaa, 1990, 12).

Zéro huit, zéro-huit (de l'ancien indicatif téléphonique de la région du nord-ouest tunisien) 1. n.m. Assez fréq. Région du nord-ouest, restée très rurale. Primo, il ne faut jamais acheter votre mouton à Tunis, il faut l'acheter au zéro huit, dans le nord, ou mieux encore dans le sud du côté de Sidi-Bou-Zid. (Tunis Hebdo, 3/5/93). Quand j’ai mis la m’dhalla, mes filles ont été très choquées elles m’ont dit maintenant tu ressembles à un plouc du zéro huit. (Tunis Hebdo, 22/8/94). Je vous prie de croire que quand on reçoit ce coup sur le dos de la main gerçée par la froidure du zéro-huit, on voit des étoiles à midi, et on fait très attention. (Tunis Hebdo, 22/4/96).
2. n., adj. Assez fréq. Personne originaire de cette région. Par ext., campagnard, rustre. C'était une dame très zéro-huit, très sympathique, chantant le “ salhi ” à la perfection […]. (Tunis Hebdo, 19/10/93). Ce “ zéro-huit ” n'est pas que chroniqueur, c'est aussi un feuilletoniste et un bédéiste de talent. (Tunis Hebdo, 22/11/93). Elle arrête son régime et prépare un couscous “ zéro-huit ” au mouton. (Tunis Hebdo, 24/1/94). Et allez dire que les “ zéro huit ” n’ont pas d’idées. (Tunis Hebdo, 25/7/94). Je compris qu'arabe, colonisé, zéro-huit et pauvre, je ne devais pas aller bien loin. (Tunis Hebdo, 25/3/96).

Zezoua, zézoua, zazoua (de l’arabe) n. f. ou m. Assez fréq. Petit récipient à long manche servant à préparer le café turc. La zezoua dans la main gauche et dans l'autre une petite cuillère, M'ma écoutait tout en s'affairant. (Behi, 1993, 15). J'obtenais une mouture trés fine pour le café turc que ma mère préparait dans la zezoua. (Bournaz, 1993, 53). Elle fit déborder la zazoua plusieurs fois, versa le café tout écumeux dans la tasse, y laissa tomber une goutte d'eau de fleur d'oranger, mit la tasse sur la petite assiette et la lui tendit. (El Goulli, 1993, 20). Le réchaud sifflait sur la braise, le café écumait dans les zézouas, le thé versé à hauteur d'épaule dans des verres minuscules rendait un chuintement d'urine. (Bécheur, 1996, 117). - C’est quoi sa spécialité au café maure, ce qui est différent des cafés ordinaires ? / - Ah ça, ça sert avec le zézoua, tu connais ez-zézoua ? / - Ah oui ! / - Tu peux faire que une seule à la fois, tu peux pas faire beaucoup à la fois. (Enregistrement, Hédi, 19/7/96).

Zgougou, zgou-gou, zqouqou, sgougou (de l’arabe) n. m. Fréq. “ Graine de pomme de pin d'Alep ” (Ben Abdallah, 1988, 190). La belewza : 500 gr. de zgougou (graines de pin), 250 gr. d'amidon / 500 gr. de sucre […] Pour le zgougou, le moudre, puis le mettre dans un récipient plein d'eau. (Faïza, 32, 2/1963). Un tout petit demande à sa maman, qui débarrassait son zgougou des petites pierres et autres corps étrangers : “Dis maman, tu es en train de les compter les grains de zgougou ?”. (Tunis Hebdo, 15/10/90). Le zgougou que vous avez bouffé cette année est atteint d'une enzyme […]. (La Presse, 4/9/93). J’avais en plus du sgougou bien noir et décoré. Quand j’ai dit que c’était uniquement de l’assida […] (Tunis Hebdo, 18/7/94). Maintenant tout le monde fait l'assida avec du zqouqou. (Conversation, 31/7/96). Néanmoins, selon la quantité de pluie, la graine de zgougou est plus ou moins grosse. (Nuance, 5/2002).

