 |
| |

|
Philosophie

|
 |
La Philosophie d’Africa
 Rien de ce qui est africain ne nous sera étranger.
 Le Chemin
 Le temps de l’action
 La Marche
 Proverbes Africains
 Nous sommes tous des leviers de l'epérances !
 Nous sommes tous des Africains !
 La Colère des Dieux
 Si
 C’est nous les Africains !
 Pierre Dubois Dupont sauvé du feu !
 L’attentat contre Africa
 La force de croire, de travailler et de convaincre

|
 |
La Philosophie d’Africa

 |
 |
|
 |
 |

Fondée en 1984 par son Président actuel, Jacques Villard, sur les conseils de Michel Baroin, Président de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires, l’Association Française de Relations et d’Initiatives avec le Continent Africain a connu son plein essor alors qu’elle était animée par son Secrétaire Général, Pierre Dubois-Dupont. Les deux hommes, en compagnie de Lucien Traverse, Trésorier, placèrent Africa au centre de négociations entre la France et différents Etats Africains.
Notre association n’est pas un mouvement de masse. Elle ne le sera jamais. Africa est un réseau technique, humaniste et solidaire, formé entre des Africains et des Européens qui pensent, à l’exemple du Président Léopold Sedar Senghor, que nous appartenons tous à une civilisation de l’universel.
Comme aimait à le rappeler Jean Foyer, loin des calculs et des magouilles politico-économiques à court terme qui ruinent les espoirs de l’Afrique, nous développons, de manière progressive, sans fracture brutale, une dynamique issue de la cordialité créée par le temps vécu ensemble, des souvenirs communs et le sang versé sur les mêmes champs de bataille pour la défense de la Liberté. Nous sommes présents pour témoigner de ces liens affectifs, les entretenir, les enrichir et les raviver si nécessaire.
Notre philosophie est celle de la paix, de la tradition, de la considération, du respect mutuel, de l’Egalité, du partage équitable des ressources et des richesses et de l’évolution en commun des peuples concernés vers un mieux-être.
Nous travaillons pour la Fraternité la plus pure et l’éradication de tous les fléaux qui entraînent le continent africain vers l’enfer : la guerre, la famine, la misère, l’exode, les virus, la corruption, le mépris de la vie, l’exploitation débridée des ressources humaines, minières, animales et végétales. Les responsables politiques et économiques qui se livrent à ces activités sordides devraient être passibles de condamnations au titre de ces crimes contre l’humanité.
Européens et Africains, nous sommes des hommes libres. Nous avançons, la main dans la main, vers notre avenir en toute sérénité. Rien ne pourra briser cette union dont chaque maillon sait qu’il est solidaire de l’autre. Africa est un lien au service des deux continents. Elle lutte contre les contraintes de toutes sortes. Elle respecte les Nations et les Peuples. Elle essaye de participer à la construction d’un développement durable.
Nous tenons à être considérés sur nos seuls résultats. Nous sommes éloignés des discours officiels, des effets d’annonce et de manche qui permettent, uniquement, aux pays anciennement colonisateurs de conserver une certaine suprématie en Afrique. Nous ne sommes dupes ni d’un côté, ni de l’autre de la Méditerranée.
Nous accueillons fraternellement toutes les femmes, tous les hommes de bonne volonté. Il leur est nécessaire d’être reconnus comme tels, d’entretenir la persévérance dans le travail, de cultiver l’assiduité dans l’effort et de se dévouer pour le bien commun, en dehors de toutes autres préoccupations.
Tous les pays africains sont concernés par notre action sans exclusive politique, religieuse ou ethnique.
Coopération décentralisée, initiatives culturelles, tourisme, échanges universitaires, jumelages, autosuffisance, indépendance énergétique, rencontres politiques, économiques et sociales régionales ou internationales, formation, information, relations personnelles, initiatives individuelles ou collectives, aide à la diaspora immigrée, traitement des dossiers administratifs, organisation de conférences, de séminaires et de colloques, tels sont les champs principaux de notre activité.
|
 |
Rien de ce qui est africain ne nous sera étranger.

 |
 |

AFRICA est au service des hommes, d’un continent et de la paix
Nul ne peut rester insensible à la situation des peuples de l’Afrique.
L’exil de milliers d’Africains hagards qui quittent leurs terres natales, dans des conditions souvent atroces, pour fuir la mort, la maladie, la pauvreté, le chômage, est un véritable drame de notre temps. Ces êtres, décharnés et courageux, parcourent des milliers de kilomètres sur terre et sur mer pour atteindre l’inaccessible rivage hospitalier, européen ou américain, qui devient rapidement un enfer. Là, on les pourchasse avant de les renvoyer vers leur point de départ. Ailleurs, on les exploite sur place. Où sont donc passés les Droits de l’Homme, les grands élans du cœur de la Révolution française ?
Les humanistes du monde ne peuvent rester uniquement des observateurs.
Au nom de leur idéal, ils se doivent de devenir des acteurs, des acteurs bénévoles, qui se mobilisent afin de créer des structures de développement durable en Afrique et d’accueil honorable dans les pays du monde. En aucun cas, ils ne peuvent participer à la chasse contre les émigrants, les immigrés ou les « rapatriés ».
Un seul esprit solidaire anime les bénévoles d’Africa : « Un pour tous et tous pour un », une seule devise les unit : « Liberté, Egalité, Fraternité entre toutes les femmes et tous les hommes du monde ».
D’autres que nous pratiquent déjà, avec qualité, ces principes dans d’autres domaines, sociaux, politiques, religieux ou philosophiques. Nous sommes faits du même bois, de la même essence. Rien ne nous sépare ! Nous sommes simplement complémentaires.
AFRICA est un réseau confidentiel qui n’entretient aucune autre ambition que de parler de Paix et d’agir au nom de la Solidarité.
AFRICA n’entre en guerre contre personne, contre aucun Etat, contre aucune religion, contre aucune organisation. Elle essaye d’être un tissu d’actions efficaces en faveur des plus démunis qui vivent sur le Continent Africain ou qui l’ont quitté, par la force et la douleur des évènements.
AFRICA est solidaire des Femmes et des Hommes du continent, mais aussi de celles et ceux de la diaspora qu’ils soient noirs, gris, blancs, rouges ou jaunes, qu’ils croient ou qu’ils ne croient pas.
Il existe, à travers le monde, un profond sentiment d’« africanité », un besoin pour l’humanité de porter un regard vers son berceau. Il n’est nul besoin d’être africain pour se sentir l’âme africaine.
L’humanité doit simplement se souvenir du creuset où l’homme s’est dressé pour la première fois, de ce lieu où il a poussé son premier cri, de ce bout de Terre où il a levé les yeux vers l’univers, de cette planète dont il part aujourd’hui à la conquête de l’espace, des prémices d’une aventure sans précédent.
Comment expliquer aux humanités de l’espace qui nous attendent que nous avons laissé périr, dans les pires conditions, les vestales de l’antique berceau ?
L’Africanité est un fait, comme aurait pu le dire le Président SENGHOR ou l’Emir ABD EL KADER, une culture, un ensemble de valeurs économiques et politiques, intellectuelles et morales, artistiques et sociales, des peuples d’Afrique, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, mais pas seulement des peuples d’Afrique, de tous ces peuples qui sont issus de ce continent et qui ont créé l’humanité.
AFRICA s’est donnée une mission qu’elle a gravée au burin sur les pierres des sentiers et dans les cavernes de l’Histoire : Rien de ce qui est africain ne nous sera étranger.
|
 |
Le Chemin

 |
 |

D'impossibles à imaginaires, d'imaginaires à complexes. Combien d'idées, de systèmes politiques, de théories, de procédés ont suivi ce chemin pour devenir "réalité" !
Denis Guedj
Extrait de Le Théorème du perroquet
Lorsque nous étions enfants, il y a très longtemps, nos parents nous lisaient une histoire sur un chat qui marchait tout seul de Rudyard Kipling, l’un de nos auteurs de référence dans de nombreux domaines.
La connaissance de la profonde philosophie de Kipling, ses chemins d’introspection, l’apprentissage des compagnons voyageurs nous ont permis, comme ce chat, de prendre la route, physiquement et spirituellement, sans nous soucier de l‘état des sentes où des brigands qui pouvaient parfois apparaître.
Ces voyages, et les Maîtres de Justice que nous avons rencontrés, nous ont appris qu’il fallait toujours garder le cap et y revenir, immédiatement, lorsque nous sentions que nous allions nous égarer.
Sur ces parcours en solitaire, nous avons rencontré beaucoup de frères de fortune et d’infortune de toutes nationalités, de toutes ethnies, de toutes religions, de toutes pensées philosophiques, de tous âges et de toutes couleurs.
Nous nous sommes aperçus que rien ne nous différenciait sur l’essentiel, que nous sommes chez nous sur toute l’étendue de la Terre, que les frontières ne servent à rien, si ce n’est qu’à nous diviser, que nous avons l’immense mission de préserver toutes les espèces et leur environnement, qu’il nous fallait construire un développement durable et partager nos richesses avec toute l’humanité, afin que personne ne reste au bord du chemin.
Pour certains des compagnons voyageurs que nous sommes, le bon chemin a été celui qui nous a été indiqué par cette étoile flamboyante qui illumine nos nuits.
D’autres ont préféré explorer des voies plus incertaines et se sont perdus.
Les plus malheureux n’en sont jamais revenus.
Les plus malheureux, ne soyons pas trop affirmatifs ? Peut-être ont-ils trouvé la voie du bonheur, en gardant jalousement le secret pour ne pas être envahis par la multitude.
En compagnie d’hommes et de femmes au grand cœur, Pierre Dubois-Dupont, Lucien Traverse et Jacques Villard ont créé AFRICA, en 1984 afin de permettre aux deux continents, l’Afrique où ils étaient nés, et l’Europe où ils vivaient d’envisager des échanges, une prospérité nouvelle, une fraternité vivante, après les morts et l’exil pour beaucoup de leurs parents et amis.
Ils ont permis à des femmes et à des hommes de ces deux continents de se connaître, de travailler ensemble, de s’apprécier, de devenir des frères et des soeurs qui s’embrassent et qui se reçoivent, de penser ensemble à des projets et de participer à leurs réalisations.
Ils ont adopté des enfants d’Afrique afin de leur donner une raison d’espérer.
Oui, ils ont connu des échecs au cours de toutes ces années
Mais ces échecs les ont grandis car ils les ont surmontés ensemble.
Ils ont trouvé des solutions pour ne plus se trouver confrontés à de pareilles situations.
Jamais, ils n’ont pratiqué la charité qui trouble la dignité.
Personne n’a eu à tendre la main de la honte. Tout a été réalisé par le travail en commun.
Ils ont mélangé leur sueur et leurs larmes, se créant un patrimoine de souvenirs à nul autre pareil.
Ils ont connu, ainsi, de belles réussites et surtout, ils sont devenus des Frères, s’initiant les uns et les autres dans des rites spécifiquement africains dont seuls les Sages possèdent le secret.
Nulle loi au monde ne pourra jamais les séparer.
Ils n’ont pas eu besoin de test ADN pour comprendre qu’ils avaient fondé une même famille, qu’ils se battaient pour la même Patrie, cette planète Terre que nous aimons tous et que nous ne tenons pas à voir périr à la suite d’un cataclysme provoqué par une humanité imprudente et aveugle.
Pierre Dubois-Dupont et Lucien Traverse ont rejoint le cimetière des éléphants.
Jacques Villard s’est maintenu sur le dos de son chameau au travers de toutes les tempêtes de sable, pendant vingt quatre longues années.
A son exemple, certain(e)s de nos frères et sœurs ont connu l’exil de leur pays natal, la prison, les procès, voire la calomnie et même la disparition physique, pure et simple.
Ils n’ignoraient pas que c’était le prix à payer et ils l’ont payé cash.
Aujourd’hui, nous connaissons, nous aussi, le prix à payer et nous acceptons d’avance de le payer.
En novembre 2006, nous avons vu arriver des Hommes et des Femmes, venus des autres continents.
Ils nous ont dit : nous voulons construire, nous aussi, avec vous, une fraternité sans chapelle, sans frontière, avec un horizon commun.
Ensemble, après une longue réflexion et beaucoup d’hésitations, nous avons accepté de nous lancer dans le chantier Fratri Mundi, ayant pour base l’expérience eurafricaine, euro-méditerranéenne ou africano-européenne d’Africa.
Pendant un an, nous avons travaillé, nuit et jour, sans ménager notre temps et nos économies sur ce grand chantier mondial.
Au fil de nos nuits blanches, nous avons vu les Fondateurs qui voulaient réécrire l’Histoire, donner des conseils de vertu, puis prendre la poudre d’escampette devant l’ampleur des travaux ou, pire encore, se déchirer pour des intérêts sordides ou de vaines gloires.
Ils venaient retirer des titres ou de l’argent alors que nous étions là pour agir dans l’ombre et trouver des ressources pour les plus malheureux.
Dans la vie, il faut commencer par donner beaucoup pour recevoir un peu.
Nous avons reçu en héritage de nos anciens, le Courage et l’Espérance.
Il s’agit de valeurs mais pas de biens mobiliers ou immobiliers.
Certes, les Etats ou les grandes ONG distribuent de l’argent à foison pour des projets dont il n’est pas question de discuter l’intérêt.
Il se trouve cependant que l’on distribue bien souvent l’argent des autres.
Il est impossible, cependant, de distribuer l’effort et le cœur des autres.
Nous, nous payons de notre poche et nous mettons la main à la pioche.
Avec nos frères africains, nous partageons de vrais moments de bonheur.
Les Etats qui donnent le plus d’argent sont ceux qui refoulent les Africains de leur sol et qui vendent des armes de guerre pour pérenniser les conflits. Curieux, non ?
Il nous a été donné pour mission de construire une cathédrale virtuelle.
Nous nous sommes distribués des maillets et des truelles pour la bâtir.
Depuis que nous avons pris en mains notre destinée, les contacts se sont multipliés avec toute l’Afrique et, au travers de l’Afrique, avec le monde entier.
Les Fédérations d’Africa naissent sur les fondations que nous avons creusées en partenariat avec d’autres organisations.
Dans les années qui vont suivre, des fédérations toutes plus belles les unes que les autres vont apparaître dans tous les Etats d’Afrique et en Europe.
Chaque jour, des femmes et des hommes de courage se joignent à nous.
Des commissions commencent à travailler sur les thèmes fondamentaux que nous devrons aborder afin d’orienter la réflexion commune de toutes nos fédérations.
Nous construisons un immense réseau humanitaire et humaniste, mais aussi des réseaux de compétence, de solidarité et de fraternité.
Si nous trouvons les bonnes volontés nécessaires, nous allons pouvoir disposer d’un fichier Internet de plusieurs milliers de messageries et l’exploiter pour la bonne cause.
Tout alors sera possible ! Mathématiquement, notre organisation va croître, disposer de moyens financiers et d’une force de pression qui devraient nous permettre d’accéder aux commissions internationales.
Nous pourrons enfin réaliser un certain nombre de projets dont nous serons les inventeurs, les acteurs, les moteurs et les porteurs.
Nous n’entretenons pas la prétention de ressembler à qui que ce soit !
Nous entreprenons, simplement et modestement, nous aussi, une longue marche de caravaniers dans le désert sans autres ressources que notre foi, notre gourde et nos haillons spirituels, afin de rassembler, dans un premiers temps, ce qui est épars, au sens le plus large du terme.
Notre époque est bouleversée, bouleversante.
Il est de notre devoir de nous diriger vers de nouveaux chemins de réflexion qui nous conduiront les un(e)s vers les autres.
Nous sommes déjà nombreux et la multitude nous attend.
Nous n’ignorons pas que nous allons nous heurter à des incompréhensions et à des adversités terribles lorsque certains vont comprendre nos buts finaux, vont percevoir le fond de nos discours, vont constater nos réalisations.
Rien n’est simple dans la vie !
Nous avons tous embarqués dans des galères sans même nous en rendre compte.
Au même moment, d’autres placent l’argent public qui leur est confié dans leurs propres poches et vivent en nantis alors que leurs peuples crèvent de faim.
Il ne peut rien nous arriver de plus grave que de réussir !
L’union fait la force, c’est vrai et nous allons le démontrer !
Cette force nous allons la mettre à la disposition de la Fraternité, de la Solidarité, de la Non-violence et de la Paix en faveur de femmes et d’hommes de bonne volonté qui vont se construire, ensemble, un devenir.
Nous entrons sur le chemin ! Marchons d’un pas alerte, droit devant nous !
Comptons-nous aujourd’hui pour mieux nous compter demain et comptabiliser, ainsi, les résultats obtenus !
Laissons partir les curieux et les indécis, les médisants et les mendiants, accueillons fraternellement les nouveaux venus!
Il ne doit y avoir dans nos cœurs que de bons et de beaux sentiments à l’exclusion de tout ce qui pourrait justifier un quelconque affrontement, individuel ou collectif.
Poème d’un enfant africain
L'homme et la femme sont deux miroirs.
Ils ont tous la même couleur de sang.
Cette couleur est le rouge.
Pour d’autres, l'amour,
Pour le reste, le feu.
Dans tous les peuples des hommes et des femmes,
Il y en a qui s'aiment mais qui ne veulent pas le montrer.
Et les autres, ils se trahissent et se battent.
Pourtant, chaque homme et chaque femme sont faits pour aimer :
aimer pour élever leurs enfants,
aimer pour la paix,
aimer pour réussir,
aimer pour être heureux,
aimer pour parler,
aimer pour vivre,
aimer pour aider,
aimer pour se rencontrer,
C'est pour ça que l'homme et la femme sont là.
|
 |
Le temps de l’action

 |
 |

Créée par Jacques Villard, il y a plus de vingt ans, l’Association Française de Relations et d’Initiatives avec le Continent Africain (AFRICA) a conservé son identité de réseau confidentiel consacré aux relations fraternelles et solidaristes entre des Africains et des Européens initiés aux valeurs profondes du berceau de l’humanité.
Farouchement indépendante de tous pouvoirs politiques ou confessionnels, Africa a dirigé ses interventions vers les microprojets de personnes soucieuses de fonder un devenir, sur le continent africain, à leur famille ou à leur village.
Le financement de cette Organisation Internationale Non Gouvernementale a été assuré, sans discontinuer, par les dons de ses fondateurs et de ses administrateurs.
Jamais, l’Association n’a demandé de subventions publiques et ne s’est soumise à des adhésions de masse, incontrôlables.
Des femmes et des hommes de talent ont marqué de leur empreinte les travaux des différentes fédérations africaines officielles ou discrètes en fonction de l’état démocratique des pays d’implantation.
Un certain nombre d’entre eux a disparu dans la violence des temps, à la suite de maladies, de pannes économiques ou, plus grave, d’enlèvements ou d’attentats.
Le prix à payer est très lourd lorsque l’on tient à rester des êtres libres et de bonnes mœurs, lorsque l’on pratique à visage découvert la fraternité et la solidarité, lorsque l’on ne se laisse détourner de sa mission par aucune compromission.
Les survivants ont continué l’œuvre entreprise sans jamais se laisser porter par la facilité ou décourager par les critiques, les menaces, les confrontations internes d’hommes ou d’idées et les tentatives de récupération ou de déstabilisation.
Notre association a décidé, au cours de l’année 2007, de prendre plusieurs initiatives :
- promouvoir directement la Paix, la Fraternité et la Solidarité entre les hommes de la Terre,
- s’engager résolument dans la défense des Droits de l’Homme et du développement durable,
- participer à la création et au développement de la Confédération Fratri Mundi,
- reconfigurer son site Internet Africapax.fr,
- mettre en place une nouvelle technique d’information et de communication,
- publier un manifeste collectif : « le Chemin »,
- remettre en activité son bulletin, numérique et sur papier : « Achaba »,
- encourager des créations officielles de fédérations nationales ou régionales,
- développer l’aide aux peuples autochtones,
- appuyer des projets de jumelages culturels, économiques, philosophiques et sociaux,
- encourager la création d’unités économiques en participant directement à leur gestion,
- se prononcer, sans ambiguïté, politiquement et économiquement,
- mémoriser les noms et les œuvres de celles et ceux qui se sont dévoués pour le bien de l’humanité,
- recomposer et activer ses structures dirigeantes,
- normaliser sa propre gestion par des signatures de contrats avec des mécènes.
En ouvrant cet immense chantier, les dirigeants actuels de l’association souhaitent mettre Africa en ordre de bataille pour affronter l’anniversaire de ses vingt-cinq ans d’existence afin que l’organisation non gouvernementale soit reconnue, considérée et acceptée dans le cadre des travaux des commissions internationales, initiées par l’Organisation des Nations Unies et l’Unité Africaine.
Pour ce faire, il est nécessaire, en février 2008 au plus tard, de doter l’Organisation d’une Présidence bénévole à plein temps, d’un Secrétariat Général permanent, de ressources adéquates et de membres actifs, chargés de missions spécifiques.
En janvier 2008, le siège de l’association sera transféré au plus profond du département de l’Hérault dans le but de rejoindre le lieu de naissance d’Africa et de construire un espace qui abritera les travaux et la mémoire de toutes celles et de tous ceux qui se dévouent, depuis des décennies, au rapprochement de l’Afrique et de l’Europe. |
 |
La Marche

 |
 |

Africa est une association humaniste et laïque à vocation internationale.
Elle entretient et conforte les liens fraternels existant entre Africains et Européens afin que les mots liberté, égalité, fraternité, droits de l’homme, développement durable ne restent pas des mots creux, vides de sens et de réalité.
Elle travaille dans le but d’éradiquer tous les fléaux qui agressent l’Afrique dans les domaines de la santé, de la sécurité, de l’environnement, de la philosophie, de la politique et de l’économie.
Africa est une idée qui fait son chemin.
Africa considère que rien de ce qui est africain ne doit lui être étranger.
Africa est un outil au service de la Paix et de la Solidarité entre les Hommes.
Ce n’est pas une organisation humanitaire qui manie des fonds importants, qui dispose de moyens sans limite, qui sert de relais ou de conscience à des organisations internationales ou gouvernementales qui distribuent des soins à ceux qu’elles exterminent, qui donnent de la nourriture à ceux qu’elles affament, qui construisent des écoles afin der mieux capter les cerveaux dans le cadre des intérêts des mieux nantis..
Les seuls arguments d’Africa sont la non-violence et la résistance passive au service d’une cause essentielle qui demandent à ses serviteurs de vivre pour elle et non pas de mourir.
Aucune cause au Monde ne mérite la mort d’un seul Homme.
Aucune raison ne peut justifier l’anéantissement de la faune et de la flore, de toute expression de la vie sur Terre.
La science et son progrès doivent être dirigés vers l’amélioration de la condition humaine, vers la conservation de notre patrimoine naturel, vers la découverte pacifique de notre environnement spatial afin de donner plus de visibilité à l’humanité.
Les usines de fabrication d’armes, de drogues diverses, de produits chimiques dangereux doivent êtres définitivement fermées.
Les mots qui se rattachent à la guerre, à la violence, à l’arbitraire, doivent sortir de notre langage.
Nous devons apprendre à allers vers les autres, à découvrir leurs lieux de vie, leurs lieux de travail et, bien souvent, leurs lieux de misère.
Si la Paix et le Développement ne s’installent pas durablement en Afrique, c’est l’humanité toute entière qui en souffrira.
Tous les actes de guerre, tous les actes de terrorisme sont condamnables de la même manière.
Il n’y a pas de guerre juste, de combats nobles. Tous les affrontements qui débouchent sur la haine de l’autre et la volonté d’extermination sont autant d’échecs de l’humanité.
Soyez égoïstes !
En luttant pour l’Afrique, luttez pour vous, pour le devenir de vos enfants, pour votre propre Paix interne et votre Développement !
Si vous restez indifférents, si vous ne faites qu’écouter sans réagir les discours officiels, si vous vous laissez emporter par votre quotidienneté, vous devenez les complices de ceux qui veulent saccager le Monde à leur seul profit !
Ils vous exploiteront comme ils exploitent actuellement l’Afrique en la laissant devenir la poubelle des Nations développées.
Un homme riche et gras ne pourra vivre éternellement serein et en bonne santé aux côtés d’un homme pauvre et malade, un jour ou l’autre, le pauvre se révoltera et fera payer à l’homme riche le prix fort de ses souffrances.
Il est temps de partager, de s’asseoir à la même table, d’admettre que nous devons vivre et prospérer ensemble, tout en respectant notre environnement.
Faute de ce faire, cette Terre deviendra invivable et reprendra ses droits !
A l’exemple du Mahatma Gandhi et du Pasteur Martin Luther King, marchons ensemble et en silence, mais avec détermination, vers notre destin.
Le Comité Action d’Africa |
 |
Proverbes Africains