Zhar, z'har, zehar (de l'arabe) n. m. Assez fréq. Fleur d'oranger. Par ext., eau de fleurs d'oranger, La récolte des fleurs d'oranger "zehar" est estimée à prés de 1000 tonnes. (Le Temps, 8/4/91). A l'aide d'alambics maison sont en effet tirés par condensation des milliers de litres de zhar qui vont remplir fiasques ventrues et bouteilles effilées. (La Presse, 19/4/91). Que dire de nos roses de l'Ariana, de l'églantine de Zaghouan, des fleurs du bigaradier [...] fleurs qui se récoltent chaque année par milliers de tonnes afin de fournir [...] aux familles tunisiennes les eaux distillées de z'har, du nesri et du mà-ward ? (La Presse, 22/5/95). Elle m'aspergea de “ zhar ” (eau de fleurs d'oranger). (Tunis Hebdo, 14/10/96). On prend aussi les roses des orangers et on fait du zhar. On distille. (Conversation, 19/7/96). C’est la fleur de l’oranger, ça s’appelle le zhar. Il y a du thé avec la menthe, des pignons. (Enre-gistrement, Hédi, 19/7/96). Moi, j’additionne la pâte d’un peu d’eau de fleur d’oranger car le zhar signifie chance en arabe. (Nuance, 5/2002).

Ziara (de l'arabe “ visite ”) n. f. 1. Fréq. Cérémonie mortuaire qui a lieu quinze jours après le décès. Ahmed Chelbi […] et Sihem informent les familles parentes et alliées que la cérémonie de la ziara de leur très chère et regrettée épouse et mère Beya Chelbi aura lieu aujourd'hui samedi 23 mars 1985 à leur domicile […]. (La Presse, 23/3/85). Nous remercions tous ceux qui ont assisté aux funérailles, au Fark et à la Ziara de la défunte soit par leur correspondance et prions le Tout-Puissant de les épargner de tout malheur. (La Presse, 17/2/91). Ils annoncent par ailleurs que la cérémonie de la Ziara aura lieu à leur domicile aujourd’hui à l’issue de la prière d’El Asr. (Le Temps, 15/2/93). Remerciements et ziara (Titre du faire-part de décès). Sa mère X, ses soeurs [...] remercient tous ceux qui se sont associés à leur deuil à la suite de décès de leur cher et regretté H. C. et annoncent que la cérémonie de la ziara aura lieu aujourd'hui, jeudi 25/9//97 au domicile de ses parents sis à [...]. (La Presse, 25/9/97). Alors, préviens ta femme : quinze jours après ta mort, pour la ziara [Fark, ziara, el-arbaïne : cérémonies qui en terre d'islam, suivent un décès], un mendiant viendra prendre Houria. (Saïd, 1994, 87). Remerciements et ziara [Rubrique de faire-part]. La cérémonie de la ziara aura lieu demain 1er Mars à son domicile. (La Presse, 28/2/01)
2. Disp. Visite rendue aux morts. Les loisirs se résument donc chez les femmes en visites familiales, en “ excursions ” (ziara) chaque vendredi au cimetière, en visites plus ou moins espacées au bain maure, à la P.M.I... (Dialogue, 12/4/76).
3. Fréq. Visite rituelle rendue à un marabout ou un lieu saint. Il ne reste que la Ziara, qui est facultative, c'est-à-dire la visite du tombeau du prophète Mohamed, à Médine [...]. (Faïza, 35, 5/1963). Il a fallu recourir au raouani et au moderne, aller en ziara à Sidi Amar [visite rituelle en l'occurrence à Sidi Amar à Korbous à 50 km de Tunis. Le saint vient toujours au secours des ménages stériles]. (Bouhdiba, 1968, 135). La Ziara de Sidi Ali El Hattab est proche, disent-elles à leur mère. (Laroui, 1978, 17). Mais qu'as-tu fait pour que Dieu te veuille du mal ? Voyons tu déraisonnes mon fils ! Chéri, je ferai une “ ziara ” en ta faveur au Mausolée de Sidi Belhassen. (Abdelmoula, 1984, 22). Ce qui acheva de guérir complètement ma mère, c'est la ziara de Sidi Ali Fathallah. (Bournaz, 1993, 131). Certaines zaouia se distinguaient aussi par la ziara annuelle, qui attirait un grand nombre de pélerins ziyar, accourus d'un peu partout pour la circonstance. (Le Temps, 20/3/95). La ziara est en quelque sorte la commémoration d’une date de naissance (à l’Islam) pour le djinn et d’une date de délivrance pour le malade. (Tunis Hebdo, 15/8/95). Nous partirons tous ensemble pour une “ ziara ” [Visite effectuée à un marabout] à Sidi Madani, à Kélibia. (Darragi, 2000, 90).