 |
La Sagesse Africaine
|
|
 |

Afrique Sub-saharienne
Au bout de la patience, il y a le ciel.
Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef.
Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.
Celui qui doit vivre survit même si tu l'écrases dans un mortier.
Celui qui est impatient d'avoir un enfant épousera une femme enceinte.
Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles.
Celui qui t'empêche de te battre, donne-lui une récompense.
Ce qui est plus fort que l'éléphant, c'est la brousse.
Ce sont ceux qui ont peu de larmes qui pleurent vite le défunt.
C'est au bout de la vieille corde qu'on tisse la nouvelle.
C'est celui dont tu as soigné l'impuissance qui te prend ta femme.
C'est celui qui n'a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n'est pas plaisant.
C'est en essayant encore et encore que le singe apprend à bondir.
C'est souvent l'homme pour qui tu es allé puiser l'eau dans la rivière qui a excité le léopard contre toi.
Chaque marigot a son crocodile.
Dans un pouvoir despotique, la main lie le pied ; dans une démocratie, c'est le pied qui lie la main.
Homme, bois de l'eau pour te rendre beau. Gave-toi de soleil pour te rendre fort. Et regarde le ciel pour devenir grand.
Il n'y a pas de mauvais roi mais de mauvais courtisans.
Il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte dans la paix et l'amitié.
Il n'y a pas qu'un jour, demain aussi le soleil brillera.
Jette un os au chien méchant pour l'empêcher de te mordre.
La buse qui plane ne se doute pas que ceux qui sont en bas devinent ses intentions.
La chèvre morte est un malheur pour le propriétaire de la chèvre ; mais que la tête de la chèvre soit mise dans la marmite n'est un malheur que pour la chèvre elle-même.
La civette dépose ses ordures, à la source où elle a bu.
La femme est la ceinture qui tient le pantalon de l'homme.
La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche.
La mort engloutit l'homme, elle n'engloutit pas son nom et sa réputation.
La mort est l'aînée, la vie sa cadette ; nous, humains, avons tort d'opposer la mort à la vie.
La mort est un vêtement que tout le monde portera.
La mort moud sans faire bouillir l'eau.
La nuit dure longtemps mais le jour finit par arriver.
Là où on s'aime, il ne fait jamais nuit.
La persévérance est un talisman pour la vie.
La plume de l'oiseau s'envole en l'air mais elle termine à terre.
La Terre n'a qu'un Soleil.
La vache qui reste longtemps en place, s'éloigne avec une fléchette.
Le cadavre d'un oiseau ne pourrit pas en l'air mais à terre.
Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois.
Le ciel n'a pas deux soleils, le peuple n'a pas deux souverains.
Le coassement des grenouilles n'empêche pas l'éléphant de boire.
Le cri de détresse d'un seul gouverné ne vient pas à bout du tambour.
Le destin souffle sans soufflet de forge.
Le feu qui te brûlera, c'est celui auquel tu te chauffes.
Le jour éloigné existe mais celui qui ne viendra pas n'existe pas.
L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent.
Le lieu où on attend la mort n'a pas besoin d'être vaste.
Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.
Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas.
Le palétuvier d'eau douce danse mal parce qu'il a de trop nombreuses racines.
L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli.
Les bonheurs n'ont pas de campements rapprochés.
Les condoléances ne ressuscitent pas le défunt mais elles entretiennent la confiance entre ceux qui restent.
Le singe n'abandonne pas sa queue, qu'il tient soit de son père, soit de sa mère.
Le singe ne voit pas la bosse qu'il a sur le front.
Les marques du fouet disparaissent, la trace des injures, jamais.
L'espoir est le pilier du monde.
Le veau ne perd pas sa mère même dans l'obscurité.
Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau.
L'herbe ne pousse jamais sur la route où tout le monde passe.
L'oeuf ne danse pas avec la pierre.
L'oiseau qui chante ne sait pas faire son nid.
Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens.
Marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane.
Mouche du roi est roi.
Ne pile pas ton mil avec une banane mûre.
On dit que la mort est préférable à la honte, mais il faut rapidement ajouter que si la honte porte des fruits, la mort n'en porte pas.
On est plus le fils de son époque que le fils de son père.
On ne met pas les vaches dans tous les parcs que l'esprit construit.
On ne prend pas un hippopotame avec un hameçon.
On n'oublie pas l'arbuste derrière lequel on s'est caché quand on a tiré sur un éléphant et qu'on l'a touché.
On tarde à grandir, on ne tarde pas à mourir.
Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village.
Quand deux esclaves se rencontrent, ils disent du mal de la liberté.
Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit.
Quand l'éléphant trébuche, ce sont les fourmis qui en pâtissent.
Quand les poules de la basse-cour deviennent trop nombreuses autour du mortier et harcèlent les pileuses, celles-ci suspendent leur action.
Quand on se couche à deux, on se réveille à trois.
Quand un arbre tombe, on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit.
Quand un homme, la corde au cou, passe près d'un homme tué, il change de démarche et rend grâce à Allah du sort que le Tout-Puissant lui a réservé.
Que celui qui n'a pas traversé ne se moque pas de celui qui s'est noyé.
Que personne ne se hâte de voir le jour où tous ses parents et leurs familles feront un éloge.
Qui est souvent à la cour du roi, finit toujours par trahir ses amis.
Qui va loin revient près...
Qui vit longtemps voit la danse de la colombe.
Si en te baignant tu as échappé au crocodile, prends garde au léopard sur la berge.
Si haut que parvienne une chose lancée, c'est à terre qu'elle retourne.
Si la petite souris abandonne le sentier de ses pères, les pointes de chiendent lui crèvent les yeux.
Si le crocodile achète un pantalon, c'est qu'il a trouvé où mettre sa queue.
Si le puissant mange un caméléon, on dit que c'est pour se soigner, c'est un médicament. Si le pauvre en mange, on l'accuse de gourmandise.
Si le rat a mis une culotte, ce sont les chats qui l'ôtent.
Si tu portes un vieillard depuis l'aube et que le soir tu le traînes, il ne se souvient que d'avoir été traîné.
Si tu supportes la fumée, tu te réchaufferas avec la braise.
Si tu vois une chèvre dans le repaire d'un lion, aie peur d'elle.
Si un animal vous dit qu'il peut parler, il ment probablement.
Si un petit arbre est sorti de terre sous un baobab, il meurt arbrisseau.
Sur quelque arbre que ton père soit monté, si tu ne peux grimper, mets au moins la main sur le tronc.
Tous les blancs ont une montre, mais ils n'ont jamais le temps.
Toute flèche dont tu sais qu'elle ne te manquera pas : fais seulement saillir ton ventre pour qu'elle y frappe en plein.
Un acacia ne tombe pas à la volonté d'une chèvre maigre qui convoite ses fruits.
Une calebasse pleine de lait s'eloigne toujours de la bagarre entre gourdins.
Un énorme éléphant n'a pas toujours d'énormes défenses.
Une petite colline te fait arriver à une grande.
Une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer.
Un seul chagrin ne déchire pas le ventre en une seule fois.
Un veillard qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle.
Bambara
Ce n'est pas la bouche, mais le pied qui trace le sentier de la parenté.
C'est celui qui a du lait qui peut faire la crème.
Chaque filet d'eau a son chemin.
La belle femme est celle qui a un enfant sur le dos.
La feuille ne pourrit pas le jour de sa chute dans l'eau.
Le monde est un pot à eau, quand on a bu, on le passe à autrui pour qu'il boive aussi.
L'enfant aime la liberté, il en est la première victime.
Lorsque la tête du serpent est coupée, le reste n'est qu'une corde.
On ne jette pas le poisson qu'on a dans la main pour prendre celui qu'on a sous le pied.
Quand le tonnerre gronde, chacun pose sa main sur sa tête.
Si Dieu tue un riche, il tue son ami ; s'il tue un pauvre, il tue une canaille.
Si nombreux que soient les travaux finis, ceux qui restent à faire sont plus nombreux.
Tes fautes anciennes te nuisent en justice.
Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux.
Toute mère est un fleuve.
Tout vieux héros finit par décortiquer l'arachide de sa femme.
Un homme meurt sans causer au monde aucun dommage.
Bamiléké
Dieu n'a fait qu'ébaucher l'homme, c'est sur terre que chacun se crée.
Haoussa
La parenté est comme un manteau d'épines.
L'eau chaude n'oublie pas qu'elle a été froide.
Le meilleur ail ne remplace pas l'oignon.
L'homme est comme le poivre, tu ne le connais pas avant de l'avoir mâché.
Quand tu manges un gâteau rond, commences-tu par le centre ?
Qui écoute les donneurs d'avis suit le vent à la trace.
Nigritien
Celui qui a un maître n'est pas maître de ce qu'il porte sur le dos.
Celui qui a vécu sans qu'on s'en aperçoive, s'il meurt, on ne s'en apercevra pas.
Ce n'est pas à toute oreille percée que l'on met des anneaux d'or.
C'est quand le chat est repu qu'il dit que le derrière de la souris pue.
La femme est une eau fraîche qui tue, une eau profonde qui noie.
La méchanceté est un lion qui commence par bondir d'abord sur son maître.
La querelle entre parents fume et ne flambe pas.
Le léopard ne se déplace pas sans ses taches.
Le lion en chasse pour tuer ne rugit pas.
Le sorcier tue, mais n'hérite jamais.
L'homme patient parvient à faire cuire une pierre jusqu'à ce qu'il la boive en bouillon.
L'union dans le troupeau oblige le lion à se coucher avec la faim.
Quand on fait rôtir une pintade, la perdrix a la migraine.
Si de la main droite tu fouettes l'enfant, de la main gauche tu le presses sur ton coeur.
Bantou
La mère est celle qui prend le couteau par la lame.
Le borgne n'a qu'un oeil, mais il pleure quand même.
L'héritier du léopard hérite aussi de ses tâches.
Ne brandis pas dans l'air le serpent que tu as tué, les autres serpents te guettent.
Quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel.
Zoulou
Avancer, c'est mourir ; reculer, c'est mourir ; donc vaut mieux avancer et mourir.
Il faut façonner l'argile pendant qu'elle est molle.
Le fou est l'échelle du sage.
Le putois ne sait pas qu'il pue.
Touareg
Au bout de la corde, la tente ; au bout de l'homme, la trace.
Bouche de miel, coeur de fiel.
C'est pendant que le vieux seau est encore là qu'il faut en fabriquer un neuf.
En quelque pays que tu entres, conforme-toi à ses moeurs.
Fais de ta plainte un chant d'amour pour ne plus savoir que tu souffres.
Les années ne peuvent se cacher dans un sac.
Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses.
L'homme a inventé la montre, mais Dieu a inventé le temps.
L'oeil ne voit pas ce qui le crève.
Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis sans rien faire.
Mieux vaut passer la nuit dans l'irritation de l'offense que dans le repentir de la vengeance.
Mieux vaut se briser la jambe que briser sa parole.
Ne te lasse pas de crier ta joie d'être en vie et tu n'entendras plus d'autres cris.
Que celui qui réside fasse en sorte que celui qui passe ne le mésestime pas.
Qui fait ce que son père n'a pas fait verra ce que son père n'a pas vu.
Berbère
Celui que le serpent a piqué prend peur d'une simple corde.
Celui qui a levé la main, c'est comme s'il avait frappé.
Celui qui passe la nuit dans la mare se réveille cousin des grenouilles.
Celui qui possède un métier est comme celui qui possède un château-fort.
Ce qui est dans la parole est dans le silence.
La honte court comme le feu.
L'arbre suit sa racine.
Le présomptueux devient raisin sec avant d'avoir été raisin mûr.
Les dents ont beau rire, le coeur sait la blessure qu'il porte.
Les paroles les plus douces ont moins de prise sur les femmes que les bijoux silencieux.
Les soucis enlaidissent, c'est la joie qui fait fleurir.
Les voiles des coeurs sont déchirés quand les coeurs se regardent en face.
Qui se blesse soi-même ne se manque jamais.
Si la chance veut venir à toi, tu la conduiras avec un cheveu ; mais si la chance veut partir, elle rompra une chaîne.
Si tu as de nombreuses richesses donne ton bien ; si tu possèdes peu, donne ton coeur.
Une belle fille est comme une aiguillée de soie.
Kabyle
Fais ce que ton voisin fait, ou déplace l'entrée de ta maison.
La femme se débat comme la mouche dans le petit-lait, personne ne la voit.
La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche.
"Mon Dieu, mon Dieu" sur la langue... et un poignard dans son sein.
Qui n'est pas utile à soi-même ne peut être utile à ses amis et ses proches.
Si tu rencontres deux êtres qui vivent en harmonie, sois sûr que l'un d'eux est bon.
Vouloir arriver, c'est avoir fait la moitié du chemin.
Un âne, restera toujours un âne, même si on lui a coupé les oreilles |
 |
Nous sommes tous des leviers de l'epérances !

 |
 |

Il y a quarante ans, Martin Luther King mourrait
Il est important de conseiller à nos ami(e)s de lire cette biographie remarquable de Christian Delorme.
On comprend mieux l’évolution d’hommes éclairés vers leur destin. On comprend mieux notre propre combat ! Comme Martin Luther King, nous faisons le rêve d’un monde meilleur.
Pour que ce monde soit meilleur, il est important que les hommes se connaissent, se parlent, travaillent et se détendent ensemble, qu’ils regardent le soleil se lever, qu’ils voient naître un enfant et mourir le vieillard, qu’ils apprennent à se lire dans les yeux, qu’ils maîtrisent leurs souffrances, qu’ils aiment l’humanité et, surtout, que, partout, ils se sentent chez eux.
Conserver la beauté naturelle de la Terre, préserver le bonheur d’y vivre en paix et en harmonie , prospérer, tous ensemble, dans un environnement exceptionnel, accompagner toutes les génération vers un avenir radieux est à portée de nos regards, de notre action quotidienne.
Des gens anonymes luttent journellement pour réparer les irréparables outrages d’êtres inconséquents.
Il est difficile de dire des vérités dans ce monde sans passer pour des empêcheurs de tourner en rond.
Bien souvent, on nous demande quel est le bilan d’Africa, combien nous avons construit d’écoles, quelles sont les lieux où nous avons implanté des pompes à eaux, combien de tonnes de riz ou de vivre nous avons distribuées, quels sont les hôpitaux que où nous aurions implanter du matériel, …
Nous ne répondrons jamais à ces question. Africa ne fait rien de tel.
Chacun des membres d’Africa agit dans d’autres structures pour réaliser ces objectifs.
Pourquoi abriter, instruire, nourrir des hommes que nous allons abandonner demain aux balles que nos pays aurons fabriquées. Il faut commencer par éradiquer, chez nous, ce que nous exportons de plus terrible pour le genre humain.
Les membres d’Africa véhiculent des idées. Ils marchent en paix vers les autres, y compris leurs pires ennemis. Ils parlent avec tout le monde, Ils s’assoient autour de toutes les tables et sur tous les tapis. Ils partagent leurs biens et leur pitance. Ils travaillent durement pour payer, eux-mêmes, le prix de leurs engagements sans avoir à tendre la main. Il est facile de construire avec l’argent des autres et sans limite. Ils agissent dans l’ombre, redoutent la médiatisation, refusent toutes les récompenses et s’éclipsent discrètement lorsque l’un de leurs buts est atteint. Ils n’ont pas de cartes de visites. Ils n’obéissent à aucun gourou, à aucun dogme. Ils sont libres de corps et de pensées.
Africa ne reconnaît aucune frontière, spirituelle ou géographique mais respectent tous ceux qui vivent en paix à l’intérieur de ces constructions humaines.
Les couleurs de peaux, les noms, les langages, les nationalités, les drapeaux sont tristement dérisoires, ne veulent rien dire, sont autant de facteurs de division si ces différences deviennent des armes de guerre.
La guerre, la faim, la maladie, la pauvreté, les destructions ont-elle une couleur de peau, des frontières ?
Nous parlons le langage des yeux et des signes, celui du vent, de la glaise, de la pluie et de la chaleur.
Les membres d’Africa ne refusent pas le progrès. Ils essaient simplement d’en maîtriser les effets dévastateurs. Nous ne sommes pas rétrogrades, bien au contraire. Nous aimons la Terre et notre prochain.
Nos ennemis sont toutes les dictatures qui sévissent dans tous les domaines de l’activité humaine.
Nos amis sont ceux qui se battent pour conduire leurs peuples vers la raison et la liberté.
Les membres d’Africa se croisent les bras devant toutes les haines. Ils marchent en silence vers leur destin sans que rien, ni personne ne puisse les arrêter.
La non violence active irrite certainement mais gagne sur tous les terrains !
A l’exemple de Martin Luther King, nous sommes tous des leviers de l’espérance !
Biographie du Pasteur Martin Luther King
par Christian Delorme, Directeur de Publication d'Alternatives Non Violentes
Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse.
Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique. Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue.
De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse College d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.
Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Nègres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.
King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi.
En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti à leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s'installaient à Montgomery (Alabama), ville habitée par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, où Martin Luther King prit la succession d'un "pasteur de choc", dans une des églises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles aisées et d'intellectuels.
________________________________________
Le boycott de Montgomery:
Le 17 mai 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait décrété que dans l'éducation, droit majeur de l'homme, la ségrégation était contraire à la Constitution. Il s'agissait d'un événement important, qui ouvrait une brèche dans le mur soigneusement élaboré du mépris racial, mais l'intégration était encore loin d'être réalisée, surtout dans les Etats du Sud. Afin d'intéresser ses paroissiens aux problèmes du peuple noir, et surtout afin de les amener à faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita très vite un comité d'action sociale et politique, et il invita les membres de la communauté à adhérer à la N.A.A.C.P. qui avait été pour beaucoup dans la décision de la Cour Suprême. Mais c'est le ler décembre 1955 que se produisit l'événement qui allait orienter toute sa carrière de pasteur.
Ce jour-là, en effet, une couturière noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de céder sa place assise dans l'autobus à un Blanc, comme les lois de l'Alabama le lui enjoignaient. La police l'interpella, et elle se serait retrouvée en prison si un témoin de la scène n'avait payé immédiatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalisé, il décida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d'organiser le soir même une réunion au temple, avec tout ce que la communauté noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, médecins, syndicalistes... Un syndicaliste ayant suggéré un boycott des autobus, l'idée fut discutée et, progressivement, adoptée. Les pasteurs annonceraient la décision à l'office du dimanche. Un tract serait distribué à la population de couleur. Le lundi 5 décembre, les Noirs ne devraient pas prendre l'autobus pour aller au travail, à l'école, à la ville ! Le lundi matin, chacun était anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l'autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promenèrent tout seuls, car les Blancs s'étaient eux-mêmes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, étaient pleins, les rues étaient encombrées de bicyclettes et de piétons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilomètres à effectuer pour se rendre à leur travail, marchèrent même beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s'interpellait. C'était la levée en masse de la piétaille ! La police aurait voulu arrêter les meneurs... mais qui était meneur ?
Dans la journée, Mme Parks fut condamnée à dix dollars d'amende pour violation des lois locales de ségrégation. Le soir, une grande assemblée se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s'écria : "Nous en avons assez d'être maltraités et opprimés. Nous avons été trop patients. Une des gloires de la démocratie, c'est qu'elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L'amour du prochain sera notre règle". Les applaudissements et les reprises en chœur de ses phrases l'interrompaient constamment. On décida que le boycott serait prolongé jusqu'à ce que des pratiques humiliantes cessent d'être imposées aux Noirs dans les autobus. On créa aussitôt une nouvelle organisation, l'Association pour le Progrès de Montgomery, et King en fut nommé président.
L'action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorités firent pression sur King pour qu'il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l'arrêta sous le fallacieux prétexte d'excès de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de déclencher une réaction noire violente qu'évita de justesse King en faisant appel à la raison. En mars, on intenta un procès au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamné à cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d'amende. Cette lutte, Martin Luther King l'a racontée dans "Combats pour la liberté".
Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l'avaient jamais été, s'entraidèrent ainsi pour des services de taxis bénévoles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s'encouragèrent les uns les autres à circuler à pied et à se tenir prêts à être jetés en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d'autobus fut finalement obligée d'accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s'arrêtait pas là : dès novembre 1956, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré inconstitutionnelles lois imposant la ségrégation dans les transports ! Le 21 décembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans les mêmes conditions que les Blancs, sous la protection d'une loi anti-ségrégation. Pour eux, c'était la prise de la Bastille !
________________________________________
L'action s'étend
Dès lors, Martin Luther King allait apparaître comme le leader national du mouvement de résistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l'organisation qui s'appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut élu président. Pour commencer, cette organisation décida de concentrer son attention sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu'à Montgomery malgré la nouvelle loi, et l'accession des Noirs au droit de vote.
Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilomètres et prononça deux cent huit discours. On l'appelait "le nouveau Moise" ou "le nouveau Gandhi". Un thème revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la défense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acquérir le respect d'eux-mêmes. Preuve de la popularité grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l'invitait aux cérémonies qui marquèrent l'indépendance du Ghana.
A son retour d'Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., décidaient d'organiser une manifestation à Washington, le 17 mai 1957, pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour Suprême supprimant la ségrégation dans les écoles. Vingt-cinq à trente mille Noirs et quelques Blancs, massés devant le mémorial de Lincoln, écoutèrent les orateurs qui réclamaient la fin de la ségrégation raciale. King fut ovationné. Un mois plus tard, il était reçu, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-président Nixon. Puis, le 23 juin, c'était au tour du président Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des réponses très vagues, qui aboutirent à une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n'offrant guère d'espoirs d'application immédiate. Le langage de King, lui, était ferme et exigeant.
En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de "Combats pour la liberté", Martin Luther King fut insulté, brutalisé et arrêté par des agents de police. Il fut vite relâché, un inconnu ayant payé sa caution. Mais, peu après, une femme noire exaltée, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincu que celui-ci était communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s'arrêta tout contre l'aorte, et c'est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invité par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi.
Le progrès vers l'égalité raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques élèves noirs dans une grande école qu'on proclamait "intégrée". De ce fait, la patience des Noirs était mise à rude épreuve, et à partir de 1959, les "Musulmans Noirs", qui refusaient de faire appel, comme King, à la conscience des Américains blancs et prônaient la violence, commencèrent, sous la direction d'Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l'Amérique noire, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord.
A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, où Martin Luther, étant donné ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta.
________________________________________
"Sit-ins" et "voyages de la liberté"
Montgomery avait été le premier épisode de la révolte noire. Greensboro fut le deuxième. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre étudiants noirs s'installèrent, le ler février 1960, dans un buffet réservé aux Blancs et refusèrent d'en partir. Une station de radio transmit l'information. Aussitôt, des dizaines d'étudiants vinrent en renfort à leurs camarades : les "sit-ins" venaient de faire leur apparition comme tactique de masse.
Ce mouvement allait s'étendre à plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuriés, les manifestants restaient silencieux. Frappés, ils ne rendaient pas les coups. Même quand des jeunes Blancs s'amusaient à tirer les cheveux des filles noires ou à écraser des cigarettes allumées sur leur cou, celles-ci ne répondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignité. Il y eut des centaines d'arrestations. Martin Luther King n'avait pas été directement à l'origine de cette action, mais il allait d'un lieu à un autre, soutenant les résistants, se joignant à leurs démonstrations, se faisant arrêter avec eux. Il expliquait : "Pour que la résistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirigé vers la réconciliation. Notre but final est la création de la communauté d'amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l'esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence". Cette forme de lutte contre la ségrégation permit d'accomplir à un rythme accéléré l'intégration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les bibliothèques, dans les églises...
En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l'action, et ils l'intitulaient "Comité des Etudiants Non-violents" (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l'impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait évoluer cinq à six ans plus tard en s'éloignant de la non-violence. C'est l'année aussi où King fut accusé de fraude fiscale, accusation dont il fut lavé mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait été parmi les quelques vingt et un mille personnes arrêtées dans les Etats du Sud, tandis que quelques progrès étaient apparus en direction de l'intégration et des droits des électeurs, et que des comités paritaires poursuivaient des négociations dans plus de cent localités.
________________________________________
Prix Nobel de la Paix 1964
Kennedy mort, en était-ce fini des espoirs des Noirs américains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son prédécesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques était votée. Ce texte s'attaquait à la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait désormais relever les infractions du ministère fédéral de la justice et non plus des juridictions locales, et créait une commission pour étudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n'était allée jusqu'à présent aussi loin dans le sens de l'égalité raciale. Pourtant, au même moment, des émeutes noires éclataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie... Les jeunes des ghettos des grandes villes américaines du Nord, en effet, avaient dépassé la frontière du désespoir. Ils n'avaient ni passé ni avenir : ils se jetaient dès lors dans la violence la plus aveugle.
En septembre 1964, King était invité par Willy Brandt à Berlin, et il était reçu en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson à la présidence des Etats-Unis... et apprenant son élection pour le prix Nobel de la Paix, qu'il allait recevoir à Oslo le 10 décembre 1964.
Par l'intermédiaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette révolte noire qu'il était déjà pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa célébrité faisait le tour de l'univers... elle était en train de mourir aux portes des quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants entendaient déjà un autre rêve : celui du "Black Power" (Pouvoir noir), celui d'une Amérique sans les Blancs.
Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l'Est, la main-d'oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s'était entassée dans des quartiers qui avaient vite ressemblé à l'enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des débouchés en quantité très limitée. Très fort chômage. Revenus inférieurs. Généralisation de l'assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Très forte densité. Dégradation de la vie familiale... Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la révolte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumulée contre les Blancs, même si, à la différence du Sud, il n'y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ?
En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l'Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique ségrégationniste, malgré les directives gouvernementales. Une première marche de protestation fut donc organisée, mais elle fut brutalement arrêtée par la police locale, qui fit soixante blessés parmi les manifestants. Martin Luther King lança alors un appel à tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille "pélerins" rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l'Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait à présent évident que les jeunes Noirs doutaient désormais des possibilités de l'action non-violente, et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers la réaction violente à l'injustice, en se réclamant du "Black Power".
Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empiré dans le Nord, où la misère économique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant méconnu la réalité des ghettos du Nord, King se trouva tout à coup en face d'une Amérique Noire qui lui échappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n'apparaissait plus que comme un "bourgeois moraliste", un "oncle Tom" manié et téléguidé par le pouvoir blanc, et les émeutes allaient embraser l'Amérique pendant quelques années...
________________________________________
La radicalisation... et la mort
Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s'apercevait qu'on l'écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n'était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il était également dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C'était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.
En 1966, Martin et Coretta King s'installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s'indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées... S'adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'éducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d'échos.
Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.
Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu.
Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".
C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".
Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.
Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...
King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner. |
 |
Nous sommes tous des Africains !