Zir (de l’arabe) n. m. Disp. Sorte d'amphore, de pot en argile. Alors, débouchant le zir, elle en prélevait le beurre qui surnageait, compact, d'un jaune pâle. (Bécheur, 1989, 103). Ne sachant combien il fallait, il fit remplir le zir et rapporta à son épouse le lait chaud encore, tout fumant. (El Goulli, 1993, 26).

Ziride n. adj. Disp. Membre d’une dynastie qui a régné sur la Tunisie du Xe au XIIe s. Sous les Aghlabides, les Fatimides et les Zirides, elle devient très vite un carrefour commercial important entre l'Orient et l'Occident. (Réalités, 10/11/95).

Zitounien,enne, zeitounien,enne (du nom propre Zitouna + suff. –ien) 1. n. m. Disp. Intellectuel formé à la mosquée-université de la Zitouna. Ce mouvement a été dirigé par un zeitounien, originaire du Kef, et précepteur de Mohamed Naceur Bey. (Dialogue, 19/4/76). Au même moment, un autre zitounien lui aussi, le poète Chabbi, se lançait à l'assaut de la poésie classique qui, du poids formidable de son prestige passé, étouffait toute formulation poétique tant soit peu originale. (Garmadi & Baccar, 1981, 17). Dans le cadre de leurs publications pour la présente saison éditoriale, les éditions Cérès s'apprêtent à publier un important ouvrage sur la Zitouna et les zeitouniens. (Le Renouveau, 21/11/90).
2. adj. Assez fréq. Relatif à la Zitouna. Sur ces 127 Tunisiens, il y a: 2 professeurs ; 12 maîtres de conférences [...] 10 professeurs de 1ère classe (faculté zitounienne [...]. À l’exclusion des classes de l’Enseignement “ Zitounien ” alors au nombre de 249. (Faïza, 55, 1/67). La contestation de la population, mais surtout des notables zitouniens, n’était pas de grande envergure, puisqu’elle n’a pas mis en cause les traités du protectorat. (Dialogue, 19/4/76). [...] le recteur de l’université zeitounienne, le président du Conseil supérieur, le premier imam de la mosquée de la Zitouna, outre une élite universitaire. (La Presse, 30/12/95). Cette mère, fille d'un communiste et petite fille d'un notaire pur produit zeitounien, ne s'en est pas outragée. (Réalités, 7/12/00).

Zlabia, zlébia, zlebia (du turc) n. f. Fréq. Gâteau au miel, en forme de cercle ajouré, de couleur orange. [...] et au-delà de la chute des prix des bottes de radis et des zlabia miellées en Conzabie. (Garmadi, 1986, 8). Il en est ainsi des zlabias, m'khareq et autres pâtisseries. (La Presse, 24/3/91). Ramadan oblige, ils “ descendent ” s'approvisionner en gaz butane, en pétrole bleu, en “ zlabia ” en provenance de Béja ou en fruits et légumes exceptionnellement pour la circonstance. (Le Renouveau, 26/3/91). Quelle est la différence, monsieur, entre la zlabia super et la zlabia normale ? (Le Temps, 13/4/91). Devant le marchand de beignets, une petite foule d'amateurs de zlabia et de mkharaq [...]. (La Presse, 7/2/95). Devant une gargote de beignets et de “ zlebias ”, du côté de la Médina, une longue file d’attente s’étire à perte de vue. (Tunis Hebdo, 12/2/96). A Nabeul la zlabia se vend enveloppée dans du papier blanc immaculé. (La Presse, 28/12/98).

Zokra, zoukra, zok’ra (de l’arabe) n. f. Assez fréq. Sorte de hautbois à anche double dont le timbre est doux et un peu nasillard. (selon Ben Abdallah, 1988, 140). Puis, rythmant ses pas sur les accents de la zokra dans laquelle souffle le zaccar, il s'approche de ce dernier […]. (Baccouche, 1961, 47). Un bal aux rythmes du tabal et de la zoukra, une danse du ventre teintée de twist et de surf où tous se lancèrent avec frénésie. (Faïza, 40, 1964). Avec la tabla, la zokra, le mezoued, le bendir, / Elle nous interprète la musique locale à ravir. (Métoui, 1980, 132). Après la longue nuit de veille, les coups du tabel et le son aigu de la zokra, les mariés […]. (Pluriel, 11/1988). […] où orgue et batterie rivalisent insolemment avec zoukra et tambourin, c'est un véritable gâchis. (Le Renouveau, 3/7/96). V. zakkar.
zommit, zommita, zemmita, zammita (de l’arabe) n. f. Disp. Plat à base d'orge grillé, de coriandre, d’anis vert, de fenouil et éventuellement de cumin, de marjolaine et d’écorce d’orange séchée; le tout moulu et dilué dans l’eau avec du sucre. Elle prépara une “ wiba ” [Mesure traditionnelle de grains] de “ Zommit ” [Nourriture à base de grains d'orge grillés, réduits en farine et mêlés d'aromates], remplit une quinzaine de jarres d'eau et s'enferma avec le tout dans la chambre de son père. (Baklouti, 1988, 87). En Tunisie, la Zemmita est faite avec de la farine d'orge grillée, humidifiée et légèrement huilée. (La Presse Week-End, 22/10/95). Nous allons utiliser dans cette chronique le terme de zammita, le plus répandu, pour désigner la bçiça d’orge et garder l’appellation bçiça à la préparation à base de blé et de légumineux qui est consommée surtout en hiver, accompagnée de dattes ou de figues séchées. (La Presse, 16/7/99). V. bsissa.

Zone d'ombre n. f. Fréq. Zone défavorisée. Demeurent quelques rares zones d'ombre, comme nous le dit le directeur général, qui seront bientôt couvertes. (Dialogue, 31/5/76). L'homme de la rue constate, à juste titre, notamment à l'occasion des diverses visites surprises effectuées par le Président aux “ zones d'ombre ” que ce dernier incarne la seule opposition crédible dans le pays. (Réalités, 17/2/93). Il faut souligner que le nombre total de zones d'ombre recensées est de 1732 zones. (Le Temps, 20/1/94). [...] pour qu'il n'y ait plus (cette honte ! ) de zones d'ombre. (La Presse, 11/12/95). “ J’ai participé comme médecin à des dizaines de caravanes de santé dans les zones d’ombre. ” (Tunis-Hebdo, 18/9/00). La zone d’ombre, qui nécessite une intervention rapide et est éligible aux interventions du Fonds de Solidarité Nationale 26/26, est une localité généralement rurale, isolée, dé-pourvue de commodités de base (électricité, eau potable, pistes, centres de soin, écoles, logements décents) et dépourvue de potentialités suffisantes de développement et de sources de revenus. Elle nécessite l’existence d’au moins 26 familles. (Réalités, 9/11/00). La Secrétaire d’État a également passé en revue divers indicateurs de santé enregistrés dans les zones d’ombre et qui confirme l’évolution considérable enregistrée au niveau de la couverture médicale des zones rurales reculées. (La Presse, 27/2/01). Com. Terme consacré dans la terminologie officielle.

Zone verte n. f. Assez fréq. Espace vert. Des indications ont, en outre, été fournies au Président Ben Ali sur le programme de boisement et d'aménagement des zones vertes […]. (La Presse, 15/11/93). [...] promouvoir le tourisme envi-ronnemental grâce à la mise en valeur des réserves naturelles et des zones vertes. (L'Hebdo touristique, 17/11/93). M. Hdhili Fayala, maire de Kairouan, a parlé des différents projets réalisés au cours des dernières années notamment […] l'aménagement des zones vertes. (Le Temps, 8/2/94). Il se plaint de manque de petites zones vertes (aires de jeu pour enfants, promenades, arbres) dans les quartiers d'El Menzah […]. (Tunis Hebdo, 22/4/96).