 |
 |

Discours prononcé à Yaoundé (Cameroun)
Jean-Michel QUILLARDET
Grand Maître du Grand Orient De France
Nous sommes tous des Africains,
Nous n’oublierons jamais, les souffrances de cette terre et de ce peuple, les horreurs, les atrocités, mais parce que cette vieille terre est incontestablement le berceau premier de la civilisation, nous savons aussi, malgré les obstacles et les difficultés, qu’elle est désormais pour nous tous une terre d’espérance.
Picasso visitant pour la première fois le Musée de l’Homme et en particulier le département des arts africains, voulut, dans ses jeunes années, quitter le Musée, celui-ci, disait-il, ne l’intéressant pas.
Toutefois, son épouse du moment le retient et il se força alors à examiner ces masques, ces objets que des hommes s’étaient efforcés d’exécuter dans un dessein sacré ou magique, pour qu’il serve d’intermédiaire entre eux et les forces inconnues et hostiles qui les entouraient afin de surmonter leur frayeur, leur gêne, leur inquiétude et en leur donnant ainsi formes et couleurs.
Et Picasso alors de dire : "Passant de ces figures nègres du Musée de l’Homme à la peinture universelle, je compris ce qu’était le sens même de l’art. Ce n’est pas un processus esthétique : c’est une forme symbolique et magique qui s’interpose entre l’univers et nous, une façon de le saisir en apposant une forme à nos terreurs, comme à nos désirs …"
C’est bien aussi, aujourd’hui, le sens de l’Afrique qui s’inscrit dans notre démarche maçonnique.
Le continent africain nous paraît être le lieu même de cette réconciliation entre méthode et symbole, entre raison et spiritualité, entre singularité et universel.
La démarche symbolique et rationnelle des francs-maçons est celle d’hommes qui non seulement se parlent, mais encore se parlent pour dire et qui ont ainsi quelque chose à se dire. Dans le travail initiatique, ils cherchent, comme les poètes, à donner un sens plus pur aux mots, aux choses et aux idées.
Sur cette vieille terre de lumière, de magie, de danse, de rituels et de fêtes, le maçon venant du Nord se retrouve chez lui au plus près du coeur de l’homme, au plus près du sens des choses, au plus près de la grandeur de l’humain.
Oui, nous sommes tous des Africains.
Et cette lumière, ce soleil qui nous vient du désert et sa pureté, nous donne alors une grande capacité d’espérance.
Nous savons que nous sommes capables du pire, d’ailleurs lors de l’initiation, l’on nous montre un miroir dans lequel se reflète notre visage et l’on nous dit : "Ton pire ennemi, c’est toi-même…".
Le pire ennemi de l’humanité, c’est l’homme, le pire ennemi de l’humanité, c’est l’humanité.
Et lorsque l’on prend connaissance de l’histoire de l’Afrique et des Africains, pour paraphraser la belle phrase d’Alfred de Vigny s’adressant aux femmes, "quand on rencontre un Africain, ce n’est pas bonjour qu’il convient de lui dire, mais c’est pardon".
Comment ne pas oublier ici, ces hommes, ces femmes, ces enfants qui, jusqu’au plus profond du 19ème siècle, n’ont pas été considérés comme des êtres humains, mais comme des animaux, comme des bêtes et traités ainsi, soupesés, palpés, jaugés, achetés, vendus, blessés, martyrisés.
La traite des Noirs restera à tout jamais un crime contre l’humanité qui devra toujours perpétuellement être rappelé, dont le souvenir devra toujours être attaché à nos coeurs parmi tant de souvenirs d’horreurs, mais celle-ci, horreur particulière, crime de génocide, crime de masse, oui, crime contre l’humanité.
Mais aujourd’hui encore, l’esclavage est-il terminé ? Malheureusement non, et dans beaucoup de ces pays d’Afrique on pourrait encore retrouver des esclaves des temps modernes, des enfants, des femmes, dont la liberté et la dignité ne sont pas respectées.
Meurtres, crimes contre l’humanité, toujours perpétués par l’Occident et quelquefois aussi, malheureusement, par quelques Africains, ou états africains qui reconstituent en quelque sorte un néocolonialisme moderne.
Nous devons nous rappeler ici du génocide rwandais, nous devons nous rappeler ici du génocide dans une indifférence internationale et générale, qui se commet à quelques kilomètres d’ici au Darfour.
Des industries occidentales avec la complicité des états de l’Occident et certains états africains, viennent piller, appauvrir, dessécher, le continent et le peuple d’Afrique.
Oui, ce grand lac de Tanzanie exploité de manière éhontée par des conserveries industrielles internationales en enlevant tous poissons dans ce lac, privant ainsi de nourriture toute une population locale et laissant désormais pour seule nourriture des cadavres de poissons et nous pouvons ainsi voir dans cette contrée des enfants obligés de se prostituer pour survivre.
C’est la réalité de notre monde d’aujourd’hui.
J’appelle les Africains, j’appelle les francs-maçons Africains à ne pas se voiler la face, à dénoncer les responsabilités occidentales des industries multinationales, de cette globalisation qui est le contraire même de l’universel.
Mais je les appelle aussi à ouvrir les yeux non pas sur leurs propres responsabilités, mais sur les responsabilités de quelques africains et de quelques états africains complices de cette tentative systématique de creuser encore plus de pauvreté et de martyrs, et d’amoindrir ainsi l’homme dans sa liberté, dans ses capacités créatrices et dans sa dignité.
La Franc-maçonnerie ce n’est pas simplement des valeurs énoncées, scandées, des paroles et des discours.
La Franc-maçonnerie, c’est une posture dans l’existence, c’est un projet de société, c’est l’humanisme en marche.
Le G.O.D.F. de retour en Afrique.
C’est donc une action.
Nous sommes dans le monde, dans le forum mais dans celui de l’universel.
Refusons d’abdiquer et d’être des spectateurs résignés d’un temps de l’insignifiance, d’un temps du défaitisme.
La maçonnerie africaine a ce grand défi devant elle : savoir réunir la laïcité universelle, la démocratie et le cosmopolitisme, la société et les cultures, l’identité et le métissage.
J’appelle la maçonnerie africaine à retrouver les voix du combat humaniste.
Qu’est-ce que l’humanisme ?
On pourrait au fond l’entendre selon trois sens.
Le premier serait celui qui consiste à dire que les maçons sont des généralistes de l’humain, c’est-àdire que tout ce qui concerne l’homme ne peut les rendre indifférents, les interroge, les intéresse : ils ont pour vocation de réfléchir à cette éternelle et grave question : qu’est-ce que l’homme ?
Le deuxième sens de ce projet se rattache à une vision de l’homme qui ne serait plus uniquement matérialiste, mais qui donnerait à l’homme toute sa dimension de mystère.
L’homme est un être mystérieux et c’est justement ce mystère de l’homme et le mystère de la vie que les maçons doivent rechercher.
Citons ici alors cette belle phrase de Goethe : "Si grand que ce soit ce mystère éternel remplis en ton âme, si par ce sentiment tu es heureux, nomme le comme tu voudras : bonheur, coeur, amour, Dieu. Moi je n’ai pour cela aucun nom. Le sentiment est tout, le nom n’est que bruit et fumée qui voilent le feu du ciel"
Enfin, le troisième sens c'est de préserver en lui son immense et incomparable dignité.
Le projet de la maçonnerie est de tout faire pour préserver la dignité de l’homme, sa pleine liberté, ses pleines capacités de création et la possibilité pour lui de vivre en accord avec lui-même et avec les autres, dans la sagesse et la sérénité.
La liberté de l’homme dans les institutions, dans la société, mais également sa propre liberté. Pas simplement les grandes libertés individuelles et politiques, mais également les nouvelles libertés qui se font jour compte tenu de l’évolution des sociétés et des nouveaux défis qu’elles posent à l’homme, soit les droits économiques et sociaux.
Oui, le droit au travail, mais dans ce droit au travail, le droit d’être respecté en tant qu’homme dans le travail, le droit au logement, le droit à un revenu d’existence.
Le projet humaniste est un projet fondé sur la défense des droits de l’homme, l’exercice de la tolérance, le respect des principes de la démocratie et de la république, le développement des droits sociaux : ce projet humaniste est extrêmement important au moment même où se développe le mouvement des idées, toute une philosophie anti-humaniste qui voudrait réduire l’homme justement à la matière et ce, avec toutes les conséquences politiques et sociales que l’on sait.
Au fond, on pourrait reprendre la définition que Montaigne donnait à l’humaniste : je, tu, ils.
Je : Ma propre réflexion personnelle, l’approfondissement de mes connaissances, mon propre accomplissement, ma présence au monde, ma présence parmi les autres, oui, le « connais-toi toimême ».
Tu : Le projet altruiste, aller vers l’autre, écouter l’autre, tenter de se rapprocher de lui, voir quels sont les points communs, les points de rencontre, les points de divergence et de toujours essayer de tendre la main pour s’engager dans un projet réunificateur : rassembler ce qui est épars.
Ils : C’est l’universalisme du projet humaniste, l’universalisme de l’humanisme des valeurs communes, la conscience claire qu’il y a des valeurs universelles. Français que par hasard, et nécessairement homme.
N’ayons donc pas peur des mots, et ne fuyons pas la réalité de notre devenir, mais au delà la réalité du devenir de l’humanité.
Dans ce monde qui, justement, partout, en France, en Europe et ici, qui se déshumanise de ce que l’on a pu appeler aujourd’hui l’ensauvagement du monde, nous devons appeler les maçons à faire de la politique.
Oui, de la politique.
Les questions sociétales et politiques sont de notre ressort.
Lorsque l’on est un maçon, on doit souhaiter une société plus juste, mais égale, plus libre, plus fraternelle, plus humaine.
Le maçon doit être du côté des plus pauvres d’entre nous, des plus nécessiteux, des plus démunis et il doit travailler à l’amélioration de l’humanité pour la rendre plus solidaire.
Le solidarisme est une grande valeur maçonnique.
Le maçon a des engagements citoyens car il doit faire vaincre son idéal.
La vraie question que nous devons poser, est de savoir si la politique pratiquée par un maçon, notamment à un haut niveau, est-elle différente de la politique pratiquée par celui qui ne l’est pas ? Je n’en suis pas sûr et c’est là une réelle difficulté.
Lorsqu’un élu, lorsqu’un responsable politique, lorsqu’un haut fonctionnaire quitte le temps maçonnique, il reprend, le plus souvent, son systématisme politique.
Alors qu’il conviendrait, au contraire, d’introduire dans la politique les outils maçonniques et ainsi de tenter de résoudre ensemble les interrogations fondamentales de notre société. Faisons alors nous aussi un rêve : que les maçons à l’extérieur du temple, tous ceux qui exercent des responsabilités collectives qu’ils soient de droite ou de gauche, croyants ou incroyants, puissent ne pas oublier leurs références, leurs initiations, et ainsi travailler ensemble pour construire une société plus humaine.
Cela se fait quelquefois sur le plan local. Trop rarement sur le plan national.
Je crois qu’il nous faut aussi combattre ce prêt à penser maçonnique, ce politiquement correct, cette pensée unique qui circule trop sur nos colonnes. C’est-à-dire ce discours classiquement et banalement politique, sans imagination, qui reprend une forme de conformisme sans aller plus loin dans le maniement de la pensée.
Osons penser.
Méfions-nous aussi de l’instrumentalisation des obédiences à fins politiques. Cette instrumentalisation est un risque. Une association maçonnique est porteuse de valeurs humanistes. Elle devrait donc être porteuse d’un projet humaniste.
Le combat directement politique que doit mener l’obédience est un combat contre les extrémismes, et intégrismes de tous autres, pour le respect de la démocratie et des droits fondamentaux de l’homme.
La politique que j’appelle de mes voeux est celle de l’influence intellectuelle et morale. Dans ce rapport très particulier avec la politique, le maçon peut se préserver de toute tentation de récupération politique, en pensant, en puisant en lui-même, si l’on a le courage d’élever le niveau du débat et poser les problèmes politiques de manière philosophique, et de manière maçonnique.
C’est seulement ainsi que le maçon peut faire de la politique au bon sens du terme, sans entrer dans le combat militant ou le conflit politique sectaire. C’est par les outils maçonniques, la symbolique et la méthode maçonnique que le maçon peut s’élever au-dessus de lui-même et par conséquent, au dessus du politique pour s’attacher à l’intérêt permanent de l’humanité, au-delà des contingences politiques quotidiennes.
S’élever au-dessus de soi-même, c’est s’élever au-dessus de ses propres opinions et des contingences pour tenter la recherche de cette vérité qui transcende tous les courants politiques, celle de l’homme dans la plénitude de sa liberté et de sa dignité.
Pierre Hadot dans son livre "La Citadelle Intérieure, introduction aux pensées de Marc-Aurèle" qui dans cette explication de la sagesse stoïcienne interroge très sérieusement le maçon, cite ce beau texte de Vaclav Havel : « La vraie politique, la seule digne de ce nom, et d’ailleurs que je consens à pratiquer est la politique au service du prochain. Au service de la communauté…Son fondement est éthique, en tant qu’elle n’est que la réalisation de la responsabilité de tous et envers tous. Celle-ci se nourrit de la certitude, consciente ou inconsciente, que tout s’inscrit pour toujours, tout s’évalue ailleurs, quelque part au-dessus de nous, dans ce que j’ai appelé la mémoire de l’être, dans cette partie indissociable du cosmos de la nature et de la vie"
Ainsi donc, nous autres maçons soyons pleinement maçons et pleinement politiques.
Cessons de rechercher les tapis rouges et les poignées de main, avec tel ou tel chef d’état corrompu ou peu porté sur la démocratie.
Arrêtons avec la diplomatie mondaine. Assurons notre indépendance politique, notre propre fonctionnement démocratique, notre souveraineté pour ainsi plus et mieux encore, affirmer nos principes et nos valeurs.
Alors oui, faisons de la politique.
On ne peut pas transiger avec les droits de l’homme. Il s’agit des droits naturels et imprescriptibles de l’être humain.
Lorsque l’homme est homme et que sa dignité et sa liberté sont la définition même de sa condition d’homme, que les droits de l’homme sont la nature même de l’homme.
On peut avoir une conception volontariste du respect des droits de l’homme que si l’on a très clairement conscience que l’homme a en lui-même ses droits naturels, parce qu’il est homme, parce qu’il est personne humaine constituée par ses droits imprescriptibles.
La défense des droits de l’homme entre parfaitement dans le projet humaniste, et dans cette idée de l’homme qui nous est révélée par l’initiation et qui est soutenue par tout notre parcours maçonnique, nos références, nos outils, nos rituels et nos symboles.
Il y a une incompatibilité manifeste et totale entre le fait d’être maçon et de ne pas respecter les droits de l’homme.
Il ne convient pas de choisir entre les bons et les mauvais droits de l’homme. Tout ce qui porte atteinte à la dignité de l’homme est intolérable quel que soit le régime politique et son orientation idéologique.
Les droits de l’homme ne se partagent pas.
Le premier droit de l’homme est d’abord celui de vivre dans la dignité.
Et à cet égard, les sociétés du 21ème siècle ne respectent pas les droits de l’homme.
Nous devons donc tout faire pour qu’également dans nos pays occidentaux, la misère soit éradiquée, mais tout faire aussi pour que cette dissociation inacceptable entre le Nord et le Sud, les populations du Nord et les populations du Sud, soit ainsi aussi large.
Il convient donc de développer plusieurs idées à cet égard :
- favoriser la circulation des compétences des diasporas et le développement de pôles régionaux d’excellence au Sud, l’objectif étant de recourir à la fois aux réseaux associatifs des migrants en France et aux compétences techniques des pays du Sud dans la conduite des projets.
- il faut aider à la circulation des personnes en créant des visas à entrées multiples en particulier pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les artistes et les hommes d’affaires des pays dits du Sud, c’est un impératif pour le développement de ces pays et pour le développement de nos pays afin de faciliter les rencontres et de conduire à un apport mutuel ;
- faciliter aussi les transferts d’épargne des migrants afin d’améliorer les conditions de vie des zones d’émigration.
Il convient, par conséquent, d’inciter le secteur bancaire et plus largement tous les opérateurs de transfert à diminuer leurs coûts, de structurer le secteur des opérateurs de transferts financiers des pays, afin de créer des opportunités d’investissement au service du développement, de rendre plus aisé l’accès au crédit pour les micro-sociétés, souvent issues du secteur informel notamment par un système de cautionnement mutuel.
En mettant en relief la dimension économique et humaine positive du fait migratoire, le codéveloppement est ainsi un outil innovant de partenariat entre pays d’émigration, de transit et d’accueil, certains pays combinant ces différents statuts. Ils participent d’une démarche globale portant sur tous les aspects de la relation qui existe entre développement et mouvement migratoire.
Le co-développement doit être, me semble-t-il, un objectif fondamental.
Le co-développement se situe à la confluence de trois problématiques essentielles : les migrations internationales, la mondialisation et le développement. Les défis qui se posent dans ces trois domaines concernant aussi bien les pays du Nord que ceux du Sud et des solutions viables ne pourront être trouvés que le cadre du dialogue et du partenariat entre les états concernés, en associant les sociétés civiles à ce dialogue.
Le co-développement, par sa logique participative permet de rendre les populations confiantes dans les capacités de leurs pays.
A cet égard, il faut nous interroger, nous autres notamment en France, sur la façon dont on entend régler la politique d’immigration.
Les aides au retour sont un procédé coûteux et peu efficace, de plus, elles sont paradoxalement, complètement déconnectées de toute vision du co-développement.
Les envois de fonds des migrants jouent un rôle souvent majeur dans les pays d’origine, soit qu’ils favorisent l’investissement local, soit qu’ils soutiennent la consommation locale, ce qui contribue au maintien d’un certain niveau d’activité et à la stabilisation économique.
Il faut donc prendre garde à ne priver les pays pauvres de cette ressource, beaucoup moins volatile que l’aide extérieure, mais aussi plus importante. La question de l’immigration pose un problème sérieux de fuite des cerveaux. Elle revêt un double aspect : d’un côté, il faut que les ressortissants des pays pauvres puissent venir se former en France et connaître des expériences professionnelles car cela est positif en terme de connaissance, de transfert de technologie, de savoir-faire et de capacité de gestion ; d’un autre côté, il faut aussi que ces acquis puissent bénéficier d’abord et avant tout au pays d’origine sous forme de retour des personnes formées.
Or, la politique européenne, comme celle d’autres pays riches, est à contre-emploi sur ces deux aspects. Au cours des deux dernières décennies, l’Afrique a perdu le tiers de ses cadres et professions libérales. Il en résulte une perte de ressource pour les pays qui les empêchent de tirer parti des techniques modernes au moyen du rapatriement des compétences. Ce qui pose aussi la question de la mobilisation des diasporas scientifiques à l’étranger composées de ressortissants de pays pauvres.
A cet égard, toute loi ou projet de loi fondé sur le captage des ressources intellectuelles et managériales des pays en voie de développement serait contraire à la politique d’aide au codéveloppement de ces pays.
Enfin, il faut dire ici combien nous sommes attachés à la liberté de circulation des personnes.
Les jurisprudences du Conseil d’Etat de la Cour européenne des Droits de l’Homme consacrent le droit de mener une vie familiale normale : à un moment où les pays riches s’efforcent de promouvoir les droits de l’homme dans les pays en développement, il serait préoccupant de remettre en cause un tel principe.
Si une régularisation de l’immigration familiale selon nos principes et valeurs peut être instituée, elle ne doit pas conduire à nier le principe du regroupement familial.
L’immigration est un des leviers de l’influence des pays occidentaux dans le monde et la défense de nos intérêts en particuliers vers les pays émergents, où nous sommes sans doute, nous autres Français, trop peu présents. Une politique d’immigration ne peut donc pas être définie en termes purement défensifs.
Il faut nous rencontrer, nous connaître, connaître nos différences et nous aider réciproquement, à conduire cet idéal et ainsi en effet, nous pourrons participer au développement d’une paix durable.
L’universel et le rassemblement de tous les hommes dans une seule et même idée, celle d’une humanité libre et digne. Ceci suppose que l’universel soit fondé très fermement sur une idée démocratique et libérale. Le rapport à l’universel ne conçoit que dans le cadre de l’épanouissement de l’humanité.
Nous sommes porteurs des valeurs de la démocratie : n’ayons pas honte de ces valeurs là. Il ne faut naturellement pas les imposer, mais il faut les enseigner. Soyons les voyageurs de la liberté. Aidons à construire une démocratie dans le respect des cultures de chaque continent ou de chaque pays. La dignité de l’homme, les droits de l’homme sont des valeurs universelles.
Notre mission, celle des francs-maçons humanistes, c’est de les faire comprendre et de les faire partager.
C’est la pédagogie de la liberté. La Franc-maçonnerie appelle en quelque sorte au droit à l’ingérence humaniste.
Il ne s’agit nullement pour moi de prôner la supériorité d’un quelconque système ou d’une quelconque culture ou civilisation sur une autre.
Bien au contraire, nous devons favoriser la connaissance de toute autre civilisation que la civilisation judéo-chrétienne, et en particulier, ce que Léopold Sedar Senghor appelait lui-même la civilisation nègre.
Notre regard doit être un regard plein d’humilité.
Nous avons l’obligation d’être présents au monde : présents aux autres, c’est le « tu » dont je parlais tout à l’heure.
C’est reconnaître les autres en tant que tels. En tant que maçons, nous devons reconnaître les autres peuples, les autres origines, les autres civilisations, toute forme de culture dont on doit au contraire s’imprégner.
Quand je dis que nous sommes porteurs de valeurs universelles nous sommes porteurs de notre foi dans les principes démocratiques dont nous devons avoir la ferme conviction qu'ils sont parfaitement compatibles avec toutes autres civilisations ou cultures.
Au nom de la personne humaine, au nom de la démocratie, on a commis beaucoup de crimes.
Il ne s’agit pas de faire le bonheur des gens malgré eux. La réalisation de l’utopie s’est souvent traduite par la mise en place d’un totalitarisme. Au nom de l’utopie, que de prisons ont été construites et que de camps de concentration ont été édifiés. Les valeurs de l’humaniste ne peuvent être propagées par une armée. Seule la circulation des idées et des hommes pourra éveiller les consciences et diffuser la lumière et la mémoire, et ainsi les frontières ne seront plus des barbelés ou des barrières, mais au contraire des ponts permettant de faciliter le passage.
Les dimensions de l’homme sont multiples et irréductibles l’une à l’autre.
Dans le monde objectif, chacun des membres de la même espèce ; dans l’univers, chacune occupe une position ; dans le tête-à-tête avec soi-même, chacun est seul et responsable des autres. Unique et universel, seul et avec les autres : en cela l’idéal humaniste peut prétendre à l’universalité.
Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition, et comme l’a si bien dit Descartes : "En sorte que j’existe et soit placé dans le monde, comme faisant partie de l’universalité et de tous les êtres". |
 |
La Colère des Dieux

 |
 |

LA COLERE DES DIEUX :
LA RELIGION CONTRE L’ETAT
EN AFRIQUE NOIRE
Par N’dri Marie Solange KOUAME
[ Article publié sur http://www.refer.sn/ethiopiques/
Ethiopiques n°72.
Littérature, philosophie, art et conflits
1er semestre 2004
Les Etats de l’Afrique noire, malgré leur diversité socio-géographique, ont en commun la situation historique qui les a portés à l’existence, celle de peuples et de nations qui ont subi durant de longues périodes le joug colonial classique et les conséquences psychologiques, sociales et matérielles que celui-ci a engendrées : le sous-développement économique, la destruction des structures de la société, l’étouffement de la culture nationale. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit de faire exister l’Etat comme un Etat moderne, avec en commun cette obligation, d’une part, de lutter contre les séquelles du passé colonial et, d’autre part, de combattre l’actuelle domination économique qui tend de multiples façons à limiter leur souveraineté.
Exister comme un Etat moderne revient, pour l’Etat africain, à la possession d’une légitimité démocratique et d’une efficacité technico-économique qu’on appelle couramment le développement économique.
Un demi-siècle pratiquement après les indépendances, le résultat est connu : la violence des guerres civiles, des conflits ethniques, des coups d’Etat déchirant toutes les sociétés africaines, le délabrement des infrastructures économiques, l’endettement accru vis-à-vis des institutions financières internationales, source de pauvreté, la disparition de la couverture et de la solidarité sociales montrent que l’Etat africain peine à exister comme un Etat moderne. Il continue d’échouer dans sa recherche forcenée d’une légitimité [2] politique pour être efficace économiquement, et d’une efficacité économique pour être légitime politiquement.
Evidemment, la question qui vient spontanément à l’esprit est la suivante : quelles sont les causes d’un tel échec ?
Il va sans dire aussi que les raisons pour expliquer les difficultés de l’Etat en Afrique à assumer son identité de moderne sont nombreuses, enchevêtrées très souvent les unes dans les autres et, par conséquent, difficiles à débrouiller. L’une des causes, qu’on oublie souvent parce qu’elle est initiale, fut la nature étrangère, délocalisée de l’Etat pour les communautés ethno-tribales confrontées à l’administration coloniale.
En effet, l’Etat est, en Afrique, le produit du fait colonial. Celui-ci désigne la conquête des territoires, la domination politique et l’exploita- tion économique des sociétés d’Asie, d’Amérique et d’Afrique par les sociétés d’Europe occidentale, à partir du XVe siècle. Il participe d’un processus de négation de l’historicité et de l’humanité des sociétés africaines pré-coloniales. Il devient « africain » lorsque, paradoxalement, au lieu de disparaître avec la fin de la colonisation, il se veut le lieu de la reconnaissance des dites sociétés. Ce qui est ainsi éludé, dans ce renversement de la finalité de l’Etat en Afrique, ce sont son origine et sa nature. Par ce saut qui prétend être qualitatif, il rompt avec sa propre histoire pour inaugurer le matin de l’Etat africain. Dorénavant, au lieu d’être un instrument de destruction des communautés ethno-tribales, il prétend se muer en un instrument de fondation d’une communauté nouvelle qui sera la synthèse de la dialectique des contradictions nées de leurs antagonismes et de leurs affrontements avec l’Etat colonial et la société coloniale.
Généralement pour expliquer les difficultés de l’Etat africain à actualiser son projet, à le réaliser, on fait l’inventaire de ce qu’il doit gagner pour être semblable à l’Etat de l’Hémisphère Nord qui lui sert de modèle. On évite volontiers de mesurer l’influence du pouvoir politique anté-colonial, ethno- tribal qu’il lui faut remplacer dans la vie et l’esprit des hommes.
Il s’agit, ici, de prendre le problème à rebours en montrant la « réalité vivante » de ce qu’il faut perdre pour faire exister l’Etat moderne en Afrique noire. Autrement dit : n’importe-il pas d’exposer la philosophie de l’organisation politique ethno-tribale à laquelle prétend se substituer l’Etat, si on veut évaluer avec justesse l’intensité de la crise politique et économique de l’Etat et de toutes les formes d’autorité de la société africaine actuelle ?
LA RATIONALITE TRIBALE :
LE FONDEMENT DE L’EXISTENCE HUMAINE.
Après avoir analysé dans son ouvrage Anthropologie politique [3] la religion et le pouvoir politique, G. Balandier arrive à la conclusion que ces deux notions entretiennent des relations solidaires dans toutes les sociétés. Seulement,
« cette solidarité du sacré et du politique [...] présente des formes différentes selon les régimes politiques ; elle laisse le sacré au premier plan dans le cas des sociétés ‘’sans Etat‘’, elle fait prévaloir la domination exercée sur les hommes et les choses dans le cas des sociétés ‘’ étatiques ‘’ ». [4]
G. Balandier constate ensuite une forte analogie entre le religieux et le politique dans ‘’les sociétés sans Etat‘’ :
« Dans les sociétés qui sont moins tournées vers la nature pour la dominer que liées à elle, [...] la parenté du sacré et du politique s’impose avec force. Les deux catégories peuvent être définies parallèlement, les principes et les rapports qu’elles impliquent ‘’se répondent‘’de l’une à l’autre. Toutes sont marquées du sceau de l’ambiguïté ». [5]
Pour comprendre la place de la religion dans l’organisation politique de la société africaine, il faut en saisir l’essence. Qu’est-ce que la religion ? Cette question est posée dans l’optique de celle de Heidegger au sujet de l’essence de la technique [6].
‘’Religio‘’, en latin, signifie au sens premier : obligation de conscience, observation exacte du devoir, loyauté ... dette de religion, c’est-à-dire dette envers les dieux [7]. C’est dans cette perspective que J. Lachelier définit la religion d’une manière générale comme « le sentiment avec crainte et scrupule d’une obligation envers les Dieux. Il n’y avait pour les anciens que des ‘’religiones‘’... cette vue est confirmée par le dictionnaire usuel le Robert qui donne comme signification première du terme ‘’religion‘’ : « Reconnaissance par l’homme d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus ».
Ce qu’il faut retenir de cette approche sémantique de la religion, c’est l’idée de la soumission de l’homme aux dieux par le biais de la dette. C’est dire donc que depuis des millénaires, par le fait religieux, les hommes ont cru devoir aux dieux.
Ce que les hommes doivent aux dieux est précisé dans un mythe dogon [8]. Ogotemmêli - le sage narrateur - affirme qu’ « à l’origine de l’homme se trouve un germe céleste qui gît en instance dans toute matrice de femme féconde. Il est formé par le Nommo » [9]. Comme dans la Bible, ce mythe dogon enseigne que les hommes doivent aux dieux leur nature divine. Mais selon ce même mythe, si l’homme est débiteur à l’égard du Nommo, il l’est aussi à l’égard de la déesse-terre ; car la nature humaine est,
« par sa qualité terrestre, le rappel de la dette que chacun doit à la terre, car c’est de glèbe que fut formé le premier couple. Et cette dette doit se payer par versement de sang, lors de la circoncision, de l’excision, lors des périodes menstruelles » [10].
________________________________________
A l’instar de la Bible et même du Timée de Platon, ce mythe dogon de la genèse de l’être humain présente de l’homme une image divisée. Il est fait à l’image de Dieu mais il est ‘’autre‘’, en ce sens qu’il est ontologiquement une nature divine dérivée, c’est-à-dire découlant, par le détour de la création divine, de l’imitation de soi voulue par le Créateur. L’homme dans la pensée de l’homme est un paradoxe de la nature. Aussi l’image de l’homme est-elle une image vacillant perpétuellement entre les pôles d’une ambiguïté qui hante ses commencements. Etre homme signifie être un animal malade, dans la mesure où son immersion totale dans le monde des sensations est incongrue ; d’autre part, vouloir être Dieu est un désir impossible et une passion vaine
C’est dire que la nature humaine est placée sous le signe de l’ambiguïté et de la dépendance puisque le sens de l’homme, c’est à autre chose que lui-même que l’homme le doit. Telle est la signification ultime du fait religieux et de la dette envers les dieux que M. Gauchet appelle fort à propos la ‘’dette du sens‘’ [11].
Nous lui emprunterons l’expression pour parler de l’essence du phénomène religieux dans la suite de ces recherches.
L’ambiguïté de la nature humaine traduit la dette du sens qui s’inscrit, du point de vue de la relation de pouvoir, dans la division entre le pouvoir et ce qu’il domine, c’est-à-dire entre l’invisible et le visible, entre l’essentiel, l’intelligible et l’apparence ou l’inessentiel.
Avant d’être rapports de production, les relations à l’intérieur desquels le sujet se saisit sont ‘’re-ligio‘’, c’est-à-dire reconnaissance du fait que le sujet doit son sens et sa raison d’être à autre chose que lui-même. Dès lors, l’homme et son espace social sont pensés entièrement dans la dépendance à l’égard des forces invisibles qu’il sacralise.
Lorsque l’on constate l’interpénétration de la religion et du pouvoir politique ou, comme G. Balandier, la primauté de la religion dans l’organisation de la ‘’société sans Etat‘’, on constate seulement les conséquences d’un choix sociopolitique qui consiste à faire de la religion le moyen par lequel la société tribale produit l’extériorité symbolique du foyer et du fondement du pouvoir social pour se prémunir contre la séparation interne et effective de l’autorité politique. C’est ainsi qu’elle convoque le pouvoir dans le dehors de la société en en faisant l’apanage des législateurs, invisible de l’invisible. « En son essence, écrit E-P. Elungu, le pouvoir dans la société clanique est un pouvoir diffus, inidentifiable, se confondant en fin de compte avec l’autorité de l’aîné, du père, du grand-père, des ancêtres et de l’ancêtre fondateur » [12].
Si le pouvoir, dans la société classique, est ‘’diffus et inidentifiable, ‘’c’est parce que la scission constitutive de la relation de pouvoir et de la société, et qui a pour nom ‘’ Etat de nature‘’ dans les philosophies politiques de Hobbes et de Rousseau, est reconnue et éludée par la soumission totale de la société et de l’individu, non pas à elle-même et à l’Etat, mais aux dieux et aux ancêtres. Le foyer du pouvoir social est placé hors de la société, c’est-à-dire du côté de la religion comme sphère invisible extra-sociale. Par la dette du sens, la société classique maintient la transcendance du fondement du pouvoir qui permet ainsi d’exprimer et de neutraliser tout à la fois le détachement effectif de l’instance du pouvoir social réel.
La religion joue dans la philosophie politique, notamment tribale, le rôle stratégique que les théoriciens de l’Etat, en l’occurrence Hobbes et surtout Rousseau, ont conféré au ‘’contrat‘’ ; la religion est ce lieu de pouvoir d’où tire son sens, son origine, sa raison d’être, l’ensemble des activités socio-humaines car elle est le siège des puissances invisibles qui régissent le visible. Le siège ne saurait être celui du pouvoir réel car il est placé en un lieu inaccessible aux hommes vivants, le monde des dieux et des morts du clan. Ce qui est une autre façon de dire que si le pouvoir existe, il n’est pas pour les hommes.
Aussi faut-il cesser d’être homme pour passer du côté du pouvoir. N‘est pas ancêtre tout homme mort comme l’explique P. F. Titinga en ce qui concerne, les Mossé par exemple. Pour eux, ne devient ‘’ancêtre‘’ que l’individu qui de son vivant n’a pas constitué sa subjectivité en mesure d’évaluation et en finalité de son action, et qui n’a pas revendiqué d’innovation par rapport aux structures et aux valeurs consacrées par la tradition [13] :
L’ « au-delà impose aux hommes, aussi bien dans sa ‘’passivité‘’ que dans sa fonction active, de vivre la vie, selon les lois de ses ‘’ancêtres‘’ ; et comme ce sont ces ancêtres qui se retrouvent en avant d’eux, cela veut dire que le Mogho vit un cercle vicieux à l’intérieur duquel le passé, le présent, l’avenir sont confondus en une même entité ; c’est-à-dire que les Mossé vivent un présent éternel » [14].
Extériorisation du foyer du pouvoir et principe de dépossession de l’homme du pouvoir de domination des hommes et des choses. Elle permet de voir que l’extériorité de principe du pouvoir est l’expression et la dénégation de la séparation réelle de la société afin que tout homme soit dans l’impossibilité de se faire l’autre du reste des hommes en s’arrogeant le titre de commandeur. Ce qui signifie la scission instaurée entre le monde des hommes et celui des invisibles.
L’aliénation à laquelle Rousseau fait allusion dans Le Contrat social pour fonder l’Etat trouve tout son sens dans la soumission totale au sacré : elle signifie, en réalité, l’unité et l’égalité dans la commune dépossession du pouvoir sous toutes ses formes. Elle signifie encore l’inexistence, dans la sphère sociale, d’un homme de pouvoir puisque l’homme ne saurait être un foyer de pouvoir. D’où l’idée fort répandue dans les sociétés dites traditionnelles que « ce sont les ancêtres qui nous ont appris ce que nous savons et faisons ».
Cette idée n’est pas l’indice de l’allergie des sociétés tribales au progrès. Elle relève simplement une dénégation et un alibi de responsabilité à l’égard du progrès et de la praxis dont leurs forces et pouvoirs placés sous le signe de la dépossession ne peuvent s’approprier la gloire et la paternité. Car s’approprier la responsabilité du progrès de la société ou traduire celui-ci en acte par la transformation et l’appropriation de la nature, c’est s’affirmer responsable du sens et de l’action, et partant, s’affirmer comme homme de pouvoir, maître du destin et du monde.
La religion comme dispositif stratégique de dépossession des hommes engendre ainsi, par l’utilisation de la dimension d’extériorité du fondement social et du foyer du pouvoir social, une relation de pouvoir horizontale se manifestant matériellement dans une dissémination des centres de pouvoir et des structures de hiérarchies qui s’équilibrent.
L’Etat apparaît ainsi comme la conséquence d’un renversement de la dette du sens qui libère l’homme des dieux pour le soumettre aux hommes. Ensuite, il devient clair que le développement des techniques auquel est liée l’émergence de l’Etat n’a été possible que par ce retournement qui engendre l’homme de pouvoir et la référence à l’homme pour maîtriser et construire son destin dans le cadre du temps : l’Etat contre la Religion.
L’ethnologie, en négligeant la cohérence de l’organisation sociopolitique tribale par rapport à son fondement religieux, a été pour beaucoup dans l’incompréhension des sociétés africaines et de la pensée du monde, et des choses qui les soutient. Prenant la société européenne comme modèle théorique de la société et source d’évaluation des sociétés tribales, et s’inscrivant en outre dans une perspective évolutionniste et matérialiste, elle a cru réduire leur difficulté et leur complexité, en les considérant comme ‘’le‘’ moment et l’état primitifs de l’histoire de la formation de la société européenne ; et donc de les caractériser négativement par rapport à celle-ci.
C’est ainsi que les sociétés africaines furent considérées, pendant longtemps, politiquement, comme des ‘’sociétés sans Etat‘’et, économiquement, comme des ‘’sociétés à économie de subsistance‘’. Leur conception religieuse et animiste du monde fut réduite à une pensée sauvage, et leur univers, à un univers magique.
2. LA SACRALISATION DE L’ECONOMIE.
Or, ce qui vient d’être dit de la soumission de la société et de l’homme au sacré par la dette du sens, témoigne de l’existence et de la cohérence d’une pensée ethno-tribale. La rationalité ethno-tribale est la soustraction de l’ordre général des choses à la prise des hommes. Elle est fondamentalement une pensée du refus de l’Etat et de la technco-économie par l’insertion de l’homme dans un univers d’êtres et de choses animés, fait d’harmonie et d’équilibre, et qui requiert de lui plutôt une participation qu’un affrontement.
Si la société tribale est demeurée une ‘’société sans Etat‘’, c’est principalement parce que, par l’inextricabilité de la religion et de l’organisation de l’existence des hommes, elle empêche la mise en place d’une techno-économie, condition génétique de l’apparition de l’Etat.
L’assujettissement total de la société tribale au sacré lui impose de contenir son activité techno-économique dans les strictes limites de l’utile afin qu’elle soit en équilibre avec les autres activités sociales. En effet, la prépondérance de l’activité techno-économique - cause et effet de la détermination de l’homme par les besoins - revient à la soumission de l’homme à ce qui est terrestre, c’est-à-dire aux choses qu’il lui faut transformer et s’approprier pour satisfaire ses besoins.
La référence de la société tribale à la techno-économie signifierait sa destruction, car elle se concrétiserait socialement par l’apparition d’hommes de pouvoir et le déséquilibre des activités sociales au profit de la techno-économie ; libérant l’homme des dieux, elle entraînerait le rejet de la transcendance comme fondement du pouvoir et de la société ; et donc, l’embarquement de ceux-ci dans la conquête et la domination infinies de ce qui est naturellement donné, consécutivement au caractère illimité des besoins et à la nature ambiguë de l’homme.