Zoufri, zûfri, zoufrier (déformation du mot ouvrier au pluriel: [lezuvrije]) n. m. 1. Disp. Ouvrier, travailleur manuel. Et les amis zûfris, fiers-à-bras, forts-en-gueule, rouleurs de biceps, tatoués de la marge citadine, respectent cette distance absence […]. (Meddeb, 1979, 198). Les autres étaient des “ zoufris ” comme on disait avant des ouvriers et des nobles travailleurs manuels." (La Presse Week-End, 18/11/90).
2. Fréq. Par ext., vagabond, voyou. Le même jour le diligent enquêteur aux renseignements si précis fut chargé de trouver des “ zoufris ” - truands qu'aucune besogne ne rebute - qui se chargeraient de régler son compte à l'Espagnol. (Baccouche, 1961, 143). On mesurera d'autant plus l'audace de cette idée, en ce temps-là, que l'opinion commune considérait les ouvriers dans leur masse ni plus ni moins que comme de vulgaires zoufris (voyous), déformation du mot français “ les ouvriers ” . (Garmadi & Baccar, 1981, 15). C'est un homme pourvu de tout son esprit, persuadait-elle à sa fille, pas un de ces jeunes zoufris qui passent leur temps à boire de la boukha et à parier sur les chevaux: tu seras heureuse avec lui. (Bécheur, 1989, 55). Ces “ zoufris-là ” (voyou, vagabond), Haddad a pris leur défense […]. (La Presse, 14/08/93). L’agriculteur, l’éleveur, le berger, le semeur sont devenus des "zoufriers", des voleurs, des trafiquants [...]. (Tunis Hebdo, 12/9/94). En effet, et ce n'est un secret pour personne, que le football et les footballeurs ont une image négative auprès de l'opinion publique; ce sont des “ zoufris ”, des ratés [...]. (Tunis Hebdo, 4/3/96). “ Que Dieu te maudisse, moi qui te croyais bien éduqué, alors que tu n’es qu’un zoufri. ” (Ben Brik, 2000, 149).

Zriga, z'riga (de l’arabe) n. f. Assez fréq. Crème sucrée à base de fruits secs. La zriga : 12 feuilles de malsouka ; 400 gr. de noisettes, amandes, noix, pistaches ; 200 gr. de sucre. (Faïza, 32, 02/1963). Puis Bouza... et Krima... et Z'riga... et samsa... (Tunis Hebdo, 19/4/91). Les sahriètes de sidi Romdhan : parents et amis ne manqueront pas de venir passer quelques soirées et veiller de compagnie en dégustant la bouza, la zriga, la samsa-algia [...]. (La Presse, 30/1/95). Parlez-moi d'une charlotte ou d'un clafoutis à la rigueur, mais de bouza et de zriga [crèmes consistantes pour après le jeûne], merci bien. (Bécheur, 1996, 86). Fidèle à la tradition du Ramadan, Copacabana vous propose : ktaïef au miel, zriga de “ Dada El Yamma ”, bouza noisette […] (La Presse, 21/1/96). Com. Elle est généralement servie en coulis sur des petits cigares de malsouqas fourrées de fruits secs ou, plus simplement, de biscuits.

Zrir, zérir, zrira, zrîr (de l’arabe) n. m. Assez fréq. Crème sucrée à base de fruits secs pilés, de smen (ou de beurre) et de miel (ou de sirop de sucre épais). Il donna la béchara à celui qui vient lui annoncer la délivrance de son ex-épouse, et envoie à celle-ci tout ce dont elle a besoin pour fêter l'heureux évènement: sésame et miel pour la fabrication du zérir, […]. (Laroui, 1978, 167). Pour rien au monde, je n'aurais manqué d'aller la féliciter, et goûter à la zrira du nouveau-né. (Bécheur, 1989, 135). [...] une délicieuse confiture aux fruits secs, zrîr, était offerte en dégustation pour parfaire l'harmonie de toute naissance. (Behi, 1993, 22). Délicieux était le zrir distribué gracieusement par Monsieur Mohamed El Mokhtar Ennifer, président de la cinquième chambre de la cour d'appel de Tunis, à l'occasion de l'arrivée de la poupée Yousr. (Tunis Hebdo, 13/12/93). Avec nos voeux les plus sincères pour toute la famille et nos compliments pour la préparation du zrir. (Tunis Hebdo, 13/12/93). Le nouveau-né est fêté par la confection du zrir. (La Presse Week-end, 11/2/96). Ainsi les nourritures de l'accouchée sont le bouillon de poulet et les sucreries grasses (zrir). (Réalités, 15/3/01). Com. Le zrir est généralement offert à la jeune maman et aux invités à l’occasion d’une naissance.

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