C’est l’être même de la tribu qui fait barrage à la techno-économie en consacrant la dimension religieuse de la société comme son fondement au détriment de la dimension économique. Ce que la société tribale manifeste ainsi, c’est sa soustraction à l’immédiat et à l’envoûtement des choses, à la domination reconnue de l’homme et à l’aliénation des besoins et des passions humaines.
Il faut avouer qu’il est difficile de pénétrer la logique du processus de sacralisation des choses. Difficulté compréhensible dans la mesure où l’option religieuse a pour but, dans les sociétés tribales africaines, de dénier aux hommes la maîtrise et la domination des choses. Elle est, probablement, le fait d’un effort permanent des sociétés tribales pour soustraire ce qui est naturellement donné à la compréhension de l’homme selon les principes, les modalités et les moyens de la rationalité technicienne.
Le processus de sacralisation des êtres et des choses pour les soustraire à l’emprise de l’homme, et soustraire celui-ci à la leur, ne s’appréhende que dans l’ensemble d’une cosmogonie très complexe enchevêtrant le monde des Dieux et des Ancêtres, le monde des hommes et le monde animal et végétal dans un réseau inextricable de correspondances et de relations. Son symbole est l’harmonie de l’étoffe faite de plusieurs couleurs et le tissage mélangeant plusieurs fils pour l’obtenir [15]. Sa finalité est la dépossession de l’homme du pouvoir de domination des êtres et des choses en lui octroyant une place et une existence définitive et en accord avec la création et la disposition du monde animal et végétal.
Dans le cas des rapports de l’homme aux choses et aux bêtes, le sacré est vécu plus souvent dans une pratique humaine qui va de l’individualisation des choses et des bêtes en leur attribuant des noms propres à leur divinisation, comme en témoignent les assertions d’ethno- logues.
L’attribution de noms propres aux arbres en pays dogon est indiquée dans ce passage de Dieu d’eau de M. Griaule :
« L’Européen marchait sur les pistes en remblai des tristes champs d’après récolte où se dressaient, dans leur vert-rosissant au soleil levant, les arbres. Il connaissait par leur nom propre tous ceux des Ogol et l’ordre chronologique de plantation pour les vingt plus vieux.... » [16].
La divinisation des éléments naturels est rapportée par P. F. Titinga, auteur de Ainsi on a assassiné tous les Mossé :
’« ...il est souvent fait état de ‘’ dieu d’eau ‘’, ‘’dieu-sentier ‘’, etc.. ici, il faudra entendre, ‘’esprit-eau ‘’, ‘’esprit-sentier ‘’, etc. ...c’est-à-dire schématiquement ce qu’on pourrait désigner par ‘’commission Suprême de l’eau ‘’ ». [17]
________________________________________
Le témoignage de P.F. Titinga est d’autant important qu’il confirme - bien que ce soit entre les lignes - en quoi la rationalité de la société tribale vise à la dépossession de l’homme du savoir technique. En effet, on constate dans ce passage que chaque élément est le siège d’une divinité intervenant, directement et positivement, dans l’existence des hommes. Ce qui signifie que les éléments naturels sont produits et disposés dans un ordre spontanément bénéfique et utile à l’homme. Dès lors, leur redisposition et leur transformation, qui définissent le sens même de la Technique moderne, sont inutiles. Il suffit donc à l’homme de vivre dans cet ordre sans le modifier, et de veiller à la préservation de son équilibre par le respect quasi religieux des éléments qui le composent.
Si l’homme entretient avec les choses, les phénomènes et les bêtes des rapports d’équilibre et si, en outre, ce qui est naturellement donné est signifié en lui-même, c’est le développement d’une économie technique qui devient impossible. La rationalité tribale, par le biais de la dette du sens, empêche d’ajuster le processus de production de biens et services ainsi que les instruments nécessaires à sa réalisation à la puissance technique de l’homme, c’est-à-dire à son pouvoir de re-présenter et de modifier à son profit l’ordre naturel des êtres et des choses, comme c’est le cas dans la société étatique.
Le respect et l’équilibre de l’ordre naturel impliquent que l’exploitation de la nature soit intégrée à cet ordre et qu’elle l’ait pour finalité. En d’autres termes, la rationalité tribale impose au processus de production d’être immanent à la nature elle-même. Le fait exige un équilibre strict et parfait entre l’exploitation humaine de ce qui est naturellement donné et de ce qui, en l’homme, correspond au ‘’naturellement donné‘’. C’est dans cette perspective que l’exploitation humaine de la nature extérieure se trouve spontanément limitée à la satisfaction des besoins naturels de l’homme afin que l’ensemble du processus de production s’intègre à l’équilibre naturel et n’outrepasse pas ce qui est naturellement permis. L’exploitation de la nature ne peut donc pas être technique et accumulative, ajustée qu’elle est à une existence humaine qui se vit sous le mode naturel.
L’exploitation ‘’naturelle ‘’de la nature aux fins naturelles de l’homme est, paradoxalement, la stratégie qui permet à la société tribale de faire obstacle au pouvoir d’aliénation et de domination de la nature. Elle s’inscrit dans la stratégie globale de dépossession du pouvoir de domination et de sa dénégation à tout être.
Les rapports que la société tribale noue avec la nature sont des rapports basés sur l’équilibre des deux. Ces rapports d’équilibre entre l’homme et la nature - l’un étant disposé en fonction de la préservation de l’autre et vice versa - se vivent, dans l’exploitation de la nature phénoménale, sous forme d’une absence d’un excès de travail et d’une accumulation de biens. C’est cette absence qui a suggéré à l’ethnologie l’idée que les sociétés tribales vivaient dans une économie de subsistance. Car, ce que masque l’économie de subsistance, c’est bien l’idée d’absence d’un surtravail et d’une accumulation de biens qui sont les conditions essentielles et les fins ultimes de la techno-économie.
Pour corriger le ‘’tir ‘’ de P. Clastre, disons que les sociétés tribales sont non pas des « sociétés de refus du travail » [18], mais des sociétés de refus du surtravail. Car, lorsque disparaît le refus du surtravail, la division du travail s’autonomise en puissance de contrainte et de coercition : c’est la figure du pouvoir d’Etat où l’économie devient politique.
Comme dans le cas de l’Etat, c’est en soumettant l’économie au sacré que la société tribale parvient à s’opposer à l’émergence d’une économie technique et politique. La sacralisation de l’économie consiste à conférer un caractère sacré à tous les éléments et à toutes les actions qui font l’ensemble du processus de production.
Comme la forge, rapporte M.Griaule, le tissage est labeur de jour, car la chaîne et la trame symbolisant un être de lumière et de paroles, car le fuseau de la fileuse tourne sur un soleil de peau et sa calebasse de cendres blanches est un soleil fécondé. Il convient donc que l’astre luise sur le métier. Tisser la nuit serait composer une bande de silence et d’ombre. Qui tisserait après le coucher du soleil, après que Dieu a fermé la porte du monde, deviendrait aveugle [19].
L’on a sans doute remarqué que la technique du tissage exprime, dans chacun des éléments qui la composent et dans son ensemble, l’unité et la diversité de la réalité divine et humaine. En outre, elle n’est pas une œuvre produite par les hommes, mais révélée par les Dieux ; c’est dire qu’elle est une technique sacrée.
Il en est de même de la technique de l’agriculture assujettie à l’expression du sacré et au respect de l’équilibre des êtres et des choses :
« Si cultiver est tisser, il convient de dire que tisser est cultiver. La partie sans trame de la chaîne est la brousse. La bande terminée est le symbole du champ cultivé. Les quatre poteaux du métier sont les arbres et les broussailles qui sont abattus avec la navette, symbole de la hache. Tirer à soi le peigne, c’est tirer le bois pour en faire des fagots ... ». [20]
Ce qu’il faut retenir de ces exemples, c’est l’idée que dans la société tribale, la technique est sacrée et soumisse à la manifestation de ce sacré. Or, c’est ce sacré qu’énoncent l’équilibre et la disposition naturels du monde auxquels la Technique est spontanément accordée. Conséquemment, on ne peut la modifier dans un seul de ses éléments sans la désacraliser, sans briser le réseau de correspondance des êtres et des choses et partant, sans porter atteinte à la disposition naturelle du monde.
Toute technique est ce qu’elle est de toute nécessité car agencée selon la disposition spontanée des choses et ajustée à elles par la grâce des dieux. Ceux-ci l’ont donnée ainsi parce que c’est ainsi qu’elle fait partie de la disposition sacrée et spontanée du monde, et qu’elle en exprime l’utilité, la diversité et la cohérence dans sa particularité.
Dans cette perspective, la puissance technique ne vise pas à la domination de ce qui est naturellement donné car elle se trouve circonscrite dans les limites des besoins naturels de l’homme et référée non pas à lui, mais à la transcendance afin de déposséder l’homme de son pouvoir de domination. Car si l’homme peut techniquement dominer la nature, il n’y a pas de raison qu’il n’étende son pouvoir à l’homme, son prochain.
Le caractère non évolutif des techniques de la société tribale n’est donc pas le signe d’une misère technique, mais la conséquence de la primauté que celle-ci accorde au sacré. Celui-ci est le principe sur lequel se fonde l’organisation des rapports de l’homme à la nature à une fin d’équilibre entre ces deux termes.
C’est probablement par rapport à la recherche et au maintien de cet équilibre, et conformément à son fondement religieux, que la société tribale privilégie l’économie ‘’naturelle‘’ au détriment de celle fondée sur la transformation de la nature par la puissance technique. En vérité, l’économie des sociétés tribales, du fait de son fondement dans le sacré, devrait être qualifiée d’économie ‘’sacrée‘’. Et parce qu’elle est sacrée, une telle économie ne peut devenir technique et politique, c’est-à-dire servir de fondement et de finalité aux relations interindividuelles. Car elle est une sphère secondaire par rapport au sacré, et en équilibre, par ailleurs, avec les autres structures sociales.
La correspondance stricte entre l’économie et les autres secteurs de l’existence, la nature achevée des outils sont, toutes, les effets d’une rationalité tribale qui vise à déposséder les êtres de leur puissance de domination. C’est dans cette optique, par le biais d’une soumission de la société au religieux, qu’elle fait obstacle à la mise en place d’une économie politique caractérisée par l’idée d’un affrontement avec la nature, et matérialisée dans le développement prodigieux des techniques.
CONCLUSION
La libération de l’homme du pouvoir de domination de l’homme s’effectue par le biais de l’assujettissement total de la société tribale au sacré, à la transcendance qui devient le principe organisateur de l’ordre social. C’est ainsi qu’à l’image de la structure du champ religieux, la structure sociale tribale se veut fragmentaire et parcellisée, de sorte qu’on peut dire que son micrologisme est à la mesure de son polythéisme.
La rationalité tribale, par la primauté accordée au sacré et dans la visée d’une dépossession radicale de l’homme de son pouvoir de domination, fait alors obstacle à la mise en place d’une techno-économie. Car, pour maintenir ses buts, elle conduit à une conception des rapports de l’homme à la nature fondée sur l’équilibre et leur dépendance mutuelle : l’exploitation matérielle de la nature se trouve circonscrite dans les limites de la disposition et de la manifestation spontanées des êtres et des choses.
La rationalité tribale est, en guise de conclusion, radicalement opposée à la rationalité technicienne, fondée sur le pouvoir de domination de l’homme et dont l’une des conséquences est la production de l’Etat comme forme d’organisation du pouvoir politique. L’exportation de l’Etat européen - qui deviendra alors Etat colonial - est concrètement porteuse d’un antagonisme des systèmes politiques. La conséquence ultime d’un tel fait sera, sur le plan politique, la crise de légitimité dont souffriront et l’Etat lui-même refusé dans son principe, et le pouvoir politique africain affaibli dans ses mécanismes structurels.
________________________________________
BIBLIOGAPHIE
Cette bibliographie représente les ouvrages qui ont été utiles pour constituer la réflexion menée ici, même s’ils ne sont pas tous cités dans le texte.
AMIN, Samir, « L’expérience ouest africaine 1860-1970 : bilan de synthèse », in Présence Africaine, 1971, numéro spécial.
HANNAH, Arendt, Les origines du totalitarisme : l’impérialisme, Paris, Fayard, 4ème éd., 1978.
BADIE, Bertrand et BIRNBAUM, Pierre, Sociologie de l’Etat, Paris, Grasset, 1979.
BALANDIER, Georges, Anthropologie politique, Paris, PUF, 1976.
BAYART, Jean-François, L’Etat au Cameroun, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1979.
BENOT, Yves, Indépendances africaines. Idéologies et réalités, Paris, Maspero, 1975.
BERTHOUD, Gérard, « Développement et formation communautaire : les Ganawuri du Nigeria », in Cahier de l’Institut d’Etudes du Développement, Paris/Genève, P.U.F./I.E.D., 1975, n° 1.
« Sociabilité communautaire et sociabilité marchande : de la richesse à la pauvreté chez les Ganawuri du Nigeria », in Cahier de l’Institut d’Etudes du Développement, Paris/Genève, P.U.F. /I.E.D. 1976, n° 3.
BIARNES, Pierre, L’Afrique aux Africains, 20 ans d’indépendance en Afrique noire francophone, Paris, A. Colin, 1980.
BIRNBAUM, Pierre, La logique de l’Etat, Paris, Fayard, 1982.
BOURGOIN, Henri, L’Afrique malade du management, Paris, J. Ricollée, 1984.
BRAILLARD, Philippe et DJALILI, Mohamed-Reza, Tiers monde et relations internationales, Paris, Masson, 1984.
CARFANTAN, Jean-Yves et CONDOMINES, Charles, Qui a peur du Tiers-monde ? Rapport Nord - Sud : les faits, Paris, Seuil, 1980.
CORN, Georges, ‘’Saper l’idéologie du développement‘’ in Le Monde Diplomatique, avril 1978.
DUMONT, René, L’Afrique noire est mal partie, Paris, Seuil, 1962.
Démocratie pour l’Afrique, Paris, Seuil, 1991.
EBOUSSI-BOULAGA, Fabien,L’identité négro-africaine, Paris, Présence Africaine, 1976.
ELUNGU, Pène-Elungu, « La libération africaine et le problème de la philosophie‘’, in Recherches philosophiques africaines, Kinshasa, 1972, n°2.
FANON, Frantz, Les Damnés de la terre, Paris, Maspero, 1961.
GAUCHET, Marcel, « La dette de sens et de racines de l’Etat », in Libre, Paris, Payot, 1977, n° 77-2.
GRIAULE, Marcel, Dieu d’eau, Paris, Fayard, 1966.
GRINEVALD, Jean, « Science du développement », in Cahiers de l’Institut d’études du développement, Paris-Genève, P.U.F./I.E.D., 1975, n°1.‘’Révolution industrielle, technologie de la puissance et révolutions scientifiques. Essai de bibliographie ‘’ in Cahiers de l’Institut d’études du développement, Paris-Genève, P.U.F./I.E.D., 1975, n°5.
KANE, Cheikh Hamidou, L’Aventure ambiguë, Paris, U.G.E., collection 10/18,1961. KAYEMBA, Ntamba-Mbilandji, « Libération contre l’impuissance et le sous-développement », in Recherches philosophiques Africaines, Kinshasa, 1978, n° 2. KI-ZERBO, Joseph, Histoire de l’Afrique Noire, Paris, Hatier, 1978.
LACOSTE, Yves, Géographie du sous-développement, Paris, PUF ; 1976, 3ème édition.
LISSOUBA, Pascal, Conscience du développement et démocratie, Abidjan/Dakar, NEA, 1975.
LOMBARDI, Richard, Le Piège bancaire, Paris, Flammarion, 1985.
MABILEAU, Albert, « Décolonisation et régimes politiques », in Cahier de la Fondation nationale des Sciences politiques, Paris, A. Colin 1967.
MAHIOU, Ahmed,L’avènement du parti unique en Afrique noire, Paris, 1969.
MAPPA, Sophie, Puissance et impuissance de l’Etat, Paris, Karthala, 1996.
MEISTER, Albert, L’Afrique peut-elle partir ? Paris, Seuil, 1966.
MIA-MUSUMDA, Milebamane, « Le viol de l’identité négro-africaine », in présence Africaine , 1976, n°2.
PENOUIL, Marc, « Relations économiques internationales et réalité du pouvoir en Afrique »,in L’évolution récente du pouvoir en Afrique noire, Publication de l’Université de Bordeaux I, 1977.
POLIQUE AFRICAINE, Besoin d’Etat, Paris, Karthala, 1996.
POTHOLM, Christian, La Politique africaine : théories et pratiques, Paris, Eds. Economica, 1982.
RALLO, Eduardo, « Technique et rationalité », in Cahiers de l’Institut d’Etudes du Développement, Paris/Genève, PUF/I.E.D., 1977, n°5.
SCHWARZ, Alf, « La sociologie en Afrique », in Les faux prophètes de l’Afrique ou l’Afr(eu)canisme, Québec, Les Presses de l’Université de Montréal, 1980.
SURET-CANAL, Jean, Afrique noire. De la colonisation aux indépendances, 1945-1960, Paris, Eds Sociales, 1972, T III.
SYLLA, Lanciné, Tribalisme et parti unique en Afrique noire, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1977.
TITINGA, Pacéré Frédéric, Ainsi on a assassiné tous les Mossé, Québec, Eds Naaman, 1979.
UNESCO, Apprendre à être, Paris, Fayard, 1972.
WLLERSTEIN, Immanuel, « L’Afrique et l’indépendance », in Présence Africaine, Paris, 1966.
ZIEGLER, Jean, Main basse sur l’Afrique Paris, Seuil, 1980 |
 |
Si

 |
 |

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie,
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour
Pourtant lutter et te défendre;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon Fils.
Sir Rudyard .Kipling. |
 |
C’est nous les Africains !

 |
 |

Le 15 août 1944. un deuxième front contre les forces nazies hitlériennes était créé depuis les côtes françaises de Provence par le débarquement de l'Armée d'Afrique. (160.000 hommes) aux côtés de 80.000 G.Is ( en majorité parachutés).
Vingt classes de Français d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie, toutes ethnies, origines, confessions confondues, participèrent à ce débarquement, après avoir libéré la Tunisie dans les rangs du Corps Franc d'Afrique, puis la Corse, l'Italie au sein de l'Armée ".B.", sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny.
Cette Arnée ".B." était constituée de soldats engagés et mobilisés: 82% d'Algériens, français de souche,(16%,4 de la population européenne) et Français musulmans. Les 18% restants se répartissaient en 10% originaires des pays africains et 8% de Français métropolitains.
Le Chant des Africains
C'est nous les Africains
Qui revenons de loin
Nous venons des colonies
Pour sauver la Patrie
Nous avons tout quitté
Parents, gourbis, foyers
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu'un venait à y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours, à nos amours
Pour le pays, pour la Patrie
Mourir au loin
C'est nous les Africains.
I
Nous étions au fond de l'Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs,
Quand sous un soleil magnifique
A retenti ce cri vainqueur
En avant ! En avant ! En avant !
II
Pour le salut de notre empire
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours
En avant ! En avant ! En avant
III
De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En avant ! En avant ! En avant !
IV
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons dans nos gourbis ;
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré le pays
En criant, en chantant : en avant ! |
 |
Pierre Dubois Dupont sauvé du feu !

 |
 |

A Faugères(Hérault), le déblaiement des lieux anéantis par l’attentat du 19 mai 2009 contre l’ONG Africa et le Site Africapax a commencé.
Les bénévoles solidaires qui se livrent désormais quotidiennement à ce travail épluchent tous les documents endommages partiellement ou détruits par le feu.
C’est en soulevant un paquet de cendres que l’une d’entre eux a découvert la photographie ci-contre qui a été identifiée par le Président Fondateur de l’ONG comme étant celle de Pierre Dubois-Dupont, l’un des trois fondateurs d’Africa en 1984 et Secrétaire Général jusqu’à sa mort.
L’Association recherche des documents sur cet homme qui fut un dirigeant précieux pour l’ONG. Toutes celles et ceux qui en possèdent sont invités à en adresser des copies à l’organisation.
Il semblerait que Pierre Dubois-Dupont appartenait aux services spéciaux de la Défense Nationale française en tant que spécialiste des transmissions. Une chose est certaine, il fut reconnu par l’ASSDN comme membre à part entière des réseaux prestigieux qui rassemblent toutes celles ceux qui constituent l’armée des ombres.
Il aurait exécuté la plus grande partie de sa carrière au Congo. Entré en France, atteint par la maladie, il se serait retiré à la Grande Motte dans l’Hérault en compagnie de son épouse et de plusieurs enfants adoptés d’origines congolaises.
Humaniste, chef d’entreprise, l’âme vrillée à l’Afrique, il aurait convaincu Jacques Villard et Lucien Traverse de fonder Africa. Il a alors immédiatement orienté l’association dans les négociations permettant la résolution du contentieux existant entre la France et le Zaïre.
Pour ce faire, il a travaillé en collaboration avec le Quai d’Orsay, l’Assemblée Nationale et le Sénat. Les dirigeants de l’association furent reçus plusieurs fois, à l’époque, par le Ministre Didier Bariani.
Homme de dossiers, Pierre Dubois-Dupont aurait été à l’origine de la création du sommier des archives qui a été en partie détruit par le feu criminel du 19 mai 2009.
Cette orientation de compilation, de perspicacité, de collaboration administrative, de recherche, parfois de secret reste la marque de cette ONG particulière qui intéresse tant les pouvoirs publics de certains pays africains mais qui étend désormais ses compétences au monde entier en faveur du continent africain.
Les trois axes d’intervention choisis par Pierre Dubois-Dupont en 1984 sont criants d’actualités puisqu’ils étaient désignés par des mots qui seront vraiment mis en valeur quinze ans après : coopération décentralisée, solidarité numérique, développement durable.
Homme généreux et d’une grande droiture, Pierre Dubois-Dupont avait exigé que l’ONG se refuse à collaborer avec des réseaux européens de funeste mémoire et à demander des subventions publiques.
Il répétait sans cesse ; « C’est à nous Africains d’origines ou d’âme à prendre notre destin en mains, c’est à nous à imposer la Paix et la Prospérité sur le Continent, c’est à nous à conquérir notre Liberté économique, notre Egalité dans les Droits de l’Homme, notre Fraternité purement africaine débarrassée des tutelles de la colonisation. »
Luttant journellement contre la corruption et contre tous les maux qui atteignent l’Afrique, il aspirait à vivre dans l’ombre.
Si sa photographie a résisté au feu criminel, c’est que son exemple et son œuvre doivent être respectés et mis en valeur. Les dirigeants d’Africa sont déterminés à continuer leur combat et à accueillir le plus grand nombre d’Africains dans leurs rangs. Ils croient qu’une révolution de la pensée et de la Gouvernance sont en marche en Afrique, que les puissances mondiales devront compter avec une élite de grande qualité et que ce Continent émergera dans la décennie à venir.
Ils ont l’intention de participer de toutes les manières à l’émancipation de l’Afrique, y compris sur le plan politique et écologique. Rien ne doit plus être comme avant ! |
 |
L’attentat contre Africa

 |
 |

Dans la nuit du 19 au 20 mai 2009 des individus ont pénétré dans les locaux de l’Oing Africa (04.67.95.42.46.)
Après avoir effectué des recherches sur les ordinateurs de l’association, ils ont volé des dossiers administratifs et du personnel, puis ont mis le feu aux bureaux.
Des années de travail ont été réduites en cendres. Les affaires personnelles des responsables et des permanents sont parties dans les flammes.
Installée depuis moins d’un an à Faugères, Africa s’est trouvée confrontée à la seule période dramatique de son histoire. Ni les biens immobiliers, ni les biens mobiliers n’étaient encore assurés.
C’est donc une perte importante pour l’ONG qui était engagée dans plusieurs programmes.
En l’état actuel de l’instruction, que pouvons-nous dire ?
Les incendiaires connaissaient les lieux. Ils avaient prémédité leur action. Ils surveillaient les allées et venues des responsables et des permanents. Les dossiers volés concernaient essentiellement le Togo et les vies personnelles des dirigeants.
Les incendiaires avaient l’intention de frapper plus fort, mais ils ont été dérangés dans leur action et sont partis rapidement. Le matériel utilisé était du matériel proche du bâtiment.
Africa est une ONG qui travaille en Afrique, depuis plus de 25 ans pour la Paix et la Prospérité afin que les Africains de tous pays puissent vivre et connaître le bonheur chez eux.
Tous les responsables d’Africa sont des humanistes convaincus. Ils ne recherchent ni la publicité, ni la gloire. Ils travaillent dans l’ombre pour le bien de l’humanité. Africa ne fait pas appel à des subventions privées ou publiques. Seuls les dirigeants de l’ONG remettent des dons permanents permettant à l’association de vivre modestement et de remplir ses engagements.
Le coup funeste qui vient d’être porté sera peut-être le point final de l’action de cette association en Afrique. Les dirigeants, les permanents et les lecteurs du Site Africapax veulent continuer à se battre mais à l’impossible nul n’est tenu.
Il est vrai que la position de la France sur le continent africain est inconfortable. Les ONG françaises rencontrent des difficultés sur le terrain et la fraternité n’est plus la même.
Pour l’instant, l’heure est à la reconstruction. L’immeuble sera certainement revendu après remise aux normes. Le siège d’Africa restera à Faugères, mais ses activités culturelles et humanitaire vont se déplacer car, à aucun moment, le conseil municipal de cette commune n’a exprimé sa solidarité, bien au contraire alors que, en un an, Africa a beaucoup donné pour les manifestations locales. La fin de l’enquête judiciaire permettra de dire avec certitudes qui a fait quoi. Les dirigeants ont identifié déjà les agresseurs, eux-mêmes connus des services de police. Les photographies de l’attentat seront publiées ultérieurement sur le Site http://www.africapax.fr. Tous renseignements peuvent être obtenus en écrivant un message à destination de africapax@gmail.com |
 |
La force de croire, de travailler et de convaincre

 |
 |
Mes Cher(e)s Ami(e)s,
Toutes et tous qui me lisez en copie, visibles ou invisibles pour des questions de sécurité, je vous remercie pour l'aide que vous nous apportez chaque jour, tant au niveau de l'association Africa, que du Site Africapax ou que de la messagerie Africapax sur Google.
En premier lieu, il me faut remercier Messieurs Fouqueray et Paquin, l'un en France, l'autre au Canada, les dirigeants et animateurs de Webmatique.
Si nous existons, c'est grâce à eux.
Chaque jour, chaque nuit, ils sont là présents pour réparer, améliorer, suggérer depuis trois ans.
Dans la foulée, Fabien, notre webmaster, fait œuvre de création, d'insertion, d'innovation.
Monique, mon épouse et Baby, mon beau-père, font bouillir la marmite.
Christian et Loris sont en train de mettre en place les structures économiques qui vont devenir les piliers de notre déploiement dans les semaines et mois à venir.
Et tan d'autres sur lesquels nous reviendrons !
Cet outil, au service de la Solidarité et du Partage, nous appartient à toutes et à tous mais il n'a de sens que s'il devient un outil économique, un moyen de résistance et de prospérité pour chacun afin de survivre dans la crise que nous traversons.
Cette crise va s'aggraver car les dirigeants du Monde pillent les richesses engendrées par le travail des peuples. La Terre, notre belle planète, que nous souillons, un peu plus chaque jour, nous donne pourtant suffisamment de ressources pour nourrir tous les êtres humains, sans distinction. C'est la cupidité de certains qui affame l'humanité.
Il faut espérer que cette crise ne débouchera pas sur une conflagration générale, l'ultima ratio regnum, cette guerre inscrite sur les canons de Louis XIV.
Oui, les problèmes sont mondiaux et oui, nous devons briser les chaînes de l'isolement.
Des milliers de personnes nous lisent et nous écrivent chaque jour pour exprimer leur détresse, leur besoin d'argent, mais aussi heureusement leurs encouragements.
Nous réalisons beaucoup pour les autres mais nous sommes toutes et tous en train de nous épuiser. Tout ce travail immense, colossal, ne rapporte rien à chacun d'entre nous, si ce n'est la satisfaction du devoir accompli.
Nous travaillons et nous payons.
Il est nécessaire que notre organisation devienne maintenant une machine de prospérité et de répartition afin de nous permettre, à toutes et à tous, d'en vivre pour partager.
Pour l'instant, nous ne sommes que quelques uns à soutenir modestement et financièrement, depuis toujours, cette initiative.
Nous arrivons à un carrefour. Le travail devient très important. Ou nous passons, ou nous cassons.
Quelques chiffres :
+ de 4.000 visiteurs par mois pour le Site,
+ de 4.000 lecteurs au Forum,
+ de 8.500 messageries en ligne auxquelles nous diffusons nos messages,
+ d'une trentaine de blogs associatifs et professionnels, satellites du Site,
+ de 350 messages par jour sur 31 messageries,
+ de 10 dossiers traités par jour,
+ d'initiatives humanitaires journalières en cours,
+ de réseaux ou de personnes isolées qui nous rejoignent tous les jours et qui travaillent dans le monde à briser les frontières, toutes les frontières que l'homme a inventé pour que la guerre, la division et la haine se développent au mépris de la paix, du rassemblement et de l'amour fraternel.
+ de collaboration avec des personnalités qui prennent conscience de la politique, de la culture, de la santé, de l'économie, des finances, du développement durable, de la solidarité numérique, de la coopération décentralisée, de la gouvernance, etc...
Mais c'est aussi plus d'une trentaine de procédures judiciaires en cours, des locaux brûlés, des locaux cambriolés, des ordinateurs piratés, des messageries violées, des pressions politiques et économiques, des atteintes à la personne, des véhicules détruits, des messages d'insultes, etc..... avec la complicité active ou passive de représentants de la loi ou d'élus.
Nous ne sommes pas seuls dans ce cas, c'est le lot de toute organisation qui travaille pour la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, sans que ce soit de vains mots, vides de sens et d'actions.
En France, nous jouissons d'une certaine sécurité. Dans d'autres pays, nous serions en prison ou assassinés. Il faut en être conscients.
Tout n'est pas dit sur notre Site mais tout s'entend.
Ce matin, j'ai commencé à travailler à 4 heures.
Hier soir, je me suis couché à 24 heures 10, en revenant de Narbonne.
C'est donc actuellement, plus de 20 heures par jour de travail, sans trêve, ni repos.
Je ne suis pas le seul dans ce cas.
Et nous n'arrivons pas à faire face convenablement !
Nous devons maintenant passer au cap supérieur, celui du financement et de l'emploi.
Personne n'ignore que nous ne demandons pas de cotisations à nos membres, pas de dons, pas de subventions parce que nous croyons à la valeur du travail qui fournit la richesse et pas à la charité qui engendre l'assistanat et l'esclavage. Tendre la main est du temps perdu et de la dignité en moins.
Trois axes deviennent vitaux :
1. mettre en place une boutique digne de ce nom. La paix par le commerce équitable ou par le troc. Une devise et une démarche chères à beaucoup d'entre nous.
2. signer des contrats de publicités pour le Site,
3. développer des partenariats de développement économique durable avec des entreprises, des collectivités territoriales, des professions libérales ou des organisations mondiales.
Par ailleurs, il nous faut donner, au-delà des mots, des images, une voix à notre démarche et des assises géographiques, des lieux de réception, d'hébergement, de documentation.
Oui, le travail est immense. Cependant, nous sommes sur la voie de la réussite.
Celle de nouveaux chiffonniers d'Emmaüs !.
Il ne faut pas avoir peur de travailler, peur de gagner, peur de prendre des responsabilités et des risques, peur de nous rassembler.
Nous sommes toujours libres et indépendants.
Il ne faut pas pleurer sur soi, courber l'échine, se désespérer ou se droguer.
Nous devons au contraire nous relever, sourire à la vie, retrousser les manches et tendre la main.
J'avais besoin de vous adresser ce message pour vous assurer que nous allons surmonter les épreuves ensemble mais que Paris, cette belle capitale du Monde ne s'est pas construite en un seul jour. J'entends les attente, les cris du silence, les phrases muettes. Je perçois les regards aveugles.
Courage et persévérance, voilà deux mots que nous devons avoir en partage. Deux mots qui vont nous bouleverser la vie.
Je n'ignore que beaucoup utilise notre organisation comme un hall de gare. Ils entrent, inspectent, prennent et s'en vont.
Seulement dans cette multitude, il y en a qui posent leurs valises, rangent proprement leurs affaires et se mettent au travail pour leur bien et le bien de tous.
Merci à celles et ceux là.
Bien fraternellement !
Jacques
Deux nouvelles rubriques sont nées ce matin sur notre Site http://www.africapax.fr :
- les blogs internationaux d'Africa :
http://www.africapax.fr/Blogs_Internationaux_Africa.php
- la carte interactive de l'Afrique :
http://www.africapax.fr/Carte_Interactive_Afrique.php
C'est le fruit du travail de cette nuit de l'équipe Webmatique.
Merci à eux du fond du cœur !
Adressez leur vos encouragements et faites les travailler commercialement !
FOUQUERAY Franck ,
PAQUIN Marc André |
 |
|
|
 |
|